Iron Hammer against the Witch

Iron Hammer against the Witch tome 1 : la chasse aux sorcières

C’est toujours une joie de découvrir de toutes nouvelles licences. On ne sait jamais vraiment ce que va bien pouvoir donner ces titres qui peuvent aisément nous marquer. Vous l’aurez compris, aujourd’hui on s’attarde sur une aventure inédite qui nous avait fait de l’œil. Il s’agit du premier tome de Iron Hammer against the Witch, édité chez Delcourt Tonkam. Derrière ce nom assez long se cache un voyage à la fois déroutant et captivant. On plonge en pleine période de chasse aux sorcières, mais avec certaines subtilités. En effet, ce titre parvient à transformer ce sujet souvent utilisé pour créer un univers unique et profond. C’est un tout nouveau regard qui nous est offert sur ces demoiselles accusées d’hérésie. Un manga qui sait comment nous surprendre et qui possède de nombreux atouts. L’heure est donc venue d’être les observateurs de cette inquisition qui pourrait bien changer le monde.

La vérité derrière cette traque

Iron Hammer against the Witch-sorcière

Innocente ou coupable ?

Iron Hammer against the Witch, scénarisé par Murata Shinya et dessiné par Hiyama Daisuke, à une époque de grand trouble. Ce monde est rongé, dit-on, par le fléau que sont les sorcières. De ce fait, la traque de ces dernières est devenue une pratique très courante pour l’église qui souhaite punir ces créatures du diable. Notre histoire débute alors dans la ville sainte de Sevolle. En ce lieu, l’église Catholite aime emprisonner et torturer les femmes qu’elle accuse de sorcellerie. Tout ce cinéma est devenu un pur divertissement pour les membres du culte ainsi que les habitants de cette cité. Un moyen de se divertir sous prétexte que l’on défend et sert une noble cause. Malheureusement, il se pourrait bien que tout ce processus de “purification” de ces êtres démoniaques soit en réalité l’œuvre du Diable lui-même. Ces hommes de foi ne savent rien du sinistre piège dans lequel ils sont tombés et continuent de punir et de tourmenter ces jeunes filles au nom de la religion. Cependant, le siège de l’église Catholite a su prendre les dispositions nécessaires pour arrêter ce mal.

Pour cela, ils ont envoyé sur place l’un de leur meilleur et plus dangereux élément. Il s’agit d’une jeune femme répondant au nom de Domino Achùcarro. Il ne faut pas longtemps à cette dernière pour agir alors qu’une enfant s’apprête à être exécuté sur la place publique. Toute l’assemblée découvre alors avec stupeur qu’elle est aussi une sorcière qui manipule le feu à sa guise. Son intervention est autant gouvernée par son désir de sauver la jeune fille que d’empêcher un massacre inutile. Pour cela, elle est obligée d’avouer la vérité concernant la naissance de ces êtres qui, comme elle, affichent des pouvoirs magiques. Il n’existe aucunement des sorcières à la base. C’est le fait de torturer et de tuer une innocente qui permet finalement à l’un de ces individus de voir le jour. La peur et la violence de l’Homme sont les causes de tous ces malheurs. C’est ainsi que débute une difficile lutte pour notre sorcière de l’Inquisition afin d’empêcher la création d’autre de ses congénères. Les sorcières arrêteront-elles d’apparaître ou bien prendront-elles leur revanche ?

Ce qui fait la force de Iron Hammer against the Witch est tout d’abord la manière dont est abordée la torture. Tout en nous dévoilant l’horreur qui se cache derrière ces méthodes barbares, cet amas de violence est aussi un élément crucial de l’histoire et du développement des personnages. Après tout, ces magiciennes ne sont que le reflet de ce que l’on a pu leur faire subir comme sévices.

