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Kingsglaive : le combat pour l’espoir

On continue notre semaine autour de Final Fantasy XV par le film d’animation Kingsglaive. Square Enix a voulu mettre en place un titre qui, en plus d’être divertissant, reste attaché à tout ce qui fait la saga. Celui-ci apporte une vision intéressante à l’ensemble de l’univers. Apportant la lumière sur de nombreux points, ce long métrage offre un voyage envoûtant.  C’est parti pour rejoindre les rangs des Kingsglaive !

Les glaives du roi

Le premier intérêt du film est qu’il présente les évènements se déroulant en parallèle de la scène d’ouverture de Final Fantasy XV, notamment la chute de la capitale Insomnia. On suit Nyx Ulric au sein du groupe appelé Kingsglaive, une troupe de guerriers cherchant à défendre leurs terres contre l’empire de Niflheim. Les soldats qui la composent possèdent des pouvoirs leur permettant de lutter contre la technologie de leur ennemi. La source de cette magie provient du roi Regis qui a partagé sa force avec ces soldats. Pouvant utiliser les talents de la famille royale, cette armée est le dernier rempart contre l’invasion. Après des années de combats entre les deux camps, une lueur d’espoir apparaît sous la forme d’un traité de paix.

Malheureusement, certaines personnes sont contre cet arrangement qu’ils considèrent comme une preuve de reddition. Même au sein des Kingsglaive des soldats doutent et Nyx va tout faire pour assurer une cohésion au sein de ses alliés. Malgré tout, ce traité ne cache-t-il pas autre chose de bien plus obscur ? Les intentions de l’empire ne sont pas les plus purs qui soient et c’est une tempête de grande ampleur qui s’approche d’Insomnia. Notre guerrier va donc devoir être prêt à tout sacrifier pour offrir un nouvel espoir pour le futur. Il pourra compter sur l’aide de ses amis mais aussi de Luna et du roi Regis pour lutter vaillamment contre l’envahisseur.

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Les Kingsglaives prêt à entrer en action

Le film conte une histoire émouvante qui est sublimée par le travail réalisé autour de l’animation. On est face à un véritable chef-d’œuvre en terme de modélisation 3D et d’image de synthèse qui servent merveilleusement le récit.

Une perle de l’animation

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Le soin apporté aux personnages est bluffant

Réalisé par Takeshi Nozue, ce dernier a déjà travaillé en tant que coréalisateur sur Final Fantasy VII Advent Children. Fort de sa première expérience, il a réussi à transcender sa première oeuvre afin d’améliorer davantage son nouveau projet. Tourné en motion-capture, le travail réalisé au niveau des personnages de l’histoire est une réussite totale. On se demande même pour certains s’il ne s’agit pas de vrais acteurs en chair et en os plutôt qu’une modélisation 3D. La frontière entre l’animation et le réel est très fine dans ce titre qui sublime tout ce qui a pu être aperçu récemment. Le travail réalisé en matière de CGI (images de synthèse) est tout simplement bluffant et mérite à elle seule le détour.

Ce travail ne s’arrête pas uniquement aux protagonistes mais s’étend aux décors, vaisseaux, combats et véhicules. Un exemple flagrant concerne l’empire. La puissance de Niflheim est accentuée par sa flotte aérienne et ses soldats magitech dont on sent les inspirations très européennes. L’armure de ces soldats nous rappelle celles médiévales de notre propre pays. De plus l’effort fait au niveau de l’empire nous fait tout de suite ressentir le totalitarisme qui gouverne ce royaume. Un grand soin a été apporté au moindre détail afin de rendre l’ensemble de l’univers cohérent et fascinant. Les rues bondées de la capitale, les véhicules circulant et même les écrans publicitaires nous rappellent notre quotidien. On se verrait bien parcourir ses territoires nous-mêmes tant ils sont criants de réalisme.

Au final, les prouesses effectuées en matière de modélisation et d’animation créent un miroir de notre propre réalité. On plonge dans un monde inconnu mais qui nous rappelle forcément quelque chose et c’est pareil pour les personnages. Cependant, le gros point fort du titre est dans le message qu’il transmet.

Insomnia, la perle du Lucis

L’autre point sur lequel l’animation et la modélisation font fort est au niveau des décors et paysages. On passe des zones désertiques à la capitale du Lucis tout en parcourant des régions en ruine. L’ensemble de l’action de Kingsglaive à beau se passer au sein d’Insomnia, on ne peut qu’admirer le travail réalisé. On ressent toute la grandeur de la capitale et du Mur qui la protège au fil de notre voyage. C’est une métropole débordant de vie qui s’offre à nos yeux. Comme dans toute ville de cette envergure, elle possède de nombreuses facettes. On vogue des bas-fonds de la capitale aux sublimes couloirs du palais, chacun de ses éléments nous faisant ressentir un flot de sentiments.

