Shiba Inu Rooms T1
Il est toujours captivant de voir comment une maison d’édition évolue à travers les diverses séries proposées, mais aussi tout ce qui va entourer la ligne éditoriale du catalogue. On peut voir des éditeurs se spécialiser et aussi prendre progressivement de plus en plus d’essor. Si j’évoque ça aujourd’hui, c’est parce que l’on s’apprête à fêter les 20 ans des éditions Doki-Doki et celles-ci ont une belle surprise à offrir aux lecteurs avec leur tout premier manga Shueisha. Et en plus de ça, ce n’est pas n’importe quelle œuvre étant donné qu’il s’agit de Shiba Inu Rooms qui est idéal au vu des nombreuses autres licences animalières de la maison d’édition. Si le nom de ce récit vous dit quelque chose, c’est parce qu’il connaît un beau succès au Japon avec aussi une parution sur Manga Plus en anglais et espagnol. Très curieux de voir ce que pourrait proposer cette histoire en compagnie de ce chien particulièrement expressif, je ne m’attendais pas autant à craquer pour cette cohabitation mouvementée. Une œuvre loin d’être juste mignonne et drôle tant le tandem proposé va faire mouche. Je vous invite donc au sein d’un appartement où il faut savoir faire un peu de place à un shiba particulièrement envahissant.
Une affaire en or

Synopsis
Suite à son changement de lycée, Momose Kôri est à la recherche d’un nouveau logement. Elle tombe alors sur une annonce pour un appartement au loyer défiant toute concurrence ! La raison de ce prix attractif ? Muu, l’esprit canin qui hante les lieux. Kôri, jeune fille solitaire et maladroite, qui a toujours eu du mal à exprimer ses émotions, parviendra-t-elle à s’entendre avec un toutou aussi particulier ? Rires, réconfort et moments touchants…
Mangaka : Esu Oomori
Ce qui est important à noter à travers ce synopsis de Shiba Inu Rooms, c’est que l’on a le droit à une dose de surnaturel. Contrairement à ce que l’on peut voir habituellement dans d’autres titres animaliers, ici il est question d’un fantôme qui va devoir cohabiter avec une humaine pour la moins déterminée à lui faire trouver le repos éternel. Mais c’est justement là que le manga va commencer à se différencier tout en réussissant à exposer la formidable relation qui peut exister entre un chien et un humain. Ici, il n’est pas tant question d’un lien de maître à animaux, mais de deux colocataires qui vont devoir s’apprivoiser l’un l’autre pour finalement démarrer ce nouveau quotidien ensemble.
Un duo à croquer
Dès le départ de Shiba Inu Rooms, le ton est donné à travers notre rencontre avec Momose. On voit une adolescente bien décidée à faire face à cet esprit de Shiba dans le seul but de profiter de cet appartement parfait pour elle. Mais ce qui est génial, c’est que ce face-à-face entre les deux va très vite nous donner le sourire. Dès que l’on aperçoit, pour la première fois, la tête de Muu, on ne peut que craquer et rire en voyant les mimiques qu’il fait. A tel point que l’on se demande bien comment il peut se montrer à la fois aussi expressif et autant hilarant dans ses réactions. Mais c’est justement le choc entre ces deux personnages qui va créer l’épine dorsale du manga. Initialement présenté comme un obstacle à un quotidien paisible pour la jeune femme, ce shiba ne va pas lui faire de cadeaux. Ainsi, les premiers échanges entre eux sont loin d’être au beau fixe et vont amener pas mal de remous au sein de cet appartement. Pourtant, plus on avance dans le récit et plus on apprend à connaître Muu au-delà de l’aspect purement comique. On voit que ce qui pouvait passer comme une attaque à l’égard de Momose sonne plutôt comme un moyen de la défendre face à des dangers dont elle n’est même pas consciente. Progressivement, l’objectif initial de la demoiselle se transforme au même titre que son lien avec ce spectre. Et je trouve que c’est magnifiquement représenté dès ce premier volume à travers toute cette première phase de découverte pour ensuite réellement lancer le quotidien partagé par ces deux êtres.
Ainsi, on peut vraiment découper ce premier volume en deux parties bien distinctes avec cette découverte l’un de l’autre pour ensuite partir sur une tranche de vie aux multiples qualités. Car oui, Muu n’est pas un fantôme de Shiba comme les autres et réserve quelques surprises qui vont renforcer encore plus ces échanges avec sa nouvelle camarade. Et c’est ce qui est génial avec l’artiste, car elle réussit à combiner à merveille surnaturel, humour et émotions. Il y a un vrai sentiment de plaisir à observer les interactions entre Momose et ce shiba tant elles vont à la fois être hallucinantes et pourtant si sincères. On a beau avoir devant nous un spectre, on est tellement touché par toutes les scènes où il intervient qu’on en oublie presque ce statut pour avoir le sentiment d’avoir un chien comme un autre que l’on a envie de câliner. L’attachement à celui-ci est quasi immédiat et je trouve justement que le tandem qu’il forme avec la lycéenne est réussi du fait qu’ils sont finalement très semblables sur bon nombre de points. Et si l’on rit de bon cœur en tournant les pages, on va aussi se rendre compte qu’il y a possiblement un aspect beaucoup plus dramatique qui entoure cet animal et ses autres congénères hantant les appartements voisins. On se questionne sur ce qu’il s’est passé et ça nous fait un pincement au cœur d’imaginer l’enfer qu’ils ont pu vivre. De même, il y a forcément une appréhension à ce qui pourrait être la finalité de cette histoire, mais c’est ce qui fait aussi que l’on chérit autant ces moments en compagnie de ce tandem. Un manga qui réchauffe le coeur et fait du bien tout en montrant une magnifique amitié se tisser entre deux âmes isolées depuis trop longtemps.
