My Happy Family T1
Le manga peut être un formidable support pour parler de problèmes importants et qui peuvent toucher tous les domaines. Cela peut être lié à la société, aux blessures subies, à la perte d’un être cher, à la dépression et bien d’autres sujets. Il est alors crucial de mettre en valeur ces œuvres pour ce qu’elles peuvent amener comme réflexion, mais aussi les voir comme un moyen d’expression sur des sujets souvent difficiles, mais dont il faut parler. C’est exactement ce que l’on va voir aujourd’hui avec la nouveauté de chez Noeve Grafx : My Happy Family. Si le nom peut sembler tout mignon, le titre est loin d’être aussi éclatant alors qu’il s’agit pourtant d’une histoire voulant justement être bienveillante. La raison à ça est que l’on va traiter ici de la complexité de se reconstruire, de faire confiance aux autres et de retrouver une vie normale dans un monde où certains sont réduits en esclavage. Un récit qui ne va donc pas être réjouissant de prime abord et qui pourtant va tout faire pour apporter un peu de lumière dans un univers qui en manque cruellement. Je vous invite donc à me suivre au sein d’une maison qui va servir de refuge à ceux qui n’ont plus rien.
Un nouveau foyer

Synopsis
Sophia a été vendue par ses parents et réduite à l’état d’esclave. Elle a été achetée et revendue par plusieurs maîtres avant d’atterrir chez William Aldridge, un homme connu pour son sadisme.
Sophia imagine le terrible sort qui l’attend et jure de ne pas se laisser faire, mais la main que lui tend William se révèle douce et bienveillante.
Plongez dans l’histoire d’une esclave malheureuse qui apprend à être heureuse au sein de sa nouvelle famille.
Mangaka : Kujira Hachiya
Comme dit un peu plus haut, My Happy Family est loin de partir sur des bases réjouissantes étant donné que l’on va suivre le destin tragique de cette demoiselle réduite en esclavage. On va voir à quel point ce drame a pu la blesser et la rendre méfiante à l’égard de tous ceux qui veulent l’approcher. Et c’est finalement en débarquant chez William qu’elle va découvrir une chance de guérir et de retrouver peu à peu goût à la vie. Une histoire qui ne va pas s’arrêter uniquement à elle et qui va nous faire passer par bien des émotions tandis que l’on entrevoit la vérité derrière toutes ces rumeurs.
Apprendre à vivre de nouveau
Dès le départ, My Happy Family donne le ton en nous plongeant dans le drame vécu par ces gens réduits en esclavage. Cela a pour effet immédiat de créer une animosité de notre part à l’égard de cette société qui ose accepter ça. En plus de ça, on suit cette demoiselle qui, semble-t-il, va devoir se rendre dans une nouvelle demeure où le maître des lieux est connu pour son sadisme. Le titre joue exprès sur tous ces éléments pour que l’on soit conscient de l’endroit où l’on a mis les pieds et éveiller en nous notre sentiment d’injustice pour ces gens qui n’ont rien demandé et qui se retrouvent privés de leur liberté. Mais tout va basculer dès lors que l’on fait la connaissance de ce fameux William qui va être tout le contraire de l’image que l’on se construit de lui. Loin d’être malfaisant, il se montre surtout avenant et désireux que Sophia puisse se sentir à l’aise dans son nouveau foyer. On comprend alors rapidement que toutes ces rumeurs n’étaient que du vent et qu’au contraire, il traite avec bienveillance tous ceux qui entrent à son service. Mais ce qui est justement intéressant est de voir la méfiance de notre protagoniste. Cela montre à quel point elle a été profondément marquée par ces précédentes expériences et surtout que sa condition lui a laissé des stigmates qu’elle ne peut oublier de sitôt. Et c’est justement là que le manga va frapper fort en nous contant justement la difficulté de se reconstruire après tout ce qu’elle a pu vivre.
La confiance est une denrée rare qui ne peut être confiée à n’importe qui et le titre va montrer son quotidien où elle va justement réapprendre à vivre comme une personne ordinaire. On bascule alors dans une tranche de vie où la jeune fille va découvrir ce que c’est que de retrouver sa liberté et à reprendre goût à la vie tout simplement. S’amuser, faire des achats, discuter et rêver sont de nouveau possible. On ne peut alors rester insensible devant ce choc que va vivre cette jeune fille qui reste sur la défensive et on comprend pourquoi. Ce manga est une ode à la bienveillance et à l’entraide. En tendant cette main, William sauve une vie et nous rappelle l’importance de secourir les gens en détresse. Et ce récit n’est pas uniquement celui de Sophia, mais de tous les pensionnaires de ce lieu. On va découvrir, au fil des chapitres, le récit des autres employés et chacun va nous faire verser des larmes. Leur histoire tragique, leurs problèmes et autres cicatrices nous brisent le cœur tandis que l’on est profondément ému de les voir s’épanouir entre ces murs. Ils découvrent ici une famille qui les accepte et où chaque jour est un petit paradis. Par exemple, comment ne pas être touché par le récit de ce jeune garçon qui va servir de premier collègue et mentor à notre protagoniste ? Nous sommes face à une histoire qui respire l’humanité, et même si on va découvrir d’autres facettes terribles de ce monde, cela ne fait que renforcer notre attachement pour ce cocon que cet homme a créé pour ceux qui ont déjà tant été détruit par cette société. Une douceur réconfortante qui donne juste envie de tout faire pour préserver et protéger ce lieu.
