Colocataires à leur manière-Vol.-1

Colocataires à leur manière tome 1 : un chat inspirant

S’il y a un type de série qui s’est particulièrement démocratisé depuis maintenant plusieurs années, c’est le manga qui va utiliser les chats comme un élément principal dans leur histoire. Les exemples sont nombreux et on a eu le droit à des expériences très diverses dans ce domaine. Mais est-il encore possible de réussir à envoûter le lecteur avec ce levier scénaristique ? La réponse est oui étant donné que la présence d’un animal de compagnie dans un titre est toujours l’occasion d’aborder des sujets importants et pouvant parler à n’importe qui. Nous amenant souvent dans le domaine de la tranche de vie, que ce soit du point de vue humain ou animal, il y a toujours une sincérité qui se dégage de ces ouvrages. C’est pour ça que l’on était très curieux de voir ce que pourrait donner la dernière licence en date de nobi nobi : Colocataires à leur manière. Si ce nom vous est familier c’est parce qu’une adaptation anime fut diffusée sur Crunchyroll. Reprenant le principe d’une cohabitation inédite entre un jeune homme et un chat, cette série va pourtant dégager quelque chose de très fort durant cette introduction. Il est donc grand temps d’assister aux péripéties de ce duo.

Une rencontre bousculant la créativité

Colocataires à leur manière - chatColocataires à leur manière, scénarisé par Minatsuki et dessiné par As Futatsuya, nous emmène à la rencontre de Subaru Mizuki. Ce jeune homme se présente déjà comme un célèbre auteur d’histoires policières. Si ses œuvres plaisent au plus grand nombre, peu de gens savent réellement comment il est. En réalité, il s’agit d’un individu particulièrement introvertie et misanthrope ne supportant pas du tout le contact avec les autres. Il peut rapidement devenir un enfer pour ses éditeurs qui ont beaucoup de mal à gérer ses demandes incongrues et ses besoins. Aux yeux de Subaru, les gens ne sont qu’une source de distraction et une nuisance pour qu’il puisse exprimer sa créativité. Voulant absolument se concentrer sur ses écrits, il ne peut tolérer la présence de gens qui ne feraient que le ralentir ou bien influencer sa vision des choses. Une facette de sa personnalité que va rapidement découvrir son nouvel éditeur qui va devoir faire attention à ce qu’il dit et fait. Mais ce que cet écrivain ignorait, c’est qu’une rencontre avec un autre être vivant allait bousculer son existence. C’est en rentrant chez lui qu’il découvre un chat errant. Dès cet instant, un éclair de génie le frappe pour son prochain récit. Il décide alors d’embarquer son nouveau compagnon chez lui afin qu’il puisse nourrir son imagination. Un pas de géant pour cet homme reclus qui n’a jamais toléré de recevoir la moindre personne dans cette maison qui lui sert aussi d’atelier. Même si cela est avant tout une question d’inspiration, cette relation risque fort de le changer à jamais.

Malheureusement pour lui, il était très loin de se douter de ce que cela implique que d’avoir un animal de compagnie. Ignorant tout de ce domaine, il va apprendre au fil de ses petites péripéties du quotidien. Appelant son nouveau colocataire Haru, il compte bien l’observer en détails pour réussir à développer son intrigue. Rien de plus facile quand on a un chat au comportement aussi étrange et captivant. Mais ce dernier n’est pas là pour faire de la simple figuration. Il va aussi tenter de comprendre l’étrange comportement de son maître et voir s’il est une personne digne de confiance ou non. Dans cet environnement inédit, il va tout faire pour s’adapter et surtout aider celui qui l’a recueilli non pas uniquement pour ces écrits, mais pour son quotidien loin d’être équilibré. C’est ainsi que débute leur vie commune où ils vont se rapprocher au fil des épreuves. Ce qui n’était au départ qu’une forme de caprice de Subaru risque de l’amener à entrevoir le monde qui l’entoure d’un nouvel œil. Quant à ce cher Haru, il va avoir fort à faire pour veiller sur un maître qui a la fâcheuse tendance à négliger ses propres besoins. Un duo d’exception qui s’apprête à faire des étincelles et pourquoi pas à créer une histoire totalement inédite dans le répertoire de ce jeune auteur. Parfois, la plus grande source d’imagination que l’on puisse avoir se trouve à côté de nous et il suffit d’ouvrir les yeux pour entrevoir tout le potentiel qui nous entoure.

