Bip-Bip Boy

Bip-Bip Boy tome 1 : l’amour du jeu vidéo

C’est toujours un plaisir que de voir une nouvelle maison d’édition se lancer dans la parution de manga. De ce fait, on était content de voir quand Omaké Books a décidé de lancer son propre catalogue de ce type d’œuvres. Ce vendredi symbolise la sortie de leur premier titre et on a eu l’occasion de pouvoir le découvrir. Quelle est donc notre conclusion après la lecture du tome 1 de Bip-Bip Boy ? Celle-ci est toute simple. On a passé un très bon moment au contact de cet auteur qui nous conte sa jeunesse fut grandement marqué par le jeu vidéo. Lorsque l’on se plonge dans ce titre, on effectue un véritable voyage dans le temps où l’univers vidéoludique commençait tout juste à envahir les salons. Humour, caricature et amour de ce média sont au programme de cette histoire qui a tout ce qu’il faut pour nous faire vivre un bon moment de détente. Quand la passion du gaming est proche du fanatisme cela donne ce titre ahurissant qui nous fait bien rire. Il est temps de retourner à l’époque où les consoles ne cessaient de se multiplier.

Tout pour une partie

Bip-Bip Boy-gaming

Le début d’une vie de pixels.

Bip-Bip Boy, imaginé par Rensuke Oshikiri, est une autobiographie qui a permis à ce dernier de faire décoller sa carrière. On retrouve donc dans cette série l’enfance du mangaka au cours des années 80 au Japon. Cette période importante de sa vie nous est décrite avec un incroyable cynisme. Il faut dire que le garçon qu’il était avait tout du perdant. Absolument nul à l’école et n’ayant pas de réel d’aptitude en sport ou en art, cet enfant semblait ne trouver sa place nulle part. La médiocrité n’était même pas son quotidien et emporté par cette spirale infernale, le jeune Rensuke trouva finalement une source de bonheur. Celle-ci prit l’apparence d’une Game & Watch. En effet, sa plongée dans le monde des jeux vidéo se fit particulièrement tôt et lui permit de s’évader et d’oublier son existence où il n’était qu’un élève lambda. A travers ses excursions vidéoludiques, il pouvait partir sauver une princesse en détresse, combattre des démons ou devenir le héros de sa propre histoire.

Malheureusement, la réalité revient très vite à la charge. Son amour des pixels va se confronter aux préjugés, aux regards moqueurs et à son avenir. Devant choisir entre étudier et retourner jouer, son choix fut vite fait. Il n’hésita pas une seconde à consacrer son existence à profiter de ce que les jeux vidéo pouvaient lui offrir. Sa passion va alors lui faire vivre des péripéties incroyables et des situations souvent hilarantes. Qu’il s’agisse d’une console portable, d’un écran de télévision ou d’une salle d’arcade, tout est bon à ses yeux pour oublier ses devoirs et faire une partie en solo ou avec ses quelques amis. Un loser dans la vraie vie, mais qui a trouvé sa voie dans le gaming en étant capable d’obtenir des victoires incroyables et de réaliser n’importe quel exploit. Le jeu vidéo et la réalité sont-ils réellement incompatibles ? Ce ne fut, en tout cas, pas facile tous les jours pour notre adolescent qui ne pouvait concilier les deux. Un voyage qui donne le sourire et qui raconte avec réalisme et humour les joies et les difficultés d’être un gamer à cette période.

Bip-Bip Boy se présente avant tout comme un regroupement d’histoires et de souvenirs de la part du mangaka. Il partage avec nous les épreuves qu’il a rencontrées à travers son désir de jouer. Un quotidien qui peut sembler banal pour certains aujourd’hui, mais qui était source d’aventures mémorables pour un enfant dans les années 80. Une manière de montrer qu’être joueur était loin d’être facile.

Un recueil d’anecdotes efficace

Bip-Bip Boy nous fait suivre notre auteur alors qu’il venait tout juste d’entrer en contact avec l’univers du jeu vidéo. De ce fait, on suit un enchaînement de situations qui ont marqué notre garçon tout au long de ces années d’études. Cela permet de s’imprégner de ce quotidien qui peut rappeler de nombreux souvenirs à ceux qui, comme lui, ont vécu ce type d’évènements. Que ce soit la recherche de l’endroit où sa mère planquait sa console ou bien les rendez-vous à la salle d’arcade, toutes ces petites histoires nous fascinent et nous parlent de par leur simplicité. Quel joueur n’a jamais cherché pendant des heures la cachette où pouvait être sa Gameboy ? Qui ne s’est jamais imaginé être l’un de ces héros de jeux vidéo préférés ? C’est ça qui fait que l’on comprend, s’attache et apprécie cet enfant qui, derrière son attitude parfois agaçante, nous évoque notre propre jeunesse.

De plus, il ne faut pas croire non plus qu’il est seulement question d’un récit sur le gaming pour du gaming. A travers ce média, le mangaka nous raconte aussi certains de ces moments de doute, son caractère parfois idiot, son évolution en grandissant ainsi que l’amitié qu’il a pu créer autour de cette passion. C’est un donc un pur récit sur une existence qui a été grandement symbolisé par un écran, une manette et des heures d’entraînements. On arrive même à ressentir une certaine émotion à travers cette histoire surtout au moment où le jeune garçon devenu adulte décide de revenir dans son ancien quartier. Il y a donc un aspect nostalgie qui a lieu et qui permet de déceler toute la portée et l’importance qu’ont eu toutes ces expériences pour cet auteur. De plus, ce premier tome est aussi un bon moyen d’être témoin du développement de ce milieu qui n’a eu de cesse de progresser et de s’étendre. Un ensemble de pages qui offre une fabuleuse rétrospective de cette industrie et des aventures qu’elle a pu procurer à de nombreux joueurs.

