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Coji-Coji T1

On le sait, il y a des œuvres qui font partie intégrante de la culture japonaise et qui peuvent parfois avoir du mal à trouver leur place sur le marché français tant on est sur des séries qui dénotent. Pourtant, c’est toujours super intéressant de voir des figures marquantes faire leur apparition même si le style graphique ou ce qui est raconté peuvent nous paraître étranges. Mangetsu a justement su proposer pas mal de ces œuvres récemment entre Crayon Shin-chan ou bien Chibi Maruko-chan. Et justement, aujourd’hui on retrouve l’autrice de ce dernier titre chez Mangetsu avec une autre de ses séries : Coji-Coji. Momoko Sakura, mangaka dont le nom n’est plus à présenté au Japon, a su faire sa légende à travers ses personnages iconiques, drôles et jouant admirablement bien sur l’absurde comme c’est le cas pour Maruko. Et ici, on a le droit à un manga qui va être dans la même lignée, mais en s’attardant bien plus sur l’imaginaire autour d’une figure qui a longtemps accompagné la mangaka. J’étais très curieux de voir ce que pourrait donner ce conte assez unique en son genre et je ne suis clairement pas déçu. Un récit atypique qu’il est grand temps de traiter tant il y a de choses à dire.

Bienvenue à Märchen

Avec le résumé de Coji-Coji, on sait que l’on va mettre les pieds dans un univers totalement fictif et assez loufoque. Cependant, la grande question était de savoir ce que celui-ci pourrait créer comme histoires intéressantes. Et c’est en me penchant sur l’imposant premier volume que je me suis rendu compte qu’on retrouvait un schéma assez similaire à ce qu’on pouvait retrouver chez Chibi Maruko-chan, mais en amenant encore plus l’absurde. Mais c’est justement à travers cet élément que la mangaka va montrer tout son génie pour créer une lecture qui va autant nous surprendre que nous faire rire et avoir des moments pertinents.

De l’absurde et de l’innocence

Autant le dire tout de suite, Coji-Coji est une œuvre qui se veut particulièrement étrange au premier abord. En effet, on se retrouve propulsé, sans réelle raison, dans le monde de Märchen. Un lieu hors du temps et de l’espace où l’imaginaire peut prendre forme. Et on le voit directement à travers les nombreuses figures qui vont se présenter à nous et que l’on va suivre dans leur quotidien. Si le trait très enfantin de la mangaka peut dérouter ceux qui n’y sont pas habitués, je trouve que cela colle très bien à l’atmosphère que l’artiste souhaite proposer à ce récit ainsi qu’à cet environnement. Après tout, il est question de personnages fictifs et de contes qui sont très ancrés dans cet esprit d’enfant que l’on pouvait par exemple imaginer quand on était plus petit. Sur ce point-là, je trouve que le titre fonctionne bien et réussit son pari de nous emmener dans un univers où tout semble permis. Mais là où ça va être encore plus intéressant, c’est dans le contraste qui va se jouer entre cette ambiance féérique et nos personnages notamment Coji-Coji. En effet, l’émerveillement que l’on peut ressentir au début va vite être secoué par l’absurdité dont notre protagoniste et ses camarades vont faire preuve. En seulement quelques lignes, on retrouve cet élément si important aux yeux de la mangaka et dont elle est passée maître dans l’art de l’utiliser.

Car oui, ce petit lionceau tout mignon ne cesse de faire tourner son entourage en bourrique par des réactions totalement à côté de la plaque, des questions idiotes ou des piques qui brisent le côté innocent qu’il pouvait y avoir. Un choix qui est fait exprès pour briser cet ensorcellement que l’on peut avoir initialement pour s’attarder sur quelque chose de bien plus comique. Car oui, ce manga est avant tout tourné vers l’humour et joue à fond sur cette parodie de monde imaginaire pour briser le quatrième mur, faire des allusions à d’autres œuvres ou mangakas et même aborder des sujets inattendus à travers certains chapitres. De ce fait, on a parfois du mal à se demander où se positionne le récit et c’est justement une bonne chose étant donné que cet univers, imaginé par l’autrice, ne répond à rien d’autre qu’à sa propre créativité et son sens de l’absurde. On va parfois être totalement dépité par les réactions de notre protagoniste pour ensuite rire un bon coup en compagnie de cette classe. Mais parfois, on va se retrouver face à des moments où les idioties de ces êtres s’effacent pour laisser place à des moments bien plus touchants et parfois même déchirants. Tout en conservant ce ton assez humoristique, on voit aussi qu’il y a certains messages qui sont transmis qui sont cruciaux. On parle ici d’amitié, mais aussi de questionnement sur soi-même, la famille, l’amour et l’importance de l’imaginaire pour n’importe qui. En créant un prisme aussi loufoque, l’artiste donne vie à un personnage qui l’accompagne depuis longtemps sur le plan personnel et le partage avec les autres. Il s’agit d’un reflet de ce qui est important pour elle en termes de création, d’amusement et d’émerveillement. A travers ce personnage, c’est tout un monde qui prend forme et qui symbolise, dans un sens, l’univers des contes que l’on pourrait tous créer.