La torture au centre du récit

Lorsque l’on entend parler de sorcellerie, on imagine souvent une effusion de magie. Les séries qui prennent place dans un univers fantastique sont légions et pourtant, Iron Hammer against the Witch parvient à se différencier de par la conception de ces jeteuses de sort et de la nature de leurs pouvoirs. À la base, de telles capacités sont souvent sources d’émerveillement pour le lecteur. Cependant, ici tout est bien différent. Il faut dire que pour une personne obtienne ce genre de don, il faut déjà qu’elle meure de la main de ces hommes soi-disant pieux et de leurs engins de mort. Il y a donc un aspect funeste qui plane sur ces femmes, car on comprend immédiatement ce qu’elles ont traversé. On a presque cette sensation que ces facultés ne sont qu’une malédiction pour ces personnages qui ont connu une sinistre fin. On éprouve donc une forte empathie ainsi qu’une certaine tristesse en observant ces femmes qui n’ont pu trouver le repos éternel. En plus de tout cela, les supplices infligés à ces captives apportent aussi un détail très intéressant concernant l’action du récit.

En effet, en plus de condamner les victimes de ces souffrances à revenir d’entre les morts, ces traitements sont aussi l’origine de leurs dons. Par exemple, Domino Achùcarro peut maîtriser les flammes de par le fait qu’elle a été brûlé vive. Chaque magie est donc la représentation de ce qui a provoqué la perte de la personne en question. Cela ajoute encore plus au malaise ressenti et à cet esprit de vengeance qui plane sur le début de cette licence. Après tout, il y a une certaine ironie à condamner ces bourreaux avec les mêmes outils qu’ils ont utilisés. De plus, cela permet d’accentuer l’aspect sordide et sadique de ces instruments de torture qui n’ont toujours été que la source de grands malheurs. Une approche pertinente et unique de traiter de ces fléaux créés par l’être humain et de constater le travail de recherche de l’auteur. Toute cette facette permet au lecteur de s’immerger totalement dans ce qui lui est conté tout en apportant son lot de surprises. Sans oublier que cela donne droit à des confrontations pour le moins surréaliste et prenantes.

L’autre point fort d’Iron Hammer against the Witch vient de la manière d’inverser les rôles. Tout n’est que tromperie sur ces terres où ce que l’on croit être la solution s’avère être le véritable problème. Une manière intelligente et originale de traiter de la folie qui pouvait s’emparer des gens à cette période. Une aventure sombre à souhait qui parvient à capter toute notre attention.

Un monde totalement inversé

Iron Hammer against the Witch-inquisitrice

Une sorcière pas comme les autres.

Voilà aussi l’un des aspects les plus fascinants de cette oeuvre. On sait pertinemment que tout ce qui tourne autour des chasses aux sorcières n’étaient que pures affabulations. Tout ceci venait de la peur des gens et d’une manière pour l’église d’asseoir leur autorité. Malgré tout, le mangaka va bien plus loin dans l’écriture de son scénario. En plus de montrer l’effroi et le sadisme derrière de tels agissements, il explique que c’est un tel comportement qui donne naissance aux êtres que la population et les prêtres craignent. Ainsi, ces méthodes, qui devaient empêcher le mal de s’étendre, ne font qu’accentuer la venue de ces fameuses démones. Le parallèle est alors très bien réalisé entre ce que l’on croit faire pour le bien et qui n’est, en réalité, qu’un piège destiné à plonger le monde dans l’obscurité. D’ailleurs, ce contrepied ne s’arrête pas là et va même bien plus loin dans sa façon d’intervertir le bien et le mal. Il n’y a qu’à voir l’héroïne de cette saga pour se rendre compte de ça. Elle est l’une des rares à pouvoir contrecarrer les plans du monstre derrière toute cette mascarade.

C’est donc dans les sorcières elle-même que repose l’unique espoir de l’église Catholite. Elles sont les seules à pouvoir arrêter leurs congénères et de mettre un terme aux agissements du Diable. Il y a tout un tas d’autres petits détails qui permettent à cette particularité de prendre toujours plus d’ampleur. Bien sûr, on évitera d’en parler pour vous laisser l’effet de surprise. En fait, le fond de cette histoire pourrait se comparer au reflet déformé de cette société régit par les lois divines. La peur de l’autre et de l’inconnu font qu’il est facile de manipuler l’esprit humain. Au final, le destin de cette terre se trouve entre les mains de ces jeunes femmes condamnées par le reste de la population. Il revient donc à elles de mettre un terme à cette tromperie ou de condamner ceux qui ont causé leurs tourments à une nuit éternelle. Cela est passionnant à suivre et ajoute un profond intérêt à connaître la suite de toute cette intrigue.

