NoGuns Life

No Guns Life tome 1 : les extends font leur entrée

En ce début d’octobre, j’ai décidé de me laisser tenter par certains titres que je souhaitais découvrir. C’est donc ainsi que j’ai débuté un nouveau voyage avec le premier tome de No Guns Life. Édité chez Kana, ce seinen choisi de nous plonger dans un univers très sombre où les manipulations génétiques sont monnaies courantes. Le récit qui se dessine devant nous a beau proposer des idées déjà vues, il arrive à se distinguer de par son protagoniste principal ainsi que le traitement apporté au monde qu’il décrit. Le danger est partout dans cette ville loin d’être paradisiaque. On prend son courage à deux mains et on s’aventure dans ces ruelles en compagnie d’un extend atypique !

Jûzo, l’homme revolver

No Guns Life-début

C’est le début des ennuis pour Jûzô

No Guns Life, imaginé par Tasuku Karasuma, nous plonge au cœur d’une cité particulièrement dangereuse. Cette dernière possède des habitants très étranges appelés extends. Il s’agit d’hommes ou de femmes à qui on a implanté la technologie d’extension des mécanismes corporels. Cette dernière fut imaginée par la compagnie Berühren. Ces individus ont ainsi dépassé leur condition d’être humain et développent des capacités hors du commun. Parmi eux se trouve un homme singulier dont on suit le quotidien. Il s’agit de Jûzô Inui, un extend dont la tête a été remplacée par un revolver. Pour gagner sa vie, il est devenu spécialiste pour régler les soucis impliquant d’autres extends. Il apporte ainsi son aide pour calmer le climat hostile entre les modifiés et les hommes ordinaires.

Un beau jour, en rentrant de mission, il reçoit la visite d’un homme suspect. Ce dernier, venu quérir l’aide de Jûzô, tient un enfant inconscient entre ses mains. Il avoue qu’il est pourchassé par les forces de l’ordre pour kidnapping. Cependant, cet individu déclare ne pas être coupable de ce crime. Cet extend demande alors à l’homme à tête de revolver de protéger l’enfant qu’il a amené. Souhaitant dans un premier temps le livrer à la police, le discours de cet homme finit par le convaincre d’accepter ce travail. Il ne sait pas encore qu’il vient de mettre les pieds dans une affaire qui le dépasse totalement. C’est donc une fuite constante qui attend Jûzô et son nouveau protégé. Ils devront échapper aux griffes de la justice, mais surtout à Berühren. Quelle est donc la raison d’un tel acharnement contre un simple enfant ? Notre tête de revolver va devoir se salir les mains s’il espère pouvoir accomplir sa mission à bien.

L’un des gros points positifs que j’ai apprécié de No Guns Life est la conception de ce monde. Affichant clairement un aspect très science-fiction, le récit donne vie à une ville complexe et déroutante.

Un fascinant monde teinté de gris

Au fur et à mesure de la lecture, on découvre un peu plus tout ce qui compose cette métropole. À chaque pas de Jûzô, on ressent une certaine noirceur dans tout ce qui l’entoure. Cet aspect sinistre de ce monde est accentué par tout le côté mécanique et industriel qui règne sur la ville. Même les hommes se retrouvent dénués d’une partie de leur humanité à travers leurs modifications. Que ce soit dans les bâtiments, les personnages et même l’ambiance qui se dégage du titre, tous ces éléments offrent un voyage très froid. Cette sensation qui assaille le lecteur permet de comprendre rapidement dans quoi on s’engage. La corruption et les abus de pouvoir ne sont qu’une infime partie du mal qui ronge cette ville. La compagnie et multinationale Berühren fait clairement office de chef suprême dans ce monde où l’argent est roi.

L’auteur réussit donc son pari d’offrir un univers collant parfaitement au contexte de No Guns Life. Pourtant, derrière tout ce côté glacial et sombre se cache une petite lueur chaleureuse. Celle-ci repose dans la relation entre Jûzô et le jeune garçon. Malgré les difficultés de leur périple et le caractère difficile de l’extend, ce dernier est toujours là pour apporter son aide et son soutien. Malgré son air bourru, il fait comprendre au jeune homme qu’il est le seul maître de son destin. Même avec son physique si particulier, on a l’impression non pas de contempler une machine, mais un vrai être humain. Cela permet à nous autres lecteurs de s’attacher pleinement à cet anti-héros charismatique. Ce décalage entre l’acier et l’humain sert pleinement au récit qui nous immerge ainsi pleinement dans ce qu’il souhaite nous conter.

