Kids on the Slope-T1-2

Kids on the Slope T1

On le voit très bien depuis plusieurs années, mais le marché du manga laisse une grande part aujourd’hui au retour d’anciennes licences. C’est souvent l’occasion pour ces séries de connaître un second souffle et aussi de perdurer au fil du temps à travers un nouvel éditeur. Pour ma part, c’est autant un moyen de me replonger dans des titres que j’affectionne tout particulièrement qu’une chance de vous en parler. Et cette fois on s’attaque à un assez gros morceau grâce à Mangetsu qui a ramené sur le devant de la scène une œuvre absolument géniale. Je parle bien sûr de Kids on the Slope de la talentueuse Yuki Kodama. Édité une première fois chez Kazé il y a plus de dix ans de ça et ayant aussi eu le droit à une adaptation anime qui a beaucoup fait parler d’elle, ce titre est un vrai classique en matière de slice of life et de récit musical. Si je n’ai jamais pris le temps, à mon grand désarroi, de parler de cette histoire par le passé, je ne pouvais pas louper cette sortie pour vous en parler. Préparez-vous à faire la connaissance de deux personnages que tout oppose et qui pourtant vont former un tandem inoubliable.

Au rythme du jazz

Il y a plusieurs choses importantes à noter rien que dans le synopsis de Kids on the Slope. Tout d’abord, on est sur un contexte historique bien particulier qui permet de changer de cadre par rapport à ce que l’on peut voir habituellement tout en ayant une incidence sur ce que l’on va voir. Mais surtout, on est sur un manga qui va se concentrer sur ces deux protagonistes qui vont se rapprocher à travers cet art qu’est le jazz. Un élément essentiel dans ce récit tant il va être utilisé pour construire quelque chose de fort pour ce binôme qui ne se serait sûrement jamais formé sans lui.

Deux êtres ayant leur propre musique

En fait, il faut tout d’abord comprendre que Kids on the Slope n’est pas uniquement un manga centré sur le jazz et la musique. Nous sommes avant tout devant une tranche de vie qui va s’attarder sur ces deux jeunes hommes qui vont être au centre du récit. Et c’est là que la mangaka va d’abord frapper très fort. Dès les premières pages, on va rapidement comprendre l’écart qui existe entre Kaoru et Sentarô. Deux êtres diamétralement différents, le premier étant introverti et froid tandis que le second est plein d’énergie et présenté comme un voyou. Mais ces étiquettes qu’on leur colle au début vont progressivement s’envoler pour montrer qui ils sont réellement. Le nouveau venu dans cette école est surtout un jeune homme terrifié par cet environnement dans lequel il doit s’adapter. On nous présente un adolescent peu sûr de lui et qui a très peur du regard des autres à tel point qu’il s’en rend malade. Ainsi, on nous parle à travers lui d’une véritable angoisse sociale qui peut frapper n’importe qui par rapport à sa propre expérience, ses peurs et ses inquiétudes dans son rapport avec les autres. De son côté, Sentarô est un étudiant rayonnant qui, même s’il est vraiment un cancre, est loin d’être juste un bagarreur. Il est avant tout un amoureux du jazz qui cherche surtout à apprécier ce que la vie peut offrir et qui n’a pas peur de sortir les poings quand il considère que c’est nécessaire.

On a donc un esprit enfermé dans cette propre cage qu’il s’est formé et un autre qui est un électron libre n’ayant aucune barrière. Et tout ça se ressent avant même que l’on s’aventure réellement sur le domaine de la musique. C’est pour ça qu’il faut avant tout voir ce manga comme un slice of life véhiculant des messages forts et parlant aussi de problèmes graves pouvant frapper n’importe quelle personne. Suite à ça, on entre progressivement dans le monde du jazz et encore on l’effleure à peine. La musique est surtout ici un levier permettant de rapprocher nos protagonistes et de leur trouver un point commun auquel se raccrocher. On entre alors dans une phase très intéressante et importante où l’on s’attarde sur ce que va apporter cette forme d’art à nos deux protagonistes. Alors qu’il a toujours du mal à se rapprocher des autres, Kaoru va se surprendre lui-même à ne pas sentir cette angoisse auprès de son camarade musicien. C’est en jouant ensemble et en se confrontant au style de l’autre qu’ils vont réussir à trouver quelque chose qui les réunit. Le jazz, en plus d’être présenté comme un courant musical important de l’époque, va être un formidable moteur pour permettre à ces deux âmes de s’épanouir pleinement. Ils ont beau être souvent en désaccord, c’est finalement derrière leur instrument de prédilection qu’ils vont progressivement se mettre au diapason. Une aventure humaine où la musique montre sa capacité à enrichir l’esprit et à faire face à ses propres peurs. Ce qui n’était alors qu’une rencontre fortuite se transforme en un lien naissant fort qui se renforce à chaque note jouée.

