Fake Rebellion
Une autre journée de 2026 et il est donc temps de s’attarder sur une toute nouvelle chronique autour d’une licence inédite. Il y a toujours un doute et une inquiétude justifiée qui peut assaillir le lecteur quand il voit une série se terminer en seulement deux ou trois volumes. On se demande alors si l’artiste a réussi à aller au bout de ses idées ou si le manga a pu connaître une fin prématurée. Pour ma part, je trouve toujours intéressant de voir les deux cas de figure, car cela permet, d’un côté comme de l’autre, d’admirer le talent d’un auteur ou d’une autrice pour réussir à faire tenir son intrigue dans aussi peu de chapitres. Et cela permet aussi de tomber sur des petites histoires qui ne paient pas forcément de mine, mais qui nous montrent le potentiel qu’il pouvait y avoir derrière un récit. On va justement voir ça derrière la nouveauté des éditions Mana Books répondant au nom de Fake Rebellion et dont les deux tomes constituant son récit sont sortis simultanément. J’étais curieux de voir ce que ça pourrait donner et je dois dire qu’il y a plusieurs choses à analyser durant cette escapade au sein d’un monde où les humains ne sont plus que les esclaves des machines. Préparez-vous à dresser le drapeau de la rébellion face à des ennemis qui peuvent se montrer sans pitié.
Jeu de faux-semblant

Synopsis
Tombée sous le joug de l’empire des Machines, l’humanité a été classée en fonction de ses capacités. Hanamiya, héritière du trône de l’ancien empire de Einheit, rallie à elle les orphelins de rang F dans l’espoir de lancer, un jour, une grande rébellion. Dans cette lutte acharnée, le « death genesis drive » pourrait bien être le dernier espoir des hommes, le tremplin leur permettant d’en finir avec ce monde d’acier qui entrave leur avenir !
Mangaka : Yuchang Sasaki
Ce que j’aime bien avec le synopsis de Fake Rebellion, c’est qu’il joue sur une composante essentielle de l’intrigue. On nous dépeint une possible rébellion au sein d’un univers où les machines ont pris le contrôle sans réellement savoir tout ce qu’il s’est passé. Un résumé qui joue sur les masques portés par chacun pour justement donner une certaine illusion de ce qui nous attend pour finalement qu’on soit bien plus surpris à la lecture. Et c’est là que le titre va réussir à se démarquer tout en cherchant à proposer un spectacle qui fonctionne en seulement deux volumes.
Une courte et intéressante aventure
Pour commencer cette chronique de Fake Rebellion, il faut d’abord, à mon sens, parler de la manière dont le titre arrive à retranscrire ce royaume réduit en esclavage. Car oui, c’est dans ce contexte sinistre que le titre va d’abord tirer son épingle du jeu. En effet, on nous montre, initialement, des humains qui doivent obéir aux machines sans protester. En plus de ça, on nous fait comprendre qu’ils sont divisés en diverses classes en fonction de leur apport possible à cette société mécanique. Et il ne faut pas longtemps pour que l’on soit témoin du triste sort qui attend ceux qui osent se rebeller contre cette autorité. On nous donne clairement le ton du récit en seulement quelques pages et ça suffit pour marquer les esprits. D’ailleurs, je trouve que le trait de l’artiste joue très bien sur le malaise que l’on va ressentir tant celui-ci arrive à transmettre l’horreur de ces exécutions. C’est encore plus vrai lorsque l’on arrive au moment fatidique qui va nous mettre un sacré coup derrière la nuque. Cela va avoir pour conséquence de nous faire comprendre que personne n’est à l’abri dans cette histoire. En faisant ça, l’histoire parvient à capter directement notre attention par le choc subi et surtout à renforcer notre envie de voir nos protagonistes parvenir à mener leur rébellion jusqu’au bout. Ainsi, il ne faut que quelques minutes à cette courte série pour nous imprégner de l’horreur et de la brutalité de cet univers où l’on a tout de même envie de croire en des lendemains meilleurs.
C’est comme ça que débute réellement cette aventure qui va nous faire explorer une bonne partie des premières strates de ce lieu. Et là, je trouve aussi que le titre va bien jouer sur la notion de doublure, de mensonges et de détresse pour créer un voyage qui va nous surprendre, mais aussi nous tenir en haleine. Le chemin que vont suivre nos personnages est déchirant, car il se façonne à travers la tristesse et les remords de ceux qui ne sont plus présents. Utilisant ces éléments comme source d’un puissant artefact, le mangaka s’assure ainsi de créer un important sens du spectacle tout en maintenant cette atmosphère tragique. Et plus on va progresser dans le récit et plus on ouvre les yeux sur la vérité derrière cette invasion, mais aussi les secrets qui entourent l’origine de ces êtres robotiques. Un rebondissement assez surprenant et qui arrive en fin de série. Cela donne beaucoup de potentiel à ce qui aurait pu découler de la suite de cette épopée tant on change drastiquement notre vision de ce qui se passe. En fait, je trouve que le manga traite plutôt habilement de ce que l’être humain est capable de faire pour ses propres ambitions quitte à sacrifier des vies. On ne cherche pas à faire de l’homme un individu à sauver à tout prix et de jouer bien plus sur le sort funeste des victimes innocentes pour créer ce sentiment d’injustice qui va nous assaillir tout au long de la lecture. On ouvre les yeux sur un conflit qui n’a été que douleurs pour des gens qui n’ont rien demandé et des deux côtés. Cela amène une fin que je trouve efficace malgré le fait que l’on aurait aimé que cela continue pour aller au bout de certaines intrigues.
