Egregor

Egregor tome 1 : la récolte d’âmes commence !

On est vendredi et quoi de mieux pour terminer la semaine que de s’attarder sur un tout nouveau manga. C’est donc le moment parfait pour vous parler d’une œuvre inédite qui a su attirer pleinement notre attention. Il s’agit d’Egregor qui a rejoint le catalogue de Meian. Avec son aspect fantastique, sa couverture attrayante et son synopsis alléchant, cette aventure avait tous les arguments possibles pour nous convaincre. A présent que l’on a pu lire ces premiers chapitres, peut-on dire que nos attentes furent comblées ? La réponse est un grand oui car on était loin d’espérer autant d’atouts et de forces à cette licence. Cette obscure lecture a beau dégager une aura funeste, on ne peut s’empêcher de s’y plonger toujours plus au vu de tout ce qu’elle nous propose. Une saga ayant un immense potentiel et qu’il est grand temps d’analyse en détails. L’heure est donc venue d’empoigner son épée et de défendre ce monde en proie aux ténèbres. On espère que vous êtes prêts à affronter un adversaire qui ferait pâlir la Mort elle-même.

Un long et difficile combat

Egregor-Foa

L’innocence d’un enfant.

Egregor, scénarisé par Jay Skwar et dessiné par Kim Jae Hwan, nous propulse dans un univers d’heroic fantasy. Dans un village tranquille et éloigné des grandes villes vit Foa. Ce jeune homme s’avère être un apprenti forgeron et rêve de pouvoir façonner les meilleures lames qui soient pour les Egides. Rien ne semble pouvoir entacher le paisible quotidien de ces habitants qui vaquent à leurs occupations habituelles. Cependant, un terrible mal ronge ce royaume depuis maintenant de nombreuses années. Ce voile d’ombre qui vient s’en prendre aux hameaux et autres lieux d’habitations est représenté par les Faucheurs. Ces êtres de la nuit n’ont qu’un objectif. Ils viennent apporter la mort et la désolation afin d’effectuer leur moisson. Ainsi, ils n’ont aucune pitié pour s’emparer des âmes de leurs proies. Le seul moyen de les arrêter est de les éliminer et seuls les Egides sont assez puissants pour cela. Malheureusement, ils reviennent toujours pour accomplir leurs sombres desseins.

C’est donc une lutte perpétuelle qui ronge ce monde et qui le fait peu à peu sombrer dans les ténèbres. Même s’il a grandi avec toutes ces histoires, Foa ne semble pas plus préoccupé que cela. Après tout, que feraient de tels monstres dans un si petit village ? Son innocence va alors prendre fin un beau soir alors qu’il peut apercevoir les premiers signes de la fameuse Moisson. Le guerrier chargé de protéger cette bourgade décide de les rassurer en disant qu’ils ne devraient pas être nombreux et qu’il pourra s’en occuper. Malheureusement, ses pronostics vont très vite être faussés au vu de la puissance se trouvant en face. Il semblerait bien que leur présence ici n’est pas anodine. En un instant, la paix qui englobait le foyer de Foa se transforma en un silence de mort alors que ces émissaires se précipitent vers leur objectif. Le garçon qui aimait tant façonner va devoir maintenant prendre les armes pour espérer défendre ceux qu’il aime. Malgré sa détermination, est-il vraiment capable de résister face à ces assauts ? La nuit promet d’être longue pour cette populace qui s’apprête à connaître l’enfer.

Ce qui nous marque avant tout dans Egregor est la terrifiante figure que représentent ces ennemis. Plus qu’un simple adversaire à combattre, ils sont une vraie plaie qui ne fait pas uniquement souffrir notre héros. Les tourments et la douleur qu’ils infligent ont des répercussions sur l’ensemble de ce monde. De ce fait, il y a constamment une sensation de danger qui guette la population.

Une menace fascinante

Dans la plupart des fables et autres contes, il y a un élément particulièrement important à prendre en compte. Il s’agit de l’effet que va procurer l’antagoniste sur le lecteur tout au long de son parcours. On parle souvent de héros intrépides qui luttent vaillamment contre le mal. Cependant, il est nécessaire d’avoir un bon méchant pour permettre à son adversaire de briller. Egregor nous donne ici une parfaite leçon de ce que signifie donner vie à un ennemi de taille. En effet, il ne suffit que de quelques cases pour ressentir l’impressionnante aura et charisme qui se dégage de ces individus qui ignorent tout de la pitié. Il n’y a pas une once de bonté qui semble émaner d’eux et on a donc une image très négative de leur groupe. Malgré tout, la puissance dont ils font preuve nous oblige à accepter le fait qu’ils sont bien plus forts que la majorité de leurs victimes. A cela vient s’ajouter aussi un chara-design qui accentue encore plus cette sensation de faire face à des avatars de la mort.

C’est aussi ça qui nous marque. Leurs comportements, leurs agissements et leur manière d’enlever une vie fait penser instinctivement à l’image que l’on peut se faire de la grande faucheuse. Il y a donc un côté presque inévitable à leurs assauts qui rend ces hommes et femmes encore plus surnaturels. Outre tout ceci, on peut aussi observer une hiérarchie qui prouve que l’on n’a pas à faire à quelques tueurs. Une organisation où chacun a un rôle bien défini et qui symbolisent aussi leur propre niveau. Face à une vague aussi mortelle, notre regard change aussi par rapport aux humains qu’ils traquent. On a une profonde empathie à leur égard, car on sait que si certains pourront s’en sortir, il y aura forcément un bain de sang. Un rapport de force totalement chamboulé qui nous montre, pour le moment, que les efforts des égides ne sont qu’une façade pour retarder le jour où tous finiront par périr. C’est donc un tableau bien sombre qui nous est dépeint, mais qui n’en est pas moins saisissant. Dans un tel milieu où une vie peut brusquement prendre fin, on se pose et l’on se met à réfléchir aux solutions possibles. Une troupe d’antagonistes qui rythme cette première expédition de manière magistrale.

