Goodnight, I love you

Goodnight, I love you tome 1 : un road-trip bouleversant

Après avoir évoqué le massacre de gobelins hier, on change totalement de registre. Cette fois, on va s’attarder sur une aventure plus humaine et chaleureuse qui nous a bluffés. Il s’agit du premier tome de Goodnight, I love you, édité chez Akata. Arborant un contexte intéressant, celui-ci va être le déclencheur qui va lancer cet incroyable voyage qui va faire évoluer et grandir le personnage central. Sincèrement, on n’était pas plus emballé que cela lorsque l’on a pu découvrir ce titre en rayon. Heureusement, la curiosité l’a emportée et une fois plongé dans ce récit, on a été bouleversé. On est typiquement devant le genre de manga qui trouve tout son charme et sa puissance dans la sincérité et les relations humaines qu’il met en place. Il est donc temps de quitter cette introduction pour s’attaquer au coeur de cette chronique. Préparez-vous pour une longue et touchante balade au sein de nombreux pays.

Le début du voyage

Goodnight, I love you-voyage

Un voyage qui s’annonce enrichissant.

Goodnight, I love you, imaginé par John Tarachine, nous fait suivre un étudiant japonais du nom d’Ozora. Ce dernier vient juste de perdre sa mère des suites d’une longue maladie qui a fini par avoir raison d’elle. Alors qu’il est encore en plein deuil, il décide de répondre à ses dernières volontés en s’envolant pour l’Angleterre. Ce voyage a pour objectif d’annoncer la terrible nouvelle aux anciens camarades anglais de la défunte. Pour l’accompagner durant une partie de ce long trajet, le jeune homme est accompagné de son frère. Ce dernier était parti depuis plusieurs années pour habiter en France et avait refait son apparition après avoir appris la mort de sa mère. Aux yeux d’Ozora, celui-ci n’est qu’un lâche et un traître qui les a abandonnés. Malgré cette rage qui le dévore de l’intérieur, il ronge son frein et se concentre sur la mission qui lui a été confié. Une fois sur place, c’est une surprise de taille qui l’attend. Au contact des gens qu’ils rencontrent, il va commencer à se poser des questions sur lui-même ainsi que sur sa famille.

Une quête identitaire va alors débuter pour cet adolescent. Guidé par l’objectif qui lui fut confié, il va devoir se rendre de pays en pays. Il va se rendre compte de plus en plus que cette escapade n’est pas tant dans l’optique d’accomplir le souhait de sa mère que de l’amener à s’épanouir et à voir ce que le monde peut offrir. C’est ainsi que débute un voyage extraordinaire dans toute l’Europe où le jeune Ozora va découvrir qui il est réellement et faire le point sur son passé. Des secrets vont éclater tandis qu’il entre en contact avec toutes ses différentes cultures. Lui qui n’espérait rester qu’un court moment va se lancer dans une aventure bien plus longue et importante qu’il ne le pensait. Quel était le véritable désir de sa mère ? Quelles sont les raisons qui ont poussé son frère à disparaître ? Tant de questions qui trouveront leurs réponses dans ce road-trip initiatique qui risque fort de changer à jamais cet étudiant.

Au départ, on ne sait pas trop à quoi s’attendre avec Goodnight, I love you. Cependant, dès lors que l’on observe les échanges entre Ozora et ses différents interlocuteurs, on oublie toutes nos interrogations. On profite simplement de l’émotion qui s’exprime dans chaque geste et chaque parole.

Une pause émotion

Ce josei est parvenu à faire reposer une grande partie de son histoire sur l’affect que va éprouver le lecteur à l’égard du protagoniste. Au départ, Ozora nous paraît comme un garçon renfermé et même, par moment, un peu insupportable. Cette image que l’on a de lui va très vite s’estomper alors qu’il frappe à la porte de la personne qu’il est venu voir. À partir de cet instant, on apprend à mieux le connaître, à voir sa véritable personnalité. Il a toujours été un jeune homme ayant peu d’amis et ne faisant que très peu la fête. Son visage morose et sombre finit par s’éclairer alors qu’il se met à se rapprocher de ses interlocuteurs étrangers. On ressent ce sentiment de liberté qui s’empare de lui peu à peu et on se met à éprouver de la joie pour lui. L’auteur a parfaitement su provoquer notre empathie à l’égard de celui-ci à travers des situations qui ont l’air anodines, mais qui représente tellement pour l’étudiant japonais. Après tout ce qu’il vient de traverser et son passé difficile, il arrive enfin, le temps de quelques heures, à oublier ses soucis et à s’amuser.

Cependant, le fait de retrouver un peu de bonheur n’est pas la seule raison de cette quête. Comme on l’a dit plus haut dans le synopsis, cela va aussi être l’occasion de comprendre ce qui a pu se passer au sein de sa propre famille. Il y a donc une belle et difficile confrontation qui se joue entre Ozora et son grand frère. Ce dernier a tout plaqué pour habiter à Paris et quand on apprend cela, on ne peut qu’être dégoûté de le voir avec un grand sourire au côté de ce garçon qu’il a abandonné. Pourtant, Goodnight, I love you ne s’arrête jamais à cette première impression et va développer habilement l’opposition des deux frères. Lorsque l’on assiste à la vérité, on se retrouve vraiment emporté par un flot constant d’émotions. On voit que rien n’est jamais aussi blanc et noir qu’on le pense. Il y a beau avoir une puissante charge émotionnelle tout au long de ses pages, l’ensemble s’enchaîne avec une fluidité déconcertante. Un tour d’Europe qui nous fait passer de la colère à la tristesse en passant par l’amour et la joie.

