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Le temps d’une OST #04 : To Zanarkand

En cette semaine, j’avais envie de reparler un peu de musique dans le jeu vidéo. Quoi de mieux alors que de se poser quelques instants pour un nouveau numéro de “Le temps d’une OST”. Après tout, il y a tellement de compositions fabuleuses à analyser que c’est un bonheur de prendre quelques minutes pour vous en parler. Surtout que là, je vais aborder l’un de mes morceaux préférés de tout le paysage vidéoludique. Je veux bien sûr parler de “Zanarkand”, thème mythique de FFX que l’on doit au légendaire Nobuo Uematsu. Si l’on peut considérer qu’il s’agit du dernier opus où il a travaillé activement en tant que compositeur, il a surtout, à mes yeux, su nous offrir toute la quintessence de son savoir-faire et de sa créativité à travers ces OST. Mais c’est encore plus flagrant avec cette musique qui est autant forte en émotions qu’importante dans sa symbolique. Une composition qui va nous lancer dans cette nouvelle aventure et sonner comme la conclusion d’une histoire qui vient pourtant à peine de débuter. C’est parti pour être bercé par le génie de cet artiste qui nous délivre l’un de ses projets les plus personnels.

A écouter pendant la lecture

Le début du voyage

Ce qui est tout d’abord très intéressant à noter concernant “Zanarkand”, c’est sa double symbolique que je vais aborder tout au long de cette chronique. Pour commencer, il s’agit de la toute première musique que l’on entend en lançant le jeu. Des notes teintées d’une profonde mélancolie et où l’on ressent totalement un vécu par rapport à ces personnages que l’on découvre. Car oui, dès le départ, on peut observer l’ensemble de l’équipe alors que l’on ne connaît pourtant aucun de ses membres. Dans un paysage en ruines laissant entrevoir les vestiges d’une ancienne cité, on observe ces personnages se poser devant un feu de camp. Tout dans cette scène est lent et pour une bonne raison. On ne le sait pas encore, mais à ce moment-là, nous voyons un passage qui n’arrivera que bien plus tard dans le jeu. On savoure ce moment en se posant tout un tas de questions et en étant envoûté par cette mélodie qui siffle à nos oreilles. Un piano qui nous berce, mais dont chaque note va être chargée d’une émotion vive. Notre ignorance est totale et pourtant, on a déjà le cœur qui se serre sans savoir pourquoi. Nous ne sommes pas face à des héros qui semblent lutter, mais qui sont dans une profonde réflexion sur ce qu’il faut faire. En fait, le morceau “Zanarkand” est autant le thème de ce lieu mythique qui sera autant le point de départ de notre aventure que la fin du périple qu’une manière d’appuyer ce moment fatidique. Ce qui est intéressant à noter, c’est que ce morceau, à la base, n’était pas du tout prévu pour Final Fantasy X. 

C’est en voulant l’essayer sur la scène d’ouverture du jeu que Nobuo Uematsu et Motomu Toriyama ont été stupéfaits du fait que cela fonctionnait parfaitement. Ainsi, ce morceau, qui n’était même pas prévu pour la saga initialement, a trouvé tout son sens dans cet opus en devenant l’un des principaux thèmes de celui-ci. Et ce n’est pas pour rien qu’elle colle magnifiquement aux moments où elle est jouée. Évidemment, étant donné que cette OST n’était pas prévue de base pour coller à cette histoire, il n’y a pas forcément eu d’intention au départ en la collant au jeu. Mais la raison est qu’elle appuie parfaitement cette introduction. En étant le premier morceau que le joueur va entendre, celui-ci se doit de marquer les esprits, mais aussi de nous immerger dans cet univers. C’est une totale réussite, car on sent toute la charge émotionnelle qui en découle. On veut savoir comment ils en sont arrivés là et pourquoi cette mélodie que l’on entend est aussi triste. Tout cela est couplé aux paroles de Tidus qui vont résonner fortement chez le joueur : “Ecoutez mon histoire, c’est peut-être la dernière chance…”. Une phrase qui va nous hanter un très long moment et être le déclencheur de notre future épopée. Là où on a souvent l’habitude d’avoir des compositions assez épiques ou qui cherchent à nous happer directement dans l’aventure, Zanarkand va plutôt servir de lettre laissée à ceux qui arrivent et qui vont retracer le parcours de ce groupe dans le but de sauver Spira. Tout est alors ingénieux dans cette manière de construire cette invitation au jeu. Une musique lancinante couplée à une scène aussi mystérieuse que captivante suffisent à éveiller notre intérêt.

Zanarkand - Tidus

La fin du périple

Quand je disais en préambule que Zanarkand signifiait autant un début qu’une fin, ce n’est pas pour rien non plus. Rien que dans le nom du morceau, il y a cette volonté de symboliser ça. Après tout, c’est le nom de la ville où va débuter cette histoire en compagnie de Tidus pour finalement devenir la destination à atteindre pour mettre fin aux agissements de Sin. Une boucle magnifiquement dessinée et qui a une portée bien plus grande que ce que l’on pourrait croire. Surtout que le morceau de Nobuo Uematsu va aussi être joué, dans une autre version, à la toute fin de notre épopée. Un final qui a fait verser bien des larmes aux joueurs et qui est assez représentatif de ce que véhicule cette musique. A chaque fois qu’on l’entend, on sait que l’on n’est à un instant pensé pour susciter de l’émotion. Ces quelques notes résonnent comme un cri du cœur de la part des personnages qui sont en proie à une importante lutte interne. A travers cette mélodie, on ressent le fait qu’ils ont fait un choix et qu’ils doivent maintenant vivre avec celui-ci en sachant pertinemment que cela aura d’importantes conséquences pour la suite. Mais surtout, si l’on peut voir en Zanarkand la fin du pèlerinage de Yuna, cette musique revêt une plus grande importance quand on voit l’histoire du point de vue de Tidus. Au moment où il dit ses fameux mots, il sait très bien quelle sera la finalité de son périple.