Découvrir My Happy Family a été pour moi une très grosse claque. Je savais, en lisant son synopsis, que j’allais particulièrement être touché par ce récit. Mais je ne m’attendais pas à avoir un tel affect pour ce casting qui est tellement réussi. Chaque personnage arrive à nous raconter quelque chose de poignant et surtout à nous montrer l’importance d’être entouré de gens qui nous aiment. Une œuvre qui commence sur un postulat terrible étant donné que l’on se retrouve face à des esclaves pour ensuite nous embarquer dans la quête de liberté, de bien-être et de bonheur de ces derniers. Une ode à l’épanouissement et au bonheur dans un monde pourtant si sombre.
My Happy Family entame sa reconstruction
Pour moi, My Happy Family a été une découverte bouleversante à bien des égards. J’ai été profondément impactée par le récit de tous ces personnages qui cherchent juste à se relever de ce que cette vie a pu leur infliger. William n’est pas uniquement un sauveur. C’est un homme qui a aussi connu des drames et lutte, à sa manière, contre cette société qui n’a que faire de ceux qui souffrent. Et je pourrais m’étaler des heures sur la majorité des personnages qui nous sont présentés dès ce premier volume. En seulement quelques pages, on va se prendre une véritable tempête émotionnelle où l’on va être en colère contre cette société, détruit par le récit de ces gens et heureux de les voir s’entraider. Car c’est ça surtout qu’il faut retenir dans ce manga à mon sens. Nous sommes face à un récit qui se présente comme une lueur d’espoir dans un univers où rien ne va. On nous rappelle l’importance d’être bon et de venir en aide à ceux qui n’ont plus la force d’avancer. Et c’est fait avec une telle sincérité que je n’ai pu qu’être emporté par ce qui se passe. En voyant le déroulé de cette histoire, on a envie de soutenir cette “famille” qui se forme au travers de ces âmes perdues, mais on a aussi peur que ce bonheur puisse disparaître. Un rappel à quel point celui-ci est précieux et qu’il peut s’effondrer du jour au lendemain. Dans un monde où l’on a trop souvent tendance à penser au “je” qu’au “nous”, ce titre sonne comme un rappel que c’est ensemble que l’on peut aller le plus loin. Une quête de guérison tant physique que mentale pour ces individus qui veulent juste vivre comme n’importe qui.
Vous l’aurez compris en lisant cette chronique, mais ce premier volume de My Happy Family fut un coup de cœur. Je trouve que le titre parvient habilement à mêler drame humain, problèmes de société et une lutte pour se reconstruire. Des facettes qui interagissent efficacement les unes avec les autres pour un résultat qui touche la corde sensible. J’ai été impliqué émotionnellement dans cette introduction qui ne se contente pas de placer le décor. On va rapidement nous montrer les dégâts subis par ces anciens esclaves qui, même dans un environnement sain comme la demeure de William, peinent à oublier le passé. Les traumas et souffrances laissent des marques ancrées profondément dans la chair et l’esprit. C’est alors un combat de longue haleine qui a lieu pour croire de nouveau en un avenir radieux entouré de gens soucieux et prêts à soutenir leurs proches même dans les pires moments. Je pense que ce manga est le parfait exemple d’œuvre qu’il est important de lire tout bonnement pour la leçon d’humanité qui en découle. Je recommande chaudement cette histoire qui, en plus de ça, se conclura en quatre volumes. A présent, j’ai quelques questions en suspens concernant le futur de nos protagonistes. Est-ce qu’ils vont réussir à totalement oublier le passé ? Celui-ci continuera-t-il de les hanter ? Va-t-on en apprendre plus sur les secrets de la famille de William ? De nouvelles personnes rejoindront-elles cette “famille” ? Il me tarde de connaître la suite.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de My Happy Family. Trouvez-vous que le manga réussit à proposer une histoire bouleversante et touchante ? Est-ce que vous avez ressenti une profonde empathie pour ces personnages qui entament une nouvelle vie ? Avez-vous envie de les voir s’épanouir au sein de cet environnement loin de tout ce qu’ils ont connu ? Pensez-vous que ce manga peut proposer une excellente leçon d’entraide, de soutien, d’amitié et d’amour au travers de ce domaine ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

