Issak T2

Issak tome 2 : un adversaire à la hauteur

Aujourd’hui, on a décidé de refaire un saut dans le temps en retournant dans le monde de Issak. Ce seinen édité chez Ki-oon avait su grandement nous convaincre lors de notre première excursion. Est-ce que tout ce qui faisait la saveur de cette série a perduré au cours de son second volume. On vous le dit tout de suite, la réponse est un grand oui. Toujours aussi efficace, ce récit continue de nous plonger au coeur de la guerre de Trente Ans avec brio. De plus, ce tome permet aussi de voir évoluer le récit ainsi que l’intrigue générale du titre. Cependant, qu’apporte en plus cette suite ? C’est pour répondre à cette question que l’on a décidé de traiter de celui-ci. Notre cher samouraï a beau être talentueux, il va devoir redoubler de vigilance car une ombre menaçante pèse sur lui et son camp. Le destin de notre homme pourrait bien être bouleversé à tout jamais. Il est grand temps de prendre son mousquet et de se préparer à viser.

La guerre se poursuit

Issak-supportPour rappel, Issak, scénarisé par Shinji Makari et dessiné par DOUBLE-S, nous plonge en plein coeur de la guerre de Trente Ans. On y suit un mercenaire japonais parcourant les champs de bataille à la recherche d’un homme. Celui-ci a tué et jeté en disgrâce la mémoire de son mentor. Sa quête de vengeance l’a donc poussé à quitter sa terre natale pour embarquer en direction de l’Europe. Là-bas, il rejoint le camp des protestants. Ayant entendu que sa cible se trouve chez les catholiques, ce choix était l’idéal afin de pouvoir le rencontrer pour un futur face-à-face. Ses capacités de tireur et sa maîtrise de l’art de la guerre lui ont permis de décrocher une grande victoire lors du siège de la forteresse de Fuchsburg, en Allemagne. Même s’il n’est qu’un mercenaire, son coup d’éclat lui a permis de gagner la confiance des soldats ainsi que des hauts-gradés de ce lieu. Il devient un atout précieux dans cette résistance face à cet oppresseur bien plus puissant.

Malgré la désertion des nombreux corps de mercenaire engagé, Issak reste fidèle au poste. Son désir de vengeance ainsi que son sens du devoir lui disent de rester parmi ces hommes. Au fond de lui, il sait que bientôt sa némésis fera son apparition. En attendant, il ne peut se permettre de laisser l’armée espagnole venir à bout de ses camarades. Après être partie en éclaireur et avoir failli mourir, notre samouraï et ses nouveaux compagnons ont pu constater l’étendue de la force qui se dirige droit sur eux. Face à un tel raz-de-marée, comment une simple garnison peut-elle espérer en venir à bout ? Le guerrier de l’Est ne se débine pas et sait qu’il n’existe qu’un seul moyen pour mettre en déroute un aussi grand nombre de soldats. Il faut couper la tête pensante du groupe afin de disperser le reste du troupeau. C’est donc un pari risqué que s’apprête à faire nos protagonistes dans l’espoir de survivre un jour de plus. Malheureusement, leur plan pourrait bien réveiller une menace bien plus grande que celle qui fonce dans leur direction.

On l’avait déjà souligné dans notre première chronique, Issak place avant tout la stratégie devant tout. Ce second tome ne déroge pas à cette règle. La victoire n’est pas forcément remportée par le camp le plus nombreux.

Abattre le chef ennemi

Gagner sur sa simple force n’assure en rien de vaincre l’adversaire. Si le premier volume avait su parfaitement retranscrire cela, ce second périple y arrive d’une façon encore plus magistrale. L’homme se trouvant derrière la victoire des protestants continue d’étaler tout son savoir à travers les pages. Après avoir fait ses preuves en tant que stratège, Issak dégage une aura de confiance. On ne peut s’empêcher de penser que chacun de ses plans permettra de renverser le cours de cette guerre. Face à l’immense armée qui se dirige vers eux, notre guerrier japonais ne montre aucun signe de peur. On l’observe avec un regard plein d’admiration et de respect en attendant son prochain mouvement. C’est un véritable défilé de ruses et de tactiques qui s’offrent à nous lors de tous ces chapitres. Malgré tout, cet aspect stratégie n’est pas propre qu’à notre héros. Après leur précédente défaite, la force espagnole sait qu’elle ne doit pas prendre à la légère le camp d’en face.

Profiter du terrain et de l’environnement, duper son adversaire et prendre en compte le climat ne sont qu’une petite partie des nombreuses tactiques mises en place. Tout cela est utilisé dans un seul but, vaincre le chef adverse. En effet, abattre le leader ennemi est le moyen le plus rapide pour mettre un terme à un affrontement. Issak l’a très bien compris et fournit tous ses efforts dans l’unique but de s’offrir une fenêtre de tir. Au-delà de la quête poursuivie par ce personnage, l’œuvre dépeint avant tout le conflit ravageur ayant vu le jour sur ce continent. Tout cet aspect militaire sert pleinement à l’immersion du lecteur dans cet univers où le sang et les larmes coulent à flots. On a la sensation d’être réellement au centre de ces confrontations où tout peut se jouer d’un simple coup de feu. Cela ajoute un côté réaliste et terrifiant à cette histoire qui ne fait qu’accroître notre fascination pour celui-ci. On comprend que chaque bataille n’est jamais jouée d’avance. Plus qu’une simple question de force, gagner est avant tout une question de psychologie.

