Silencer

Silencer tome 1 : une inspectrice trop talentueuse

On a décidé aujourd’hui de revenir sur un style de manga que l’on n’avait pas parlé depuis longtemps. C’est une plongée au coeur d’un monde rempli de criminel que l’on vous propose aujourd’hui. Pour cela, on va traiter de Silencer, édité chez Komikku, dont le premier tome est arrivé il y a peu. Ce thriller policier a de quoi captiver le regard de chacun par de nombreux aspects. Cette oeuvre va bien plus loin qu’une simple enquête où le gentil policier va traquer les malfrats en tout genre. Il existe un certain nombre d’éléments qui font que ce récit affiche plusieurs nuances. On se retrouve face à une histoire sombre et violente où la notion de justice frôle avec l’illégalité. Il existe bien sûr d’autres titres qui suivent ce même parcours. Cependant, Silencer dégage une atmosphère si particulière que l’on a du mal à résister. Attention cependant, il s’agit d’un seinen réservé à un public averti. J’espère que vous êtes prêt à suivre une inspectrice qui apporte la paix à grand coup de pistolet silencieux !

Mise au placard

Silencer-déguisement

L’un des nombreux atouts de Shizuka

Silencer, scénarisé par Shô Fumimura (Hokuto no Ken) et dessinée par Yuka Nagate (GIFT ±) nous emmène dans un monde contemporain. On y fait la connaissance de Shizuka Katsuragi. Cette policière japonaise revient au pays après avoir effectué un stage aux États-Unis. Cependant, son retour n’est pas au goût de tout le monde. En effet, les autres membres des forces de l’ordre ne la voient pas d’un très bon œil. Il faut dire qu’elle utilise des pratiques peu orthodoxes pour clore ses enquêtes. Ce n’est pas pour rien que son nom signifie silence. En réalité, elle fait taire tous ceux qui osent se mettre en travers de sa route. Ne se séparant jamais de son cher pistolet silencieux, cette femme n’affiche aucun remords à tuer ceux qu’elle considère comme des ennemis. Considéré comme un “poison” par ses collègues, elle se retrouve mise au placard pour éviter tout débordement de sa part. Pour qu’elle ne soit plus dans les pattes de la hiérarchie, Shizuka est transférée au “Bureau annexe de la sécurité aux personnes”.

Cette section est chargée d’infractions mineures telles que le jet de détritus et autres travaux peu glorieux. De plus, l’équipe en charge de ce bureau n’est en réalité constituée que de deux personnes. Il s’agit de Shizuka et l’homme qui sera son supérieur, l’inspecteur Iba. Ce dernier est loin d’être lui aussi un parangon de vertu. Pervers et passant son temps à boire, il n’hésite pas aussi à côtoyer les pires ordures qui pullulent en ville. Ce duo atypique va devoir maintenant travailler main dans la main pour effectuer toutes leurs missions. Malheureusement, lors d’une enquête tout à fait banale, notre policière va être témoin d’un horrible meurtre. Ne pouvant laisser cela impuni, elle décide de remonter la trace du meurtrier. Sans le savoir, elle va se retrouver mêlée à une terrible affaire. Une menace grandissante s’apprête à bondir sur notre as de la gâchette. Son flegme à toute épreuve et ses aptitudes hors du commun suffiront-ils à la sortir de ce mauvais pas ? Quoi qu’il arrive, le silence finira par régner.

La première chose qui frappe lorsque l’on se lance dans Silencer est son personnage principal. Cette dernière a une manière très personnelle d’apporter sa vision de la justice. Une policière qui n’a que faire des limites.

Rendre la justice par tous les moyens

Comme dit un peu plus haut, on est loin de l’image du parfait flic que l’on peut imaginer. Shizuka n’a aucun scrupule à éliminer les malfrats. Pour elle, ce n’est qu’un moyen comme un autre de mettre fin à leurs agissements. On pourrait se dire que ce n’est pas la première fois que l’on observe dans un manga un policier franchissant la limite entre l’ordre et le délit. Il n’y a qu’à penser au fameux inspecteur Kurokôchi pour avoir un parfait exemple de cela. Malgré tout, il y a quelque chose qui fascine notre regard dans le comportement de cette femme. Tout d’abord, elle fait preuve d’un courage sans limite et d’une force de caractère qui impose le respect. Même si sa façon de faire est discutable, on ne peut qu’être ébahi devant son talent pour réduire au silence ses adversaires. Il faut dire que ses compétences sont aussi variés que nombreuses. Assassinat, déguisements, séduction ne sont qu’une petite partie de ce dont elle est capable. Tous ces éléments font que notre anti-héroïne dégage une aura incroyable et qui se grave dans notre esprit.