Il est en accord avec ça du fait que c’est pour permettre de protéger celle qu’il aime. Et à ce moment précis, on ne sait toujours pas ce que cela signifie. Il faut vraiment faire attention à ce qu’il dit, notamment quand il prend conscience de ce qu’il est, pour enfin percevoir la vérité. C’est d’ailleurs pour ça que Zanarkand est de nouveau présent dans la dernière cinématique. Elle fait écho à ce que l’on a pu vivre précédemment. Même en se voilant la face tout au long du dernier acte, il suffit d’entendre cette OST pour comprendre que c’est immuable. C’est aussi ça ce que représente pour moi cette musique. Elle met un point d’orgue à ce périple qui aura duré des heures et qui nous laissera avec tant de souvenirs, mais aussi un goût amer. Un sentiment que cette paix tant souhaitée depuis le début ne pourra être atteinte qu’après un sacrifice quoi qu’il arrive. Et finalement, alors que tous les regards se portent sur Yuna et le poids qu’elle porte, c’est un jeune homme venu d’on ne sait où qui va changer le destin de ce monde par amour. C’est aussi ça FFX qui, à travers ces notes, nous amène à la conclusion tant redoutée de cette passion naissante que l’on a vu grandir à chaque étape de notre voyage. Toute la dimension tragique de cet opus est alors sublimée par le travail d’Uematsu qui nous délivre une sorte de requiem collant parfaitement à l’ambiance générale du titre. Du chant des priants à Suteki da Ne en passant par Zanarkand, toutes ces magnifiques ost ont aussi la lourde charge de porter un message qui va nous briser le cœur.

Zanarkand et sa symbolique

Pour moi, Zanarkand revêt une symbolique toute particulière. C’est à la fois mon morceau préféré de toute la franchise, mais aussi une musique qui résonne fortement en moi. Comme ce fut le cas avec “Not Alone” dans FFIX, entendre cette OST réveille beaucoup de souvenirs en moi. Il me suffit d’entendre les premières notes pour que je me refasse toute cette grande épopée dans mon esprit. Et c’est là que les émotions ressurgissent. Je me revois aux commandes de Tidus, Yuna et les autres dans ce long pèlerinage dans le but d’apporter la Félicité. Les sourires partagés, les pleurs, les révélations bouleversantes et cette conclusion sont autant d’instants qui sont éternellement inscrits en moi. Quand une telle musique réussit à réveiller tout ça en seulement quelques secondes, c’est là que l’on comprend à quel point celle-ci a une valeur importante autant pour le jeu que pour le joueur. La preuve d’un très grand morceau qui peut totalement vivre en dehors de son médium pour être apprécié telle quelle. Rien qu’en écrivant ces quelques lignes, j’ai une petite larme qui monte tant Zanarkand est important à mes yeux. Elle témoigne d’une épopée qui m’a profondément bouleversée, d’un choix terrible qui a été fait et d’un amour à la fois merveilleux et tragique.

S’il est vrai que dans ce rendez-vous, j’ai déjà pu évoquer le travail de Nobuo Uematsu (et ce sera pas la dernière fois), ces chroniques sont là pour mettre à l’honneur le talent de tous ces artistes qui permettent de sublimer les jeux que l’on découvre. Oui, le jeu vidéo est un divertissement, mais ça peut aussi devenir un chef-d’œuvre pour bien des raisons. Et la musique peut facilement être l’une d’entre elles. Combien de titres nous ont marqués grâce à leurs bande-son ? Combien de scènes inoubliables se sont gravées en nous à travers ces musiques ? Oui, les compositions sont là pour accompagner le joueur dans son périple. Mais il ne faut pas les limiter à ce seul rôle. Elles peuvent apporter l’émotion dont le titre a besoin pour dépasser le cadre de l’amusement et retranscrire tout ce que les développeurs ont voulu partager. C’est exactement ce que je ressens à chaque fois que j’entends Zanarkand. Une mélodie à la fois douce et triste qui représente pour moi le début d’un voyage et le dernier choix venant conclure celui-ci. Un rappel qu’il faut profiter de l’instant présent en compagnie des gens qu’on aime tout en restant fidèle à ce que l’on pense juste. Et je peux le dire haut et fort, cette OST est et restera l’une des plus belles que j’ai pu entendre. Un parfait exemple de ce que la musique peut transmettre comme sentiments. J’avais à cœur de parler de cette œuvre, mais j’avais peur aussi de ne pas réussir à retranscrire tout ce qu’elle représente pour moi et pour Final Fantasy X. J’espère y être parvenu et n’hésitez pas à me dire dans les commentaires ce que vous pensez de Zanarkand. A très vite pour d’autres parenthèses musicales au sein du paysage vidéoludique.

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