Mangetsu : 5 séries à découvrir #01
Ce que j’aime ces derniers temps, c’est de vous proposer des chroniques afin de mettre en avant des séries qui ne sont pas forcément les plus connues, mais qui valent le coup d’œil selon moi. C’est pour ça que je fais ce rendez-vous régulier pour vous parler d’œuvres chez un éditeur en particulier afin de vous montrer toute la richesse que l’on peut retrouver au sein de chaque catalogue. Cette fois, j’avais envie de vous amener du côté de chez Mangetsu qui a su, en peu d’années d’existence, proposer un large choix dans leurs mangas. Et s’il y a des grands classiques dans le lot, j’avais aussi envie de m’attarder sur certaines licences qui n’ont pas forcément l’aura qu’elles mériteraient. Surtout qu’il y a une grande diversité au sein du catalogue tout en ayant le droit à des facettes bien travaillées au sein de celle-ci. Au programme, on va parler de sport, d’horreur, mais aussi de comédie et bien d’autres thèmes captivants à suivre. Je vous invite donc à m’accompagner au sein de cinq univers qui ont su me fasciner tout au long des tomes lus.
Pour les amateurs de basket : Deep 3
Dès le début, j’étais enthousiaste à l’idée de me plonger dans cette nouvelle série sportive. Retrouver l’univers du basket suffisait à éveiller ma curiosité quant à ce que cette œuvre avait à offrir. Et le résultat est là : Deep 3 réussit pleinement à convaincre. Bien au-delà de la simple compétition, le manga s’impose comme une véritable célébration du dépassement de soi, tout en offrant un regard saisissant sur un milieu exigeant. Rien n’est laissé au hasard : l’histoire équilibre habilement matchs intenses et dimension humaine. Il faut également saluer le travail du dessinateur, dont le trait est à la fois magnifique et dynamique, donnant un rythme captivant à chaque planche. Damian, le protagoniste, se révèle particulièrement attachant. On a envie de le soutenir dans sa quête, de le voir atteindre ses objectifs. Plus qu’un simple joueur, c’est un adolescent sincère, animé par de nobles intentions, qui se bat sans relâche pour progresser tout en composant avec son handicap. L’émotion est d’ailleurs bien présente, nous faisant passer par toute une palette de sentiments. À l’image de son héros, le récit prend parfois du recul pour mieux rebondir et viser toujours plus haut. Une découverte qui nous a véritablement séduits. Reste à voir si Deep 3 saura maintenir ce niveau sur le long terme. Une aventure ambitieuse, qui nous fait vivre de nombreuses émotions. Véritable coup de cœur, l’œuvre met autant en lumière le basket que les individus qui le pratiquent. On a donc hâte de suivre l’évolution de ce jeune talent, mais aussi d’observer comment son nouvel environnement influencera sa manière d’aborder ce sport.
Une lecture qui saura séduire aussi bien les passionnés de basket que les amateurs de récits humains riches en promesses.
En résumé
- Un récit sportif d’une intensité folle
- Un protagoniste symbolisant parfaitement la détermination
- Traitement du Yips de façon réaliste et marquante
- Le quotidien éprouvant dans le monde du basket pro
- Un titre qui aborde toutes les facettes de la vie de ces sportifs
Mangaka : Mitsuhiro Muzino & Ryôsuke Tobimatsu
Nombre de tomes : 11/14 [Série en cours au Japon]
A retrouver sur le site Mangetsu ainsi qu’en librairies
Pour les fans de slashers : Pumpkin Night
Dès les premières pages, Pumpkin Night a une structure familière se dessine, évoquant clairement celle des slashers, un genre emblématique, particulièrement prolifique dans les années 80, qui a marqué durablement le cinéma d’horreur. Pourtant, il ne s’agit en aucun cas d’une simple reproduction de ce qui a déjà été fait. Loin de l’imitation, le mangaka opte pour une véritable démarche d’hommage envers ces œuvres qui, à leurs débuts, ont su autant effrayer que, plus tard, divertir à travers leurs dérives parodiques. Et cette appropriation des codes ne se limite pas à la figure de la tueuse mise en scène. C’est en réalité tout le manga qui respire l’essence du slasher : son atmosphère, sa narration, l’incarnation du mal ou encore les thématiques abordées. On évolue ainsi en terrain connu, tout en découvrant une histoire dotée d’une identité propre. Cette dualité rend l’expérience particulièrement intéressante, tant les deux dimensions se complètent harmonieusement. En s’appuyant sur les mécaniques narratives et les tropes caractéristiques du genre, l’auteur parvient à insuffler sa propre vision, donnant naissance à une œuvre qui se montre digne de ses inspirations. Surtout, ces éléments emblématiques ne sont jamais présentés comme des faiblesses, mais bien comme des composantes essentielles de l’identité de ces récits qui ont su nous faire frissonner. L’approche se veut respectueuse envers les pionniers du genre, tout en conservant une volonté intacte de provoquer peur et tension chez le lecteur qui osera s’aventurer dans cette histoire sanglante. Un titre horrifique qui joue admirablement bien sur ce pitch et qui réussit à créer une figure tout aussi iconique que bon nombre de séries de ce genre et qui rend d’autant plus marquante cette découverte.
