L’Héritière du dragon T1
Le mois de mars défile à une vitesse folle et il peut être difficile de s’y retrouver au vu de tout ce qui sort actuellement. Mais même dans cette déferlante de sorties, on peut tomber sur une série qui va retenir notre attention. Le genre de titres où l’on se lance dedans par curiosité ou bien parce que la couverture a, par exemple, capter notre regard. C’est exactement ce qu’il s’est passé avec le titre du jour pour moi qui n’est autre que L’Héritière du dragon. Disponible aujourd’hui chez Glénat avec son premier volume, cette nouveauté m’avait pas mal intrigué surtout par sa cover que je trouvais magnifique. Je me suis dit que c’était l’occasion de se lancer dans une aventure inédite et j’ai bien fait. Dès cette introduction, on sent que derrière le postulat de départ se cache un beau potentiel. Une œuvre qui va prendre son temps pour mettre en scène la principale menace et surtout lancer un périple aussi important qu’introspectif levant le voile sur ce monde qui nous est inconnu. Préparez-vous à faire la connaissance d’une demoiselle qui ne souhaitait que la paix et qui va pourtant connaître l’enfer.
Porteur d’un terrible mal

Synopsis
Le dragon enfoui de Shan-lee
Il est un royaume qui n’a pas oublié la légende du dragon et du héros. En son sein se trouve Shan-lee, une jeune fille qui parcourt plaines et forêts, en compagnie de ses amis les animaux, pour résoudre les différends entre humains et créatures fantastiques. Mais un jour, tout bascule à cause d’un mal ancien, le dragon qu’elle porte en elle. Pour sauver son amie d’une malédiction, elle entreprend un voyage vers sa rédemption, mais également son destin ! Voici l’histoire de l’héritière du dragon et du héros !
En se focalisant uniquement sur ce résumé, on peut avoir l’impression que L’Héritière du dragon part dans une direction assez classique. Après tout, ce n’est pas rare d’avoir un personnage qui doit vivre avec un mal en lui ou une entité extraordinaire. Pourtant, dès ce premier volume on sent qu’il y a quelque chose d’original qui se construit petit à petit. C’est autant dans la construction du personnage de Shan-lee que de l’univers qui l’entoure que le manga va se démarquer et nous proposer une expérience des plus prometteuses. Une œuvre qui ne se limite pas juste à une rédemption, mais à comprendre réellement ce qui nous entoure.
Mangaka : Asuka Ishii
En se focalisant uniquement sur ce résumé, on peut avoir l’impression que L’Héritière du dragon part dans une direction assez classique. Après tout, ce n’est pas rare d’avoir un personnage qui doit vivre avec un mal en lui ou une entité extraordinaire. Pourtant, dès ce premier volume on sent qu’il y a quelque chose d’original qui se construit petit à petit. C’est autant dans la construction du personnage de Shan-lee que de l’univers qui l’entoure que le manga va se démarquer et nous proposer une expérience des plus prometteuses. Une œuvre qui ne se limite pas juste à une rédemption, mais à comprendre réellement ce qui nous entoure.
Un combat pour l’espoir
En premier lieu, il est important à mes yeux de se focaliser sur la manière dont se construit l’histoire de L’Héritière du dragon. En effet, on peut clairement décomposer le récit en deux grosses parties distinctes permettant de pleinement lancer l’aventure. Au départ, on nous présente cette jeune fille rêveuse et pleine de vie. Une demoiselle qui est beaucoup plus à l’aise avec les créatures magiques là où beaucoup les craignent. On apprécie l’enthousiasme dont elle fait preuve et tout est pensé pour nous montrer le côté chaleureux du village et de ses habitants. On ne se pose pas tant de questions si ce n’est autour des histoires autour de ce monde. C’est justement ce qui est intéressant, car on ne s’attend pas forcément à ce qu’il va se passer ensuite. C’est justement une fois que va avoir lieu l’événement majeur que l’on prend conscience des enjeux en cours et surtout de ce que représente Shan-lee. Un choc que l’on va pleinement ressentir et qui va l’amener au bord du gouffre en comprenant sa véritable nature. En faisant ça, on nous amène une héroïne tiraillée par toutes ces révélations et ce qui sommeille au fond d’elle. On a encore plus d’empathie pour elle, car on voit sa sincérité de mener une vie normale auprès des gens qu’elle aime. C’est ce qui rend son périple pour corriger ses erreurs et en apprendre plus sur elle aussi important. On a envie de la soutenir dans toute cette affaire tout en ayant le souhait qu’elle puisse enfin trouver la paix qu’elle désire.
