Crayon shinchan

Crayon Shinchan T1 : le retour du plus inoubliable des garnements

Il y a des figures iconiques du monde du manga qui traversent les âges et nous laissent des souvenirs inoubliables. C’est alors toujours un petit bonheur de voir ces grands noms faire leur retour en France d’une façon ou d’une autre. Et là c’est un retour que l’on n’espérait plus, et pourtant, il est bel et bien là. Après des années d’absence dans les librairies françaises, Crayon Shinchan, le manga culte de Yoshito Usui, fait son grand come-back en 2025 grâce à Mangetsu. Une réédition qui ravive immédiatement un fort sentiment de nostalgie pour moi. J’avais déjà pu traiter, dans une précédente chronique, à quel point l’adaptation anime avait été un pan important de ma jeunesse. Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce retour tonitruant à l’image de ce garçon qui est une véritable tornade. Mais la question est maintenant de savoir si la magie fonctionne toujours autant après tout ce temps. Tout en cherchant à se présenter comme une porte d’entrée aux nouveaux lecteurs curieux de découvrir cet univers aussi hilarant qu’irrévérencieux, cette nouvelle édition a fort à faire. Ce premier tome, disponible dès maintenant, pose les bases d’une série qui ne ressemble à aucune autre, portée par un héros aussi insupportable qu’attachant. Alors, que vaut ce retour tant attendu ? Plongeons sans plus attendre dans les bêtises de ce gamin pas comme les autres.

Un vrai aimant à problèmes

Rien qu’en lisant ces quelques lignes pour définir Crayon Shinchan, les souvenirs remontent à la surface. Je revois tous ces personnages fabuleux, drôles et souvent plein de défauts, mais qui les rendent tellement plus humains. Cette tranche de vie humoristique est une invitation à s’amuser et à rire aux éclats face aux diverses interactions au sein de ce casting. Mais au-delà de simplement chercher à être désopilant, ce manga est aussi une manière de dépeindre un foyer japonais loin d’être irréprochable et où chaque membre de cette famille représente un stéréotype parodié par l’auteur.

Une comédie indémodable

Difficile pour moi de ne pas sourire dès la première apparition de Shinnosuke. Comme si je retrouvais un vieil ami dont je sais pertinemment qu’il va faire des folies pour appuyer ces retrouvailles. Un petit garçon de cinq ans au caractère bien trempé qui, avec son franc-parler, ses idées farfelues et son absence totale de filtre, incarne une tornade d’énergie que personne ne peut éviter et surtout pas ses parents. Alors oui, nous sommes ici dans un enchaînement de petits chapitres qui vont nous présenter diverses saynètes en lien avec la vie des Nohara. Il n’y a pas de réel fil rouge si ce n’est de voir comment ce petit garnement va faire tourner en bourrique son entourage. Ce premier volume nous replonge avec délice dans le quotidien absurde et chaotique de cette famille japonaise typique… ou presque. Car il faut comprendre que ce titre n’est pas uniquement là pour créer l’amusement. On le sait, le Japon est un pays qui affiche d’importantes valeurs, traditions et codes qui donnent presque une image formatée de ce que l’on peut s’attendre des gens qui y vivent. Et ce qui frappe d’emblée dans cette lecture, c’est la capacité de l’auteur à jongler entre un humour potache et une satire sociale. Yoshito Usui ne se contente pas de nous faire rire avec les frasques de ce garnement ; il égratigne en même temps les conventions d’une société japonaise parfois trop rigide.

À travers les yeux de cet enfant espiègle, on découvre une critique subtile des adultes, de leurs contradictions et de leurs petits travers. Pourtant, il n’est jamais question d’être moralisateur. Tout repose sur l’absurde et le décalage qui font le charme inimitable de Shinchan. Le rythme est aussi une composante importante du charme propre à la série. Les chapitres courts, centrés sur des scènes de la vie de tous les jours, s’enchaînent avec une fluidité remarquable. On passe d’un fou rire à un autre en un clin d’œil, porté par les facéties de Shinchan et les réactions exaspérées de son entourage. Rien que le duo formé par notre jeune protagoniste et sa mère est fabuleux. On rit à gorge déployée tout en appréciant les quelques instants de douceur qu’ils peuvent aussi partager. Mais derrière cette légèreté apparente, il y a une profondeur inattendue. Le manga excelle à capturer ce qui fait aussi toute cette période que l’on nomme l’enfance. Ce sentiment de liberté, cette curiosité sans bornes, et cette vision unique du monde qui l’entoure sans se soucier des convenances font de Shinnosuke un reflet, bien sûr exagéré, de ce que l’on peut vivre à son âge. Un véritable miroir déformant de nos propres absurdités. Et quand on prend ce recul sur l’œuvre, on ouvre les yeux sur la pertinence de cette histoire qui a su capter, avec humour et autodérision, ce qui peut se passer dans n’importe quel foyer lambda. Une richesse dans l’écriture qui brille d’autant plus qu’elle est amenée avec simplicité et légèreté.

