ZINGNIZE-T1

Zingnize tome 1 : Un criminel pour en arrêter un autre

Ce qui est génial avec le monde du manga, c’est sa diversité. En effet, on peut avoir plusieurs histoires traitant de la même époque ou bien du même sujet, mais sous une tonne d’angles différents. Cela permet de combler les amoureux d’un genre qui apprécient de suivre ce genre d’aventures sous tous ces prismes différents. Si l’on parle de ça aujourd’hui, c’est parce qu’il y a un titre qui est sorti il y a peu qui nous faisait de l’œil depuis son annonce. Prenant place dans un contexte historique que l’on apprécie énormément, on était très curieux de voir ce qui pourrait être raconté au travers de ces pages. Vous l’aurez compris, on va parler cette fois-ci de Zingnize qui vient de faire ses débuts dans le catalogue des éditions Shiba. Nous plongeant à l’époque où le régime de Tokugawa commence tout juste à s’installer, on était intrigué par le combat qui était présenté. En plus de ça, les diverses planches présentées par l’éditeur avaient aussi éveillé notre intérêt. A présent que l’on a pu lire ce premier tome, on a pu se rendre compte que l’on a devant nous un gros divertissement qui joue très bien la carte de l’épique. L’heure est donc venue de partir à la chasse aux ninjas.

L’ultime recours

ZINGNIZE T1Zingnize, imaginé par WARAINAKU, nous plonge au Japon en l’an 1603. Suite à la terrible bataille de Sekigahara qui a opposé l’armée de l’Est contre celle de l’Ouest, c’est Ieyasu Tokugawa qui est ressorti le grand gagnant. A présent, il est destiné à instaurer son règne sur l’ensemble du pays et ainsi succéder au régime des Toyotomi. Malheureusement, un tel changement au pouvoir implique forcément une période de grande instabilité pour le peuple et le gouvernement en place. De nombreuses personnes tentent de profiter de ce revirement pour amener le chaos et s’emparer d’un maximum de richesses avant que la stabilité fasse son retour. Cependant, d’autres semblent avoir pour unique objectif de semer l’enfer derrière eux. C’est notamment le cas du terrible clan Fûma, des ninjas qui n’hésitent pas à s’en prendre sans vergogne à la population pour asseoir leur domination. Dirigé par le démoniaque Kotarô Fuma, ce groupe est la principale épine dans le pied du nouveau shogun. Ce dernier ne peut laisser passer une telle infamie qui viendrait mettre en péril son autorité. Malheureusement, peu importe ceux qui décident de se lancer à la poursuite de ces monstres, ils finissent tous par connaître une fin tragique. Face à une telle situation, un plan assez audacieux va être mis en place afin de mettre un terme une fois pour toutes aux agissements de ce shinobi monstrueux et de sa clique. Quoi de mieux pour arrêter un criminel que de demander l’assistance d’un autre criminel.

C’est pour cette raison qu’un messager a été dépêché afin de délivrer la missive à celui qui semble parfaitement convenir à cette tâche. Caché sur une montagne sacrée, Jinnai Kosaka a construit son antre en compagnie de ses quelques camarades brigands. Cet homme n’est rien d’autre que le voleur le plus célèbre de son temps. Insaisissable et possédant bien trop de richesses pour un seul individu, personne jusqu’ici n’a réussi à l’amener devant la justice. Ce n’est pas encore aujourd’hui que ce sera le cas étant donné que l’escorte venue à sa rencontre souhaite l’embaucher. Mais il peut être très difficile de satisfaire le roi des bandits quand celui-ci semble déjà tout posséder. Malgré les réticences de la personne chargée de transmettre cette demande, elle est déterminée à convaincre ce malandrin d’apporter son aide face à ce monstre que rien ne semble pouvoir arrêter. Cependant, la solution pour faire de lui un allié pourrait bien se trouver plus proche qu’elle pourrait le croire. Sans savoir dans quoi il s’embarque, ce criminel haut en couleur s’apprête à faire des étincelles dans cette ère où le changement est synonyme de fragilité. La légende des “3 Jinnai d’Edo” est sur le point de naître et elle risque fort de faire trembler les fondements de ce pays. Pour amener la paix, il faut parfois laisser la main à ceux qui ont toujours vécu dans le chaos. Des graines de discorde pouvant faire des ravages là où elles poussent. Les dés sont maintenant jetés et seul l’avenir dira si cette décision sauvera le pays ou le conduira à sa ruine.

