Gannibal

Gannibal tome 2 : le passé refait surface

Nous sommes le jour d’Halloween et pour symboliser cette journée très spéciale, on avait envie de se replonger dans une licence horrifique. Comme on le sait si bien depuis de nombreuses années, les éditeurs n’ont de cesse de nous proposer des séries sur ce thème surtout en cette période de l’année. Le choix était donc difficile et on s’est finalement dit que l’on allait repartir sur un titre que l’on avait déjà parlé dans une précédente chronique et qui revenait avec son second volume. C’est donc du côté de chez Meian que l’on s’est rendu pour repartir explorer le village de Kuge dans Gannibal. Si notre première escapade s’était avérée largement convaincante, cette seconde lecture a su conforter toutes les forces de ce manga. Ici, on n’est pas dans le scénario catastrophe où les morts s’enchaînent à toute vitesse. Une aventure bien plus intimiste et oppressante qui va atteindre un tout autre niveau au sein de ces pages. Le genre d’épopée qui convient tout à fait à une soirée où l’on cherche à se donner quelques frissons. On espère donc que vous êtes prêts à poser vos valises une seconde fois au sein de cette bourgade chaleureuse.

Rester ou partir

Gannibal - arrivée

Le début du rêve.

Gannibal, imaginé par Masaaki Ninomiya, nous avait laissés alors que l’on venait d’assister au déménagement de Agawa dans le village de Kuge. Ce lieu, reculé de tout, était pour eux l’occasion de démarrer une nouvelle vie. Daigo avait donc saisi le poste de policier qui venait d’être libéré afin de s’installer là-bas. Il avait eu connaissance de ce qui était arrivé à son prédécesseur, et même si cela le hantait un peu, il ne pouvait pas se résoudre à croire ces sornettes. Après tout, l’ensemble des villageois s’était montré accueillant à son égard ainsi qu’envers sa femme et sa fille. La seule ombre au tableau venait des membres du clan Gotô. Ces derniers semblaient prendre un plaisir malsain à jouer des tours à leur nouvel ami sous prétexte de l’accueillir. Cependant, le regard de ces gens pouvait changer dès lors que Daigo cherchait à en apprendre plus sur eux. C’est justement suite à la disparition de la matriarche de la famille que ces chasseurs devaient collaborer avec le nouveau venu. Une assistance qui ne semblait pas être à leur goût, mais qu’ils ne pouvaient refuser. C’est finalement suite à une immense battue qu’ils finirent par trouver l’ours qui aurait dévoré cette pauvre victime. Suite à quelques déboires, l’animal finit par rendre son dernier souffle et tout semblait s’être finalement arrangé. Le clan Gotô allait pouvoir faire le deuil de leur disparue et Daigo allait reprendre son quotidien paisible.

Enfin ça c’était ce qu’il espérait. La réalité est toujours bien moins reluisante que ce que l’on peut rêver. Notre gardien de la paix allait l’apprendre à ses dépens tandis qu’il ne pouvait effacer de son esprit le drôle de comportement de ses voisins. Les situations étranges s’enchaînèrent et c’est finalement l’apparition de la fille de l’ancien policier qui finit par convaincre Daigo que quelque chose n’allait pas ici. Menant son enquête tout en faisant directement face aux principaux suspects, il était loin d’imaginer que ces derniers pourraient réagir avec une telle violence. Malgré tout, le danger que représentaient ces hommes était bien trop important pour qu’il les laisse filer. C’est après avoir récolté quelques indices qu’il finit par se rendre sur les terres de ces derniers sans savoir vraiment ce qui pouvait bien l’attendre. Le comité d’accueil fut loin d’être des plus réjouissant et la tension monta rapidement entre les deux partis. C’est alors qu’il pensait avoir la situation en main qu’un individu mystérieux fit son apparition et en un claquement de doigt blessa et fit perdre connaissance à l’agent de police. Quel destin allait attendre maintenant ce respectable membre des forces de l’ordre ? C’est avec l’esprit embrumé que Daigo revit une dernière fois sa famille en souvenir, inquiet de ce qui pourrait leur arriver. Son réveil pourrait bien lui réserver de nombreuses surprises.