Colocataires à leur manière montre, à travers ce synopsis, que l’on est dans ce cas de figure où une personne asociale va se retrouver à devoir habiter avec un chat. Un schéma assez classique dans le genre, mais qui pourtant ici va faire preuve de quelques éléments originaux fort attrayants. Un premier volume qui va habilement jouer sur ses deux protagonistes pour nous amener à découvrir ce quotidien sous deux points de vue fascinants. On se retrouve alors devant une comédie efficace pouvant aussi tirer sur des thèmes plus sombres ou émouvants.

Une vie, deux regards

Si Colocataires à leur manière peut offrir un bon divertissement, c’est avant tout par l’alchimie qui se dégage de ces deux protagonistes. Un récit porté par ces deux âmes qui sont totalement à part du reste du monde. En effet, on nous compte ici le récit d’un écrivain assez déconnecté de son environnement et un chat qui n’a pas encore de réelles expériences au contact des humains. Ainsi, cela montre une forme de similarité entre ces deux êtres concernant leur incompréhension de l’autre. Et c’est là que le manga va être pertinent dans sa mise en scène et surtout sa narration. En effet, on a le droit aux deux points de vue au sein de cette introduction. De ce fait, on constate d’abord à quel point notre écrivain a du mal à cerner les intentions d’Haru et sa volonté d’écrire avant que l’on ne bascule finalement sur les mêmes plans, mais en s’attardant sur le regard de ce chat. Ainsi, on a deux versions de cette histoire qui s’entremêlent et c’est très ingénieux d’avoir imaginé ça. Cela permet au manga de renouveler notre intérêt alors que l’on regarde exactement la même scène. En plus, cela permet aussi de voir si en tant que lecteur on arrive à bien comprendre ce qui peut se passer dans la tête de ces deux personnages. On est face à une manière originale de raconter une histoire et qui va aussi servir à construire nos deux protagonistes. En effet, en basculant de l’un vers l’autre et vice-versa, ils ne sont jamais mis en retrait.

On comprend leurs hésitations, peurs et doutes face à certaines situations, mais aussi à leur envie de mieux cerner l’autre. En partant là-dessus, on arrive évidemment à des moments très drôles où l’échec de communication donne naissance à des situations d’incompréhension qui amènent le sourire. Mais ce récit se veut aussi particulièrement bouleversant notamment au travers de certains passages. Ainsi, on cerne mieux le passé de nos deux âmes perdues et il suffit parfois d’une simple phrase pour que l’on ressente toute la douleur qui est emmagasinée en eux. Une tranche de vie qui ne s’axe pas uniquement autour du décalage autour de ces protagonistes et qui va nous amener dans les tréfonds de leur cœur. Il n’est donc pas rare que le sourire que l’on a pendant un chapitre s’efface pour laisser place à une certaine détresse quand on cerne mieux les raisons qui poussent ce jeune homme à vivre en ermite. Cela sublime encore plus ce lien qui naît entre Haru et Subaru afin de montrer à quel point une présence, même animale, peut aider une personne à avancer. De ce fait, on peut déjà assister à quelques changements notables qui peuvent sembler n’être qu’une goutte d’eau dans un océan et qui pourtant symbolisent un grand pas pour cet écrivain. Il n’en faut alors pas plus pour que ce manga déborde d’une humanité et d’une sincérité qui affecte directement le lecteur. Une fenêtre ouverte sur le destin d’un homme et d’un chat qui vont apprendre à vivre ensemble.