Cependant, Bip-Bip Boy ne serait pas aussi divertissant sans les multiples frasques et délires de Rensuke Oshikiri. Une virée qui parvient à nous faire mourir de rire au fur et à mesure des chapitres. Un humour qui ne se contente pas de jouer sur l’exagération et qui réussit à apporter un très grand nombre d’instants cocasses.

De l’humour à foison

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Un rituel bien connu de l’époque.

Bien évidemment, ce qui rend cette lecture aussi plaisante vient de son aspect comique qui revêt de multiples formes. En effet, on n’est pas uniquement dans de la caricature ou un profond cynisme. Il y a énormément de manière de transmettre un rire ou un sourire et ce premier tome le réussit très bien. Rien que les anecdotes dont on a parlé précédemment sont une source inépuisable de gags et de moments tordants. Bien sûr, on peut aussi compter sur les nombreuses déformations de visages et le faciès de notre joueur invétéré pour provoquer l’hilarité chez nous. Un profond sens de l’autodérision qui permet au mangaka de conter sa propre histoire de façon à retenir notre attention par le rire. On tourne les pages en se demandant sans cesse ce qu’il a bien pu vivre pendant ces années. Il y a aussi le côté personnel qui joue car comme on l’a dit précédemment, on s’imagine nos propres anecdotes afin de voir si l’on a vécu les mêmes expériences que lui.

On se pose alors devant ce livre à observer avec attention les prochaines péripéties de ce garçon qui vivait dans sa bulle. Même les stéréotypes du gamer sont traités ici avec un décalage toujours teinté d’une profonde sincérité. Le fait que l’on arrive aussi bien à sourire et à rire est que tout est abordé même les choses les plus insignifiantes. Ces petits détails jouent grandement sur le plaisir que l’on a de parcourir ces cases et de voir grandir le héros de ce récit. L’autre point qui joue la carte de l’humour vient de l’opposition entre le passé de l’auteur et son présent. De par son métier, il nous montre que cela est maintenant loin derrière lui et qu’il n’a plus forcément le temps de s’adonner à ce loisir. Cependant, il ne faut que quelques secondes pour que le masque tombe et que l’on voit que le joueur reprendre le dessus. Une façon drôle et touchante de dire que cette passion continue d’exister dans son coeur et dans son attitude.

Bip-Bip Boy est une très belle réussite, car il réussit parfaitement à nous transmettre ce qu’il souhaite nous raconter. Ce premier tome est un appel à l’amour de cette industrie qui a permis de vivre un raz-de-marée d’aventures inoubliables. Une série qui évoquera beaucoup de choses à de nombreux lecteurs et qui fera rire un lectorat encore plus grand.

Bip-Bip Boy réveille le gamer en nous

Bip-Bip Boy est loin d’être un manga classique. Il s’agit avant tout de la biographie d’un homme qui était un peu trop passionné. Si l’ensemble de l’œuvre est traité avec une grande dérision, on peut facilement percevoir l’amour de l’auteur pour cette enfance qu’il a vécu. Derrière les visages défigurés de ces garnements se cache un très bel hommage à cette activité qui a ponctué la vie de tant d’enfants. Malgré les quelques excès que l’on peut observer au sein de ces pages, c’est avant tout le récit d’un homme qui était totalement imprégné de cette culture naissante. Tout ceci est couplé à une bonne caricature qui permet d’exagérer certains traits afin de pleinement jouer la carte de l’humour. De plus, c’est aussi une manière d’exprimer à quel point il était possible d’être catalogué par les autres qui ne considéraient les jeux vidéos que comme une perte de temps. Une oeuvre qui possède plusieurs niveaux de lecture permettant à chacun d’apprécier ce récit à sa manière.

C’est donc une belle surprise que nous propose Omaké Manga avec ce tome de Bip-Bip Boy. On recommande avec joie cette aventure littéraire qui nous conte avec brio l’évolution de ces expériences pixelisées qui s’étendaient de plus en plus. Un titre qui peut plaire autant aux amoureux de jeux rétro, d’univers vidéoludique qu’à ceux cherchant juste à rire un bon coup. Une plongée dans le quotidien d’un homme qui cherche juste à nous divertir tout en nous racontant ce qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. On se demande maintenant quelles seront les prochaines anecdotes de notre narrateur. Continuerons-nous de voir l’arrivée de titres emblématiques et leur impact sur toute une génération ? Quelles autres situations surréalistes verrons-nous dans les prochaines pages ? Il va falloir prendre son mal en patience en attendant le retour de ce loser qui a presque toujours eu une manette dans les mains.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre avis ainsi que votre ressenti sur le premier volume de Bip-Bip Boy. Avez-vous été touché par cet hommage au jeu vidéo ? Vous êtes-vous reconnu à travers ce garçon qui rêve en pixels ? Que pensez-vous que le mangaka nous racontera par la suite ? On est très curieux de savoir vos réponses à ces questions. 🙂

© Oshikiri Rensuke / Ohta Shuppan

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