Outre la cohérence et la pertinence de son univers, No Guns Life possède un autre atout de taille. Il s’agit du message qu’il souhaite faire passer à travers le climat hostile entre les habitants de cette ville.

Un conflit prêt à exploser

No Guns Life-Jûzô

Jûzô ne rigole plus

Si l’envie de Jûzô et du garçon d’échapper à leurs poursuivants est le cœur du récit, l’œuvre se permet d’exprimer un message qui ne se concentre pas que sur eux. Tout au long de l’histoire, on peut ressentir toute la méfiance qui se dégage des humains ordinaires envers les extends. Du fait de leurs capacités bien supérieures au reste de la population, les  modifiés constituent une menace à leurs yeux. Ainsi, le périple de nos deux protagonistes se déroule dans un contexte où la population est tendue. Des mouvements anti-extends commencent à faire parler d’eux et on comprend qu’il suffit d’une simple étincelle pour qu’un conflit éclate. Il y a donc tout une discrimination qui se fait envers les extends, car les hommes ordinaires ne peuvent accepter la différence entre les deux camps. On comprend que c’est la peur des autres qui dicte cette conduite et qu’il faut passer outre pour découvrir qu’il existe aussi des extends souhaitant simplement vivre en paix.

De plus, il y a une autre grande réflexion que No Guns Life cherche à transmettre au lecteur. Cela se concentre sur la vision qu’à Berühren concernant ses employés ainsi que le reste de la population. Les hautes instances de la compagnie affichent un profond mépris envers les gens sous leurs ordres et les qualifient même de simples “rouages”. À leurs yeux, si l’un de ces individus est déficient, il suffit de s’en débarrasser pour le remplacer par la suite. L’aspect inorganique des extends ne fait qu’aller dans leur sens, car ils sont plus proches d’un objet humanoïde que d’un humain. Face à cela se dresse la vision de Jûzô qui refuse qu’on décide pour lui et qui ouvre les yeux de son protégé sur ce qu’est être libre. Celui-ci comprend alors que c’est à lui de se dresser face à l’adversité et de façonner son propre avenir. No Guns Life a beau être d’une profonde noirceur dans l’environnement qu’il expose, le manga affiche des convictions et messages forts et qui font réfléchir le lecteur.

Au final, No Guns Life offre un très bon divertissement doublé d’une profonde réflexion permettant d’ajouter un second intérêt à découvrir ce titre.

Premier tir réussi pour No Guns Life

À la base, je ne suis pas un très grand fan des univers tournant autour de la robotique et des manipulations génétiques. Pourtant, ce titre avait su capter mon attention de par son protagoniste très étrange et la qualité de ses dessins. Une fois la lecture terminée, je fus vraiment conquis par l’ensemble du récit. Que ce soit par ses propos matures, son ambiance prenante et son anti-héros fascinant, ce seinen a su me satisfaire sur de nombreux points. J’ai donc trouvé une histoire qui a beau être assez “classique”, elle n’en reste pas moins attirante. Traitant de sujets que j’apprécie grandement, j’ai vraiment pris un grand plaisir à lire ce premier tome qui me donne envie de lire la suite de la série.

Le manga en est à son quatrième tome en France et au vu de ce premier volume, je ne peux que conseiller ce titre. Il saura plaire à tous les amoureux de science-fiction tout en séduisant les fans d’actions. De plus, le récit est porté par un protagoniste aussi troublant qu’attachant et faisant preuve d’un certain humour noir. Pour ce qui est du rythme, celui-ci est assez rapide malgré quelques pages très lourdes en textes et informations. Je n’ai vraiment pas eu la sensation que le récit traînait en longueur et on se sent vraiment emporté par cette traque dans toute la ville. J’ai en tout cas vraiment hâte de voir comment va évoluer l’intrigue ainsi que la relation entre les deux protagonistes. Comment notre duo compte-t-il échapper aux griffes de Berühren ? Je compte bien découvrir la réponse à travers les prochains tomes !

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre avis sur No Guns Life. Que pensez-vous de Jûzô et de son caractère bien trempé ? 🙂

© KARASUMA Tasuku / Shûeisha

One Comment

  • J’ai lu le tome 1 et 2, et j’ai beaucoup aimé. Les échanges entre Jûzô, Mary et Tetsuro donne place à de très bons moments humains, et malgré l’action présente j’ai apprécie que ça ne tombe pas dans la violence gratuite. Les nombreuses questions sociétales que soulève le récit sonne très juste, et j’apprécie vraiment que l’on se penche sur la liberté de chacun, machine ou non. J’adore Olivia aussi, et j’espère en apprendre d’avantage.

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