Cependant, ce second tome d’Issak a beau garder les points forts du premier, il fait preuve d’un élément qui change totalement la donne. Celui-ci n’est autre que l’apparition d’un adversaire tout aussi rusé et dangereux que notre samouraï.

L’affrontement de deux grands guerriers

Issak-ennemi

Qui est cet homme menaçant ?

Ce n’est qu’à la fin de ce second tome que l’on fait la connaissance d’un nouveau personnage. Travaillant pour l’armée espagnole, cet individu dégage tout de suite une aura singulière. Son apparition est loin d’être anodine, car elle permet d’introduire un adversaire qui puisse être de taille face aux compétences de notre mercenaire. Jusqu’à présent, ce dernier avait su retourner chaque situation à son avantage. De plus, il faisait cela avec une aisance déconcertante. Ainsi, Issak prenait presque la forme d’un guerrier imbattable fauchant les vies sur le champ de bataille comme s’ils ne s’agissaient que de mauvaises herbes. Même si on avait pu avoir une petite frayeur à son égard à la fin du premier tome, l’aura qui le caractérisait ne faisait que grandir. Il semblait au-dessus des autres jusqu’à ce que ce nouveau danger se dresse devant lui. Un ennemi qui permet de rendre à notre héros son statut de simple homme pouvant saigner et disparaître comme tous les autres. Il tombe du piédestal sur lequel on l’avait mis pour redevenir un soldat comme les autres.

La nouvelle carte qu’à dévoilé le camp adverse semble aussi talentueux, voir même plus, que le soldat en quête de vengeance. Diminué et affaibli, ce dernier semble être à la merci de son bourreau. Celui-ci ne fait qu’appliquer les mêmes stratégies qu’Issak, à savoir éliminer le symbole d’espoir et d’autorité au sein des rangs ennemis. On fait donc face à un étranger qui, en l’espace de quelques cases, parvient à faire l’étalage de toutes ses capacités. La force de cette rencontre est dans la manière qu’elle a d’inverser les rôles. Notre guerrier japonais avait toujours été le prédateur guettant patiemment sa proie. À présent, c’est lui qui se retrouve dans la ligne de mire de son adversaire. Cela instaure un climat de peur et d’incertitude quant à la survie du protagoniste principal. Lui qui avait réussi à chasser les troupes adverses d’un simple coup de feu se retrouve face à un mur qui semble impossible à franchir. Le mangaka a parfaitement su jouer de ça afin de chambouler le lecteur ainsi que le déroulement du récit. Il suffit d’une simple pression pour que tout s’arrête.

Au final, ce second voyage dans l’univers d’Issak parvient à conserver tout ce qui faisait l’attrait du précédent tome tout en développant le scénario de manière intéressante. Une lecture qui n’a nullement perdu de sa force.

Issak nous a toujours dans son viseur

En conclusion, ce second tome permet à la série de rester l’un de nos coups de coeur de ce début d’année. Proposant un rythme haletant et une narration efficace, tout semble aller très vite. Alors que l’on savoure chaque situation avec le plus grand plaisir, on se rend compte que l’on est déjà à la dernière page. Une lecture incroyable portée par des dessins somptueux. DOUBLE-S continue de faire un travail remarquable à travers ses planches. On est littéralement embarqué dans cette époque rongée par la souffrance et la mort. À la fois magnifique et forte, chaque dessin est là pour rendre cette épopée toujours plus mémorable. Concernant l’intrigue en elle-même, elle se développe rapidement et ne nous laisse aucun réel temps mort. De plus, la conclusion de ce volume nous laisse sur un doute terrifiant. Une magnifique et terrible fresque historique qui captive notre regard du début à la fin.

Esprit Otaku continue donc de vous recommander chaudement ce manga. Que vous soyez un féru d’histoire, que vous cherchiez une oeuvre pleine d’actions ou juste un titre qui vous immerge totalement dans ce qu’il raconte, alors Issak est fait pour vous. Un seinen qui mérite largement sa place dans n’importe quelle bibliothèque. Le plus dur dans cette lecture est de se dire qu’il va falloir maintenant attendre pour connaître la suite. Qui l’emportera entre notre pro du mousquet et cet étrange inconnu ? La roue tournera-t-elle pour notre samouraï ? Si l’on a envie de connaître la réponse à ses questions, il va falloir être patient. Ce qui est sûr, c’est que l’on sera au rendez-vous pour ce duel qui s’annonce fort prometteur.

Et vous, êtes-vous toujours autant captivé par la quête d’Issak ? Pensez-vous que notre guerrier a une chance face à ce nouvel ennemi talentueux ? 🙂

© Makari Shinji & DOUBLE-S / Kodansha

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