Ballad Opera 2

Ballad Opera tome 1 : le quotidien d’un shinigami

Comme toujours, on a su profiter du week-end pour se lancer à la découverte des nouvelles licences. Parmi les titres que l’on a pu lire, il y en a un qui a particulièrement retenu notre attention. De base, le synopsis avait su éveiller notre curiosité et on s’était donc décidé à tester cette lecture. Provenant du catalogue de Glénat, le manga dont on va parler aujourd’hui est Ballad Opera dont le premier tome est sorti la semaine dernière. Appréciant les œuvres mettant en scène démons, anges et autres créatures légendaires, on se demandait ce qu’allait bien pouvoir proposer ce récit. Il ne fallut pas longtemps à cette aventure pour nous séduire de par sa mythologie et surtout l’émotion qui peut se dégager de chacun des protagonistes. Une œuvre à la fois douce et brutale qui propose une expérience très spéciale et captivante. Une virée qui montre une dualité très intéressante entre la mort et la vie. Sans plus tarder, l’heure est venue d’assister à un travail bien particulier. On prend donc sa faux et on part à la chasse aux âmes en fuites.

Une mort qui entraîne une nouvelle vie

Ballad Opera-décision

Une décision importante.

Ballad Opera, imaginée par Akaza Samamiya, place son contexte dans un Japon contemporain. On y fait la connaissance d’un ange et d’un démon qui ont été envoyé sur Terre pour accomplir une mission de la plus haute importance. Ils ne pourront retourner chez eux que s’ils trouvent un candidat idéal pour devenir shinigami et obtenir son aide afin de capturer les âmes qui se sont enfuies du ciel. Leurs pas les mènent dans la ville de Yokohama où ils espèrent dénicher un humain sur le point de mourir et qui pourrait donc revêtir le rôle de dieu de la mort. C’est suite à un accident malheureux qu’ils vont rencontrer Haruto qui vient tout juste de passer l’arme à gauche. Ce dernier venait tout juste de perdre ses parents et sa petite sœur dans un incendie criminel. Depuis ce terrible évènement, le choc fut si grand que le garçon a totalement oublié tout ce qui s’est passé avant que les flammes ne ravagent sa vie. La perte de sa mémoire a aussi entraîné chez lui un désintérêt pour tout ce qui touche à son existence.

Semblant être le candidat idéal, l’ange et le démon saute sur l’occasion pour lui proposer ce travail. Ils lui font même miroiter l’espoir de pouvoir le réanimer juste avant le drame afin qu’il puisse récupérer ses souvenirs. Même si cela est loin d’être assuré, cela offre à l’adolescent une faible lumière qui vient percer le brouillard qui l’entoure. Haruto ne met pas longtemps à accepter et débute ainsi son nouveau quotidien en tant que faucheur d’âmes. Il doit à présent cohabiter avec ses nouveaux partenaires à la recherche de ces cibles qui ont tous marqué l’Histoire d’une façon ou d’une autre. Malheureusement, il a beau avoir acquiescé pour devenir un shinigami, il va très vite se rendre compte que la mort ne va plus le quitter. Pourra-t-il vraiment arrêter ces fugitifs sans penser aux conséquences de ses actes ? Un boulot qui sera loin d’être facile pour ce jeune homme qui ne souhaite que renouer avec son passé. Ainsi débute le récit d’un dieu de la mort qui privilégie avant tout la vie et qui va avoir fort à faire dans sa quête.

Ce qui saute rapidement aux yeux lorsque l’on se penche sur Ballad Opera, c’est l’efficacité et la sympathie qui se dégage de nos trois protagonistes. Un trio qui va se former par la force des choses et qui va donner naissance à de très beaux échanges. Des relations qui sont bien loin des stéréotypes que l’on peut avoir à l’égard de ces êtres surnaturels et qui apportent une véritable plus-value à l’histoire.

