CARNET-DE-VOYAGE-OTAKU-meian-4-2

Carnet de voyage d’un otaku spécial Meian chapitre 4

Au vu des nombreux tomes qui peuvent sortir d’un coup chez un éditeur, on s’est dit qu’il serait grand temps d’ouvrir de nouveau notre carnet de voyage. Une manière pour nous de pouvoir traiter de toutes ces oeuvres intéressantes à travers des analyses concises sur ce qui fait la force de tous ces volumes. On se rend une fois de plus du côté de chez Meian aujourd’hui pour évoquer les très nombreuses lectures qui ont rythmé ces derniers jours. Au programme, six tomes qui ont tous su apporté quelque chose de pertinent à l’ensemble de leur série. Entre une bonne dose de politique, les déboires d’un aventurier mort-vivant, des êtres célestes envahissantes, une défense insoutenable, des samourais contre des démons et une conquête d’un marché particulièrement demandé, on a clairement eu de quoi s’occuper. Un véritable raz-de-marée d’aventures ayant chacune leur manière de nous plonger dans leur histoire et d’enrichir des épopées déjà grandioses. On espère donc que vous êtes prêts pour une virée au sein de nombreux paysages différents, mais ayant tous un charme unique. L’heure est donc venue d’écrire un nouveau chapitre de notre carnet de voyage.

Tombée du ciel tome 5

Tombée du Ciel (Minazuki Suu) Vol. 5

Tombée du ciel, imaginé par Suu Minazuki, nous avait laissé alors que Tomoki continuait de s’efforcer à profiter d’une vie paisible malgré les invitées indésirables qui avaient emménagé chez lui. Si Ikaros était déjà particulièrement problématique pour son rêve de tranquillité, l’apparition de Nymph fut une nouvelle charge pour lui. Alors que cette dernière était en charge de ramener sa congénère dans le monde où elles ont été créées, le résultat fut tout autre. Ne pouvant plus supporter les mauvais traitements subis et le fait de n’être qu’un pion entre les mains de ses créateurs, cette seconde angeloïd s’était attachée aux gens qu’elle avait rencontré pendant son séjour sur Terre. Elle était même prête à se sacrifier afin de protéger Tomoki et ses amis, mais c’est finalement le jeune homme qui lui sauva la vie. La libérant des chaînes qui la retenaient à ses tortionnaires, elle était maintenant libre de faire ses propres choix. Une action bienveillante, mais qui obligea l’adolescent à accueillir une nouvelle pensionnaire chez lui. Son quotidien, où régnerait la paix, semble alors s’éloigner de plus en plus à son grand désarroi. De plus, le festival d’été est de retour et les mauvais souvenirs reviennent le hanter après ce qu’il s’est passé la dernière fois. Outre cela, un étrange sentiment semble aussi envahir Tomoki à force de côtoyer ces deux nouvelles camarades. Il semble avoir une attirance certaines pour elles et veut tout faire pour résister à ses pulsions. Entre catch, entraînement intensif et méditation, ce jeune homme ne va clairement pas avoir le temps de s’ennuyer. Il faut aussi ajouter à cela la possibilité que les seigneurs de cet autre monde puissent décider de repasser à l’attaque. Après tout, cet adolescent a plus d’une fois contrecarrer leurs grands projets. Le futur s’annonce particulièrement mouvementé.

En ce qui concerne ce nouveau volume de Tombée du ciel, on va surtout s’axer sur un aspect plus comique. Si cela pouvait déjà être le cas auparavant, on avait toujours le droit à des moments plus intimes et touchants afin de sublimer cette opposition entre ces créatures non identifiées et le reste de l’humanité. Là on va principalement s’adonner à de l’humour comme la série sait si bien le faire, en tout cas dans la première partie. Plus on avance dans cet ouvrage et plus on va revenir sur cet aspect découverte pour nos deux anges tombés du ciel. L’émotion va donc être au rendez-vous, mais de façon plus personnelle pour ces jeunes filles qui ne connaissent absolument rien à ce que signifie être humain. C’est donc à chaque fois ces personnages qui vont avoir le droit à une évolution captivante, car tout ce qui peut nous sembler ordinaire est une véritable énigme à leurs yeux. On apprécie donc énormément de les voir réfléchir, embêter et se rapprocher de leur hôte et maître. Il y a une légèreté qui se dégage de cette lecture qui est rafraîchissante et permet de temporiser un peu par rapport à tout ce que l’on a pu assimiler ces derniers temps concernant le fil rouge. Ce n’est qu’en s’approchant de la fin de cette escapade que l’on va avoir le droit à une toute nouvelle surprise de taille. Notre jeune homme, rêvant de tranquillité, va ainsi faire une rencontre qui va encore chambouler son parcours de vie. Une manière aussi d’enrichir le lore de cet univers et de nous présenter quelques spécificités et caractéristiques importantes concernant ces invitées venues d’une autre dimension. Il en ressort donc une lecture agréable et drôle qui est parfaite pour se changer les idées. Un peu de réconfort où l’on se laisse bercer par les idioties incessantes de ce héros qui ne peut jamais tenir en place.

