Danganronpa

Danganronpa 1 & 2 : bienvenu à l’école du désespoir !

Alors que je regardais une fois de plus les sorties de ce mois, une idée me vint. En voyant que le troisième épisode de la saga Danganronpa sortait dans quelques semaines, je me suis dit que c’était l’occasion de retourner se plonger dans cette série. Développé par Spike Chunsoft, les deux premiers épisodes prennent la forme d’un visual novel nous offrant une sombre histoire captivante. Il ne faut pas se fier au design très coloré de son univers, on est face à deux jeux où la mort vogue aux côtés des pauvres élèves pris au piège. C’est un combat intense qui se joue entre l’espoir et le désespoir ! Oserez-vous entrer dans l’académie Kibôgamine ? Attention, il n’existe qu’un seul moyen de sortir de cette prison.

Quand le rêve devient cauchemar

Danganronpa-académie

L’académie Kibôgamine est prête à vous accueillir

Le speech de base des deux premiers opus de Danganronpa débute à peu près de la même manière. On y suit un groupe d’étudiants de la prestigieuse académie Kibôgamine. Cet établissement de renom réunit les élèves les plus doués dans leur domaine. Que vous soyez le meilleur dans un sport, un art ou toute autre activité, votre place sera dans cet institut. Cette dernière promet alors un avenir radieux à ces heureux élus qui formeront l’avenir de la nation. Tout ce discours idyllique et prometteur cache en réalité un sombre dessein. Les pauvres élèves qui franchissent la porte perdent étrangement conscience. Lors de leur réveil, ils sont accueillis par un étrange personnage. Prenant la forme d’un ours en peluche, celui-ci se présente comme Monokuma, le directeur de l’académie.

Il explique alors le fonctionnement de l’école ainsi que l’unique moyen de retrouver la liberté. Pour espérer sortir de ce lieu, la seule solution s’avère d’obtenir son diplôme. Malheureusement, la condition pour obtenir celui-ci est tout bonnement terrifiante. Il est nécessaire de tuer l’un de ses camarades si l’on désire être diplômé. Cependant, il y a une autre condition à l’obtention de ce titre. Une fois que l’un des corps est retrouvé, un jugement a lieu réunissant tous les étudiants. Au cours de ce procès, ils devront débattre pour essayer de trouver qui est le meurtrier. Si le coupable est démasqué, il partagera le même sort que sa victime. Cependant, si le jugement s’avère erroné, c’est l’ensemble des autres étudiants qui devront disparaître et le tueur pourra s’en aller. C’est alors que débute une année scolaire interminable où la tentation de s’échapper reste présente dans l’esprit de chacun.

La série Danganronpa prend la forme d’un visual novel doté de nombreux attraits. Allant plus loin qu’une simple histoire interactive, elle ajoute des mécaniques de gameplay très bien pensé. On se retrouve aux commandes de l’enquête concernant chaque meurtre.

Un visual novel sous forme d’enquêtes

Il ne faut pas se le cacher, Danganronpa nous plonge avant tout dans un récit plus proche du roman que du jeu vidéo. Il faut donc faire face à de nombreux dialogues qui peuvent en rebuter certains. De plus, l’ensemble de l’histoire est en anglais et il est donc difficile de se plonger dedans si l’on a du mal avec cela. Si l’on fait abstraction de ces points, Danganronpa propose de très belles surprises. Tout d’abord, on s’immerge aisément dans le périple qui nous est conté. On ressent toute l’oppression qui assaille nos pauvres étudiants face à cette situation improbable. Cependant, là où cette saga marque des points vient au moment des crimes. Outre le fait que l’ambiance angoissante du titre atteint un tout autre niveau, c’est dans ses instants que le jeu prend une toute autre tournure.

La seconde phase des jeux Danganronpa se déclenche alors et on se retrouve à devoir diriger l’enquête. Il est donc nécessaire de fouiller chaque pièce, d’examiner attentivement la scène de crime et de parler avec les autres étudiants pour espérer dénicher des indices intéressants. Le joueur se découvre alors une âme d’inspecteur et on se prend rapidement au jeu. À chaque indice que l’on trouve, notre esprit ne peut s’empêcher d’essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer. En fait, Danganronpa se rapproche plus d’un Phoenix Wright que d’un vrai visual novel. Toutes ces découvertes seront autant d’atouts pour la dernière phase de chaque acte. En effet, si cette seconde étape du jeu éveillait nos talents de détective, la conclusion de chaque crime fera, quant à elle, appel à tous nos talents d’avocats.

