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Pourquoi j’aime #56 : Iruma à l’école des démons

Il était impensable que je ne dédie pas un numéro de “Pourquoi j’aime” à ce petit bijou qu’est Iruma à l’école des démons chez nobi nobi. J’ai déjà pu parler à maintes reprises du manga, de ses thématiques et de ce qui fait ses qualités. Mais je me suis dit qu’il était important de tout centraliser en un seul article surtout qu’il y a tellement à dire sur le titre. Je l’ai évoqué plusieurs fois, mais cette série est pour moi l’un des meilleurs antidépresseurs qui soit. Une bouffée d’air frais et surtout un amusement maîtrisé de bout en bout alors que l’on est déjà à plus de trente tomes. Je suis toujours aussi admiratif du talent de la mangaka pour maintenir un tel niveau et surtout ne pas se focaliser uniquement sur une tranche de vie fantastique. Au contraire, son œuvre regorge de possibilités, de personnages attachants et d’intrigues qui vont se construire progressivement. L’exemple parfait du manga où l’on va autant prendre du plaisir dans la trame principale que de simplement suivre les aventures de nos protagonistes. Il est grand temps de replonger une fois de plus dans ce monde démoniaque où tout semble si chaleureux.

Une idée de base ingénieuse

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Iruma à l’école des démons se distingue par son twist rafraîchissant et assez osé : un humain timide et gentil vendu par ses parents à un démon est adopté par Sullivan (un grand-père démoniaque excentrique) et envoyé dans une école de démons où il doit cacher son identité sous peine d’être dévoré. Le but initial n’est donc pas ici de se démarquer, mais au contraire de s’adapter pour se fondre dans la masse. Un secret qui se doit d’être préservé pour éviter qu’il ne soit la cible de ceux qui pourraient le dévorer. Osamu Nishi subvertit les codes. L’objectif ici n’est là pour nous amener quelque chose de grandiose, mais plus une tranche de vie délirante où l’on va s’acclimater à cet environnement regorgeant de bonnes idées. Et surtout, plus le temps passe et plus on va être conscient de cette inversion des codes. Les démons que l’on qualifie initialement de véritable menace pour Iruma vont finalement devenir des personnages que l’on apprécie de tout coeur. On apprend à les connaître et surtout à voir au-delà des apparences pour comprendre qu’ils sont très loin de l’image que l’on nous dépeint habituellement. La mangaka veut justement, sans effacer totalement le danger, nous montrer que cet autre monde peut se montrer bien plus accueillant que celui des humains. Et l’on ne va plus chercher une quête de survie, mais un slice of life fantastique où l’on va vivre d’incroyables aventures en compagnie de cette classe anormale. Une œuvre qui joue à merveille la carte de l’originalité pour créer un terrain de jeu où chaque tome est un bonheur. Et même après tout ce temps, on ne cherche plus à retrouver ce qu’Iruma a perdu, mais a profité de ce qu’il a gagné en venant ici. Un postulat de départ dramatique qui va amener à une renaissance pour ce gamin ayant vécu l’enfer auprès de ses parents.


Le charme d’Iruma

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Impossible d’évoquer Iruma à l’école des démons sans parler de son personnage principal. Iruma est un protagoniste tellement plaisant à suivre. Rayonnant et ayant le cœur sur la main, on a devant nous un jeune homme qui ne cherche rien d’autre qu’à trouver sa place. Et alors qu’il est terrifié au sein de ce nouveau monde démoniaque après avoir vécu tant d’expériences horribles avec ses parents, il va finalement commencer une vie qu’il aurait tant aimé connaître avant. C’est ce qui est génial avec lui, car il est loin d’être un individu surpuissant ou qui se démarque des autres. Au contraire, la mangaka a fait exprès d’en faire un individu effacé, timide et peureux, mais qui va progressivement montrer toutes ses qualités humaines. Car oui, c’est au contact de ses camarades démons qu’il va finalement connaître l’amitié, le plaisir de s’amuser et surtout de vivre une adolescence faite de rires, d’expériences enrichissantes et de rencontres. Une existence qu’on lui a refusé auparavant. Il aura fallu qu’il se retrouve entouré de “démons” pour finalement connaître ça et c’est ce qui est formidable avec ce manga et son personnage central. Au-delà de l’aspect purement fiction et fantastique de l’œuvre, ce titre nous propose un étudiant lambda auquel on peut facilement s’identifier. Un être qui ne sait pas comment sociabiliser et qui va peu à peu s’ouvrir aux autres au fil de ses tentatives et de ses échanges. Il nous impressionne autant par la place qu’il va se faire au sein de sa classe que par son évolution. En effet, à chaque fois qu’on le voit sourire de bon cœur et rigoler auprès de ses amis, on ne peut s’empêcher d’être heureux. Il nous montre ce qui est réellement important dans la vie et nous partage son bonheur comme si nous faisions partie de ses camarades. C’est à travers lui que le manga réussit à créer cette atmosphère si joyeuse et réconfortante. Un protagoniste qui n’a pas besoin de super-pouvoirs pour briller aux yeux de tous et être apprécié. Il est juste un humain qui a le cœur sur la main et qui nous apporte cette gentillesse et cette innocence dont le monde réel manque trop souvent.