En résumé
- Un pur hommage aux slashers
- Une figure du mal qui capte toute l’attention
- Du gore qui contribue à nourrir l’image de cette tueuse
- Une iconographie réussie pour notre sérial killer
- Des thèmes intéressants sur cette part d’ombre pouvant exister en chacun
Mangaka : Masaya Hokazono & Seima Taniguchi
Nombre de tomes : 9/10 [Série en cours]
A retrouver sur le site Mangetsu ainsi qu’en librairies
Pour ceux qui veulent le yuri : She Wasn’t a Guy
She Wasn’t a Guy est une œuvre que je considère sans difficulté comme un véritable enchantement, tant elle m’a touché en profondeur. Certes, le récit se construit autour d’une succession de scènes du quotidien partagées par ses protagonistes. Mais cela suffit amplement à captiver, grâce à une sincérité désarmante qui imprègne chaque moment. On savoure pleinement le temps passé à leurs côtés, sans qu’il soit nécessaire d’en faire davantage pour atteindre juste. L’histoire se concentre avant tout sur la découverte de l’autre, en s’appuyant sur un malentendu initial qui va peu à peu s’effacer, brisant les barrières absurdes qui peuvent exister entre les individus. Au départ, le manga dépeint une société où chacun reste enfermé dans l’image qu’on lui attribue. Pourtant, ici, deux jeunes filles vont s’affranchir de ce cadre pour tracer leur propre chemin, indifférentes aux attentes extérieures. Et comme évoqué plus tôt, il est particulièrement appréciable de voir des personnages secondaires qui ne cherchent pas à entraver ce bonheur, mais qui, au contraire, soutiennent cette relation et ce qu’elle représente. Le récit met ainsi en avant des valeurs essentielles comme la tolérance, l’acceptation et l’idée que l’amour comme l’amitié ne connaissent aucune frontière. Un yuri lumineux, porteur de douceur et de bienveillance dans un monde qui en manque souvent. Des œuvres comme celle-ci sont précieuses, car elles véhiculent des messages d’entraide, de joie et d’humanité, particulièrement nécessaires aujourd’hui. Il est d’ailleurs réjouissant de voir le genre yuri gagner en visibilité et toucher un public toujours plus large, tant il regorge d’histoires marquantes et de thématiques importantes. Pour toutes ces raisons, je ne peux que recommander cette lecture, qui s’apparente à une parenthèse apaisante, portée par les musiques qui rapprochent Maya et Mitsuki. Une œuvre qui célèbre tout un pan de cet art, tout en rappelant sa capacité à rassembler et à insuffler de l’espoir. Si vous cherchez une lecture réconfortante, capable de vous toucher et de vous offrir un moment hors du temps, She Wasn’t a Guy pourrait bien vous séduire.