Un trio efficace et attachant

Lorsque l’on entend les mots démons et anges, on pense tout de suite à deux créatures qui ne peuvent s’apprécier. Dans l’univers du manga, on a souvent eu le droit à de nombreuses histoires où ces deux camps doivent s’entraider malgré la haine qui les lie. Ballad Opera ne prend pas du tout le même chemin et engendre ainsi un sentiment de fraîcheur couplé à un très bel effet de surprise. Au moment de faire la connaissance de ces deux êtres, on les voit déjà travailler main dans la main. On a beau les voir se disputer, il s’agit plus de chamailleries que de réels griefs. De ce fait, le lecteur a la sensation de découvrir de vieux compagnons. Une relation de base qui vient casser l’image que l’on peut avoir d’eux et qui permet de créer un attachement à leur égard. On sourit et on rigole devant le comportement de ces deux individus qui n’a rien d’angélique ni de démoniaque. C’est au fur et à mesure du scénario que l’on comprend qu’il n’existe pas d’enfer à proprement parler et que tous viennent du monde céleste. Cela permet encore une fois d’ajouter de l’originalité au manga tout en développant de manière intéressante son univers. Ce tandem, déjà fort captivant, va très vite être rejoint par un autre membre important pour le développement du groupe.

L’arrivée d’Haruto va être le déclencheur de pas mal de changements au sein de notre appréhension de cet aspect fantastique. En effet, lui qui n’était qu’un simple humain se voit propulser dans un milieu que l’on pensait juste imaginaire. Sa rencontre avec notre ange et démon va lui permettre de se familiariser à tout cela. Cependant, il ne s’agit pas d’un échange à sens unique. A son contact, nos deux figures légendaires vont de plus en plus nous paraître comme de simples êtres humains. Ils observent les réactions, la morale et les agissements propres à un homme et cela déteint peu à peu sur eux. On oublie presque leur statut divin pour avoir cette sensation que l’on est avec des amis qui vivent en colocation. Il n’y a vraiment que pendant les phases de traques que l’on est ramené à la réalité de la situation. Il y a donc une forte proximité qui se créé entre le lecteur et cette petite bande. Une approche touchante et qui permet de s’investir pleinement derrière ces personnages que l’on a envie de voir évoluer. La mangaka parvient à créer une belle synergie entre ces acteurs qui permet un attachement rapide à leur égard.

L’autre grande force que l’on a pu déceler dans cette introduction à Ballad Opera est le sujet qui y est traité. A travers la mort du personnage central et ses nouvelles fonctions, il y a un intense conflit qui se joue. Plus on côtoie la mort et plus on se rend compte du prix de la vie. C’est en tout cas vrai pour notre jeune shinigami qui va devoir prendre sur lui et accepter une difficile vérité pour pouvoir pleinement exécuter sa nouvelle tâche.

Un devoir loin d’être facile

Ballad Opera-shinigami

Le devoir appelle Haruto.

Ce qui est vraiment captivant dans Ballad Opera est le contraste qui se forge entre Haruto et le rôle qu’il accepte d’endosser. En devenant un dieu de la mort, il accepte de s’occuper des âmes qui ont fui leur prison céleste. Si l’on peut, au départ, penser qu’il a le caractère parfait pour cette tâche, on change assez vite d’avis. Lui qui ne semblait aucunement attacher à son existence va avoir un comportement très spécial. Suite au premier évadé dont il doit s’occuper, il va ouvrir les yeux sur ce que cela peut impliquer de devoir se lancer à leur poursuite. Il ne peut s’empêcher alors de se questionner et de se dire que ses actions peuvent entraîner la disparition de quelqu’un. Cet état de fait va entraîner de nombreuses conséquences chez notre adolescent ainsi que sur notre propre vision. Tout d’abord, cela dénote totalement avec l’idée que l’on peut se faire d’un shinigami. Encore une fois, on est dans le désir de briser les codes et d’apporter une facette plus surprenante. Celui qui est sensé jouer les faucheuses est rebuté à l’idée de retirer la vie même si cela est de manière indirecte.

