Museum

Museum tome 2 : les épreuves de Sawamura

En cette fin de semaine, nos pas nous ont ramenés dans un monde où la pluie est synonyme de malheur. Je parle bien sûr de Museum, édité chez Pika, qui vient de sortir son second volume. Si vous avez pu lire ma critique du premier tome, vous devez savoir que j’attendais avec impatience cette suite. Le titre avait magistralement réussi à nous plonger dans une enquête policière haletante. Tout était présent pour nous faire vivre une expérience unique. De plus, la fin de notre première excursion s’était soldée par une situation intenable sans que l’on sache son dénouement. À présent, ce second tome est là pour faire la lumière sur certains aspects de l’histoire. L’ambiance oppressante du récit est-elle toujours aussi présente ? Il est temps de prendre son courage à deux mains et de vérifier ce qui se cache sous la pluie battante.

Le tueur se rapproche

Museum-tueur

Des paroles inquiétantes

Le premier tome de Museum, imaginé par Ryôsuke Tomoe, nous laissait sur la rencontre entre le tueur et le lieutenant Sawamura. Tenant la vie de son collègue entre ses mains, l’homme au masque de crapaud avait fait des révélations concernant les raisons de ses meurtres. Il ne supportait pas l’idée que l’on puisse attribuer ses “œuvres d’art” à quelqu’un d’autre. Il avait donc décidé de reprendre les choses en main. C’est ainsi qu’il s’était attaqué au lieutenant Sawamura. Le prévenant qu’il comptait venir le chercher très bientôt, il s’échappa en laissant tomber son otage du haut de l’immeuble. Ne pouvant malheureusement rien faire pour sauver cette vie, Sawamura est une fois de plus rattrapé par la réalité. Rejeté par les forces de l’ordre et devenant un suspect dans l’affaire, notre policier va se lancer seul dans la poursuite de sa proie.

S’ensuit alors un jeu de piste loin des radars de la police pour tenter de démasquer l’assassin. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il a encore des amis officiers qui le soutiennent et tentent de remonter ses traces pour l’aider à attraper le tueur. Alors qu’il ne sait plus où chercher, il finit par se rappeler d’un détail essentiel. Ce nouvel indice va le conduire plus proche que jamais de sa cible. C’est alors une nouvelle confrontation qui se prépare entre les deux individus. Malheureusement, notre tueur ne compte pas se laisser attraper si facilement. Le lieutenant Sawamura risque bien d’être la prochaine victime de par son désir de mettre un terme à cette folie. Leur duel s’apprête à prendre une tournure des plus surprenante.

Museum comporte de nombreux aspects positifs. Cependant, ce volume réussit à faire perdurer un sentiment que l’on avait dans le premier et qui ne nous lâche pas tout au long de la lecture. Il s’agit du rôle du chat et de la souris qui reste très flou.

Le jeu du chat et de la souris

Museum-prêt à tout

Rien ne pourra se mettre en Sawamura et sa proie

Voilà l’une des raisons, pour ma part, qui rendent le récit aussi intense et intéressant. Outre son ambiance oppressante, Museum nous raconte avant tout le combat entre deux hommes. Le lieutenant Sawamura avait beau se rapprocher du tueur, il n’arrivait jamais à l’atteindre. La course-poursuite semblait s’enliser pour notre policier. Alors que l’on pensait que le rôle du chat correspondrait à ce dernier, on se rend compte qu’il est presque une marionnette dirigé par le tueur lui-même. Dans le premier tome, alors que l’on pensait que le lieutenant se rapprochait de sa proie, sa rencontre avec lui inverse totalement les rôles. C’est le meurtrier qui révèle la raison de ses crimes et qui prévient son poursuivant qu’il viendra bientôt le chercher. On avait donc ce sentiment que tout était orchestré par celui-ci et que notre père de famille était juste tombé dans son piège.

Ce second tome de Museum suit la même voie mais à un cran au-dessus. Cela s’explique par le récit qui se divise en deux grandes étapes dans ce volume. La première nous fait suivre donc Sawamura qui cherche des indices sur sa proie. Au final, il touche presque au but et cultive chez le lecteur un espoir de réussite. Cependant, le mangaka sait comment nous surprendre et tout chambouler. C’est alors qu’arrive la deuxième partie du récit avec la confrontation entre les deux figures principales de l’histoire. Si le combat qui s’ensuit semble tourné en faveur du lieutenant, sa conclusion ne sera que tragédie pour le policier. Ce dernier n’était-il pas plutôt la brebis, observé sans le savoir par le véritable prédateur ? Il s’est jeté dans la gueule du loup sans même s’en rendre compte.

