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Pragmata – une visite lunaire qui tourne mal

Allez, ça fait bien longtemps que je n’avais pas fait un article dédié à l’une de mes récentes découvertes gaming. Je teste alors une nouvelle proposition de chroniques en abordant un jeu à travers plusieurs points qui me semblent essentiels à décortiquer. Et comme j’ai eu le platine assez récemment, je me suis dit que ce titre allait être le sujet du jour. Je parle de la nouvelle licence de Capcom : Pragmata. Une expérience qui se sera fait attendre depuis sa première annonce et qui est finalement arrivée il y a quelques semaines. C’est un pari risqué de proposer une nouvelle IP, mais c’est aussi génial de se lancer dans un univers totalement inédit. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le studio a su faire bonne impression avec ce récit étant donné qu’il s’est déjà écoulé à plus de 2 millions d’exemplaires. Une très belle réussite surtout, comme je l’évoque, quand il s’agit d’une licence originale. Après l’avoir fini deux fois pour les besoins du platine, il est grand temps que je vous donne mon avis sur cette épopée spatiale. Est-ce que l’on atteint la stratosphère ou l’on retombe violemment sur Terre ? Je vous donne mon ressenti dès maintenant !

Gameplay : Hack & Gun

Je commence tout de suite avec ce qui est, pour moi, l’une des plus grandes forces du jeu : son gameplay. Nous sommes ici dans un FPS qui ne demande pas à ce que l’on tire à tout va sur les ennemis. En effet, on se rend très vite compte que Hugh est loin de faire le poids face aux robots et androïdes qui pullulent dans la station. En réalité, on est même quasiment à leur merci si l’on n’avait pas avec nous Diana. Notre chère Pragmata est celle qui va donner encore plus d’intérêt aux mécaniques de jeu en hackant les ennemis. Alors que l’on est dans la mêlée, on doit réussir à pirater les ennemis en même temps que l’on esquive leurs attaques afin d’exposer leurs points faibles. Ce n’est qu’alors que notre protagoniste peut s’en donner à coeur joie et faire beaucoup de dégâts. Tout repose dans cet équilibrage entre l’action de Hugh et le hacking de Diana. Si dit comme ça, on peut se dire que c’est une galère à combiner les deux au cœur de la mêlée, Capcom est parvenue à rendre tout ça particulièrement fluide. Tandis que l’on fait au mieux pour échapper à nos assaillants, on peut, en restant appuyer sur L2, faire apparaître une grille où l’on va devoir diriger notre androïde dans sa tâche. Et ce qui est fantastique, c’est que ça donne énormément de dynamisme au titre. On n’est pas juste à tirer sur tout ce qui bouge ou à attendre patiemment de viser juste. Tout se combine pour donner une expérience à la fois grisante, intense et parfois même exigeante surtout en difficulté max. Il faut avoir un regard sur tout ce qui se passe en déplaçant au mieux le hack tout en gardant un œil sur le champ de bataille. En plus de ça, il y a énormément d’équipements possibles, de modules et aussi de nœuds servant à apporter divers effets à chaque piratage. Surchauffe, affaiblissement, confusion et bien d’autres sont à découvrir. Ce qui fait qu’avant même de partir explorer une zone, on réfléchit aux meilleures combinaisons possibles. C’est en ça que Pragmata se distingue vraiment avec des mécaniques de jeu d’une efficacité redoutable.

