Infection

Infection tome 1 : les porteurs sont en marche

Véritable phénomène de ces dernières années, les œuvres parlant d’épidémie donnant naissance à d’horribles créatures n’ont eu de cesse de se multiplier. Si l’on peut considérer ce style comme ayant déjà été traité de multiples façons, je fus agréablement surpris par l’un de ces titres. Ce dernier est Infection, édité chez Delcourt Tonkam, qui reprend ce genre afin de mettre en place un récit intéressant. Si le postulat de base est assez classique, on se retrouve rapidement plongé dans l’histoire. A travers des personnages attachants et surprenants, ce manga réussit à rendre son intrigue palpitante. Un récit qui parvient à nous donner des sueurs froides, mais pour quelles raisons ? Il est temps de répondre à cette question à travers ce monde terrifiant. Courir ne sera pas suffisant pour espérer survivre !

La pandémie de Sendai

Enfer-Infection

Le calme avant la tempête

Infection, imaginé par Toru Oikawa, nous fait suivre le quotidien de Haruki Amamiya. Cet étudiant lambda mène une vie tout à fait paisible entouré de sa famille et de ses amis. Un beau jour, ses camarades décident de l’aider à avouer ces sentiments envers la fille qu’il aime. L’objectif est de les enfermer dans la réserve du lycée afin qu’il puisse dire tout ce qu’il a sur le cœur. Malgré ses réticences, il finit par accepter et se retrouve cloîtré dans ce petit local. Cependant, ce n’est pas Satsuki qui est présente dans la pièce, mais une autre élève prénommée Kirara Isonami. Il lui explique la situation et les deux étudiants décident d’attendre la fin de cette plaisanterie. Malheureusement, celle-ci finit par s’éterniser tandis que nos deux lycéens commencent à se poser des questions. C’est au bout du troisième jour qu’ils parviennent à trouver une sortie et à quitter leur prison. En sortant, il découvre une école où un silence pesant règne.

Alors qu’ils cherchent des signes de vie, Haruki tombe sur une de ses connaissances. Cependant, cette dernière n’a plus rien d’humain, des vers sortant de ses yeux et de sa bouche. Notre duo de héros se rend compte que la plupart des élèves ont été transformés en créatures se repaissant de la chair humaine. Cherchant par tous les moyens à échapper à leurs poursuivants, Haruki et Kirara décident de faire demi-tour vers la réserve. Malheureusement, les “porteurs” les encerclent et la fin semble proche. C’est alors que des élèves survivants viennent leur porter secours afin de les mener en lieu sûr. Une fois à l’abri, les étudiants qui furent enfermés découvrirent la vérité. Une terrible épidémie avait frappé l’établissement et ce n’était plus qu’une question de temps avant que ces monstres ne découvrent leur cachette. S’entame alors une fuite désespérée dans l’espoir de survivre et d’atteindre les zones sécurisées au cœur de la ville. L’espoir sera-t-il suffisant pour espérer venir à bout des dangers se trouvant en dehors de ces murs ?

L’histoire a beau être assez classique, elle n’en demeure pas moins efficace. On se retrouve face à un récit de survie qui jongle habilement entre tension, drame et peur. Une aventure où le danger peut surgir à tout moment.

Survivre n’est pas chose facile

On ne va pas se le cacher, on est face à une quête pour survivre déjà vu dans bons nombres d’autres titres. Pourtant, Infection n’en reste pas moins intéressant. Tout d’abord, l’ambiance et le rythme du récit sont très bien maîtrisés. Le fait de plonger dans la vie d’un étudiant tout à fait lambda permet de s’identifier au personnage. La transition entre le paisible quotidien d’Haruki et le moment où tout bascule est bien amené. On ressent la même tension et effroi que notre étudiant a face à la transformation de ses amis. D’un coup, on bascule dans une aventure où le moindre faux pas est synonyme de mort. De plus, on serait tenté de comparer les porteurs à des zombies, mais cela n’est pas tout à fait le cas. S’il existe certaines similarités entre ces deux types d’êtres, les porteurs sont différents en de nombreux points. Tout d’abord, le chara-design de ces créatures est à la fois simple et efficace. La seule véritable chose qui les différencie des humains est la présence de vers infestant leur corps.

