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Ghost of Yôtei : la vengeance est un poison

Après avoir parlé de Pragmata, je me suis rendu compte que ça me tenait à cœur de vous parler de jeux vidéo. Surtout qu’il y a tellement de titres à parler et que je suis actuellement toujours plus curieux de me lancer dans des tas d’aventures vidéoludiques. Je me suis donc dit qu’en fonction des titres que je terminerais complètement, j’allais vous faire un rapide retour dessus. Et ce mois de mai a été pour moi l’occasion d’obtenir le platine de Ghost of Yôtei, le nouvel opus de la franchise qui est sorti en fin d’année dernière. Même s’il n’est plus forcément dans l’actualité, je trouve qu’il y a tout de même beaucoup à dire sur cette épopée. Un voyage que j’ai trouvé fantastique et qui montre qu’il n’y a pas besoin de bouleverser ce qui a été mis en place précédemment pour passer un excellent moment. Surtout qu’il est très intéressant de montrer l’évolution apportée depuis Tsushima tout en voyant l’héritage que celui-ci a laissé. Je vous invite donc à Hokkaido dans l’ombre du mont Yôtei pour décortiquer la quête de vengeance d’une guerrière.

Gameplay : à chaque situation son arme

Pour commencer, je tiens à parler du gameplay en lui-même. Alors oui, on a souvent qualifié Yôtei de Tsushima 2.0 étant donné qu’il peaufine surtout ce qui a été fait dans le précédent opus. S’il est vrai que le jeu en lui-même ne révolutionne pas la formule de son aîné, ce serait tout de même exagéré de dire que rien n’a été modifié. Le système de combat, par exemple, en est une très belle preuve. Oui, on retrouve le même déroulé dans les affrontements avec des combats où l’on va parer, utiliser diverses techniques et qui se veulent surtout très chorégraphiques. Mais là où Ghost of Yôtei propose quelque chose d’intéressant, c’est dans la variété de ses armes. Contrairement à Jin qui combattait surtout à travers diverses postures, Atsu, elle, jongle entre divers équipements. Ainsi, il sera plus facile de s’attaquer à un individu maniant une arme d’hast avec deux épées qu’en utilisant un kusarigami. Il y a un équilibre qui est trouvé entre ces armes qui pousse le joueur à switcher régulièrement pour surmonter les divers obstacles. Et je dois dire que la sensation manette en main est particulièrement grisante. On s’éclate à changer rapidement d’arme en fonction de la situation et cela donne des confrontations spectaculaires et où l’on ressent tout le talent de notre protagoniste. Pareil pour ce qui est des divers outils à notre disposition qui sont plus nombreux avec l’apparition d’armes à feu et bien d’autres objets. Et même si c’est un tout petit truc, je peux vous dire qu’il n’y a rien de plus satisfaisant que de vaincre un ennemi qui laisse tomber son arme pour la récupérer afin de la projeter sur un de ses comparses. On voit ce désir de Sucker Punch d’offrir une véritable esthétique de combat où l’on ne pas juste bourriner, mais presque virevolter au coeur de la mêlée. Un aspect cinématographique totalement voulu et qui a monté plusieurs crans depuis Tsushima. Tout ça pour un résultat qui nous en met plein les yeux et qui se veut surtout agréable à jouer.