En résumé
- Un titre magnifique autant sur le fond que la forme
- Des personnages attachants
- Un trait somptueux sublimé par l’utilisation du vert
- Le thème de la musique utilisée avec brio
- Une parfaite porte d’entrée au yuri
Mangaka : Sumiko Arai
Nombre de tomes : 03/04 [Série en cours au Japon]
A retrouver sur le site Mangetsu ainsi qu’en librairies
Pour les amateurs de bêtises : Crayon Shinchan
Évidemment, Crayon Shinchan a pour moi un parfum de madeleine de Proust. Et je ne doute pas que ce soit le cas pour beaucoup de ceux qui ont grandi avec les frasques de cet enfant pas comme les autres. Que ce soit via l’anime ou l’ancienne édition du manga, nombreux sont les lecteurs qui ont vu leur jeunesse marquée par Shinnosuke et j’en fais partie. Pourtant, au-delà de la nostalgie, l’œuvre conserve intacte toute sa force. Son humour sans filtre, ses situations absurdes et sa galerie de personnages hauts en couleur font qu’on ne s’ennuie jamais une seule seconde. Et cela ne se limite pas au cercle familial : les personnages secondaires enrichissent eux aussi le récit avec des scènes mémorables, souvent teintées de satire des clichés de la société japonaise.Si le style graphique peut dérouter par sa simplicité apparente, celle-ci est totalement assumée. C’est justement ce trait cartoonesque qui renforce l’efficacité de cette comédie familiale et satirique. Une simplicité en parfaite adéquation avec le ton du manga, qui prouve qu’un dessin épuré peut se révéler redoutablement efficace pour toucher son public. C’est dans cette légèreté, autant narrative que visuelle, que Shinchan trouve toute sa justesse. Chaque expression, chaque gag visuel est pensé pour faire mouche, et le résultat est imparable. C’est un véritable retour en enfance, qui prend aussi une autre dimension avec un regard adulte, notamment lorsqu’on perçoit tout ce que l’œuvre aborde à travers l’humour. Pour moi, il s’agit clairement d’un coup de cœur, même si une part de ce ressenti est forcément liée à l’attachement personnel que j’ai pour ce personnage emblématique. Cette réédition est ainsi une excellente porte d’entrée pour les nouveaux lecteurs, tout en rappelant aux anciens pourquoi la série a su traverser les générations sans perdre de sa magie. Que vous soyez nostalgique ou simplement curieux de découvrir ce gamin au culot sans limite, ce classique vous invite à lâcher prise et à rire sans retenue. Une lecture que je ne peux que recommander, ne serait-ce que pour en saisir toute la portée.
En résumé
- Un classique intemporel
- Des personnages barrés et pourtant attachants
- Une parodie de la famille japonaise
- Des moments touchants derrière cette comédie apparente
- Un protagoniste irrévérencieux qui a inscrit sa légende
Mangaka : Yoshito Usui
Nombre de tomes : 04/17
A retrouver sur le site Mangetsu ainsi qu’en librairies
Pour les amateurs d’Histoire : Mibu Gishi Den
Je termine cette sélection avec un titre historique de haute volée. Il s’agit de Mibu Gishi Den ! Il est fascinant de voir deux artistes conjuguer leurs talents pour donner vie à une fresque historique profondément centrée sur l’humain. Tout est fait pour ne pas dépeindre le protagoniste comme un homme foncièrement mauvais, mais plutôt comme quelqu’un qui a toujours cherché à subvenir aux besoins des siens. Sa quête d’argent, motivée par le désir d’offrir une vie plus confortable à sa famille, l’a peu à peu conduit sur un chemin qu’il n’aurait peut-être pas envisagé autrement. En décalage avec ses pairs, voire avec son époque, il développe pourtant une vision du monde cohérente, guidée par des motivations sincères et pragmatiques, bien loin des idéaux politiques ou de l’honneur abstrait qui ne suffisent pas à remplir un estomac. C’est en cela que Mibu Gishi Den se révèle particulièrement captivant. Le récit est sublimé par un dessin remarquable, capable aussi bien de magnifier les scènes d’action que les instants plus contemplatifs, tout en renforçant la portée des réflexions du personnage principal. Bien qu’il ait côtoyé des figures historiques majeures comme Kondo ou Hijikata, Toshimura apparaît comme un homme plein de contradictions en apparence, mais animé par une logique simple et profondément humaine. Dans un contexte où prendre les armes était souvent une nécessité pour survivre, il a fait ce choix en connaissance de cause, conscient que cela l’exposerait à sa plus grande crainte : la mort. Il y aurait encore beaucoup à dire sur la richesse de ce protagoniste, tant il est finement écrit. Si la narration peut d’abord sembler déroutante, notamment par ses allers-retours entre différentes époques, elle finit par trouver sa cohérence pour révéler toute l’ampleur du récit. Mibu Gishi Den s’impose ainsi comme un véritable coup de cœur, non pas uniquement pour sa dimension historique, mais surtout pour sa capacité à s’en servir comme toile de fond afin de dresser le portrait nuancé d’un homme à la fois ordinaire et remarquable. On pourrait presque y voir une ode à la vie, mais aussi le reflet d’un Japon en pleine mutation, où les mentalités évoluent.
Une découverte marquante, qui saura séduire aussi bien les amateurs d’histoire que ceux en quête d’un récit profondément humain, explorant notre rapport à la mort.
En résumé
- Un autre point de vue sur le Bakumatsu et Shinsengumi
- Un protagoniste magnifiquement bien écrit
- Un récit qui brise l’image du samouraï pour ne laisser que l’humain
- Des dessins somptueux
- Une oeuvre historique traitant de sujets rares autour de cette époque
Mangaka : Jirô Asada & Takumi Nagayasu
Nombre de tomes : 13/13 [Série finie]
A retrouver sur le site Mangetsu ainsi qu’en librairies