Pragmata - lune


Scénario : simple, mais efficace

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, elle est loin d’être “originale” de par tout ce qui nous est raconté au travers de nos deux protagonistes. Mais le fait est que tout ça fonctionne bien. On voit ici une histoire qui peut rappeler bon nombre d’œuvres et de films de science-fiction. La question alors est de savoir comment cette intrigue s’exécute et si cela est suffisant pour nous investir dedans. Le jeu en lui-même étant assez court, on est justement dans une aventure qui parvient à ne pas tirer en longueur pour que l’on se concentre pleinement sur ce qui se passe. Et ça fonctionne. On est impliqué dans ce qui se passe même si l’on devine assez aisément les différents plots twists. Et c’est là que je tiens à aborder un point essentiel. Même si un scénario est classique, ça ne veut pas dire qu’il est mauvais. Tout repose sur la manière dont va être narré celui-ci et la manière de le mettre en scène. Là-dessus, Pragmata s’en tire admirablement bien en faisant monter crescendo la tension propre à la menace au sein de cette station lunaire. Pareil pour le principal rebondissement qui va arriver pile au bon moment pour relancer notre intérêt pour l’histoire. Et ce qui est bien, c’est que le fait d’être autant maître de l’intrigue et du rythme sur ce cours laps de temps permet de n’avoir aucun ventre mou. D’ailleurs, le dernier pan du jeu est aussi remarquable tant on va avoir le droit à du grand spectacle. Une manière grandiose de finir l’aventure tout en ayant aussi une forte composante émotionnelle. Car oui, ce jeu est avant tout celui de deux personnages qui vont se trouver, tenter de survivre ensemble pour finalement avoir un rêve commun. Et c’est ce qui fait que l’on va s’impliquer dans le récit. Nous sommes avant tout là pour ce duo qui me permet de rebondir sur le prochain point.


Personnages : Un lien familial fort

Si le gameplay était, à mon sens, le premier gros point fort du jeu, nos deux protagonistes forment l’autre grande qualité de l’aventure. Au départ, on voit cet astronaute un peu bourru qui fait la rencontre de cette androïde aux allures d’enfant et l’on sent qu’il va y avoir un lien fort entre eux. Cependant, Capcom a su transcender ça pour créer une relation qui va constamment nous donner le sourire. Ils ont beau être différents de bien des manières, le fait de se confronter ensemble aux menaces de la station va consolider leur amitié. On voit que le titre cherche, à travers le personnage de Diana, à rendre flou la frontière entre l’humain et la machine. Mais là, le jeu n’aborde pas tant cette question. On est avant tout dans un titre qui veut créer un rapport “père-fille” entre les deux. C’est amené de façon si bienveillante et avec tant de compréhension que l’on n’arrive plus à s’imaginer l’un sans l’autre. Ce qui est génial, c’est que leurs échanges n’ont pas uniquement lieu durant nos explorations, mais surtout quand on est dans notre refuge. C’est justement dans celui-ci, qui nous sert un peu de hub pour nous reposer et s’équiper, que l’on va avoir d’importantes discussions avec cette “gamine”. Que ce soit à travers des échanges amusants, des discussions profondes ou alors en lui ramenant des mémoires terrestres, on fait la connaissance ici d’une androïde qui va totalement se comporter comme une enfant. Sa grande curiosité, son envie de s’amuser, ses réactions attachantes font que l’on oublie totalement le côté robotique pour avoir devant nous une petite fille qui s’émerveille devant chaque nouvelle expérience. Et Hugh n’est pas en reste en se montrant patient, protecteur et aussi la poussant justement à découvrir de nouvelles choses. Un “père” et sa “fille” qui n’ont aucun lien de sang, mais qui nous rappellent que pas besoin de ça pour veiller les uns sur les autres et former un foyer où l’on se sent bien. C’est ce qui rend ce périple d’autant plus touchant et bouleversant que l’on a envie de voir ce binôme perdurer. On s’inquiète de leur avenir et ce qui motive le joueur à tout faire pour les amener au bout de ce périple.