Ghost of yotei - 1


Scénario : la haine comme moteur

Concernant le scénario, j’ai évoqué lors du précédent article que Pragmata n’avait pas de scénario très original, mais que ça ne l’empêchait pas d’être réussi dans sa narration et l’écriture. C’est pareil avec Ghost of Yôtei. On est sur une histoire de vengeance comme on peut en avoir vu énormément dans les différents médias existants. D’ailleurs, c’est encore un thème très récurrent dans le film de samouraï et d’autres domaines comme le western (car oui, le western et le film de samouraï ont énormément de points communs). Pour en revenir au sujet de ce point, oui ce jeu utilise un trope bien connu, mais de manière à ce que l’on soit captivé par celui-ci. Et pour ça, il faut souligner autant le travail autour d’Atsu que de toute la représentation de la vengeance au cours de notre aventure. On est témoin dès le départ d’une nuit cauchemardesque où notre héroïne voit toute sa famille se faire exterminer. Laissée pour morte, elle arrive pourtant à s’extirper des flammes pour débuter son errance qui la conduira, pendant 16 ans, sur les champs de bataille. Ce n’est qu’au bout de cet exil voulu qu’elle revient chez elle pour enfin traquer ceux qui ont détruit sa vie. L’histoire touche admirablement bien notre corde sensible pour que l’on ait envie d’accompagner Atsu dans cette quête sanglante. On traque chaque cible pour assouvir cette soif de sang, mais le jeu va progressivement nous faire comprendre que cette voie ne peut amener qu’à un vide encore plus grand. En réalité, on comprend que tout le scénario n’est qu’une immense spirale où chacun cherche à se venger d’un autre ce qui va avoir pour effet de nourrir encore plus cette haine. 

Un cercle parfait et macabre qui va presque déshumaniser Atsu pour confronter la femme tenant le katana et l’onryô qui vit en elle. Et je trouve que dans cette représentation du conflit interne se jouant en elle, le studio a fait très fort. On voit à quel point elle a l’occasion de tirer un trait sur tout ça pour se raccrocher à ce qui lui reste. Et pourtant, l’appel de la vengeance va constamment la rappeler sur ce sentier rouge. Ce qui fait que notre propre désir d’en finir avec les Six de Yôtei se transforme en une tristesse de voir cette héroïne sombrer dans cette chasse qui la ronge de l’intérieur. Là où Jin avait lui aussi une opposition entre son ancien devoir de samouraï et le fait de devoir s’adapter à son ennemi, le récit d’Atsu est bien plus personnel et peut parler à chaque joueur.


Personnages : Une traque mortelle

Si j’ai déjà pu évoquer dans le point précédent ce qui pouvait faire l’attrait du personnage d’Atsu, il y a encore beaucoup à dire sur elle ainsi que sur les individus qui vont influencer son périple. Si l’on compare à Tsushima, nous avons peut-être plus d’alliés, mais la plupart sont avant tout là en soutien pour nous servir de maîtres ou bien pour améliorer notre équipement. Ainsi, contrairement à Jin, Atsu n’a finalement que très peu de compagnons qui vont avoir une incidence notable sur son épopée. Mais ça colle aussi bien plus au fait que dans Tsushima, notre protagoniste est en plein cœur d’un conflit avec des alliés bien définis là où Atsu se mêle à une confrontation entre deux camps pour se rapprocher de ses cibles. L’épopée de Ghost of Yôtei se veut bien plus intimiste et ça se ressent chez notre héroïne qui va être souvent seule face à elle-même. L’introspection est un passage nécessaire et récurrent dans le jeu permettant de mieux cerner ce qui se bat en elle au fil de son avancée. Si je ne vais pas trop parler des quelques personnages alliés qui vont avoir une incidence majeure sur son périple pour éviter des spoils majeurs, je tiens seulement à dire qu’ils vont être la raison de cette remise en question par rapport à la vengeance. On voit à quel point Atsu cherche à tout prix à s’éloigner de tout lien pour que ceux-ci ne soient pas une entrave à sa quête. C’est ce qui va faire toute la force de son rapport avec les autres. Mais quand je parle de personnages, j’évoque aussi nos fameux antagonistes. Les Six de Yôtei ont quasiment tous quelque chose à nous raconter, mais c’est surtout concernant Saito que l’on va se rendre compte de quelque chose de fort. En plus d’être un adversaire redoutable, charismatique et déterminé, on va surtout nous dépeindre un vrai parallèle entre lui et Atsu. Si cela ne sonne pas directement à nos oreilles, cette confrontation va finalement prendre tout son sens au fur et à mesure que l’on se rapproche de lui. Des personnages qui donnent totalement sens au thème principal du jeu.