En réalité, le voyage que fait ce jeune homme est une excuse pour le faire sortir de sa zone de confort. Il se met à côtoyer des gens qu’il ne connaît pas et découvrir la beauté et la gentillesse qui peut se cacher en chaque être humain. Goodnight, I love you mise avant tout sur ses protagonistes que tout sépare et qui pourtant arrive à se comprendre.

Un voyage axé sur l’humain

Goodnight, I love you-émotion

Une émotion palpable.

L’autre grande force de Goodnight, I love you vient de sa pléthore d’acteurs qu’il met en scène. Le périple de notre étudiant est avant tout une succession de rencontres. Si au départ, il ne semble pas comprendre pourquoi il doit entrer en contact directement avec eux, on finit très vite par le deviner. Ces gens ont beau ne l’avoir jamais rencontré, ils l’accueillent quand même à bras ouvert. Ce titre met en avant toute la bonté qui vit en chacun de nous et la fait exploser dans un feu d’artifice grandiose de bienveillance. La barrière de la langue a beau être présente, elle n’empêche en rien ces êtres de partager ce qu’ils savent et ce qu’ils ont. Chacun de ces face-à-face est autant une manière pour Ozora de faire son deuil que de continuer à avancer. Ils sont tous là pour lui permettre de grandir et de se trouver afin qu’ils puissent enfin se tourner vers le futur. Cette volonté de changer et de faire un trait sur le passé est finement amenée et ajoute une très grande profondeur à ce personnage.

À travers cette oeuvre, il y aussi cette démonstration du rapprochement qu’il peut y avoir entre des gens de cultures différentes. On a beau vivre, exister et avoir des passions distinctes, cela n’est nullement une raison pour ne pas se rapprocher des autres. Peu importe toutes ces oppositions, l’être humain est capable de faire fi de tout cela pour se concentrer sur l’essentiel. Tous les échanges qui jonchent une vie sont autant de portes ouvertes à des univers, des gens et des relations particulières. C’est exactement le cas dans ce manga qui parvient à nous ouvrir les yeux à travers ce parcours au sein de tous ces pays. Un trajet qui ne cesse de s’étendre et qui ne s’arrêtera jamais totalement. Voilà un titre qui parvient à nous transporter dans son récit en mettant seulement en avant cet aspect humain tout bonnement captivant. Une expérience unique et efficace qui continue de nous éblouir à chaque étape de road-trip.

Goodnight, I love you fut une lecture très marquante. On a beau être fan des œuvres complexes ou bien très tournés vers l’action, cela ne nous a pas empêché d’apprécier pleinement ces quelques instants de joie et de tristesse. Le périple de ce garçon parvient à nous affecter profondément et à nous émouvoir en un claquement de doigts.

Goodnight, I love you fait verser sa petite larme

Après lecture de ce premier tome, il est compliqué de ne pas vouloir connaître la suite. Tout est amené avec une telle précision et sincérité que l’on est fasciné de bout en bout. Voilà encore une fois la preuve que l’univers du manga peut offrir des récits en tout genre avec une émotion forte et un profond impact sur le lecteur. Voilà une série qui nous fait réfléchir sur qui on est vraiment et sur l’importance de son entourage. Ozora nous fait vivre tant de choses que l’on passe d’un sentiment à l’autre en une fraction de seconde. Rare sont les licences à pouvoir toucher autant un public et l’on pense que si cela continue sur cette voie, Goodnight pourrait proposer une expérience littéraire bouleversante et inoubliable. Une première tentative réussie pour ce tome qui nous met en tant qu’observateur de cette excursion fantastique.

On vous recommande donc grandement ce titre qui peut s’adresser à n’importe qui. Peu importe que vous soyez fan de tels styles ou de tels thèmes car Goodnight, I love you traite de sujets intéressants qui pourront séduire un large lectorat. Voici une lecture qui mérite amplement de trôner dans n’importe quelle bibliothèque et dont il serait dommage de passer à côté. On finit ce volume avec certaines questions et un suspense incroyable qui ne nous donne envie que d’une chose, pouvoir lire la seconde étape de ce tour d’Europe. Peu importe ce qu’il pourra advenir à l’avenir pour notre étudiant, car on se doute qu’il y aura toujours cette bienveillance et cette beauté qui font l’âme de cet ouvrage. On a hâte de connaître les prochaines expériences que vivra ce jeune homme perdu cherchant à aller de l’avant.

Dites nous dans les commentaires ce que vous avez pensé de ce premier tome de Goodnight, I love you. Êtes-vous curieux de voir quelles seront les prochaines rencontres d’Ozora ? Avez-vous été touché par son histoire et les raisons de son voyage ? 🙂

© Tarachine John / ASCII Media Works

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