En plus de nous offrir un contexte particulièrement sombre, Egregor réussit à travers ce premier tome à nous faire miroiter un environnement riche. Ce qui caractérise cette œuvre est aussi son monde qui nous a offert ici un bref mais captivant aperçu de ce qu’il pouvait offrir. On a beau savoir les menaces qui rôdent sur ces contrées, notre curiosité a envie d’être satisfaite.

Un univers prometteur

Egregor-Faucheur

Des adversaires coriaces.

Outre l’attrait que l’on peut avoir pour le combat qui se joue entre ces pages, Egregor parvient aussi à éveiller une autre chose en nous. Il s’agit de notre soif de découverte et d’exploration. En effet, les obstacles ont beau être nombreux, on a envie de savoir ce qui peut bien se cacher derrière cette lutte pour la survie. Le mangaka parvient ainsi à nous présenter divers éléments qui titillent notre curiosité. On peut par exemple voir des transformations étranges, des magies singulières et des créatures dont on ne sait rien. Le fait de ne rien expliquer n’est en rien néfaste à la compréhension globale. Cela pousse notre imagination à inventer la suite de l’histoire et à rêver de tout ce qui peut se cacher derrière chaque élément. On ne reste donc pas uniquement sur le côté néfaste de ces lieux qui peuvent se retrouver en plein chaos du jour au lendemain. Tout cela nous montre qu’il y a aussi une vie en dehors de ce combat et il est clair que l’on risque fort d’en apprendre plus par la suite.

Cela permet de ne pas renfermer complètement son lectorat dans un cocon. Ces petites lumières provenant de l’extérieur permettent ainsi de s’éloigner, l’espace de quelques instants, de la violence qui dicte le scénario. Notre esprit se met alors à vagabonder et cela permet d’apprécier encore plus tout ce qui forme ce conte. On parle de ce qui est éloigné des Faucheurs, mais eux aussi joue un grand rôle dans notre désir d’en apprendre plus sur cette mythologie. Il faut dire que l’on ne sait rien d’eux à part qu’ils sont là pour s’emparer de l’âme des gens. Cette ignorance, quand elle est bien maîtrisée, permet de sublimer une œuvre. C’est exactement le cas ici, car on est à la fois pris dans ce qui nous est raconté qu’interloqué par tous ces secrets. De ce fait, on tourne la dernière page sans se rendre compte que l’on a déjà dévoré ce volume. On se dit alors qu’on veut la suite afin d’étendre nos connaissances sur ce lore qui semble aussi dense que marquant. Une présentation efficace d’une histoire qui a encore beaucoup de choses à nous montrer.

Cette première excursion aura été l’occasion de découvrir une saga qui ne nous épargne rien et très prometteuse. La richesse de sa mythologie, ses combats grandioses et les nombreux mystères qu’ils restent à découvrir sont autant de raisons d’accrocher à cette licence. Un voyage terrifiant et tout autant prenant qui n’a pas fini de nous subjuguer.

Egregor a beaucoup de potentiel

Egregor est une formidable surprise qui vaut largement le coup d’œil. Son univers a l’air si conséquent qu’il semble propice à une aventure pouvant dépasser notre entendement. Ce premier contact est en tout cas une grande réussite, car en plus de poser les bases de son histoire, l’auteur parvient à nous plonger directement dans le cœur même de son récit. On est totalement envoûté par la menace que représentent les Faucheurs qui dégagent une aura incroyable. En ce qui concerne les dessins, ceux-ci collent parfaitement à l’ambiance qui englobe ce titre. La joie est parfaitement retranscrite sur les différents personnages avant que tout ne soit ravagé par la noirceur. On ressent pleinement ce contraste à travers ces planches qui permet ainsi une plus grande immersion du lecteur. Une œuvre qui frappe un grand coup en nous faisant percevoir et observer le danger qui règne sur ces terres. Cette épée de Damoclès a beau se tenir au-dessus de tous ces êtres, on ne peut qu’être curieux de voir comment la résistance pourra être organisée.

C’est donc avec une joie non dissimulée que l’on recommande ce premier tome d’Egregor. Une plongée efficace qui arrive à mêler habilement mise en place des fondations du récit, scènes d’actions impressionnantes et un folklore attrayant. Que vous aimiez le style heroic-fantasy ou que vous cherchiez une aventure pleine de promesses alors cet ouvrage saura vous convenir. Après nous avoir laissé sur une fin stupéfiante, de multiples questions assaillent notre esprit. Quel est le véritable objectif des Faucheurs ? Quel est le secret qui se cache derrière ce village ? Est-il encore possible d’arrêter la charge de ces êtres maléfiques ? On observe ainsi silencieusement l’auteur disséminé de nombreuses graines quant à ce que pourrait nous réserver l’avenir. Il nous faut à présent attendre patiemment pour savoir s’il est possible qu’une lueur d’espoir existe dans ce pays où la nuit est synonyme de cauchemars.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre opinion ainsi que votre ressenti concernant ce premier tome d’Egregor. Avez-vous été convaincu par l’univers qui nous est présenté ? Que pensez-vous qu’il adviendra de nos héros dans le futur ? Qu’espérez-vous pour la suite ? On est impatient de connaître votre avis et vos attentes concernant les prochains volumes. 🙂

© Jay Skwar &  Kim Jae Hwan / Kodansha

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