Si l’enquête permet de briser la monotonie des longues phases de dialogue, c’est réellement pendant les jugements que le jeu prend son essor. Ces derniers sauront faire cogiter notre cerveau pour démêler le vrai du faux.

Un jugement doit être rendu

Une fois que le joueur a déniché toutes les pièces à conviction dont il avait besoin, la dernière phase se lance. Les élèves se réunissent alors pour débattre dans ce qui semble être une reproduction d’une cour de justice. Présidé par Monokuma, cette assemblée va donc décider du sort de chacun des élèves présent dans la salle. Il revient donc au personnage principal de découvrir la vérité. Le joueur doit donc écouter attentivement ce que chacun de ses camarades dit et faire une objection lorsque quelque chose cloche. Tout ceci prend alors la forme d’un jeu de tir où il faudra utiliser le bon indice pour contrer certains dires durant les témoignages. Cette manière d’appréhender ce procès est très intéressante, car elle nous force à faire attention à chaque détail tout en faisant preuve de rapidité.

Danganronpa-Class Trial

Que le jugement commence !

Bien sûr, en fonction du niveau de difficulté, il est plus ou moins facile de choisir la bonne réponse au bon moment. Malgré tout, en tant que joueur on ressent une tension constante. Notre regard ne cesse de contempler les paroles des potentiels criminels tandis que notre esprit essaye de reconstituer les événements autour de cette tragédie. On finit par avoir l’impression d’être réellement dans cette salle avec ces individus et que notre sort dépend de notre capacité de déduction. De plus, l’ambiance oppressante vient aussi du fait que nous n’avons pas que le destin de notre héros en main. À la moindre erreur, c’est l’ensemble de nos camarades qui devront subir le courroux de l’ours en peluche. Si par bonheur, le vrai coupable est démasqué, on assiste alors à sa disparition. À cet instant, on ressent un certain soulagement, mais aussi de la tristesse pour le tueur qui restait un de nos camarades et qui a juste eu le malheur de succomber au désespoir.

Il s’agit donc d’une phase de gameplay addictif, prenante et qui apporte toujours plus de profondeur au récit. Ce dernier s’avère d’ailleurs très complexe et ne cesse jamais de nous surprendre tout au long de la partie.

Un récit plein de surprises

Au départ, lorsque l’on s’attarde sur l’intrigue de Danganronpa, on a beaucoup de mal à percevoir où le jeu veut en venir. En plus d’essayer de survivre au milieu de tous ces potentiels ennemis, on cherche à enquêter sur la vérité derrière l’académie Kibôgamine. Comment une institution soit-disant prestigieuse peut-elle être le théâtre de massacres d’étudiants ? Plus on avance dans l’histoire et plus on se rend compte que toute cette situation cache une réalité bien plus grave. Que dissimule réellement le monde extérieur ? Si la survie est au premier plan, les questions viennent très vite assaillir notre esprit. On se retrouve plongé dans un tourbillon infernal d’interrogations et chaque nouveau pas que l’on fait dévoile son lot de nouvelles énigmes. De plus, le récit ne cesse de prendre de l’ampleur au fur et à mesure que les élèves disparaissent.

Chaque vie sacrifiée est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur la face cachée de cette école. Toute nouvelle révélation permet d’entrevoir la sombre nature de ce qui entoure les personnages. Il ne semble n’y avoir aucune lueur d’espoir dans cette captivité. Les événements qui se passent entre ces murs s’avèrent bien plus importants que l’on pouvait le penser. Toutes les épreuves par lesquelles doivent passer notre groupe d’adolescents ne sont pas uniquement une lutte pour la liberté. Toute l’histoire tourne en réalité sur la confrontation entre l’espoir et l’abandon. Ceux qui succombent à la voie du meurtre ont perdu toute autre idée d’évasion. Chaque condamnation est aussi une marque de désespoir pour les étudiants qui survivent. Sans le savoir, cette dernière s’insinue peu à peu dans le cœur de ces pauvres élèves et les ronge à petit feu. La seule lueur qui persiste réside dans le personnage que le joueur incarne.