La deuxième partie du récit change alors totalement le rythme du récit. Je vais essayer d’éviter d’en dévoiler trop, car Museum est une œuvre qui se doit d’être découverte de ses propres yeux.

Le lieutenant doit faire ses preuves

Museum-flashback

Retour sur les origines d’une carrière

Étant maintenant sous l’emprise de l’homme crapaud, le lieutenant Sawamura se retrouve dans une position dramatique. Coincé et ne pouvant s’échapper, il sera obligé de jouer le jeu du tueur pour espérer sortir. On change ici totalement de registre avec la fin de la traque. C’est maintenant une situation où l’action fait place à l’observation. Le rythme se fait alors plus lent, mais ne baisse nullement en intensité. L’angoisse qui se dégage du personnage principal est palpable et joue sur notre façon d’appréhender le récit. Le huit-clos qui s’opère devant nos yeux ne s’ouvre que quelques instants pour nous laisser apercevoir les collègues de Sawamura qui remonte sa piste. Là encore, c’est une nouvelle source d’espoir pour le lecteur. Cependant, après tout ce qui s’est passé, on reste sceptique quant à la conclusion joyeuse de cette histoire.

La situation qui se dessine devant nos yeux peut faire penser à celle d’un Saw (la violence en moins) dans le fait qu’il ne semble pas y avoir d’échappatoire.  Le lieutenant Sawamura risque fort de devoir jouer à la partie qu’a organisé le tueur pour obtenir le fin mot de l’histoire. L’aspect psychologique de l’œuvre se fait encore plus ressentir durant cette étape de l’intrigue. Complètement acculé, notre policier est épris d’un tourbillon d’émotions. Il refuse de jouer, mais étant la seule solution pour sortir, il finit par lâcher et s’exécute. Ce moment important de l’histoire permet d’en apprendre davantage sur le passé, mais aussi le caractère de Sawamura. Ainsi, On découvre ce qui se cache derrière cet homme banal et ses raisons de se lancer dans la police. Complètement éreinté, nous autres lecteurs ne pouvons nous empêcher de se demander comment va finir cette partie diabolique.

Alors au final, que retenir de ce second volume de Museum ? Je pense que la réponse se fait sentir dans l’article. Il s’agit d’une suite excellente qui vogue sur les bases du premier tome et qui arrive à chambouler totalement le récit.

Museum maintient son emprise

C’est encore une très grande réussite pour ce second volume de Museum. Tout y est pour captiver encore plus l’attention du lecteur. Entre rebondissements et coups d’éclat, ce seinen continuera de vous donner des sueurs froides. La situation dans laquelle se retrouve le lieutenant Sawamura est de loin catastrophique. On a vraiment la sensation qu’il ne fait qu’être la marionnette du tueur et on ne cesse de se demander comment cela va se finir. Un suspense haletant et une narration parfaitement maîtrisée rendent cette série tout simplement sublime. On continue d’être immergé totalement dans ce thriller angoissant qui change totalement de vision. La poursuite fait place à un jeu où notre tueur au masque de batracien s’amuse à tourmenter sa nouvelle victime.

Museum continue donc sur sa lancée et reste, à mes yeux, une valeur sûre que je ne peux que vous conseiller. Bien sûr, je le redis, le titre n’est pas à mettre entre toutes les mains. De par la violence de son histoire et certaines scènes éprouvantes, il peut facilement choquer. Mais à part cela, je le recommande à tous les types de lecteur, que vous soyez fans de polar ou bien que vous souhaitiez découvrir un récit immersif et prenant. Et dire que le troisième volume viendra déjà conclure cette chasse à l’homme qui restera longtemps dans les mémoires. J’espère sincèrement que la conclusion de cette histoire sera à la hauteur de ce que nous a proposé les deux premiers tomes. L’envie de connaître le fin mot de toute cette affaire reste profondément ancrée dans l’esprit du lecteur. Il faudra prendre son mal en patience en attendant le chapitre final de Museum.

Et vous, qu’avez-vous penser de cette seconde excursion dans le monde de Museum ? À votre avis, comment va finir cette histoire sordide ? 🙂

© TOMOE Ryôsuke / Kôdansha

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