Baki Gaiden : Scarface
Dans le monde du manga de baston et notamment des arts martiaux, il y a un titre qui sonne comme une référence. Je parle bien sûr de Baki de Keisuke Itagaki qui règne sur ce domaine depuis bien des années. Je suis toujours aussi admiratif de la longévité de cette licence qui n’a eu de cesse de se développer au fil du temps à travers nombre d’arcs différents, mais aussi de spin-off. Surtout qu’il y a énormément de matière à faire au vu des combattants mémorables que l’on peut croiser à côté du fils de l’ogre. Cela tombe bien, car les éditions Meian ont proposé récemment, en plus de la série principale, une toute première série annexe autour d’un des personnages emblématiques de la série. Il s’agit de Baki Gaiden : Scarface qui met à l’honneur l’incroyable Hanayama. Si les deux premiers tomes sont sortis à l’unité, le coffret intégrale est aussi sorti au même moment. C’est justement sur ce dernier que je vais me pencher, car c’est aussi ce qui me permet de vous parler de ce titre après avoir tout lu. Après lecture des huit volumes composant cette histoire, je peux vous dire que ce spin-off permet à notre combattant de briller pleinement. Préparez-vous à suivre son quotidien où le sang coule abondamment.
La légende d’Hanayama

Synopsis
Le plus puissant bastonneur de l’Histoire : Kaoru Hanayama !
Véritable monument du manga de baston, Baki fait bouillonner le sang avec ses affrontements d’une intensité rare.
Dans cet univers peuplé de combattants hors normes, un homme lutte seul.
Doté de poings d’acier et d’une force surhumaine, il fascine par son aura et incarne une virilité brute. Ni lutteur ni maître d’arts martiaux, c’est un bastonneur, et peut-être le plus grand de tout le Japon.
Son nom est… Kaoru Hanayama !
Mangaka : Keisuke Itagaki & Yukinao Yamauchi
On le comprend très vite rien qu’à la couverture, mais aussi à son synopsis que Baki Gaiden : Scarface va se centrer sur le personnage d’Hanayama. Cependant, ce qui est le plus intéressant n’est pas tant la figure centrale que la manière dont celui-ci va être traité. En effet, il y a beaucoup de choses à dire sur ce combattant qui est là depuis quasiment les débuts de la série d’origine et qui pourtant n’a donné que très peu d’infos sur lui. Mais c’est justement ça qui rend cette lecture aussi prometteuse. Nous sommes devant un titre qui est là pour permettre à ce guerrier d’avoir enfin tous les spots sur lui.
Une histoire écrite dans le sang et la sueur
Quand on parle de Baki, la première chose qui nous vient à l’esprit est forcément une bonne dose d’action et d’arts martiaux. Après tout, c’est le principe même du manga que de raconter les affrontements de combattants aguerris cherchant à se hisser au sommet face à celui que l’on surnomme l’ogre. Et dans cette galerie de personnages charismatiques, il y en a un qui a rapidement su se démarquer et qui est au cœur de Baki Gaiden : Scarface. Il s’agit bien d’Hanayama et si je tiens à parler de lui avant de me concentrer sur le titre en question, ce n’est pas pour rien. Dans la série principale, il est facilement devenu un des protagonistes les plus appréciés alors que pourtant, il a beaucoup moins de présence que certaines autres figures de l’œuvre. Mais à chacune de ses apparitions, on sait qu’il peut se passer quelque chose de fou surtout qu’il dénote totalement par rapport à ses comparses. Il n’est pas un adepte d’un art martial ou maître de l’un d’eux. Pareil, il est très peu enclin à parler, préférant discuter avec ses poings. Il est avant tout un bagarreur qui semble presque à part au sein de cet univers et de cette quête de puissance. C’est justement ce qui le rend aussi unique au milieu de tous ces guerriers redoutables en plus d’avoir une force incommensurable. Et c’est là qu’intervient ce spin-off. Autant le dire tout de suite, on retrouve tout ce qui fait l’attrait du titre d’origine avec des affrontements spectaculaires et surréalistes ainsi qu’une bonne dose de testostérone.
Cependant, il ne faut pas limiter cette œuvre uniquement à ça. Elle est encore plus intéressante justement quand on l’observe dans l’ensemble de cette franchise. Ce n’est pas pour rien qu’Hanayama a été choisi pour être au centre de cette histoire. Il est presque un ovni au centre de tous ces autres personnages, car il n’évolue pas déjà dans le même milieu qu’eux. La série va ainsi nous plonger dans son quotidien au sein de la mafia et tout ce que ça implique. Ici, on laisse de côté Baki, Yujiro et les autres pour se focaliser sur des règlements de compte entre clans rivaux ainsi que d’autres conflits en lien avec ce monde underground. Je dois dire que ça a été particulièrement rafraîchissant de se plonger dans un tel environnement par rapport à ce que l’on retrouve dans la série de base. Tout est pensé pour donner vie au propre lore autour de notre protagoniste et ses collègues. D’ailleurs, j’ai beaucoup apprécié les deux personnages qui vont avoir une place assez importante au cœur de ces huit tomes. L’un est un vrai monstre qui va nous en mettre plein la vue tandis que le second dénote de par sa carrure qui ne correspond pas à la force prodigieuse qu’il a. On se laisse facilement happer par tout ça à tel point que l’on dévore les pages en ayant l’impression de ne pas être dans un spin-off de Baki, mais bel et bien dans un manga dédié uniquement à cette figure si imposante. En outre, je trouve aussi que ce titre annexe est parvenu à sublimer toute l’iconographie autour de notre bastonneur. On perçoit encore mieux tout ce qui fait son charisme et ses particularités. Le voir se relever, mettre son costard fétiche et tout dégommer en suivant son honneur est tout bonnement grisant.