© 2007 Minazuki Suu, Kadokawa Shoten

Baltzar tome 7

Baltzar - La guerre dans le sang Vol. 7 - Meian

Baltzar, imaginé par Nakajima Michitsune, s’était arrêté alors que la rencontre au sommet entre les différentes nations du continent avait mal tournée. En effet, le regroupement de tous ces hommes de pouvoirs au sein d’Erzreich était une aubaine pour ceux désireux de faire perdurer les conflits rongeant ce monde. Une tentative d’assassinat fut alors tenté pour se débarrasser du souverain de Weiben, mais celle-ci fut avortée grâce à l’intervention des jeunes recrues du Baselland. Malgré cette mise en échec, cela avait entraîné la fin de cette rencontre et les tensions étaient donc toujours aussi vives entre les différents voisins. C’est à ce moment précis que Baltzar fut abordé par une vieille connaissance. Liebknecht, son ancien frère d’armes ayant tenté un coup d’état, se rapprocha de lui afin de l’inviter à une entrevue secrète. A la fois curieux et inquiet de ce que pouvait organiser cet homme toujours méticuleux et rusé comme un renard, l’officier décida d’accepter. C’était une aubaine pour lui de récolter un maximum d’informations afin de contrecarrer les plans qui viendraient mettre un frein à sa propre mission. Cependant, rien ne l’avait préparé à une telle surprise au moment où il arriva au coeur d’une serre particulièrement bien gardée. A l’intérieur, il se retrouva nez à nez avec le prince Theodore et aussi l’Impératrice. Deux grandes figures du continent et qui se trouvent être étroitement liées. C’est la suzeraine qui est derrière cette rencontre et souhaite demander un service à Baltzar. Son objectif est que chaque prince du Baselland épouse une princesse d’un pays voisin afin d’assurer le statu quo. Elle compte donc sur son invitée pour convaincre le prince August du bienfait d’un tel geste. S’il sait déjà qu’une telle tâche est quasiment impossible à réaliser, il ignore totalement que tout cela va l’entraîner sur une pente glissante où l’avenir de tout un pays va entrer en jeu.

Encore une fois, l’auteur nous montre à quel point il maîtrise son sujet. On fait face à un volume particulièrement dense, à l’image de nos précédentes péripéties, mais qui va aussi apporter de nombreux bouleversements. Autant le dire tout de suite, ce tome est absolument incroyable en matière de rebondissements ainsi que d’incertitudes. En lisant ces quelques pages, on se demande comment tout cela va finir et si le malheur va s’abattre sur tous ces personnages que l’on a appris à apprécié. Tout ici n’est que manipulation, enjeux politiques et complots afin de tirer le meilleur des plus faibles qui ne peuvent que s’entredéchirer. Plus les minutes passent et plus on ressent en notre for intérieur que l’on se dirige vers un conflit inévitable qui causera la perte de nombreuses âmes. S’il y a beaucoup d’échanges, de dialogues et d’informations, cela est nécessaire afin que l’on puisse poser un tout autre regard sur ce monde que l’on observe. Les surprises s’enchaînent et l’on a même le droit à une histoire absolument titanesque qui remet en cause bon nombre d’éléments que l’on pensait acquis. Il y a aussi, au sein de ce passage, un très intéressant message sur l’opposition qui existe entre un régime conservateur et l’innovation que souhaitait apporter Baltzar. La lutte qui se joue devant nous est alors autant importante sur le plan politique que sur le fait de prouver quelle est la meilleure manière de mener une guerre. On a réellement le sentiment d’être impuissant au vu de tout ce qui se passe et que tous ces gens que l’on suit ne sont en réalité que des marionnettes sous les ordres des véritables dirigeants de ce monde. L’hostilité se fait plus présente et contribue alors à nourrir notre immersion dans ce récit où tout semble nous conduire à un dénouement tragique. Une lecture qui nous laisse, une fois la dernière page tournée, avec un sentiment incroyable où l’on craint pour ces compagnons que l’on a si longuement suivi. Sans nul doute l’un des tomes les plus soignés depuis le début de la licence.