On ressent vraiment une angoisse en les apercevant la première fois ainsi qu’un profond dégoût. Cela permet de se plonger un peu plus dans l’ambiance glauque d’Infection. De plus, mise à part leurs capacités cérébrales réduites, leurs sens sont toujours aussi efficaces. À cela s’ajoute leur vitesse qui reste celle d’un humain ordinaire. Le lecteur, tout comme Haruki, se retrouve ainsi face à une menace d’envergure qui engloutit tout sur son passage. Le côté survie prend ici tout son sens face au danger que représentent les porteurs. Il est donc nécessaire pour nos protagonistes de faire preuve d’ingéniosité et de sang-froid pour espérer s’en sortir. D’ailleurs, on observe très vite le destin qui attend ceux cédant à la panique et préférant se séparer du groupe. Des réactions pouvant paraître stupide, mais qui deviennent compréhensibles du fait de la panique qui règne. Vivre au sein de cette épidémie est un défi constant où le fait de jouer les héros peut mettre fin à l’existence de tout un groupe.

Si la forme reste classique mais maîtrisée, le fond du manga offre de très bonnes thématiques à étudier. La volonté de retrouver son ancienne vie et les liens unissant les gens sont l’une des grandes facettes du récit.

Retrouver son ancienne vie

Espoir- Infection

La famille reste le principal moteur de nos héros

Contrairement à la majorité des autres œuvres du genre, Infection laisse une grande place aux liens familiaux. Tout au long du récit, on ressent l’envie et la détresse des personnages de vouloir retrouver leur entourage. En effet, même si l’épidémie qui a ravagé la ville est bien présente, cela n’empêche pas aux survivants de penser à leur passé. Même Kirara qui essaye de rester forte et insensible ne peut cacher son désir de retrouver ses proches. De ce fait, il y a toujours un lien invisible qui relie nos héros à leur famille et qui leur permet de garder espoir. Derrière l’enfer dans lequel ils ont été propulsés se cache une faible lueur de retrouver leur quotidien paisible. Il s’agit d’une thématique traité tout au long de ce premier tome et qui permet de souligner l’humanité qui habite chacun de nos étudiants. À travers cette facette de la narration, le lecteur ne peut s’empêcher de rêver que les héros de cette histoire puissent retrouver le bonheur de reprendre une vie ordinaire.

D’ailleurs, cela permet de découvrir des scènes très touchantes notamment à travers le personnage de Kikuchi. Je ne peux pas trop en dévoiler concernant ce protagoniste, mais on a le droit à une scène vraiment déchirante et pourtant paisible. Un autre point qui confirme cette volonté de se rattacher à son passé vient de la symbolique du téléphone d’Haruki. À travers ce simple objet, il permet au lecteur autant qu’au jeune homme de connaître la situation de son entourage. Ainsi, chaque discussion qui s’engage entre lui et ses proches permet de se rassurer concernant la gravité de la pandémie. Malgré les morts qui les entourent et le destin funeste qui plane au-dessus de leur tête, tout ne semble pas perdu. Infection parvient à traiter de manière ingénieuse de l’importance des relations à travers un contexte difficile. Un récit qui, même s’il a des défauts, possède une profondeur captivante.

Au final, Infection possède de nombreux atouts qui permettent de donner vie à une expérience plaisante et divertissante. On se retrouve vraiment impliqué dans la fuite et la survie de ces lycéens.

Une Infection qui se répand peu à peu

En conclusion, Infection fut une très bonne surprise surtout au niveau du fond. Pourtant, il existe quand même une petite tâche au tableau qui est le fan service. En effet, ce dernier est assez prononcé tout au long du volume. Cela peut entacher le plaisir de la lecture ce qui est compréhensible. Pourtant, si on arrive à faire abstraction de ce point, on peut profiter d’une épopée qui arrive à nous mettre la boule au ventre. Le fait qu’il n’innove pas le genre n’est en rien un défaut, car les différents éléments de la narration sont très bien ficelés. Cela donne lieu à une histoire prenante qui donne envie de découvrir la suite. D’ailleurs, ce premier tome laisse de nombreuses questions en suspens qui servent l’œuvre afin de susciter l’intérêt du lecteur. Une survie qui sera loin d’être de tout repos pour nos protagonistes avec la multitude de porteurs qui rôdent dans la ville.

Esprit Otaku recommande donc cette nouvelle licence pour tous les fans de récits d’horreurs. Il plaira aux lecteurs cherchant un manga de survie à la fois humain et douloureux et qui sauront oublier le côté très ecchi du titre. Attention tout de même, Infection est avant tout destiné à un public averti. Un voyage qui a du potentiel et qui pourrait prendre un tout nouvel essor dans les prochains tomes. Qu’est-ce qui se cache réellement derrière cette épidémie ? Haruki et ses compagnons arriveront-ils à atteindre un abri ? En tout cas, le périple qu’ils entreprennent ne sera pas de tout repos. Je suis très curieux de voir ce que donnera la suite de cette nouvelle licence horrifique.

N’hésitez pas à donner votre avis sur cette première excursion dans le monde d’Infection. Qu’attendez-vous pour la suite de la série ? 🙂

© Oikawa Toru / Kodansha

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