Me & Roboco-T1-2

Me & Roboco T1

J’ai déjà pu évoquer le sujet par le passé, mais l’humour est sans nul doute l’un des genres les plus difficiles à maîtriser. Le manga n’y fait pas exception, car il peut être compliqué de maintenir l’intérêt du lecteur sur une œuvre qui se veut entièrement parodique, absurde ou simplement comique. De même, l’humour propre à la culture japonaise ne fonctionne pas forcément avec ce que l’on entrevoit comme amusant dans d’autres pays. C’est pour ça que je trouve que cet exercice difficile est toujours captivant à analyser tant il est complexe. C’est donc évident que j’étais curieux de voir comment pouvait s’en sortir une nouveauté qui se lançait totalement dans ce registre. Surtout qu’au vu de la renommée du titre, que ce soit pour les fans du manga que de ses détracteurs, j’avais hâte de me faire mon propre avis. Et oui, aujourd’hui on va parler du fameux Me & Roboco qui a fait ses débuts chez Mangetsu il y a peu. Vous en avez sûrement entendu parler sans même forcément connaître étant donné que la série est notamment célèbre pour sa manière de parodier d’autres mangas (on pense notamment à ses covers). Et après lecture de ce premier volume, je dois dire qu’il y a des choses sur lesquelles s’attarder.

Un drôle de robot

Le synopsis de Me & Roboco nous donne toutes les clés en main pour comprendre vers quoi on se dirige. Après tout, ce n’est pas la première fois qu’une série met en scène un tandem avec, notamment, l’un des deux qui s’avère être un vrai boulet. Mais ici, ça va bien plus loin que ça. Nous ne sommes pas juste dans un manga qui cherche à exagérer le trait. En fait, nous voilà face à une série qui veut pousser tous les curseurs de l’auto-dérision à fond. Et cela passe par énormément de propositions en matière d’humour allant de l’absurde à la parodie en passant par des situations totalement invraisemblables.

Jouer la carte de l’absurde

J’avais très hâte de parler de Me & Roboco tant c’est un titre qui divise et que j’avais envie de me faire mon propre avis dessus. On s’en rend très vite compte que nous sommes ici dans un gag manga qui reprend tous les codes de ce genre. Cela signifie que l’on est face à une succession de situations comiques et surtout absurdes qui est vraiment le meilleur terme pour parler de cette saga. Mais il faut comprendre que ce mot n’est pas forcément péjoratif et peut devenir un très bon moyen de divertir entre les mains d’un artiste. C’est une manière de créer de l’humour et surtout de nous faire réagir à quelque chose qui nous paraît totalement débile, mais qui arrive justement à faire rire grâce à ce décalage extrême. Et je dois dire que ce premier volume est la quintessence de ça. On nous propose un contexte où des robots maids sont omniprésents pour aider les gens dans leur quotidien. Et c’est là que Taira reçoit comme “ordermaid” Roboco qui va être tout l’inverse de l’image qu’on nous fait miroiter depuis les premières pages. Un androïde baraqué qui fait une entrée fracassante et dont les capacités sont tout le contraire de ce que ses congénères font. On voit très bien les nombreuses inspirations derrière ce personnage, notamment Doraemon dont il s’agit de la plus grosse parodie ici. Et je dois dire que même si cela peut dérouter d’avoir un tel personnage, cela fonctionne plutôt bien. En réalité, je me suis rendu compte qu’au fil de mon avancée dans le manga, nous étions face à une œuvre qui s’inscrit beaucoup dans une pop culture particulièrement référencée notamment par rapport à d’autres mangas.

C’est ça aussi qu’est Me & Roboco. Une œuvre qui se moque ouvertement, de façon comique, du médium qui est le sien. Et on ne peut s’empêcher de sourire en voyant certains clins d’œil ou parodie entière de titres que l’on peut adorer. Cela donne à cette série une aura bien singulière. L’intérêt ici n’est pas de voir un manga qui cherche à créer un véritable fil rouge. Il s’agit plus de voir qui l’auteur va utiliser comme modèle pour tordre l’image de celui-ci et l’amener sous un prisme humoristique. C’est un exercice particulièrement difficile, car il faut savoir autant bien transformer d’autres mangas que ne pas succomber dans juste un enchaînement d’easter egg qui n’apportent aucune plus-value. C’est là où la maîtrise de l’absurde peut faire une grande différence. Avec cet élément, la frontière entre l’humour et le malaise peut être très fragile. Et l’auteur, je trouve, réussit bien à jouer le long de cette ligne pour créer justement un désarroi de voir les idioties de ces personnages tout en ayant quand même de la sympathie pour eux. Car on le voit très bien que tout ce qu’ils font, ils ne le font pas méchamment et cherchent surtout à nous offrir un divertissement léger et que l’on peut savourer par petit bout. On avance donc au milieu de tous ces gags et situations loufoques en se demandant bien si l’humour va réussir à perdurer sur le long terme tout en savourant finalement l’instant présent que l’on passe en compagnie de ces protagonistes survoltés et uniques en leur genre.