En fait, elle ne peut s’empêcher d’agir quand elle sait qu’une infraction est commise. Même si elle suit une voie plus sanglante que ses collègues, son désir de bien faire et de protéger est bien réelle. Tout au long de cette lecture, on ressent cette lutte entre le respect des lois et le fait de déroger aux règles pour amener la paix. Cela fait que malgré la froideur dont fait preuve Shizuka, on arrive à avoir un certain attachement à son égard. Ses supérieurs ont beau avoir peur d’elle, ils savent qu’elle est aussi un mal nécessaire. Seule elle peut venir à bout des missions les plus périlleuses. Il existe encore pas mal d’interrogations concernant le personnage central qui est amené de manière à ce que l’on ait envie d’en savoir plus sur elle. Shô Fumimura a su proposer une belle entrée en matière pour le lecteur concernant cette policière. Il montre, à travers elle, que les notions de bien ou de mal peuvent se croiser et que le monde n’est ni blanc ni noir, mais possède plusieurs nuances de gris.

Si Shizuka peut sembler être aux antipodes de ce que doit être un gardien de la paix, cela s’explique par le monde dans lequel elle évolue. Les lois ne sont que peu de choses dans cet univers froid et sanglant régi par le crime.

Un monde corrompu et violent

Silencer-Iba

Le parfait exemple du flic ripou

On se rend très vite compte en parcourant les pages que l’on fait face à un univers très malsain. C’est une plongée dans les bas-fonds de la société et du crime organisée que nous propose Silencer. En tant que lecteur, on ressent vraiment le dégoût et l’effroi qui s’échappe de ce monde souterrain où il ne se passe pas un jour sans qu’un délit soit commis. Cela s’exprime tout d’abord à travers les dessins de Yuka Nagate qui rend parfaitement cette ambiance oppressante. On ressent toute la difficulté que vivent les gens au quotidien ainsi que la violence qui se dégage de cette ville. Tout est noir et presque aucune lueur d’espoir semble pouvoir briser le chaos qui règne. Une véritable immersion dans la part sombre d’une immense métropole. Le tableau qui nous est dépeint a beau n’avoir rien de réjouissant, il sert totalement le manga dans ce qu’il souhaite nous raconter. Plus qu’un simple cadre, ces lieux régit par l’argent et le pouvoir sont avant tout un moyen pour le lecteur de comprendre l’environnement dans lequel évolue ces personnages.

En voyant toutes ces rues glaciales où les pires atrocités sont commises, on appréhende un peu mieux le caractère d’Iba et Shizuka. Le premier a beau être un ripou, il utilise les moyens que lui procurent ses relations dans le milieu pour traquer ses proies. À force de fréquenter tous ces criminels, cela a déteint sur lui. Sachant qu’il est impossible d’arrêter tout ce beau monde, il préfère profiter des outils qui sont à sa disposition pour son boulot ainsi que son profit personnel. Pour notre second “poison”, son habileté à tuer semble presque afficher une certaine normalité au sein de ce monde. Au vu de tout ce que l’on assiste, on se dit un peu plus que sa méthode a beau être radicale, elle n’en reste pas efficace et correspondant parfaitement au contexte dans lequel elle travaille. Face à cette excursion, il en sort que le mal qui ronge cette ville affecte chacun d’une manière ou d’une autre. Le seul moyen de lutter et d’avancer en son sein est de se laisser contaminer par elle pour mieux la combattre.

Silencer parvient à créer une ambiance collant parfaitement à ce que ce manga souhaite raconter. Un thriller policier efficace et qui captive notre regard de par son aspect crue et cette anti-héroïne charismatique.

Silencer fait mouche du premier coup

Ce seinen fait partie de la catégorie des titres qui nous scotchent de par toute l’atmosphère qui s’en dégage. On plonge réellement dans un univers glauque ou la pitié n’a pas sa place. Au milieu de cette société criminelle se trouve Shizuka que l’on suit avec une certaine fascination. Shô Fumimura et Yuka Nagate ont parfaitement su en un tome mettre en place un décor idéal pour un tel personnage. Silencer propose ainsi un excellent début et qui marque notre esprit de par le charisme et la force de cette policière adepte du silence. On s’attache vraiment à elle et on a envie de voir jusqu’où elle ira pour mener son combat. De plus, on est très curieux d’assister à l’évolution de la relation entre Iba et elle notamment au vu de la fin de ce premier volume. Une lecture qui ne nous laisse pas de marbre et qui arrive à nous immerger totalement dans le quotidien difficile de Shizuka.

Vous l’aurez compris, Esprit Otaku vous recommande ce tout premier tome qui fut une très bonne surprise. Que vous soyez fan de thriller policier ou d’un récit prenant place dans un univers très noir alors Silencer est fait pour vous. Si l’intrigue n’a pas encore vraiment décollé, les bases sont solidement posées pour que la suite soit mémorable. Quels dangers attendent nos membres du “Bureau annexe de la sécurité aux personnes” ? À travers ses solutions radicales, notre anti-héroïne parviendra-t-elle à amener un peu de paix à cette ville ? Ce qui est sûr, c’est que sa lutte pour nettoyer les rues de tous ces criminels est loin d’être fini. Il faudra maintenant être patient pour voir notre pro du silencieux faire une nouvelle démonstration de ses talents. On se demande bien comment cette série en quatre tomes va bien se finir.

Et vous, avez-vous été séduit par ce premier tome de Silencer ? Avez-vous envie de connaître la suite des aventures de notre “charmante” Shizuka ? 🙂

© Shô Fumimura &  Nagate Yuka / Shogakukan

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