Nos c(h)oeurs évanescents

Nos c(h)œurs évanescents tome 1 : l’émotion à travers le son

Comme il y a eu énormément de nouvelles séries prometteuses ces derniers temps, on s’est dit que l’on allait prendre un peu de notre week-end pour parler d’un autre titre qui nous a grandement surpris. On le dit assez souvent, mais il est assez difficile de réussir à proposer une oeuvre ne pouvant jouer que sur l’aspect émotion. Il faut pour cela que le lecteur puisse vraiment être réceptif à tout ce que propose la série et ainsi se transposer à la place d’un des personnages. Pourtant, on a pu découvrir récemment un manga qui est parvenu à réaliser cet exploit avec une efficacité redoutable. On parle bien sûr ici du premier volume de Nos c(h)oeurs évanescents qui a rejoint le catalogue d’Akata. A travers son contexte de base, ses dessins d’une très grande beauté et surtout l’ascenseur émotionnel que l’on ressent, ce titre a clairement de nombreux atouts pour nous faire rêver. Une oeuvre dont on ne savait quoi en penser lors de son annonce et qui nous a finalement hypnotisé à chaque case. Le temps est donc venu de se laisser bercer par tous ces sons qui accompagnent notre existence.

Un garçon particulièrement sensible

Nos c(h)oeurs évanescents-rencontre

De l’émotion à l’état pur.

Nos c(h)oeurs évanescents, imaginé par Yuhki Kamatani, nous plonge en plein coeur d’un collège japonais. On y fait la connaissance de Yutaka Aoi, un jeune garçon faisant tout juste sa rentrée dans cet établissement. Alors qu’il visite les lieux, il va soudain être attiré par un son bien particulier. Il décide donc de grimper au grillage afin de prendre de la hauteur et ainsi pouvoir admirer la chorale de l’école en pleine répétition. Particulièrement sensible et réservé, ce garçon ne peut s’empêcher de laisser couler de nombreuses larmes au contact de sonorité aussi bouleversantes. Se laissant guider par l’atmosphère reposante et apaisante de cette représentation, il décide de tout faire pour pouvoir intégrer ce club. Cependant, le fait qu’il soit introverti l’a toujours mené à vivre une existence presque de paria aux yeux des autres. De plus, sa profonde empathie par le son n’arrange en rien étant donné qu’il ne peut contrôler le flux d’émotions qui s’empare de lui. Ainsi, il peut passer de la joie aux larmes en s’arrêtant à un violent accès de colère. Malgré tout, il ne recule pas devant sa décision et va donc se poser devant la porte de ce groupe.

Prenant son courage à deux mains, il décide de rentrer dans la pièce et demande alors s’il peut faire partie de la chorale. Si toute recrue est la bienvenue, il va y avoir un détail qui va faire toute la différence. Yutaka possède en fait une voix absolument merveilleuse. Digne d’un ange, sa capacité à chanter le rapprocherait facilement d’un soprano. Malheureusement pour lui, son talent dans ce domaine ne va pas aider l’équipe qui cherche avant tout des présences plus masculines. La question est maintenant de savoir pour eux s’ils peuvent confier une partie souvent réservée à des femmes à cette recrue fraîchement débarquée et dont le sourire illumine la pièce. Si les avis divergent, tout le monde est obligé de constater à quel point il pourrait s’avérer un atout de taille pour promouvoir le club aux yeux des autres élèves et ainsi ramener d’autres candidats possibles. Ainsi débute un tout nouveau quotidien pour cet étudiant qui est le parfait reflet de ces sons qui animent une vie pouvant à la fois être chaleureuse, douloureuse ou bien violente. D’ailleurs, l’avenir pourrait bien lui réserver d’autres surprises dépassant le simple cadre de la musique.

En nous lançant dans Nos c(h)oeurs évanescents, on ne s’attendait absolument pas à être aussi ébloui par la douceur qui s’en dégage. Une chaleur humaine qui nous a enveloppés de la première à la dernière minute de cette lecture et qui nous a fait passer par tout un tas de sentiments. A travers ce récit, l’auteur parvient à exprimer des émotions que l’on n’aurait jamais imaginé possible étant donné que tout ne semble être à la base qu’un simple school life. On se laisse alors bercer par tous ces bruits et sons qui nous parviennent et qui ouvrent tous nos sens.

De la douceur qui fait du bien

Rare sont les œuvres à vouloir totalement mettre l’accent sur l’aspect chaleureux pouvant surgir de leurs protagonistes. C’est pourtant le pari qui fut fait concernant ce premier volume de Nos c(h)oeurs évanescents. En réalité, dès notre première rencontre avec Yutaka, quelque chose se passe entre lui et le lecteur. Comme si un fil invisible nous reliait à lui et que l’on réussisse à partager toutes les émotions qu’il ressent tout au long de cette aventure. Le fait d’avoir choisi pour thème la musique est intéressant et surtout pertinent, car il s’agit de l’un des moyens d’expression pouvant le plus facilement transmettre des sentiments. Il suffit de quelques mots ou même juste d’un air pour que cela puisse jouer sur l’attitude de quelqu’un se laissant bercer par cette myriade de sons. C’est exactement le cas pour ce collégien dont le degré d’empathie surclasse tout le reste. En fait, quand on le voit verser des larmes, sourires ou même s’énerver, on ne peut qu’être fasciné par toute la sincérité qui s’en dégage. Après tout, il lui est impossible de mentir sur ce qu’il éprouve de par cette capacité hors du commun qui lui ronge l’existence. Si cela peut bien sûr sembler touchant, c’est aussi un immense fardeau aux yeux des autres qui ne comprennent pas pourquoi il se met à pleurer sans la moindre raison.