Pragmata - duo


L’univers et son contenu : Besoin de soutien

Quand j’évoque l’univers et son contenu, je veux surtout parler de ce que le jeu peut offrir en dehors de sa trame principale. Et là encore, Pragmata a beau ne pas être le titre cherchant à rallonger sa durée de vie, il se montre généreux. Il faut dire que cette aventure spatiale nous pousse à explorer chaque recoin de chaque zone dans le but de découvrir les différents trésors dissimulés. Et ces ressources ne sont pas anodines, car elles vont permettre d’améliorer l’équipement, nos protagonistes, mais aussi les nœuds pour le hacking de Diana. Ainsi, c’est une manière pertinente de pousser le joueur à fouiller, car il est récompensé pour ça par ce dont il a besoin pour se renforcer. Surtout qu’au vu de certains ennemis, il est important de prendre le temps de se stuffer en fonction pour s’en sortir. Mais d’ailleurs, le refuge aussi regorge de choses à faire. J’ai évoqué les mémoires terrestres qui permettent d’embellir le “QG” et renforcer notre lien avec notre Pragmata. Mais on peut citer les simulations de combats qui donnent aussi de précieuses récompenses. Des tenues cosmétiques qui ajoutent un petit plaisir à obtenir. Pareil pour le bestiaire et des documents qui permettent de mieux cerner l’histoire en elle-même et ce qui a pu se passer au sein de cette station. C’est ce que j’apprécie beaucoup avec ce jeu. Tout est pensé pour apporter un petit plus et que l’on n’ait jamais l’impression de faire ça pour pas grand-chose. Quoi qu’il arrive, on a toujours quelque chose à faire, que ce soit pour compléter chaque zone ou bien parfaire nos armes. Et comme si ça ne suffisait pas, il y a aussi des lieux spécifiques qui vont servir de gros challenges pour les joueurs et permettre d’obtenir d’autres trésors. Cette aventure est généreuse et contribue à ne jamais créer un sentiment de lassitude manette en main. En dehors de ça, Pragmata pourrait très bien se présenter comme un one shot tant l’histoire et l’univers proposé se concentrent avant tout sur les événements ayant lieu sur la Lune. S’il y a bien une fin qui laisse supposer de nouvelles possibilités pour une potentielle suite, on peut aussi apprécier ce titre pour ce qu’il est directement.


Pragmata vise les étoiles

Au final, est-ce que Pragmata a su me convaincre après toutes ces années d’attentes ? Il faut savoir que je ne suis pas le plus adepte de tout ce qui touche à la science-fiction et surtout quand il s’agit de thématiques autour de la robotique ou même de l’espace. Pourtant, Capcom a su ici insuffler tout son savoir-faire pour proposer une aventure à la fois grisante à jouer que plaisante à suivre. Avec son gameplay atypique et génial à maîtriser, chaque combat devenait un pur ballet d’esquive, de hacking et d’attaque. Pareil pour les boss qui parvenaient à offrir un défi relevé à chaque fin de zone tout en gardant cet esprit très cinématographique. Et surtout, tout ça est condensé sur une expérience de jeu finalement assez réduite, car il ne faut pas tant d’heures que ça pour atteindre la fin. Ce n’est pas du tout un défaut, car on voit que tout est maîtrisé et que l’on s’éclate tout du long sans jamais avoir l’impression de stagner ou de ralentir. Au contraire, on est motivé à dénicher chaque coffre et à surmonter les obstacles en compagnie de notre binôme. Et d’ailleurs, à titre personnel, j’ai été très touché par le récit de ces deux êtres. On ne peut que fondre devant ce lien qui se tisse et qui va s’exprimer à travers tous ces dialogues et petites scènes entre Hugh et Diana. On oublie totalement le fait que cette dernière est une Pragmata pour avoir juste le sentiment d’avoir une petite fille qui a finalement trouvé une personne qui va la guider et lui apprendre tout ce qu’elle rêve de voir. Finalement, ce jeu est avant tout une histoire de famille. Pas celle qui naît par les liens du sang, mais celle que l’on façonne auprès des gens que l’on aime. Une philosophie qui va construire toute l’intrigue et renforcer l’écriture de ces personnages jusqu’à ce final qui ne peut laisser de marbre. Une bien belle épopée en somme et merci au studio d’avoir su créer une nouvelle licence qui peut nous amener vers d’autres horizons.

Pragmata - Hugh

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