Pour moi, Crayon Shinchan est un vrai cadeau avec ce premier volume. S’il est vrai que l’on peut être plus ou moins sensible à l’humour présent dans le titre, à mes yeux c’est un vrai bonheur. Un plaisir sans nom que de retrouver cette figure iconique de mon enfance qui m’a fait rire à tellement d’occasions. Un véritable voyage dans le temps pour moi et même au-delà de la nostalgie qui parle, ce titre est surtout idéal à savourer quand ça ne va pas. En seulement quelques pages, l’auteur parvient toujours à nous faire au moins décrocher un sourire tant on se laisse porter par toutes ces bêtises qui rythment le quotidien de cette famille.

Crayon Shinchan retrouve sa couronne

Evidemment, Crayon Shinchan est une œuvre qui sonne comme une madeleine de Proust pour moi. Et je me doute que c’est le cas pour beaucoup d’entre nous qui avons grandi avec les bêtises de cet enfant. Que ce soit à travers l’anime ou bien la première édition du manga, il y a énormément de lecteurs qui ont forgé une partie de leur jeunesse en compagnie de Shinnosuke et j’en fais partie. Mais au-delà de l’aspect purement nostalgique, ce manga n’a rien perdu de sa superbe. Avec un humour débridé, des situations improbables et des personnages secondaires hauts en couleur, on ne s’ennuie pas un seul instant en compagnie de ce casting. Et cela ne se limite pas uniquement à ce foyer. Toutes les figures secondaires vont aussi apporter leur lot de situations hilarantes et de parodie de certains clichés propres à la société japonaise. De plus, cette réédition s’avère de bonne facture même si, à titre personnel, il peut être compliqué d’avoir entre les mains un tome aussi massif. Il s’agit plus d’un ressenti personnel qui n’entache en rien la qualité de l’œuvre en elle-même. Et évidemment, si les nouveaux lecteurs peuvent se questionner sur le trait assez simple du mangaka, c’est justement voulu. Tout le sel de la série repose justement sur ce côté cartoonesque qui va appuyer cette comédie familiale et satirique. Une simplicité qui est à l’image du contenu et qui montre qu’il n’est pas nécessaire d’un dessin léché pour toucher le spectateur en plein cœur. C’est justement par cette légèreté qui s’exprime autant dans l’écriture que le style artistique que Shinchan va si facilement droit au but.

Chaque expression, chaque gag visuel de Crayon Shinchan est pensé pour maximiser l’effet comique, et ça fonctionne à merveille. Un véritable retour en enfance qui peut aussi être apprécié avec des yeux adultes quand on prend conscience de tout ce qui est traité par le biais de l’humour. Pour moi, c’est évidemment un gros coup de coeur et je sais très bien qu’il y a une grande part de personnel dans ce ressenti tant ce gamin turbulent est une figure iconique de mon enfance. Et finalement, ce retour est l’occasion pour les nouveaux lecteurs de découvrir ce monument du manga. Mais il rappelle aussi pourquoi la série a marqué des générations tout en prouvant qu’elle n’a rien perdu de sa magie. Que vous soyez un fan de longue date ou un néophyte intrigué par ce gamin au culot monumental, cette lecture est un classique qui vous invite à lâcher prise et à rire sans retenue. Je ne peux donc que vous recommander, même juste par curiosité, de découvrir ce premier volume de ce titre mythique. Alors, évidemment, j’ai bien des questions qui me trottent dans la tête même si je sais très bien ce qui m’attend par la suite. En fait, toutes les interrogations que je pourrais me poser ne sont rien en comparaison de la joie simple de savoir que je pourrai bientôt retrouver de nouveau toute cette famille déjantée. Ils ont beau ne pas être parfait, ce sont ces imperfections et l’humour qui en ressort qui rendent ces moments que l’on nous partage aussi savoureux. J’ai tout bonnement hâte de les retrouver avec le second volume.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Crayon Shinchan. Trouvez-vous que le titre réussit toujours à attirer l’attention après tout ce temps ? L’humour propre à ce petit personnage est-il parvenu à vous faire rire ? Avez-vous ressenti de l’attachement pour cette famille loin d’être parfaite, mais qui partage son quotidien avec de l’autodérision et aussi un peu de tendresse ?

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