Il n’y a pas à dire, Kids on the Slope arrive toujours à trouver la bonne tonalité pour nous séduire. Nous voilà face à une œuvre qui utilise avec brio le thème de la musique pour aborder des sujets bien plus délicats. Le jazz est ici autant une invitation à s’ouvrir à ce genre musical qu’à permettre à ces personnages de s’épanouir pleinement. On fait face à deux adolescents qui ne sont pas forcément les plus adaptés à la vie en classe, mais qui, une fois dehors, arrivent à se retrouver autour d’une passion commune. Un rapprochement qui donne le sourire et laisse entrevoir de formidables mélodies pour la suite.

Kids on the Slope nous chante une mélodie entraînante

Comment vous dire que je suis si content d’avoir pu retrouver Kids on the Slope à travers ce grand retour. Dès les premières pages, je retrouve avec joie cette atmosphère si singulière au style de la mangaka. Une œuvre qui a cette capacité à nous faire voyager dans cette époque qui se dessine devant nous, mais surtout de nous donner envie de retrouver nos protagonistes. Le tandem qui voit le jour dans cette introduction a déjà ce petit quelque chose en plus qui donne envie de voir jusqu’où il ira. C’est là où l’on constate le talent de Yuki Kodama pour retranscrire les rapports humains dans ce qu’il peut y avoir de plus beau, mais aussi de plus fragile. On ne peut s’empêcher d’avoir de l’empathie pour ces étudiants qui ne cherchent rien de plus qu’à profiter de ce qu’ils aiment. Et c’est justement en les voyant se lancer pleinement dans un concerto de jazz que l’on ressent tout le bonheur qui peut les envahir. De même, il est aussi important de noter qu’il y a un autre personnage qui va jouer aussi un rôle important pour l’ensemble du récit. On peut ainsi dire que l’on est presque plus face à un trio où les sentiments vont se mélanger et s’entrechoquer. On voit alors à quel point la mangaka tient à montrer à quel point une simple rencontre peut bouleverser une existence entière. C’est exactement ce qu’il va se passer pour ce jeune homme débarquant tout juste dans ce lycée. Une main tendue qu’il ne cherchait peut-être pas, mais dont il avait cruellement besoin.

Vous l’aurez donc compris, j’ai un énorme coup de coeur pour ce premier volume de Kids on the Slope. En fait, je suis déjà fan de la série ayant pu la découvrir via sa précédente édition ainsi que par l’anime. Malgré tout, c’est toujours un bonheur que de se replonger dedans. Je trouve que l’on est sur un slice of life qui arrive à créer un petit cocon où l’on se sent bien au même titre que ses protagonistes. Une ambiance unique qui m’envoûte si aisément tant elle correspond à merveille à ce que les personnages vivent. Voilà le genre d’expérience qui, le temps de quelques minutes, nous délivre une petite bulle où l’on se laisse aller à une certaine mélancolie. Le genre de récit qui réchauffe le cœur et nous donne envie de prolonger l’expérience pour se laisser bercer par la douce mélodie jouée par ces deux compères. Si vous n’avez jamais eu l’occasion de découvrir la série et que vous souhaitez une histoire qui vous réconfortera alors vraiment n’hésitez pas une seconde. Et même si je connais très bien le manga, je peux tout de même me laisser aller à plusieurs questions comme si c’était la première fois que je me lançais dans cette aventure. Jusqu’où va bien amener cette collaboration entre nos deux musiciens ? Va-t-on assister à la naissance d’une très belle amitié au sein de ce trio ? Est-ce que l’on va profiter encore un peu des prochaines sessions de jazz ? Je vais suivre de nouveau avec joie cette douce épopée !

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Kids on the Slope. Trouvez-vous que le manga est toujours aussi remarquable à travers cette nouvelle édition ? Découvrez-vous la série avec ce retour ? Est-ce que l’alchimie naissante entre nos protagonistes fonctionne parfaitement à vos yeux ? Pensez-vous que l’on aura le droit à un excellent trio au vu de ce qui est supposé dès cette introduction ? Etes-vous curieux de voir comment va évoluer la relation entre les personnages ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

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