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Nyankees tome 1 : les chats prennent le pouvoir

Il arrive parfois que l’on tombe sur des œuvres totalement déjantées qui nous font passer des moments inoubliables alors que l’on ne s’y attendait tellement pas. Des contextes qui nous étonnent et qui nous font nous demander comment ce récit pourrait réussir à nous captiver avant de comprendre pourquoi. C’est à travers ces idées originales et loufoques que l’on peut alors trouver des petites perles de divertissement qui fonctionnent à merveille. C’est le cas du titre que l’on va évoquer dans cet article qui n’est autre que Nyankees. Cette nouvelle licence de chez Doki-Doki a pris le pari fou de nous plonger dans le quotidien de chats de gouttières en prenant le parti de nous raconter cela comme s’ils étaient des loubards qui se bastonnent sans cesse. Le résultat est alors autant épique qu’à mourir de rire et l’on est totalement emporter par l’imagination de l’auteur qui réussit habilement à combiner ces deux éléments. Un spectacle que l’on n’aurait jamais pensé voir le jour et qui nous offre une première représentation redoutable. L’heure est donc venue de sortir ses griffes pour espérer survivre sur ces territoires.

Les gangs ont bien changés

Nyankees-lutte

Un sacré punch.

Nyankees, imaginé par Atsushi Okada, nous plonge dans un univers proche du nôtre. Propulsé dans les bas-fonds de cette ville, on y découvrent des êtres pullulant ces rues désertes et formant des bandes en marge de la société. Ces délinquants qui font trembler tout ceux qui croisent leur route n’hésite jamais à se lancer dans la mêlée pour défendre leur territoire. Ils vivent en faisant couler le sang et en échangeant à grands coups de poings, car rien à leurs yeux ne vaut une bonne baston. C’est en combattant qu’ils parviennent à imposer leur volonté, leurs ambitions et surtout leur ascendant sur les autres. Cependant, ils seraient idiots de penser que ces gars sont des voyous ordinaires. Bien loin de ce que la population peut s’imaginer, un terrible combat éternel se déroule tout près d’eux. Ceux qui se trouvent derrière ne sont autre que des chats de gouttière qu’il ne vaut mieux ne pas chercher sous peine de subir leur courroux. Un monde que personne ne connaît et qui n’est régi que par la loi du plus fort. Alors qu’un maigre équilibre semble planer entre les différents gangs qui existent, l’arrivée d’un élément perturbateur pourrait bien changer la donne dans le jeu de pouvoir qui s’organise ici.

Arrivant tout juste à Nekonaki, Ryûsei, un chat aux nombreuses cicatrices, semble à la recherche de quelqu’un en particulier. Il s’agirait d’un boss imposant revêtant un pelage tricolore. Les maigres indices qu’il a pu glaner sur sa route l’on conduit en ces lieux où de nombreux règlements de comptes s’organisent. Si l’ensemble des félins le regardent d’un oeil suspect étant donné qu’il est un étranger sur ces terres, ils ne vont pas tarder à comprendre qu’un terrible malheur s’abattra sur ceux qui oseront lever la main sur lui. Sans le savoir, notre puissant et redoutable chat va se retrouver mêlé à une terrible lutte de pouvoir qui pourrait bien le conduire jusqu’à sa cible. Les discussions et les compromis n’ont pas leur place ici et ce n’est qu’à la force des pattes que ces animaux peuvent espérer s’en sortir. La venue de Ryûsei va chambouler à jamais le rapport de force qui existe et il pourrait bien marquer l’histoire de ces fûryô aux longues moustaches qui ne se laisseront pas faire. Voici le début d’un récit où tous les coups sont permis et qui ne laissera nullement à nos héros poilus le temps de se reposer. Le repos ne pourra pas avoir lieu tant que ces créatures n’auront pas terminé leurs violentes querelles.

Ce qui est remarquable lorsque l’on se lance dans la lecture de Nyankees, c’est la manière dont l’auteur réussit à amener ces deux visions. Le fait d’alterner entre gangs de rues et confrontations de félins va apporter un sentiment assez inédit et qui va rendre cette histoire encore plus palpitante et hilarante qu’elle ne l’est déjà. Derrière ce speech de base se cache un scénario loufoque, mais particulièrement grisant faisant appel aux meilleurs de ces deux mondes. Une imagination débordante pour une épopée où les matous sont les rois de la baston.

Un parfait mélange des genres

Alors que l’on s’attendait à avoir un aspect comique très prononcé au cours de notre expédition, on s’est très vite rendu compte que cela serait dommage de simplement cantonner Nyankees à cela. En réalité, il y a deux immenses points forts qu’affiche cette oeuvre tout au long de ces chapitres. La première est bien évidemment son côté loufoque et délirant. Cela est principalement dû au décalage qu’il y a entre l’image que l’on nous montre de ces délinquants bien badass qui se castagnent sévèrement et le retour à la réalité où l’on observe deux matous se confronter. Ce qui fait que l’on n’est pas dans un simple voyage entre ces deux tableaux et que cela est toujours fait au bon moment afin d’appuyer cette volonté de montrer que ce que l’on s’imagine n’est pas du tout vrai. Cela permet ainsi de désamorcer la violence de certains combats et surtout de montrer un humain se comporter comme un chat dans les moments où l’on ne s’y attend pas du tout. En effet, on ne sait jamais à quel instant il peut y avoir cette transition et c’est donc cette surprise constante qui ajoute une efficacité supplémentaire à ce comique de situation. Ainsi, cette opposition joue un grand rôle dans le plaisir que l’on éprouve à parcourir ces pages.