Atsu - ghost of yotei


Univers et contenus : Un pur dépaysement

Autant le dire tout de suite, voilà l’un des points qui m’a le plus séduit tout au long de mon périple. Pour Ghost of Yôtei, quand j’évoque cette partie, je vais surtout parler de la faculté du titre à me faire voyager. C’était déjà le cas dans Tsushima, mais ici c’est encore plus fort. Rien que notre arrivée face au mont Yôtei est un moment mémorable. On galope en compagnie de notre fidèle destrier dans des paysages somptueux qui nous donnent l’impression d’être là-bas. Ici, le photoréalisme ne sert pas juste à montrer les prouesses techniques d’une console ou à rapprocher le plus le jeu de quelque chose de réel. En fait, il y a un formidable travail de direction artistique dans le jeu pour donner vie à un environnement dans lequel on prend plaisir à se perdre. On s’arrête à chaque nouveau décor que l’on découvre et l’on savoure ce périple même quand on n’est pas à combattre ou à vaquer à certaines occupations. C’est là où le jeu frappe fort aussi par rapport à son aîné, c’est que l’on a l’impression que cet univers a de la vie. Il ne s’agit pas forcément d’ennemis à abattre ou de gens qui vaquent à leurs occupations. La faune et la flore jouent ici un rôle primordial dans cette immersion. Le simple fait de se balader dans un immense champ de fleurs et de voir apparaître une horde de chevaux sauvages est un émerveillement. On tente alors de chevaucher en leur compagnie et ça donne des scènes somptueuses qui se gravent dans notre esprit. Pareil pour les camps que l’on peut établir. Parfois, on s’arrête et d’un coup quelqu’un arrive. Il peut autant s’agir d’un simple voyageur de passage que d’un chasseur de primes voulant notre tête ou même juste un allié. C’est génial d’avoir su rendre ces régions aussi vivantes sans pour autant que ce soit dans la composante humaine. Une manière de mettre en avant le paysage qui devient une toile de fond dont on ne peut détacher le regard. Concernant les activités annexes, on reste sur du classique même si j’ai beaucoup aimé certaines nouveautés. C’est notamment le cas pour le mini-jeu proposé et les peintures que l’on peut réaliser.


Ghost of Yôtei améliore la recette de son grand frère

Il est temps de passer à la conclusion de cette chronique. Je le redis tout de suite, Ghost of Yôtei ne cherche nullement à réinventer ce qui a déjà été mis en place chez son grand-frère. Et en jouant, je me rends compte que je n’ai pas besoin de ça. On est avant tout devant un jeu qui parvient à améliorer tout ce qui a été mis en place précédemment afin de créer une épopée où l’on va être happé du début jusqu’à la fin. Ce jeu, c’est avant tout une invitation au voyage à travers de sublimes panoramas pour ensuite nous recentrer sur Atsu et sa quête de vengeance. Et même là encore, on a beau être en terrain connu, cela ne change rien au fait que c’est maîtrisé et que l’on enchaîne les heures sans réel ennui. D’ailleurs, je trouve que le rythme est bien plus soutenu à travers des activités secondaires plus dispersées permettant de bien plus apprécier tout ce que l’on observe en allant d’un point à un autre. Et au cours de mon aventure, je me suis rendu compte à quel point je m’étais attaché au personnage d’Atsu et à ceux qui vont graviter autour d’elle. Une histoire où l’on soutient au début notre Onryô pour finalement se rendre compte que cette traque infernale ne fera que causer plus de souffrances. Et je trouve qu’en tant que second opus, Ghost of Yôtei s’en tire à merveille et parvient à se hisser au-dessus de son aîné en termes de ressenti personnel. Une ambiance folle, un pur sentiment d’évasion, un gameplay efficace et peaufiné suffisent à faire de cette expérience une très belle découverte. J’en profite aussi pour dire qu’il faut aussi savoir apprécier une oeuvre pour ce qu’elle est et cherche à nous proposer. Tout n’est pas forcément nul ou parfait. Il y a des films, séries, mangas, animes et jeux vidéo qui sont bons et même très bons sans forcément chercher à détrôner ceux que l’on considère comme les meilleurs. Cela n’enlève en rien le plaisir ressenti.

N’hésitez pas à me dire si ce genre de chroniques vous plaît, à me suggérer des jeux et bien sûr à me dire si vous aussi vous avez apprécié Ghost of Yôtei. On se retrouve très vite pour encore plus d’aventures mémorables.

duel - ghost of yotei

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