Alors que Gannibal avait su éveiller notre curiosité lors de notre première escapade surtout sur sa fin, cette suite va prendre une direction inattendue. L’avis que l’on avait pu se faire sur les habitants de ce village va brutalement changer de manière aussi efficace qu’intelligente. On va alors se rendre compte que personne ici n’est aussi pure qu’il le prétend, et même notre policier va y avoir le droit. Une lecture dense, mais haletante où l’on va autant être marqué par l’instant présent que le passé de certains personnages. Un deuxième tome qui va être porteur d’un redoutable message qui fait réfléchir sur de nombreux points.

L’effroi peut prendre bien des visages

Quand on avait dit, lors de notre précédent article, que Gannibal avait quelque chose d’unique, cette suite va le montrer très clairement. Alors que l’on pensait, au vu de la fin du premier tome, que l’on avait plongé dans le coeur de l’horreur, ce n’est nullement le cas. On va alors être autant surpris que captiver par la manière dont l’histoire va changer. Une accalmie qui ne va absolument pas apporter la quiétude que l’on pouvait espérer. Bien au contraire, ce calme apparent et les sourires que l’on va voir nous font encore plus frissonner au vu de ce que l’on a vécu par le passé dans ce village. La méfiance n’a jamais été aussi grande qu’au sein de ces pages et l’on s’inquiète encore plus pour la famille de Daigo qui semble finalement avoir trouvé sa place. L’auteur joue habilement avec nous en nous faisant nous poser tout un tas de questions portant autant sur l’étrange homme que l’on a pu observer que le vrai visage des habitants. Il y a un profond aspect psychologique qui va donc venir se greffer à la trame narrative et ainsi faire rentrer le manga dans une toute autre catégorie. D’ailleurs, il est très pertinent de voir dans ce volume une partie bien distincte du reste du scénario afin de nous permettre de lever le voile sur l’un des mystères de l’oeuvre. Ce retour en arrière va alors avoir l’effet d’une bombe et ainsi souligner un élément bien précis de Gannibal.

Quand on se penche un peu plus sur ce qui fait l’âme de cette lecture et aussi son intérêt, c’est de proposer des acteurs et actrices dont on ignore les réelles motivations. Si la bonne humeur peut être présente au premier abord, on se rend vite compte que tout cela est un masque. Chacun semble garder un terrible monstre en lui capable de faire les pires choses possibles. On bascule donc dans un récit bien loin d’être manichéen et qui rend l’écriture de chaque individu encore plus savoureuse. Tout est une question de nuances, et même Daigo ne fait pas exception. Il y a donc un sujet important qui va être mis sur la table de manière aussi étonnante que pertinente. Cela concerne le mal que peut faire une personne vue à travers l’innocence des yeux d’un enfant. C’est tout simplement réalisé de manière magistrale et tragique ce qui retient encore plus notre attention. Une preuve, une fois de plus, que Gannibal nous présente une horreur bien plus centré sur le réel que sur un aspect fantastique. Un récit qui dégage une très grande humanité et un côté presque personnel et intimiste pour cette famille cherchant à se reconstruire. On tire donc autant sur un problème de société que sur la tranche de vie. Tout cela étant joué à merveille sur un décor qui s’obscurcit de plus en plus sans même que l’on s’en rende compte. Ce n’est qu’une fois que l’on se rapproche de la fin de cet ouvrage que l’on prend conscience du danger qui guette. Les frissons atteignent alors leur paroxysme.

L’auteur nous prouve avec Gannibal qu’il a parfaitement su capter ce qui pouvait insuffler la terreur sans même que l’on y soit directement confronté. Tout est parfaitement travaillé pour que la menace semble partout et resserre son emprise sur cette famille et le lecteur. En plus de cela, le mangaka n’hésite nullement à enrichir le background de ses personnages et d’entacher de manière subtile et aussi violente un héros qui n’en est plus un. Une lecture qui nous prend aux tripes, car on ne sait absolument pas qui est digne de confiance. Dès l’instant où la méfiance s’installe en nous et Daigo, la victoire est déjà totale pour l’oeuvre qui nous retient entre ses griffes.