Oui, Me & Roboco est une œuvre qui ne plaira pas à tout le monde. La raison à ça est tout simplement de savoir si oui ou non vous allez adhérer à l’humour et à la proposition de l’auteur en matière de divertissement. Surtout que le titre se veut aussi énormément ancré dans une connaissance de la pop culture qui peut dérouter ceux qui n’ont pas forcément toutes les références. Mais il faut aussi voir cette histoire comme un pari audacieux d’un artiste qui veut avant tout jouer à fond son délire et qui s’y tient tout du long. Un choix qui peut faire mouche et qui m’a fait passer un bon moment à la lecture.

Me & Roboco promet de sacrés rires

Avec la lecture de ce premier volume de Me & Roboco, je comprends totalement que la série divise autant. C’est finalement très propre au genre du gag manga où il faut soit être sensible à l’humour proposé ou bien adhérer à la proposition de l’auteur. C’est ça qui est le plus complexe à gérer et qui est finalement propre à la sensibilité de chacun. Mais c’est aussi ce qui fait tout l’intérêt du titre en proposant un récit qui reste fidèle à la vision du mangaka même si celle-ci ne conviendra pas forcément à tout le monde. Je pense que cette nouveauté s’adresse, dans un premier temps, à des lecteurs qui ont déjà au moins un minimum de connaissances de la culture manga pour cerner toutes les références pouvant être faites. Car c’est par là aussi que se transmet une bonne partie de l’humour du manga. C’est justement en parodiant à l’absurde certains confrères que Roboco et son maître arrivent à nous faire décrocher des sourires et rires. En outre, comme évoqué un peu plus haut, l’absurde et l’exagération sont des composants essentiels à l’identité de cette lecture. C’est justement en étant parfois atterré de ce que l’on voit que l’on va finir par s’amuser de ce qui se passe. On avance en se demandant jusqu’où tous ces personnages peuvent aller et c’est aussi ce qui motive à enchaîner les pages. De même, les différentes figures du récit, en dehors de notre duo, vont aussi jouer sur des caricatures ou stéréotypes pour mieux ensuite les tordre. Cela donne des individus avec plusieurs visages dont le contraste a de quoi surprendre et divertir.

Je pense que Me & Roboco est vraiment le genre d’expérience de lecture où il est impossible de se mettre d’accord tant cela s’ancre dans notre propre perception de l’humour. C’est pour ça qu’il s’agit encore plus ici d’un avis personnel par rapport à ce que j’ai pu ressentir tout au long de cette découverte. Pour ma part, ce premier volume a été un bon divertissement. J’ai apprécié la manière dont le mangaka cherche à utiliser toute la culture manga pour créer un vrai décalage. Cela prouve aussi qu’il sait à quel point tout ce pan de la culture japonaise fait partie intégrante de la vie de nombreux lecteurs à travers le monde. On va ainsi enchaîner les situations loufoques en se demandant jusqu’où l’artiste va pousser le délire. C’est finalement un pari réussi, car on reste accroché à la lecture en voulant en voir plus et surtout chercher les gags qui vont faire mouche sur nous. Mais avant tout, ce titre est un divertissement qui ne cherche pas à se prendre au sérieux. Si vous souhaitez donc une aventure délirante qui vous donnera le sourire, n’hésitez pas à tenter l’aventure. Surtout que la grande question maintenant va être de savoir si l’effet de ce premier volume peut être maintenu sur le long terme. Est-ce que l’humour continuera de faire mouche ou bien une redondance va s’installer ? Va-t-on assister à toujours plus de références à d’autres œuvres ? D’autres personnages loufoques vont-ils faire leur apparition ? Je vais être tenté de découvrir la suite quoi qu’il arrive.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Me & Roboco. Trouvez-vous que le manga réussit à maintenir son intérêt dans l’humour tout au long de cette introduction ? Est-ce que les différents gags ont réussi à faire mouche pour vous ? Etes-vous curieux de voir jusqu’où le mangaka poussera son délire ? Avez-vous eu de la sympathie pour ces personnages loufoques ? Avez-vous eu toutes les références qui ont été disséminées au fil des cases ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.



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