La capitale est la dernière figure imposante du royaume du Lucis. Il s’agit du véritable joyau de la couronne. Il fallait donc que par son architecture on puisse ressentir toute l’importance de ce lieu. C’est mission réussie car on se sent tout petit lorsque l’on suit notre héros sous ses hauts buildings et par l’aura qui se dégage du palais. On a presque le sentiment que rien ne pourrait venir entacher la grandeur de cette cité. C’est malheureusement un autre visage qui s’offre à nous lorsque l’on assiste impuissant à la chute du royaume et de sa ville phare. Le joyau de la couronne finit par s’éteindre lentement et l’imposante cité ne laisse place qu’à un champ de bataille où la foule disparaît au profit du silence et de la mort.

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Insomnia dans toute sa splendeur

Malheureusement cette oeuvre n’est pas dénuée de défauts. Le problème vient surtout au niveau des affrontements parfois brouillons. Ces derniers auraient pu être un peu plus optimisé même s’il reste de très bonnes factures.

Des combats difficiles à suivre

Souvent magistrales et inoubliables, les confrontations de la saga ont toujours été mémorables. On pourrait penser que c’est aussi le cas dans Kingsglaive mais une grosse tache vient obscurcir le tableau. Tout semblait pourtant bien lancé, la scène d’ouverture laissant place à une magnifique confrontation entre les monstres de l’empire et les guerriers du Lucis. Mais dès que l’on s’attarde plus en détails sur les combats une chose nous saute aux yeux. Il est très difficile de réussir à suivre les mouvements des Kingsglaive de par leur téléportation incessante. Ce pouvoir, qui est au centre du jeu et du film, n’est pas très pratique pour créer des affrontements fluides. Les téléportations successives rendent difficile le visionnage des combats.

Il aurait été nécessaire de trouver peut-être un bon compromis concernant l’utilisation de ce pouvoir. Malheureusement, de par son importance, cette magie était obligatoire pour rester cohérent au récit. Si on fait abstraction de ce point, les duels deviennent de vrais ballets où la magie et les échanges de coups fusent à toute vitesse. Les effets spéciaux sont par contre très réussis et rendent hommage à toutes les confrontations de la licence. Si on le compare à son grand frère Advent Children, les combats de ce dernier étaient bien plus fluides. Plus le film avance et plus ce défaut s’estompe comme si ce problème se gommait légèrement au fil des minutes.

Par contre il y a un point qui le différencie grandement de son aîné. Il s’agit de la faible présence de fan-service tout au long du visionnage. On est face à une oeuvre qui nous introduit à un tout nouvel univers dont on ne connaît rien. La découverte rythme chaque instant du long-métrage et sert pleinement à entrer dans le monde d’Eos.

Plus que du fan-service

Pour comprendre ce point il est nécessaire de s’attarder un peu sur Advent Children. Ce dernier, même s’il étendait l’univers du 7ème opus, offrait avant tout une aventure pour les fans. Ceux-ci attendaient depuis des années de revoir Cloud et sa bande affronté Sephiroth. Ce fut chose faite et l’ensemble du titre offrait des clins d’oeil appréciables pour les amoureux de la série. On replongeait dans un monde et des lieux déjà connus et dont on savait de nombreux détails. Le film fut une réussite mais était adressé avant tout aux amoureux de la série. Qui ne souhaitait pas revoir le guerrier aux cheveux blancs affronter son ennemi de toujours ? Square Enix avait répondu aux attentes avec tout leur savoir-faire.

Kingsglaive, quant à lui, est tout l’inverse. Étant sorti bien avant que le jeu n’atteigne nos consoles, il servait de prélude au périple de nos héros. Tout au long du film on découvre ce monde inconnu qui nous attend. Les personnages et les lieux faisaient leurs premières apparitions à nos yeux. Ce long-métrage se destine à tous les publics et non plus qu’aux fans. Même si de nombreux éléments sont récurrents à la série (on pensera notamment à la présence d’Orthros), il est tout à fait possible pour un néophyte de s’imprégner de cette histoire. Plus qu’une oeuvre Final Fantasy c’est avant tout un vrai film qui peut être vu sans avoir joué au jeu vidéo.

Que serait une production Final Fantasy sans ses thèmes abordés ? Kingsglaive ne déroge pas à la règle et offre lui aussi son lot de réflexions. Les sujets sont nombreux d’un opus à l’autre et celui-ci cherche avant tout à parler de l’identité de chacun et des conflits que cela peut apporter.

L’identité des Kingsglaive ?