Fake Rebellion est clairement le genre de récit qui peut surprendre de par ce qui est raconté à travers ces deux volumes. On sent clairement le potentiel qu’il y a derrière cette histoire et tout ce qui est amené à travers les révélations et autres moments forts du récit. La question est maintenant de savoir si cette fin ouverte peut vous satisfaire. C’est à chacun d’être son propre juge là-dessus. Pour ma part, je trouve que c’est justement intéressant de voir comment un mangaka peut réussir à donner vie à une idée initiale, à la développer et comment laisser ensuite le reste de son aventure à l’imaginaire de son lectorat. Et pour ça, je trouve que ce manga réussit à être un bon divertissement.
Fake Rebellion allume les feux de la révolte
Au final, il est important de voir Fake Rebellion comme la présentation d’un cri du cœur de la part de ces personnes qui ont tout perdu dans l’espoir de changer les choses. Nous avons beau ne pas voir où nous mènera au final cet élan de rébellion lancée par ce petit groupe, cela n’empêche pas d’apprécier ce qu’ils cherchent à accomplir. Surtout que là, au fur et à mesure des chapitres, on se focalise avant tout sur des gens qui, pour la plupart, sont loin d’être de haute extraction. Au contraire, on a le droit à des profils bien différents qui vont amener leur propre vision de cette guerre et nous transmettre leur raison de mener ce combat jusqu’à son terme. On aimerait évidemment voir ce qu’il se passe à la toute fin de cette bataille. Mais je trouve que l’artiste a su trouver un juste milieu pour laisser place à l’imaginaire du spectateur qui va construire lui-même sa vision de ce qui arrive à cette histoire. Est-ce que cette rébellion est une réussite ? Le combat de nos protagonistes fut-il un échec ? Il est vrai que l’on aime quand une histoire va d’un point A à un point Z, mais je trouve aussi qu’il est tout aussi important de se focaliser sur ces histoires qui décident de nous laisser maître de ce qui arrive ensuite. Evidemment, un récit est la création de son auteur ou autrice et c’est la vision de l’artiste qui prime dans ce qui est raconté. Mais la fiction peut aussi être un moyen de créer un lien entre le mangaka et le lecteur dont le second peut tout à fait rêver de ce qu’il peut advenir de ces personnages avec lesquels on a passé un très bon moment.
En conclusion, Fake Rebellion a su m’offrir une intense et courte épopée qui ne laisse aucun temps mort. Je trouve que le titre réussit efficacement à nous plonger dans ce sinistre contexte et surtout à nous partager la terreur qui assaille les gens qui sont sous la domination de ces machines. Et même au-delà du fait que l’on peut voir le potentiel qu’aurait pu donner le manga sur le long terme, l’aventure en elle-même fut réussie. On a autant le droit à des moments dramatiques qu’à des petits instants comiques et une bonne dose d’action. Un cocktail qui fonctionne très bien et permet d’offrir un divertissement à la hauteur des attentes. Par exemple, j’adore l’utilisation et la symbolique du “death genesis drive” qui représente à merveille tout ce qui fait l’âme de la série. Une œuvre qui se concentre sur ceux qui disparaissent en ne laissant derrière eux que leurs remords, regrets et détresse pour qu’un jour ils puissent être libérés de ce poids qui pèse encore sur leur âme. Si vous souhaitez une aventure aussi sombre que prenante en seulement deux tomes, vous aurez largement de quoi faire ici. Et bien sûr, j’aurais énormément de questions à poser au vu de la fin du second volume. Mais je vais laisser ça pour votre propre surprise, car je pense aussi que c’est ce qui peut faire l’intérêt de cette fin que de créer sa propre vision du futur de nos nouveaux amis. Le plus intéressant n’est pas forcément la finalité d’une histoire, mais comment celle-ci se construit.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant Fake Rebellion. Trouvez-vous que la série parvient à proposer une aventure réussie ? Est-ce que vous auriez aimé qu’elle dure plus longtemps ? Appréciez-vous le fait de ce que l’artiste a voulu mettre en place au travers de ces deux volumes ? Le titre parvient-il, selon vous, à proposer de bonnes idées autant en termes d’écriture que de personnages ? Est-ce que vous avez ressenti de l’attachement pour nos protagonistes tout en étant surpris par la vérité derrière tout ça ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