Gannibal est magistral

Gannibal - cri

Un cri porteur d’espoir.

Gannibal est un titre magique dans le sens qu’il parvient à nous faire ressentir une peur comme rarement on a eu l’occasion d’en avoir. En misant une grande partie sur l’ambiance, mais aussi l’écriture des personnages, le mangaka nous délivre une fresque horrifique tout simplement splendide. Ce second volume va autant répondre à nos attentes que nous proposer des surprises que l’on n’aurait jamais pensé possible. Ce qui est fantastique, c’est justement de réussir à garder cet esprit de convivialité qui anime la majorité des habitants de Kuge à un point que cela en devient inquiétant. Après avoir entrevu les secrets se cachant derrière le clan Gotô, on ne peut imaginer un seul instant qu’il puisse exister une seule personne de fiable dans ces montagnes reculées. Le malaise va alors s’insinuer en nous et grandir sans même que l’on sache vraiment d’où va provenir la menace et la forme qu’elle prendra. En plus de tout cela, l’auteur nous gratifie d’un puissant flash-back qui va grandement servir à rendre le récit encore plus oppressant. Une manière de rappeler que n’importe qui peut succomber à la violence et devenir un monstre à l’apparence humaine. Un rythme qui fait exprès d’être lancinant pour que l’on apprécie autant les quelques moments de douceur que de frissonner à l’idée de ce qui pourrait briser cette tranquillité. Tel un traumatisme profondément ancré en nous, Kuge ne peut plus avoir l’apparence d’une charmante bourgade où il fait bon vivre. Une remarquable aptitude à faire naître la paranoïa.

Vous l’aurez donc compris, le coup de coeur est total pour cette seconde escapade dans Gannibal. L’ambiance est savoureuse et l’on prend un plaisir malsain à vouloir connaître l’envers du décor même si cela risque de nous terroriser. A la fois inquiétant et attrayant, ce récit jongle habilement avec tous ses atouts pour sublimer une histoire qui a déjà largement su nous convaincre. Il va d’ailleurs être très intéressant de voir comment la licence va évoluer étant donné que l’on est déjà à 8 tomes au Japon. C’est une lecture parfaite pour ce jour d’Halloween qui vous plongera dans une bourgade où l’on ne sait pas vraiment qui arbore un sourire sincère. Si vous avez aimé le premier tome ou que vous souhaitiez simplement une lecture à la fois angoissante et prenante alors on ne peut que vous recommander cette saga qui n’en est encore qu’à ses débuts. Cela faisait bien longtemps que l’on ne s’était pas plongé dans une aventure littéraire où la peur naît de l’être humain et non par le surnaturel. C’est ainsi cette réalité qui va rendre aussi le périple aussi puissant, car rien ne semble indiquer que cela pourrait être juste une fiction. Il est maintenant temps de refermer ce chapitre tout en nous laissant aller aux nombreuses questions qui nous hantent. Qui est donc ce vieil homme qui erre sans but dans le village ? Est-ce que le passé de Daigo va finir par le rattraper ? Le bonheur et la joie de vivre de ce village vont-ils disparaître pour laisser entrevoir le vrai visage de ces habitants ? Qui sont réellement les Gotô ? On a tellement hâte de se jeter sur la suite !

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce second volume de Gannibal. Appréciez-vous la manière dont le récit évolue ? Trouvez-vous que l’on tient-là une oeuvre à l’ambiance parfaite ? Ressentez-vous pleinement l’angoisse qui plane sur ce village ? Pensez-vous qu’il y a une personne qui soit digne de confiance dans ce hameau ? A votre avis, quel est le véritable secret que les villageois cherchent à dissimuler ? Selon vous, le passé de notre officier va-t-il avoir une incidence plus tard ? Qu’attendez-vous pour la suite de cette licence ? On reste à votre disposition pour pouvoir échanger, discuter et débattre autour de ce sujet 🙂

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