En côtoyant Yutaka, on se met alors à ouvrir les yeux et surtout à tendre l’oreille sur tous ces petits détails et bruits qui peuvent accompagner notre quotidien. Le moindre élément peut alors refléter énormément de choses sur ce que les gens peuvent penser, sur la situation en cours ou simplement sur ce que chacun souhaite exprimer. C’est d’ailleurs remarquable de la part du mangaka de nous mettre au contact d’un garçon qui ne peut qu’être sincère, mais qui a du mal à pouvoir choisir sa propre route. De par son talent, sa voix cristalline et le potentiel qui se dégage de lui, on a presque la sensation que les gens veulent décider à sa place de ce qu’il devrait faire. Même si cela recoupe avec son objectif personnel, on a vraiment cette sensation qu’il a du mal à pouvoir prendre sa vie en main et cela ne fait que renforcer notre propre empathie à son égard. Lui, qui ne peut canaliser toutes ces émotions qui le tiraillent, est obligé de se plier aux autres pour faire bonne figure. C’est alors que l’on est ébloui quand on le voit enfin hausser le ton. Un moment qui peut surprendre, mais qui symbolise autant la colère qui pouvait l’entourer à cet instant que son propre refus de ne pouvoir faire ce qui lui plaît. Un remarquable travail d’écriture qui sublime l’œuvre à travers la profondeur d’un seul acteur.

Nos c(h)oeurs évanescents est une saga qui parvient à faire bonne impression rien que par son premier contact. Si l’on connaissait l’un des anciens travaux de l’auteur auparavant, cela ne nous a pas préparé à la claque que l’on allait se prendre au coeur de ces dessins. Une efficacité autant visuelle qu’humaine et qui montre tout le talent de ce chef d’orchestre qui guide toute sa troupe d’une main de maître. On a même presque l’impression de pouvoir partager avec ce jeune garçon tous ces sons qui viennent jouer avec sa tête et son coeur.

Nos c(h)œurs évanescents nous touche profondément

Nos c(h)oeurs évanescents-chant

Une voix d’ange.

C’est un grand oui pour Nos c(h)oeurs évanescents concernant ce premier contact. Toute la sincérité qui a été insufflée dans ces planches suffit déjà amplement à nous faire vivre une expérience incroyable. On prend grand plaisir à voir ce jeune homme essayer de trouver sa place et surtout exprimer tout ce qu’il peut ressentir et entendre à chaque instant de sa vie. En réalité, ce manga est tel une brise qui vient caresser notre visage. On se laisse envoûter par ce récit qui, derrière sa douceur et le torrent d’émotions que l’on subit, parvient à traiter de sujets sérieux pouvant toucher bon nombre d’entre nous. Savoir prendre en main sa vie, ne pas laisser les autres la choisir pour nous et surtout être accepté tel que l’on est sont des thématiques parfaitement ancrées dans ce récit. Sans même s’en rendre compte, on tourne les pages à une vitesse folle et notre regard ne peut se détacher de ce collégien et du chemin qu’il essaye de tracer à travers ses efforts. Une aventure qui montre aussi à quel point l’amitié est une chose cruciale pour n’importe qui.

Vous l’aurez donc compris, on recommande chaudement cette licence inédite de chez Akata qui a su proposer une introduction diablement redoutable. On ne savait pas du tout à quoi s’attendre en nous lançant dans cette lecture et c’est finalement notre curiosité qui l’a emporté pour notre plus grand plaisir. Si vous souhaitez un récit calme, doux et surtout véhiculant des messages forts alors Nos c(h)oeurs évanescents est clairement le manga qu’il vous faut. Un ouvrage pouvant s’adresser à tous les types de lecteurs et qui nous fait oublier tous les tracas du quotidien pour nous concentrer sur Yukata et l’accomplissement de son rêve. Bien évidemment, il va être intéressant de voir comment cela va évoluer sur la durée et aussi découvrir les réponses aux questions que l’on se pose. Ce jeune garçon est-il vraiment capable de devenir un soprano ? Sa volonté sera-t-elle suffisante pour pouvoir jouer sur les deux tableaux ? Ses amis sauront-ils l’encourager et lui donner la force nécessaire à cela ? On est en tout cas très curieux de découvrir la suite.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Nos c(h)oeurs évanescents. Qu’avez-vous pensé du sujet traité dans cette introduction ? Trouvez-vous qu’il y a suffisamment de matière pour pouvoir faire perdurer le récit ? Etes-vous curieux de voir si notre jeune héros pourra réaliser le rêve de toute sa vie ? Pensez-vous qu’il a les capacités pour pouvoir jouer sur l’ensemble de ces tableaux ? Qu’attendez-vous pour la suite de cette oeuvre ? On reste à votre disposition pour pouvoir échanger, discuter et débattre autour de cette licence. 🙂

© 2010 Kamatani Yuhki, Kodansha

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