Ce premier volume de Zingnize veut nous montrer rapidement sa plus grande force qui est sa maîtrise de l’action. Sans perdre une seule seconde, on est plongé dans des combats effrénés qui vont grandement contribuer à l’aspect spectaculaire du titre, mais aussi à son côté totalement surréaliste et exagéré. S’il y a un fil rouge qui se dessine et qui peut nous questionner sur l’avenir des personnages, ce manga va surtout être l’occasion d’en prendre plein les yeux durant ces quelques chapitres. Une invitation à suivre des duels qui s’inscrivent profondément dans notre esprit.

Un pur défouloir

Il faut le dire tout de suite, Zingnize se présente comme un excellent exutoire. L’histoire ne met pas longtemps à présenter son intrigue afin de se concentrer sur ce qui fait sa grande force. Il s’agit bien sûr du dynamisme et de la puissance qui se dégagent durant chaque combat. En seulement quelques cases, on est totalement immergé dans le sublime dessin de l’artiste qui veut présenter un scénario avant tout propice à offrir des moments épiques. Un pari plus que réussi au vu des quelques duels que l’on peut admirer dans cette introduction. En effet, on enchaîne les situations improbables afin que l’on soit surtout concentré sur l’action qui se dessine devant nous. Dans ce domaine, le mangaka frappe fort, car il laisse énormément de place à celle-ci. Une grande partie de cette lecture est centrée sur les confrontations de notre voleur légendaire face à des ennemis déjà imposants. Tout est réfléchi pour que le combat soit vecteur d’histoire et surtout amène un divertissement simple, mais diablement efficace. C’est pour ça que ces affrontements prennent énormément de place au sein de cet ouvrage. Là où on pourrait normalement faire défiler rapidement les pages où la mêlée prend le pas sur tout le reste, en réalité on va prendre énormément de temps pour les contempler. Tout ça est dû au remarquable talent de l’auteur pour transformer ces duels en de véritables fresques où le spectateur est juste hypnotisé par ce qui se passe. 

On contemple ces doubles pages en ayant l’impression d’être aspiré par elles. Une bien belle maîtrise qui permet de ne jamais s’ennuyer tout au long de cette lecture. En plus de ça, il y a un autre point à prendre en considération et qui rentre dans cette partie tout en s’étalant aussi sur le reste de l’aventure. Il s’agit de l’exagération et même du côté décalé venant des personnages. On est face à des individus qui ne sont que très rarement amenés à suivre un fil classique. Que ce soit dans les techniques, les attitudes, le physique, mais aussi les échanges entre eux, on sent cette volonté d’amener le surréalisme toujours plus loin. Il suffit de voir les dernières pages de ce tome pour comprendre ça. Cela contribue à donner un cachet très spécifique à cette série qui veut avant tout offrir un grand spectacle. Cela fonctionne étant donné que l’on peut passer de quelques gags à un déferlement de puissance qui retient toute notre attention. Il ne faut pas chercher dans ces premiers pas une certaine subtilité dans l’intrigue ou bien dans l’écriture des protagonistes. Cela peut arriver par la suite au travers de leur développement. L’objectif principal de cette porte d’entrée est de s’ouvrir sur une épopée totalement décomplexée et fun où l’on attend juste avec impatience chaque nouveau combat tant ils forment l’âme de cette licence. L’action forme l’épine dorsale de cette saga qui peut maintenant multiplier les shows spectaculaires autour de cet élément et construire un récit où l’amusement passe par la brutalité de ces rencontres.