Outre cela, il ne faut pas oublier que l’on a devant nous un récit mettant en scène des fûryô. Il serait donc impossible de ne pas traiter de ces loubards sans avoir le droit à une bonne dose d’action. Là aussi, le titre se défend très bien et nous délivre des affrontements plus que convaincants. Le lecteur se laisse rapidement absorbé par le spectacle qui se dresse devant lui et se met même à vouloir encourager ce cher Ryûsei. D’ailleurs, on tient aussi à signaler à quel point le mangaka a parfaitement su retranscrire les spécificités physiques de chaque race de chat pour que cela colle à la vision que l’on peut avoir d’eux en tant qu’humain. Cela ajoute grandement à l’immersion et permet aussi d’accentuer ce parallèle qu’il y a entre ces deux univers qui s’entrechoquent. En fait, le mélange de la comédie et de l’action se mêlent à merveille au sein de ces cases et donne naissance à une expérience unique et qui hypnotise notre regard. On a beau savoir que cela est totalement décalée et loufoque, mais cela ne nous empêche nullement de nous impliquer dans le récit et de vouloir en savoir plus sur tous ces protagonistes. Une belle preuve que l’imagination peut réussir à nous raconter des histoires incroyables avec un concept qu’on n’aurait jamais cru possible.

Honnêtement, on ne savait pas à quoi s’attendre après avoir vu l’annonce de Nyankees. Même s’il jouissait d’une bonne réputation et que le speech de base nous promettait une aventure vraiment unique, on se demandait si tout cela allait vraiment fonctionner. Le résultat est au-delà de nos attentes et nous promet toujours plus de barres de rires ainsi que d’instants épiques. Une oeuvre qui a parfaitement accomplie son premier pas en mettant en scène un divertissement qui fonctionne à merveille et qui ne s’essouffle aucunement à la fin de ce volume.

Nyankees nous met une puissante droite

Nyankees-décalage

Un décalage qui fait mouche.

Que dire sur Nyankees si ce n’est que l’on a devant nous un titre qui a su nous happer bien au-delà de ce que l’on pouvait espérer. Le cocktail imaginé par l’auteur a beau sembler fou, il marche à la perfection et fait que cette lecture est autant parsemé d’excitation lors des affrontements que de fous rires le reste du temps. On savoure alors chaque seconde que l’on passe au sein de cette ville qui ne dort jamais et où les plus dangereux individus ne sont pas ceux que l’on aurait imaginé. On sent pleinement que l’on va être plongé dans un univers qui a un énorme potentiel et qui ne cherche absolument pas à se prendre au sérieux. Du plaisir à l’état brut et cela fonctionne à merveille étant donné que tout est bien maîtrisé. Le rythme ne faiblit à aucun moment et l’on apprécie la galerie de personnages que l’on découvre et qui sont tous un peu plus fou les uns des autres. De plus, on sent que le mangaka a voulu vraiment se faire plaisir et cela s’exprime à travers chacune de ses planches où sa créativité a pu montrer tout son talent. Une aventure littéraire de haut vol où les chats prennent le pouvoir pour notre plus grand amusement.

Dire que l’on a apprécié cette expérience serait atténué tout le plaisir que l’on a pu éprouver au contact de ces félins. Si vous aimez les récits déjantés et hilarants où bastons et rires se déchaînent alors Nyankees est le manga qu’il vous faut. Un premier ouvrage qui nous libère totalement de tous les problèmes que l’on a pour se concentrer sur une épopée à la fois grandiose et puissante où chaque combat est un régal pour les yeux. Une lecture qui fait du bien et permet de s’évader le temps de quelques minutes pour assister à une représentation totalement ahurissante et grisante. A présent, on a envie de savoir ce qu’il va advenir de Ryûsei et des gens qu’il a pu rencontrer au vu des défis qui se dressent devant eux. Une fin qui amène de nombreuses questions nourrissant notre curiosité. Est-ce que le boss qu’il recherche se trouve véritablement à Nekonaki ? Devra-t-il lever une armée pour espérer atteindre son objectif ? Quelle est la raison de toutes ces recherches ? Pourra-t-il se faire accepter par les autres chats des différents quartiers ? On quitte ce premier acte avec le sourire en imaginant déjà ce qui nous attend à l’avenir.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Nyankees. Avez-vous été sensible à la dose d’humour et au décalage propre à ce synopsis ? Trouvez-vous que le mangaka a su équilibrer ces deux tableaux pour que l’on ait un récit qui ne faiblisse jamais ? Etes-vous curieux de voir les prochains combats de nos félins adorés ? Quel est le chat qui vous a le plus marqué dans ces pages ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? On reste à votre disposition pour pouvoir échanger, débattre et discuter autour de ce sujet. 🙂

© 2016 Okada Atsushi, Kadokawa Shoten

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