© 2011 Nakajima Michitsune, Shinchosha

The Unwanted Undead Adventurer tome 2

The Unwanted Undead Adventurer Vol. 2-Meian

The Unwanted Undead Adventurer, scénarisé par Yu Okano et dessiné par Haiji Nakasone, s’était arrêté alors que l’on avait fait plus ample connaissance avec Lendt. Cet aventurier malchanceux ne désirait que monter en grade et avait tout fait pour pouvoir y arriver. Malheureusement, ses capacités limitées et sa force physique peu développée l’avait cantonnée pendant des années à rester au stade où il en était en s’inscrivant à la guilde. Comme un problème n’arrive jamais seul, sa dernière escapade dans son donjon de prédilection lui fut fatale. C’est en effet en croisant la route d’un immense dragon, créature ne devant pas être présente entre ces murs, qu’il perdit la vie en un claquement de doigts. Pensant que tout cela signifiait la fin pour lui, il s’était déjà résigné à la mort. Enfin, c’était avant qu’il se réveille et découvre avec stupeur qu’il était encore fortement ancré dans le monde des mortels, mais sous une enveloppe bien singulière. Devenu un simple squelette, il s’était transformé en ce qu’il avait tant combattu. Cependant, le fait de devenir un démon lui offrait peut-être une chance de retrouver son ancienne vie grâce à l’évolution substantielle. Il passa donc un long moment à terrasser ses congénères mort-vivants au sein de cette bâtisse afin d’accumuler suffisamment de mana pour pouvoir changer de forme. Le résultat ne se fit pas prier en le faisant se changer en une goule. Ressemblant plus à un homme et grâce à une rencontre fortuite, il put avoir la chance de retrouver la civilisation en dissimulant ses traits déformés. Cherchant à tout prix à retrouver son humanité, un autre désir ne cessait de l’envahir. Il souhaitait absolument savoir comment un dragon avait pu apparaître dans un lieu réservé aux débutants. Cependant, ses recherches pourraient bien le conduire à découvrir une toute nouvelle facette de ces ruines qu’il pensait connaître sur le bout des doigts. Lendt est encore loin d’avoir tout vu et risque fort d’être surpris !

Ce second volume de The Unwanted Undead Adventurer va être le digne prolongement de ce que l’on a pu voir dans le premier. Le point qui est très intéressant est de voir à quel point notre aventurier mort-vivant parvient à se débrouiller avec son nouveau corps. En effet, lui qui stagnait en tant qu’humain a fini par acquérir des capacités bien plus puissantes après avoir fait le grand voyage. Outre cela, on va aussi obtenir de nombreuses informations qui vont autant enrichir l’histoire de certains personnages qu’étoffer les règles régissant ce monde et plus particulièrement l’évolution substantielle. En découvrant tous ces aspects, on ne peut qu’être émerveillé devant toutes les possibilités que pourrait proposer ce récit. C’est à travers des petits détails pouvant sembler insignifiants au premier abord que l’on comprend que rien n’est laissé au hasard. Chaque artefact, chaque arme, chaque ennemi peuvent totalement transformer l’expérience vécue par notre ami. On va ainsi s’axer bien plus ici sur le potentiel de Lendt dans sa nouvelle forme ainsi que sur l’exploration de ce fameux donjon qui semble cacher encore bien des secrets. Le fait d’ajouter du mystère à une zone censée être sûre permet ainsi de créer une menace surprenante, mais aussi d’éveiller en nous le sentiment d’aventure. Chaque information obtenue devient alors une récompense en soi et on se demande donc ce qui peut bien se cacher derrière toutes ces zones qui n’ont pas encore été visitées. Si le rythme s’accélère un tant soit peu, on apprécie vraiment cette lenteur qui caractérise le récit. Cela n’a absolument rien de péjoratif étant donné tout ce que l’on doit assimiler au sein de cet univers grandiose. Les spécificités et les règles présentées sont captivantes, car elles sont autant une fenêtre ouverte sur de multiples avenirs possibles qu’une preuve tangible de l’imagination de l’auteur qui a su donner naissance à un environnement débordant de vie et d’histoires. Une lecture tout simplement dépaysante.