Et c’est là que l’on entre dans le vif du sujet. C’est à travers son voyage que l’on va, au même titre que Shan-lee, découvrir réellement ce monde. Les frontières de son univers s’effacent pour laisser place à un environnement bien plus grand. Ainsi, il y a un aspect découverte qui est très réussie et qui permet d’enrichir la perception de notre protagoniste au fil de ses escales et aussi de ses rencontres. Mais c’est aussi un excellent moyen de bousculer ce qu’elle pensait être normale. Pour elle, l’harmonie entre humains et bêtes est innée là où le reste de la population est bien plus dans une crainte et une quête de richesse poussant la plupart à traquer ces créatures. De ce fait, si l’on nous présente le fameux dragon comme étant la source de bon nombre de maux, on veut aussi nous montrer que l’être humain a sa part de responsabilité dans tout ça. Si certains sont conscients de la relation qu’ils doivent avoir avec la nature, d’autres ne vont chercher qu’à l’exploiter jusqu’à ce qu’ils n’en restent plus rien. Le manga dépasse ainsi le cadre de la quête personnelle de notre héroïne pour nous dépeindre cette lutte terrible qui montre toute l’horreur dont l’être humain est capable face à ce qui l’entoure. Ce qui fait qu’en plus de nous délivrer des moments où l’on va être écoeurés par ce qui se passe, le titre cherche aussi à éveiller les esprits sur tous ces sujets et le côté destructeur de l’homme à l’égard de ce qui l’entoure. C’est brillamment représenté par Shan-lee qui symbolise cette harmonie et ces gens qu’elle va rencontrer qui préfèrent asservir, dominer et tuer que de comprendre.
L’Héritière du dragon fait partie de ce type de manga qui s’axe autour d’un élément déjà très répandu dans la fiction, mais en parvenant à y insuffler sa propre identité. Que ce soit graphiquement ou par rapport à son écriture, ce premier volume réussit à poser une atmosphère presque hypnotique. On a envie d’en savoir plus et surtout on va être touché par le récit de Shan-lee. Une jeune fille qui ne cherche qu’à profiter de la vie et qui se retrouve embarquée dans quelque chose qui la dépasse. Une sorte de malédiction qu’elle doit combattre, mais qui va aussi l’amener à comprendre beaucoup de vérités sur ce monde.
L’Héritière du dragon entame son périple
J’ai été transporté dans l’univers représenté dans ce premier volume de L’Héritière du dragon. En fait, au-delà même de la quête qui va nous être racontée, je trouve que ce qui fait la plus grande force de ce manga est ce que ce monde nous raconte. C’est justement à cause des événements qui vont avoir lieu que l’on découvre tout ce qui se cache réellement derrière cette atmosphère reposante initiale. Toute la première partie du volume est là pour nous dépeindre un petit havre de paix où notre héroïne sert un peu de médiatrice entre les habitants du village et les animaux ou créatures qui peuvent tourner autour. Mais dès que l’on s’éloigne de ce cadre bucolique, on se rend compte que la réalité est tout autre. On a le droit à une fresque écologique réussie où l’on montre la destruction causée par la main de l’homme et ses répercussions sur le comportement de ces bêtes. On est alors marqué par tout ça et surtout triste de voir à quel point nous pouvons être la source de nos propres maux dans le seul but d’en dégager quelques bénéfices. Et cela ne fait que renforcer un peu plus toute la lutte interne qui se passe pour Shan-lee qui souhaite comprendre sa nature et aussi ce qui se cache réellement derrière le mal qu’engendre le dragon. Une œuvre qui peut ainsi aborder et développer des thèmes bien plus complexes qu’on pourrait le croire sur les prochains volumes. Un potentiel certain qui peut amener ce divertissement à nous faire réfléchir sur la nature et notre rapport à elle.
C’est donc une belle promesse que nous laisse L’Héritière du dragon avec ce premier volume. J’ai évoqué tout au long de cet article le potentiel qui se dégage de cette œuvre et surtout les messages qu’elle souhaite faire passer. Mais même en dehors de ça, le titre se présente aussi comme une très bonne fiction où l’on est curieux de voir si notre héroïne sera capable de mettre un terme à ce mal qui sommeille en elle. On voit ainsi la souffrance qui découle du malheur d’avoir blessé d’autres personnes sans le vouloir et l’envie de réparer ses erreurs. C’est ce qui rend aussi ce personnage central aussi attachant. On fait face à une demoiselle qui a conscience de ce qu’elle abrite et du poids qui pèse sur ses épaules face à tout ce qui découle de son existence. On a juste envie de la voir heureuse et de retrouver cette quiétude qu’elle avait auprès des gens qu’elle aime. Si vous cherchez une œuvre à la fois forte, prometteuse et avec des thématiques qui peuvent résonner fortement aujourd’hui alors n’hésitez pas à découvrir ce titre. J’ai maintenant quelques questions qui me restent en tête face à tout ce qui se profile à l’horizon. Va-t-elle accepter cette part d’elle-même qui sommeille au plus profond de son être ? Peut-elle parvenir à guérir ce mal qui ronge ses proches ? Va-t-elle enfin lever le voile sur ce qui entoure sa venue au monde ? Qu’en est-il du reste de la population concernant son regard sur Shan-Lee ? Je suis curieux de découvrir le chemin qui se profile au loin.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de L’Héritière du dragon. Trouvez-vous que le manga réussit à proposer quelque chose d’original autour de ce thème ? Est-ce que vous avez été ému par notre protagoniste et ce qu’elle doit combattre en elle ? Pensez-vous que l’on aura le droit à quelques surprises concernant la vérité de ce monde et de ce qui tourne autour du dragon ? Appréciez-vous l’esthétique globale du manga et joue-t-elle, selon vous, un rôle important dans l’immersion ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