Oui, Coji-Coji est clairement une lecture atypique où il faut réussir à rentrer directement dans cette proposition. Mais je trouve que le titre arrive à avoir un charme indéniable et surtout, on finit par s’attacher à ces êtres magiques et parfois totalement farfelus. Des créatures qui montrent que l’imaginaire peut prendre bien des formes et être le parfait reflet de la personnalité de sa créatrice. Le genre de récit où l’on prend plaisir à juste savourer chaque chapitre comme une petite aventure unique. Ici, pas besoin de trame narrative, mais juste de se laisser guider dans ce royaume où tout est possible.

Coji-Coji nous fait tourner la tête

Tout comme Chibi Maruko-chan, Coji-Coji est une œuvre qui peut paraître compliquée pour attirer le lecteur qui ne connaît pas forcément l’autrice ou qui peut avoir du mal avec les dessins. Cependant, je trouve que c’est un manga qui a un charme remarquable très loin de ce que l’on peut voir autre part. Je trouve que le titre, derrière son aspect comique et ce côté un peu barré, a une vraie volonté de faire rêver. Et surtout, c’est un ouvrage qui peut autant s’adresser aux plus jeunes qu’aux adultes. On peut tout à fait apprécier cette histoire pour l’atmosphère qui s’en dégage et cette reprise de l’esprit contes que l’on peut connaître. Mais il est aussi tout à fait possible de savourer cette lecture pour son côté plus incisif, absurde et surprenant par ses dialogues. En réalité, Coji-Coji est un personnage qui, même s’il peut paraître souvent idiot, attire la sympathie. On va autant se demander quelles seront les prochaines bêtises qu’il sortira que vouloir en apprendre plus sur ce petit être qui est à la fois entouré d’amis, mais aussi assez solitaire. Et plus on avance dans ce premier volume, plus on s’immerge dans cet environnement où tout peut sembler fou et qui pourtant a tant à nous offrir. J’ai été, personnellement, assez touché par ma découverte de ce manga que je ne connaissais pas du tout initialement. En fait, je trouve que la mangaka amène vraiment un côté très personnel dans chacune de ses œuvres. Si Maruko représente une réalité vue à travers les yeux d’une enfant parfois turbulente, Coji-Coji est le reflet de l’imaginaire de cette petite fille où toutes ses créations peuvent prendre forme.

A travers ces quelques lignes, j’avais envie d’exprimer à quel point Coji-Coji est un titre qui m’a beaucoup parlé au-delà du côté simplement comique. Une œuvre qui traite avec brio de cette créativité que l’on a depuis tout petit et que l’on a parfois trop tendance à perdre. La mangaka nous montre ici qu’il est important de l’entretenir tout en y apportant des choses provenant de notre regard d’adulte. Je le sais très bien que ce manga ne s’adressera pas forcément au plus grand nombre, mais je trouve que c’est un titre parfaitement complémentaire à l’autre œuvre de l’autrice et qui a un charme ayant fonctionné sur moi. Prenant le temps de savourer chaque chapitre comme si c’était une petite aventure à part, je me suis senti impliqué dans cette classe un peu folle, mais qui sait comment nous donner le sourire. Si vous êtes curieux de découvrir une autre facette de la mangaka et que vous voulez un récit absurde, drôle et finalement touchant, alors vous pouvez tenter l’aventure. A présent, je tiens à présenter certaines questions qui me trottent dans la tête. Est-ce que l’on va continuer à suivre le quotidien de notre protagoniste au sein de ce royaume ou allons-nous en explorer d’autres ? Est-ce que d’autres personnages vont faire leur apparition et apporter des remous dans la vie de ces petits êtres ? Va-t-on rester sur ce format ou bien voir quelque chose se tisser en arrière-plan ? Je serai de la partie pour observer le ciel étoilé en compagnie de ces nouveaux compagnons.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Coji-Coji. Trouvez-vous que le titre peut trouver sa place au sein du marché ? Est-ce que vous avez apprécié l’imaginaire que l’artiste a su mettre en place à travers ce lieu, mais aussi tous ces personnages ? Est-ce que la mangaka réussit à jouer, selon vous, admirablement bien la carte de l’absurde ? Avez-vous de la sympathie pour ces êtres souvent caricaturaux et qui, pourtant, arrivent à créer un univers attrayant et envoûtant ? Qu’attendez-vous pour la suite de la série ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

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