Pour ma part, je trouve que c’est un excellent complément et surtout une toute autre expérience que ce que l’on peut observer du côté de Baki. Ici, l’objectif n’est nul autre que de rester en vie au sein de cette voie jonchée de cadavres. Surtout que le récit va aussi confronter notre homme à des interrogations importantes notamment par rapport aux dégâts collatéraux. Pareil pour l’amitié qui peut le lier à certains et qui n’a pas besoin de mots pour s’exprimer. D’ailleurs, ce n’est pas pour rien que l’on peut avoir le sentiment que la série se termine sans véritable fin. On est avant tout dans une représentation de ce qu’est la vie d’Hanayama. Il a beau lutter, vaincre ses ennemis et se relever des pires blessures, c’est finalement une journée comme les autres pour lui. C’est ça qui est formidable avec ce manga.
Avec Baki Gaiden : Scarface, on n’est pas forcément surpris par la forme que prend le récit. On est avant tout plongé dans le quotidien d’Hanayama au sein de cet univers mafieux, mais c’est justement là que se trouve une bonne partie de l’attrait du manga. On est face à une œuvre qui coupe un peu avec ce que l’on a l’habitude de voir dans le matériau d’origine pour se focaliser sur cet environnement propre à ce personnage. Une œuvre qui parvient ainsi à proposer quelque chose de plus intéressant dans le fond en permettant à ce combattant charismatique d’avoir enfin le temps dont il a besoin sur le devant de la scène.
Baki Gaiden : Scarface lance un nouveau mythe
J’étais très curieux initialement de découvrir ce que pourrait donner un tel spin-off. Après tout, Baki est avant tout une série qui se présente comme du très gros divertissement avec une surenchère dans l’action. Ce n’est pas une mauvaise chose et surtout qu’il y a un énorme travail derrière de la part de Keisuke Itagaki pour donner vie à un univers unique en son genre tout en mettant à l’honneur justement cet art du combat. Mais que pouvait bien apporter une série centrée sur Hanayama à la saga en elle-même ? Eh bien beaucoup de choses selon moi après avoir lu ces huit tomes. Je m’attendais à retrouver tout ce que j’avais pu voir dans la série mère, mais loin de là. Si les combats sont bien présents et toujours aussi spectaculaires, ce n’est pas l’unique chose qui attire le regard. Comme je l’ai évoqué dans ma chronique, on est face à un projet qui a aussi pour but de faire la lumière sur ce personnage adoré des fans et qui pourtant n’a que très peu de présence quand on compare à d’autres. Cela montre aussi à quel point Hanayama est un personnage qui est devenu légendaire en très peu de temps. Un bagarreur qui ne s’entraîne même pas et qui est né tout bonnement avec cette puissance. Il n’est pas en quête de puissance, mais bel et bien de suivre son code d’honneur tout en restant fidèle à son clan. On peut ainsi entrevoir autant des moments d’humour que des instants bien plus tragiques autour de lui de par son quotidien, mais aussi son passé. C’est là aussi que l’on se rend compte que cet individu fait autant partie de l’univers Baki qu’il peut très bien mener sa propre aventure personnelle. C’est remarquable d’avoir su concevoir un tel protagoniste qui est autant une figure emblématique d’une œuvre tout en pouvant facilement se détacher de celle-ci.
C’est donc un très grand oui pour Baki Gaiden : Scarface qui a su me surprendre bien plus que je ne l’espérais. Je trouve que ce spin-off a parfaitement su retranscrire l’identité de la franchise sans pour autant faire un simple copier-coller. Au contraire, on retrouve ce qui peut faire l’attrait de Baki, mais dans l’univers propre de celui d’Hanayama. Ainsi, le ton n’est pas le même et surtout on va avoir une folle envie, à chaque tome, de voir notre bastonneur en action. Il en impose tellement et surtout il possède cette aura qui n’est pas seulement celle d’un grand combattant. Il dégage un leadership remarquable alors que pourtant il est loin d’être le plus loquace ou qu’il semble agir parfois comme un enfant. Mais à travers ces quelques volumes, on apprend à le connaître et surtout à cerner ce qui fait de lui une véritable légende. Voilà pourquoi vous pouvez autant apprécier cette lecture en tant que fan inconditionnel de Baki ou de ce personnage qu’en étant nouveau dans la licence. Elle peut totalement se satisfaire à elle-même et permet de passer un moment épique en compagnie de ces sacrés gaillard.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti sur Baki Gaiden : Scarface. Trouvez-vous que ce spin-off apporte suffisamment de lumière sur le personnage de Hanayama ? Avez-vous apprécié la manière dont ce dernier est mis en avant et surtout l’enrichissement autour de son quotidien ? Est-ce que vous avez été surpris par les affrontements qui ont eu lieu durant ces tomes ainsi que les nouveaux combattants qui ont fait leur apparition ? Seriez-vous intéressé de voir d’autres personnages avoir le droit à ce type de lecture annexe ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