En conclusion, Iron Hammer against the Witch prend un très bon départ. Que ce soit dans sa manière de traiter le sujet de la chasse aux sorcières ou dans l’ingéniosité de ses pouvoirs, le manga réussit à nous faire une très bonne impression. Un univers impitoyable qui est loin d’avoir dévoilé tous ses secrets. Le combat ne fait que commencer !

Iron Hammer against the Witch met le feu

Ce premier contact avec Iron Hammer against the Witch fut des plus plaisants. On se retrouve face à un conte morbide où c’est l’erreur et l’incompréhension d’une institution qui s’apprêtent à ruiner les fondements de ce monde. Attention cependant, on tient à souligner que ce titre est réservé à un public averti du fait de nombreuses scènes violentes et difficiles. L’atmosphère si particulière de cette oeuvre finit de nous ravir alors que l’on avance de page en page. On ne cesse de se demander quel type de sorcières on va rencontrer ainsi qu’où va mener cette lutte pour briser ces chasses. Au vu de la tournure que prend cette introduction, on est très confiant concernant les deux prochains tomes qui viendront conclure cette série. Une très bonne écriture qui permet à cette saga de poser des bases intéressantes et fascinantes. Toute l’origine qu’il y a autour des sorcières et de leurs pouvoirs est finement trouvée. Une quête qui cache bien son jeu et qui nous divertit totalement !

On recommande donc avec joie ce tome 1 d’Iron Hammer against the Witch qui parvient à nous faire vivre une aventure littéraire palpitante ayant une identité qui lui est propre. Que vous cherchiez un récit sur la magie qui change de l’ordinaire ou bien que vous souhaitez découvrir un manga qui parvient à apporter un regard différent sur les sorcières, alors cette nouvelle saga est faite pour vous. D’ailleurs, la fin qui nous est proposée nous donne particulièrement envie de nous jeter sur les prochains volumes. Domino pourra-t-elle arrêter ce cycle destructeur ? Ces contrées sont-elles vouées à sombrer dans le chaos ? Est-il seulement possible de vaincre le démon qui a insufflé ces idées à l’oreille de l’Homme ? Tant de questions dont on a hâte de connaître les réponses. En attendant, on espère de tout coeur que notre magicienne saura exterminer ces croyances qui ne font que détruire la vie de tant d’innocents. Une épopée que l’on est impatient de continuer.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre opinion ainsi que votre ressenti concernant ce premier tome d’Iron Hammer against the Witch. Qu’attendez-vous pour la suite ? Selon vous, qui l’emportera entre l’Humanité et les sorcières ? Nous serions ravis de connaître vos impressions. 🙂

© Murata Shinya & Hiyama Daisuke / Square Enix

2 Comments

  • DocteurChips dit :

    Très bonne article.
    Des que j’ai vue la couverture et le synopsis de IRON HAMMER AGAINST THE WITCH, j’ai tout de suite était intriguer mais je n’ai pas oser me lancer (quel erreur). En lisant ton article j’ai tout de suite eu envie de sortir et foncée pour aller l’acheter.
    Avoir un manga dans un univers de magie avec des sorcières n’est pas quelque chose de nouveau, mais le fait que l’auteur chamboule les croyances populaire au sujet des sorcières à ce point permet d’avoir un récit à la fois palpitant et intriguant.
    En plus si la série est fini en 3 tomes ça permettra de ne pas se retrouver avec une série trop longue et qui va directement à l’essentiel ^^

    • EspritOtaku dit :

      On est content de t’avoir donné envie de lire ce manga qui change en effet beaucoup de choses concernant la vision que l’on peut avoir des sorcières. Comme on l’a dit, le contexte de base a beau être classique, il parvient ensuite à nous surprendre et à proposer un style à la fois unique et original concernant les pouvoirs, les combats et même aussi le mythe de la sorcière.

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