Tous les malheurs qui s’acharnent sur les protagonistes sont incarnés par un seul individu. Monokuma est le représentant de tout ce désespoir et apporte une valeur supplémentaire au récit.

Monokuma vous surveille

Si au premier abord, cette petite mascotte semble inoffensive, le joueur déchante très vite. Derrière son caractère complètement loufoque se cache un vrai monstre. Il prend un malin plaisir à torturer psychologiquement les élèves. Tout ce qu’il souhaite, c’est voir ces derniers s’entretuer et ainsi, il pourra clamer haut et fort que le désespoir l’aura emporté. Il y a donc des sentiments contradictoires qui nous envahit concernant cet être étrange. Dans un premier temps, il est l’ennemi à abattre et on ne peut s’empêcher d’avoir une certaine crainte à son égard. Le joueur sait qu’à chacune de ses apparitions, le récit risque de prendre une tournure désagréable. Pourtant, ses réactions souvent hilarantes, son design à la Double-Face et ses interventions inoubliables nous font nous attacher à Monokuma. Il reste un parfait mystère et arrive à nous fasciner et à nous captiver à tel point que l’on finit par attendre impatiemment sa venue.

En plus de tout ça, l’univers de Danganronpa a permis à cet ours en peluche de marquer davantage les esprits en ajoutant des membres de sa famille. Ainsi, le deuxième opus introduit Monomi, une lapine toute rose qui s’avère être la sœur de Monokuma. Elle est tout l’opposé de son frère et ne souhaite que la paix. Leurs disputes et échanges offrent des moments inoubliables qui nous font mourir de rire malgré la gravité de la situation. D’ailleurs, le troisième opus introduira cette fois les monokids et promet donc d’étendre encore plus l’emprise de ce cher Monokuma sur le joueur. Il est un geôlier qui surveille le moindre de nos faits et gestes en espérant nous voir commettre une erreur. Un méchant devenu mythique et qui a beau nous effrayer, reste l’un des protagonistes les plus attachants de la saga.

Danganronpa-Monokuma-Monomi

L’amour entre un frère et une sœur

Au final, Danganronpa a su trouver une place dans le cœur d’une partie des joueurs. Proposant un récit plus profond qu’il n’y paraît, cette série de jeux offre une expérience inédite et palpitante.

Danganronpa conserve son emprise

La première fois que je me suis aventuré dans cette maudite école, c’était à travers l’anime. Celui-ci retraçait le premier jeu. Disponible sur Wakanim, elle m’avait totalement convaincu et m’avait donné envie de découvrir les jeux vidéo. Si je ne suis pas le plus grand fan de visual novel, ici je me suis immédiatement immergé dans l’ambiance du titre. Avec son aspect enquête bien ficelé et les géniales phases de jugements, la série permettait au joueur de profiter d’une histoire fabuleuse tout en étant un acteur majeur dans l’avancée du récit. Si on arrive à laisser une chance à Danganronpa, on se rend compte à quel point l’univers présenté est poignant. C’est une virée psychologique que nous offre la saga à travers ses personnages charismatiques qui doivent lutter pour éviter de succomber à leurs pulsions meurtrières.

Je recommande donc Danganronpa à tous ceux cherchant une intrigue qui sort de l’ordinaire et qui n’ont pas peur de se lancer dans des montagnes de dialogue. Portée par un antagoniste mémorable, cette licence nous plonge dans un monde coloré à la noirceur sans précédent. C’est une aventure atypique qui attend ceux qui oseront pousser les portes de cette académie. Un voyage terrifiant et troublant au cœur d’un conflit qui décidera de la bonne marche du monde. Le piège de Monokuma se referme sur ces élèves qui devront se battre pour ne pas céder au désespoir. Quelle sera la conclusion de cet affrontement ? Qui se cache réellement derrière Monokuma ? J’attends impatiemment le troisième opus de la saga dans l’espoir d’avoir enfin des réponses. La seule chose qui soit sûre, c’est que notre ours préféré sera encore de la partie !

Et vous, qu’avez-vous pensé de Danganronpa ? Son ambiance troublante a-t-elle su vous séduire ? N’hésitez pas à partager votre avis dans les commentaires. 🙂

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