Colocataires à leur manière est un récit qui a largement su montrer toute sa force dans ce premier volume. Il est vrai que l’on peut avoir le sentiment d’être face à un énième conte avec un chat. Pourtant, plus on s’attarde sur l’histoire et la narration et plus on ouvre les yeux sur ce qui fait la beauté de ce titre. Avec cette lecture on s’aventure dans une saga qui peut directement s’adresser à n’importe qui. Ainsi, on observe ce petit chat et son nouveau maître avec des yeux emplis de tendresse tant l’alchimie naissante entre eux fonctionne à merveille. On a juste envie de voir comment tout ça va évoluer.

Colocataires à leur manière vise en plein coeur

Colocataires à leur manière - SubaruEn plus d’être particulièrement mignon, Colocataires à leur manière est une œuvre qui a largement su nous convaincre par la relation qui se tisse entre nos deux protagonistes. En jouant habilement sur le point de vue d’Haru et Subaru, le récit parvient à apporter constamment une forme de renouveau et surtout un regard bien différent que l’on soit d’un côté ou de l’autre. Mais ce qui rend cette lecture aussi captivante, c’est bel et bien tout le travail émotionnel qui est organisé autour de nos personnages. Abordant des thèmes aussi difficiles que le deuil, la peur des autres, les rapports entre humains et animaux ou bien la recherche d’inspiration, le manga réussit à nous toucher profondément. Il n’est pas tant question ici de s’attarder longuement sur des réflexions autour de ces sujets. On est surtout face à une œuvre qui nous met en contact avec un être humain qui doit vivre avec tout ce poids sur son cœur et doit continuer à avancer même si cela lui semble éprouvant. Une fresque qui sait où frapper pour que l’on ressente une profonde empathie à l’égard de cet écrivain et de ce chat qui tentent, à leur manière, de continuer leur existence. En plus de nous montrer à quel point une telle relation peut être réconfortante, c’est aussi une importante leçon qui nous est présentée. Voici un récit qui a su cerner tout ce qui fait une vie, que ce soit dans les bons et dans les mauvais côtés. Une introduction qui a donc parfaitement rempli son rôle et peut encore nous surprendre par la suite.

En lisant Colocataires à leur manière, on ne s’attendait pas forcément à ce que le récit puisse autant s’adresser à nous. Pourtant, tout fut pensé pour que n’importe quel lecteur puisse se transposer ou se mettre à la place de ce jeune homme qui a surtout peur du monde extérieur. C’est finalement en acceptant la venue de ce petit chat qu’il va finalement prendre conscience qu’il y a aussi du bon et de la chaleur en dehors des murs de sa maison. Un manga qui peut être comique et nous offrir des moments savoureux, mais qui est avant tout le témoignage poignant d’un adolescent ayant tout perdu et qui se retrouve à devoir grandir sans repères. On recommande donc cette licence à tous ceux qui ont envie d’une lecture porteuse d’espoir et qui veulent aller plus loin qu’une simple cohabitation amusante entre un chat curieux et son maître introvertie. A présent, il est grand temps de clore cette chronique avec nos traditionnelles questions concernant l’avenir de ces personnages. Est-ce que Subaru parviendra à franchir ce fossé qui le sépare des autres ? Que pourra bien lui apporter en plus la présence de son nouveau camarade ? Ce dernier va-t’il se sentir réellement chez lui au sein de ce foyer ? Qu’en est-il de son passé et de ce qu’il a bien pu vivre dans la rue ? Est-ce le début d’une renaissance pour cet écrivain et son chat qui doivent tous les deux aller de l’avant ? On est très curieux de voir ce que nous réserve la suite de ce périple attendrissant et émouvant.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Colocataires à leur manière. Croyez-vous que l’on va avoir le droit à un traitement intéressant de ces deux personnages au fur et à mesure de leurs interactions ? Pensez-vous que l’on pourra voir ces derniers faire face à leurs traumatismes du passé ? Est-ce que vous pensez qu’ils pourront aller de l’avant au fur et à mesure de leur cohabitation ? Quel est votre passage préféré entre ces deux êtres vivants ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? On reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

© 2015 Futatsuya Asu / Minatsuki Tsunami, Holp Shuppan

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