Outre cela, il y a aussi un parallèle qui est organisé entre ces deux facettes de l’existence. La vie et la mort sont deux faces d’une même pièce et il y a donc une influence entre les deux. Par exemple, suite à l’incendie, Haruto a perdu tout désir d’exister. Ayant perdu ses souvenirs, il se demandait ce qui pouvait bien le rattacher à ce monde alors qu’il a même oublié sa famille qui a trépassé. C’est finalement après être décédé et avoir endossé son manteau de shinigami qu’il va s’ouvrir petit à petit à la vie. Lui qui avait un visage neutre et froid laisse exprimer ses sentiments. On pourrait aussi citer les cibles qu’il doit arrêter pour entrevoir ce rapprochement. Alors que la mort est inéluctable et qu’elle est l’essence même de son nouveau job, notre héros va tout faire pour essayer de trouver une solution à cela. Il décide donc de prendre une voie bien singulière et compliquée. On se demande alors s’il est réellement possible qu’il puisse accomplir son objectif. De par ce point, notre intérêt se voit renouveler pour l’avenir de la franchise tout en nous donnant une approche très humaine de la vie et de la mort. On a beau observer cette aventure aux côtés d’êtres fantastiques, on ne peut nier l’aspect très touchant et réaliste de ce thème.

Ballad Opera est une œuvre surprenante, car on était loin de s’attendre à tomber sur un tel récit. Un manga qui affiche à la fois une profonde douceur et tristesse. Alors que l’on parcourt ces pages, quelque chose s’empare de nous et nous envoûte. On se laisse happer par ce conte qui interpelle notre regard et notre attention de par ce qu’il parvient à véhiculer. Une licence fantastique, mais qui n’en est pas moins profondément humaine.

Ballad Opera entame brillamment son premier acte

Ballad Opera a su nous faire une excellente première impression à travers ce volume. On a la fois été conquis et étonné par la tournure que prend ce récit. La mangaka réussit à donner naissance à des personnages captivants et qui parviennent à briser les stéréotypes pour nous proposer un vent de fraîcheur. De plus, le message derrière le combat que doit mener Haruto et ses deux comparses est à la fois intéressant et important à lire. C’est un regard inédit que l’on porte sur ces êtres surnaturels et qui nous pousse à vouloir en savoir plus sur eux, à voir leur évolution et à assister aux décisions qu’ils comptent prendre dans le futur. De plus, le fait que les âmes perdues soient celles de personnes ayant inscrit leur nom dans l’Histoire, il y a aussi un côté découverte qui suscite notre curiosité et notre envie de voir quelles seront leurs prochaines rencontres.

On recommande donc avec joie ce premier tome de Ballad Opera qui est empreint d’une fabuleuse humanité et d’une bonne dose d’émotions. Si vous aimez les scénarios fantastiques et que vous cherchiez des protagonistes sympathiques alors ce manga saura vous comblez. Les questions fusent à présent que l’on a terminé le premier acte de cette aventure littéraire. Comment ces âmes ont-elles pu s’enfuir de leur prison céleste ? Quelles seront les prochaines épreuves que devra affronter Haruto ? Quel lien va forger ce trio au cours de leurs péripéties ? Toutes ces interrogations nous rapprochent de ce jeune homme qui se questionne aussi sur son avenir et le maigre espoir qui le rattache à la vie. Il est le seul à pouvoir décider du chemin qu’il devra prendre au fur et à mesure de sa nouvelle existence. Un voyage qui promet d’être riches en situations drôles et touchantes.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre avis ainsi que votre ressenti sur le premier volume de Ballad Opera. Pensez-vous que notre jeune garçon parviendra-t-il à retrouver ses souvenirs ? En parallèle, le rôle de shinigami n’est-il pas un peu trop lourd pour ses épaules ? Quelles seront les prochaines âmes qu’ils devront ramener ? On est curieux de connaître votre opinion sur toutes ces questions. 🙂

 

© Samamiya Akaza / Kadokawa Shoten

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