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Nyx, le héros portant l’espoir

Cette question est l’un des fondements mêmes de l’histoire qui nous est narrée. En plus de nous dévoiler ce qui s’est passé durant le début du voyage de Noctis, le film nous offre un scénario très bien ficelé. Le premier point concerne l’identité des membres du Kingsglaive. Ces derniers sont les seuls à se battre pour les terres en dehors d’Insomnia. La raison est qu’il s’agit de leurs terres natales et ne sont donc pas originaires de la capitale. Pour cette raison les habitants et gardes d’Insomnia les traite comme de vulgaires étrangers. A leurs yeux ils ne méritent pas le pouvoir qui leur a été confié. A l’inverse, les membres de ce bras armé considèrent les habitants d’Insomnia comme aveugle de ce qui se passe de par leur soi disante paix.

Chacun à son propre foyer malgré qu’ils font partie du même royaume. Cette distance qui se crée entre eux risque bien de provoquer la chute de la capitale de l’intérieur. Pourtant, Nyx lui croit en Insomnia et en son devoir. Peu importe les dires ou les origines de chacun il veut se battre pour ce en quoi il croit. Il est tout l’inverse de son ami Libertus qui lui préfère se battre pour sa patrie que pour la haute société. Pourtant le héros de la compagnie va prouver par ses actes et sa volonté que cela n’a guère d’importance. Qu’il fasse partie du peuple d’Insomnia ou bien des terres au-delà du Mur, ils font tous partie du même royaume. Peu importe les promesses et les belles paroles de l’empire, ils doivent rester unis contre cet adversaire.

Cet aspect du film est accompagné d’une autre grande réflexion chère à toute la saga Final Fantasy. L’espoir est un élément très prononcé de chaque épisode et Kingsglaive propose sa propre vision de l’appréhension du futur.

L’espoir d’un avenir radieux

Tout au long du film on est pris par le sentiment que le royaume du Lucis est bloqué dans cette guerre. Rien ne semble pouvoir les sortir de cette impasse avec l’empire. Même la volonté des combattants du roi ne suffit pas à venir à bout d’un adversaire si imposant. Pour cette raison, la proposition d’un traité de paix est pour beaucoup de citoyens un espoir de voir cette guerre prendre fin. Là où certains y voient une lumière d’autres voit le désespoir de retrouver leur maison. Par malheur, la signature n’était qu’une mascarade pour apporter les ténèbres sur la capitale. Même les efforts du roi Regis et de sa suite ne suffisent pas à endiguer la vague ennemie. Attaqué de toute part, leur souverain en mauvaise posture, rien ne semble pouvoir résoudre le chaos qui s’empare de la cité.

L’espoir n’est pourtant pas perdu en la personne de Nyx. Ce dernier, qui aimait jouer les héros, comprend enfin ce pour quoi il doit se battre. Dans un discours adressé aux anciens rois, notre héros comprend que le passé n’a longtemps été qu’une cage pour lui. Il était le geôlier de sa propre prison et cherchait une raison de continuer à faire son devoir. Finalement, c’est grâce à Luna qu’il comprend que s’il se bat c’est pour construire un avenir où pourra vivre la future génération. Pour cela il est prêt à mettre en jeu tout ce qu’il a pour assurer un futur dans lequel le prince prendra son envol. Malgré les ruines fumantes de la capitale et la horde de daemons qui attaquent, Nyx garde espoir.

Tout du long de l’histoire on se sent assailli par le désespoir car on sait que la conclusion sera malheureuse. Pourtant, au milieu du chaos surgit une lumière, un héritage que confie Nyx à Noctis. L’oeuvre arrive à faire passer son message avec une élégance et une beauté que peu de films arrivent à atteindre.

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Tout repose à présent sur les épaules de Noctis

Le prélude à l’aventure

Contrairement à Brotherhood, Kingsglaive est un titre que l’on peut aborder sans forcément se lancer par la suite dans le jeu. C’est en réalité un avant-goût de ce qui peut nous attendre au cours des aventures de Noctis. Il sera facile de se laisser envoûter par un film d’une telle profondeur et même si les combats sont parfois brouillons cela est secondaire lorsque l’on regarde l’ensemble du projet. Le voyage qui nous est conté saura satisfaire autant les fans de la série que ceux qui découvrent tout juste la licence. On ne peut que vous conseillez de vous lancer dans cette aventure fantastique !

Cependant il reste encore un élément à prendre en compte pour conclure cette semaine. Que devient notre cher prince Noctis dans tout ça ? Il est clair que le voyage qui nous attend risque d’être fort intéressant. On vous attend vendredi pour nous lancer enfin dans l’aventure principale de cette saga. Final Fantasy XV arrivera-t-il à satisfaire les attentes des joueurs depuis tout ce temps ou est-il au final une déception ? Esprit Otaku sera là pour vous donner son avis sur le sujet. On vous laisse en attendant avec la bande-annonce du film en espérant vous donnez envie d’admirer l’œuvre entière 🙂

Laissez en commentaires votre ressenti sur le film ainsi que sur l’ensemble de la saga et n’hésitez pas à partager votre meilleur souvenir Final Fantasy !

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