Il n’y a pas à dire, Zingnize est un très gros divertissement qui régale tous ceux qui aiment suivre des affrontements grandioses. Ce qui est fort, c’est que l’auteur a su donner une dimension quasi-divine à ses confrontations alors que l’on est encore qu’au tout début de l’œuvre. Une saga qui peut facilement s’inscrire comme un show spectaculaire et grisant en gardant ce cap. Un premier volume qui nous montre les ambitions du mangaka en matière de dynamisme, de dessin, mais aussi de frissons. Voilà une épopée qui veut juste nous scotcher à notre siège et qui y arrive très bien.

Zingnize sort le grand jeu

En fait, Zingnize répond à la fois à nos attentes et va dans une direction assez surprenante. Si l’on pouvait se douter que la série allait mettre l’accent sur la baston au vu des planches qui avaient été dévoilées par l’éditeur, on ne s’attendait pas du tout à ce que cela puisse prendre une telle proportion. Il ne s’agit nullement d’un défaut, car c’est ce que souhaite raconter le manga tout au long de ses pages. Dès le départ, on se laisse emporter par cette surenchère qui sert à renforcer le côté loufoque du manga tout en appuyant aussi sur cette brutalité qui s’exprime à travers chaque coup donné. Il faut vraiment prendre cette histoire pour ce qu’elle est, à savoir un pur divertissement qui désire avant tout nous distraire en suivant ces combattants remarquables et charismatiques. De même, il est aussi intéressant de voir cette revisite de cette époque importante pour le Japon par le prisme de l’imagination de cet auteur. On a le droit à beaucoup de noms connus, mais dont le mangaka a su s’emparer afin de leur offrir une identité collant parfaitement à l’ambiance générale de son projet. C’est comme ça que la licence parvient à marquer le coup et à attirer l’attention du spectateur qui a envie de voir jusqu’où tout ça ira. Une autre façon de nous faire voyager dans le temps où les faits historiques se mêlent à une déferlante de scènes épiques et inimaginables. Un récit dont l’humour n’a d’égale que la puissance folle propre à chaque personnage.

J’ai beaucoup apprécié cette virée à la fois grisante et plaisante dans cette période du Japon. On sent que l’on n’est qu’au tout début du récit, mais cela suffit amplement pour nous donner un aperçu de ce qui nous attend plus tard. Le simple fait de faire la connaissance de ces acteurs à la fois impressionnants et déjantés est un bon moyen de passer le temps. Ce qui est remarquable, c’est la manière dont l’auteur a su profiter de son trait si singulier et marquant pour transformer ce contexte historique en une scène parfaite pour exprimer le talent de ses protagonistes. Un champ de bataille particulièrement fertile pour leur permettre de développer leur art et surtout de repousser constamment les frontières de l’exagération. Zingnize plaira à tous les fans d’action et surtout à ceux qui veulent une épopée sans prise de tête où tout se règle à coups de techniques improbables. Il va être intéressant de voir si la suite parviendra à maintenir cette identité à la fois colorée et violente pour retenir l’attention du lecteur. Bien sûr, on ne peut s’arrêter ici sans évoquer les quelques questions qui nous trottent dans la tête. Est-ce que Kotarô Fûma peut réellement être vaincu au vu de ses talents surhumains ? Notre voleur va-t-il dévoiler de nouvelles techniques au sein de son arsenal fourni ? Quels autres ninjas ou combattants allons nous croiser au fur et à mesure de leurs péripéties ? Il nous tarde de voir ce que nous réserve la suite de cette épopée explosive.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti sur ce premier volume de Zingnize. Trouvez-vous que l’on peut avoir une série totalement décomplexée niveau action et combats dantesques ? Est-ce que vous avez trouvé que cette introduction nous faisait rapidement rentrer dans le vif du sujet ? Avez-vous été sous le charme du trait de l’auteur tout au long de cette lecture ? Etes-vous intrigué par la manière dont va se dérouler la suite de cette confrontation au sommet entre les deux camps ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? On reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

Zingnize - dessin

Zingnize ©  2018 WARAINAKU / Tokuma Shoten

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