Des élèves fous et attachants

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Si j’ai proposé toute une partie pour parler d’Iruma, il est aussi normal que je fasse tout un paragraphe pour traiter de ses amis. Si notre protagoniste est au centre de l’histoire, celle-ci ne serait pas aussi fantastique sans tous ceux qui vont graviter autour de lui. Dès les premières pages, tous ces démons vont tout faire pour briser l’image que l’on a d’eux et montrer un visage bien plus amical, touchant et drôle. En effet, le titre se veut comique à de multiples reprises dans le but de désamorcer la situation urgente que vit notre jeune humain. Mais sans tomber dans du simple gag manga, l’artiste réussit surtout à construire une académie et à introduire des élèves qui vont contribuer au bonheur de se rendre en cours chaque jour. Prenant le temps de développer chacun de ces étudiants, on va s’attacher rapidement à eux. On découvre leur passé, leurs rêves, mais aussi leurs défauts et autres craintes. Ils ont beau être des démons et avoir des facultés extraordinaires, on voit surtout l’humanité qui se dégage d’eux. Un contraste édifiant quand on compare aux parents d’Iruma qui sont les vrais monstres dans l’histoire. Ce qui est bien, c’est que le manga ne cherche pas juste à en faire des figures secondaires sympathiques. En réalité, ce manga ne s’axe pas autour d’un seul personnage, mais bel et bien de toute cette classe où chaque apprenti va grandir et avancer aux côtés des autres. Ils vont apprendre, rire et progresser ensemble. Nous avons là sûrement l’une des plus belles représentations de l’amitié qu’il peut y avoir dans l’univers manga. Ils font fi des différences ou des particularités de chacun. Et au-delà de ça, il y a une telle diversité au sein de ce groupe que l’on a vraiment l’impression que chacun brille à sa manière. Pareil pour le corps enseignant ou bien les autres élèves de l’académie. Il n’y a pas un personnage qui n’a pas le droit à son moment de gloire. Tous vont apporter leur pierre à l’édifice pour faire de ce séjour au sein de l’école un moment inoubliable.


Un équilibre maîtrisé de bout en bout

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Ce qui me fascine toujours autant avec Iruma à l’école des démons c’est à quel point, après tout ce temps, la magie opère toujours. On parle quand même d’une série qui a 32 tomes en France et 47 au Japon tout en continuant sa parution. Une longévité remarquable, mais qui s’explique aussi par la maîtrise de la mangaka dans tout ce qui façonne son univers. Il ne faut pas résumer son œuvre à une tranche de vie amusante dans le monde des démons. Les arcs narratifs proposés vont tous apporter quelque chose d’essentiel à l’histoire et surtout montrer qu’elle ne s’arrête pas uniquement à quelques codes. On peut tout à fait avoir tout un passage axé sur de la “romance” afin d’appuyer les relations entre certains personnages. Les événements au sein de l’académie qui vont consolider les liens au sein de la classe anormale tout en apportant souvent bon nombre de rires et de péripéties. Mais il y a aussi des passages bien plus sombres avec des enjeux majeurs. On nous montre alors qu’à tout moment, ce rêve que l’on vit depuis le début de la série peut s’écrouler à tout moment. Un rappel important que tous les démons ne sont pas semblables à ceux qui entourent Iruma et que cela peut entraîner à des combats endiablés. On peut facilement passer d’un tableau à l’autre à travers ces volumes et tout ça sans que cela ne ralentisse le rythme ou la narration. Au contraire, tout se mélange parfaitement afin de créer une alchimie rarement vue entre chacune de ces parties. S’il y a des moments qui vont plus nous marquer que d’autre, il n’y a vraiment aucun segment qui est vraiment inutile. C’est ce qui est fantastique dans cette lecture. Nous sommes face à une épopée qui peut revêtir bien des visages et où tout peut arriver sans que cela n’empiète le plaisir lié au manga.


Une lecture qui embellit un quotidien

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Je finirais cette chronique en vous parlant d’un point que je trouve essentiel et qui est vraiment propre à mon ressenti personnel. Iruma à l’école des démons est un de ces rares titres qui a le don, à chaque volume, de nous apporter cette dose de joie dont on peut manquer cruellement chaque jour. Lire un tome, c’est se lancer dans un monde où l’on sait pertinemment que l’on va passer un excellent moment à rigoler ou bien à s’extasier devant le périple de nos amis. Peu importe que ce soit sur un passage slice of life, une scène d’action ou bien une épreuve à surmonter. A chaque fois, il y a un plaisir qui se ressent à la lecture. Et ça, je trouve que c’est sûrement la plus belle qualité de l’œuvre et aussi un témoignage du talent de la mangaka. On sent, à travers chaque chapitre, l’envie de se faire plaisir avant même de séduire le lecteur. L’objectif ici est qu’en ouvrant un tome, on oublie tout ce qui nous entoure pour nous focaliser sur Iruma et les autres élèves. On va rire, pleurer et s’amuser en leur compagnie. C’est à un tel point que l’on a simplement l’impression, quand un nouveau tome débarque, de retrouver une bande de potes avec qui tout semble plus magique. Ce dernier mot est important, car il représente très bien l’ensemble de l’œuvre. Oui, il y a un côté fantastique qui nous émerveille et on a envie de voir ce que l’autrice souhaite raconter au sein de cet univers. Mais c’est aussi une magie plus personnelle où l’on oublie, le temps de quelques minutes, nos tracas. Une bulle de réconfort qui est à la fois précieuse, importante et vitale pour chacun de nous. Et rien que pour être parvenu à un tel résultat sur aussi longtemps, la série vaut le coup. On a besoin de ce genre de récit et un grand merci à Osamu Nishi pour avoir imaginé une telle fresque.

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