Il n’y a pas à dire, Shiba Inu Rooms sait comment me faire fondre. Mais ce que j’aime surtout avec ce manga, c’est qu’il ne joue pas uniquement la carte du mignon. Évidemment, notre cher chien a de quoi nous faire rire au vu de son faciès et de ses échanges avec sa nouvelle colocataire. Cependant, on voit aussi se dessiner une relation bien plus profonde qu’il n’y paraît où chacun va apporter quelque chose à l’autre. Un titre qui, derrière l’humour, tisse une tendre relation qui peut se montrer mouvementée au début pour finalement donner vie à une histoire touchant la corde sensible.
Shiba Inu Rooms a du mordant
Je comprends très bien, après la lecture de ce premier volume, pourquoi Shiba Inu Rooms a autant de succès. On est face à un titre qui, en apparence, peut sembler assez classique dans le domaine du genre animalier. Pourtant, il est clair dès les premières pages que le manga a un charme fou. Je tiens aussi à souligner le trait de la mangaka qui arrive si bien à exprimer, de façon excessive, les mimiques des personnages et notamment de Muu. C’est justement à travers ce premier élément comique que l’on est happé par ce qui se passe et que l’on a juste envie d’en voir plus. On commence cette série parce que l’on fond pour la petite frimousse de ce shiba pour finalement être emporté par cette tranche de vie où se mêlent surnaturel, émotions et des thématiques fortes. L’isolement, la solitude, le bonheur que peut procurer un animal, les questions que l’on peut tous se poser à l’adolescence et tant d’autres sujets sont là pour renforcer la profondeur de cette histoire déjà séduisante. Pour ma part, j’ai été profondément touché par cette nouvelle aventure qui, il est vrai, se veut avant tout drôle pour commencer. Mais au fur et à mesure que je progressais dans le récit, je me rendais compte que derrière ces gags et échanges loufoques, cette lecture avait bien plus à proposer. Le genre d’épopée à la fois douce, amusante et chaleureuse qui peut facilement toucher la corde sensible pour ma part. On ressort de cette découverte avec l’envie irrépressible de retrouver notre binôme pour encore plus de moments où l’on va rire et sourire.
C’est donc un très beau coup de cœur que j’ai eu pour Shiba Inu Rooms qui permet de démarrer au mieux ce mois d’avril. Au-delà du fait que je sois toujours un peu touché quand il est question de chiens, je trouve que cette nouveauté a un très beau potentiel. Mais surtout, j’ai le sentiment que l’on peut avoir ici une série qui sera tellement douce à suivre à chaque tome. Un petit bonheur qui se renforcera au fur et à mesure que l’on passe du temps en compagnie de ce casting aussi bien humain que canin. En fait, ce manga est pour moi une lecture qui fait du bien dans un contexte toujours difficile et qui montre avec brio à quel point un animal peut nous délivrer une présence rassurante et un lien qui nous empêche de sombrer parfois dans la solitude. Sincèrement, je pense que Shiba Inu Rooms peut être apprécié du plus grand nombre tant il est aisé de craquer pour Muu, mais aussi pour tout ce qui va entourer son quotidien de chien fantôme en compagnie de sa nouvelle amie. Un titre parfait à offrir, mais aussi à savourer pour se changer les idées. Bien sûr, j’ai tout de même quelques questions qui me viennent à l’esprit concernant la suite de cette épopée. Est-ce que l’on va en apprendre plus sur le passé de Muu et l’incident l’ayant frappé ? Va-t-on aussi s’attarder sur les autres locataires de cet immeuble et leurs colocataires spectraux ? Est-ce que le lien entre nos deux protagonistes va continuer à se renforcer au fil du temps ? Va-t-on passer des rires aux larmes dans les prochains tomes ? Il me tarde de retrouver le quotidien mouvementé de nos deux protagonistes.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Shiba Inu Rooms. Trouvez-vous que le titre a un charme qui lui est propre ? Avez-vous ressenti de l’attachement pour ces deux personnages qui doivent apprendre à vivre ensemble ? Est-ce que Muu vous a fait craquer avec ses expressions faciales et ses réactions hilarantes ? Etes-vous curieux d’en apprendre plus sur ce chien fantôme et sur les autres pensionnaires spectrales de cet immeuble ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