© 2017 Okano Yuu / Nakasone Haiji, OVERLAP

Les 7 Ninjas d’Efu tome 7

Les 7 Ninjas d'Efu - Meian

Les 7 Ninjas d’Efu, imaginé par Takayuki Yamaguchi, s’était stoppé alors que l’on faisait la connaissance de Sôji Okita. Ce légendaire membre du Shinsengumi de la fin du Bakufu était reconnu pour son talent à l’épée. Alors qu’il s’attelait à ses tâches quotidiennes, il fut soudainement envoyé dans le passé. Sans comprendre la raison de ce voyage dans le temps, le voilà à faire face à des gens qui ont écrit l’histoire et ont motivé sa vocation. Si les premières journées s’avèrent bien difficiles pour lui, il va finir peu à peu à trouver sa place dans la ville d’Edo. Grâce à ses compétences en tant que samouraï, il fut tout désigné pour enseigner au sein d’un dojo et finit même par trouver un foyer où il se sente bien. Son objectif n’est même pas de retourner à son époque, mais de continuer à suivre son serment dans ce passé où il peut croiser l’homme qui a engendré le futur d’où il vient. D’ailleurs, son katana ne sera pas de trop au vu de ce qui est en train de se passer au sein de cette ville. En effet, le démon tueur de Hatamoto fait des ravages depuis quelque temps. La rumeur dirait même qu’il y aurait deux monstres qui s’en prendraient à des personnes innocentes. Une confrontation sans précédent est sur le point d’avoir lieu au sein de ces rues et Okita pourrait bien y jouer un rôle crucial. Les légendes du sabre s’apprêtent à affronter des êtres surnaturels où il faudra redoubler d’efforts pour espérer survivre. Cependant, la paix et la justice sont-elles vraiment du côté de ceux qui dégainent leur arme ? La bataille qui se prépare au loin pourrait bien démontrer les injustices propres à ce monde et qui aura donné naissance à des êtres vengeurs. Les crocs sortent tandis que le loup se rapproche de sa proie. Reste à savoir maintenant qui sera vraiment le prédateur entre les deux camps qui attendent le bon moment pour frapper.

Quand on s’attarde un peu plus sur ce septième volume on se rend compte de petits éléments très intéressants. Tout d’abord, comme la plupart des précédents tomes, l’histoire n’a pour l’instant aucun lien avec les précédents shinobis que l’on a pu rencontrer. Les 7 Ninjas d’Efu continue donc de se concentrer sur la présentation des divers protagonistes et cela ne concerne pas uniquement les hommes et femmes désireuses de se venger. Bien au contraire, on peut relever que depuis quelques chapitres l’auteur souhaite aussi nous présenter des guerriers du camp adverse pouvant être une sérieuse menace à l’objectif de nos amis démoniaques. A l’aide d’artefacts surpuissants et de leurs compétences respectives, chacun nous démontre qu’il peut rivaliser avec ces adversaires venus tout droit des enfers. C’était le cas pour Musashi et c’est pareil ici avec Okita. Ils sont avant tout motivés par leurs propres principes et cela va donc à contrario de l’image très néfaste que l’on pouvait avoir des hommes sous les ordres de Tokugawa. Une sorte de lueur au sein de toute cette noirceur permettant ainsi d’ajouter une plus grande profondeur aux affrontements que l’on observe. Ce n’est plus tant une question de bien ou de mal, mais plutôt une lutte entre des idéaux diamétralement opposés. On a donc beaucoup plus de mal à choisir qui l’on veut soutenir étant donné que chacun se bat pour ce qu’il croit juste. De ce fait, il y a une certaine grandeur qui se dégage des combats qu’il n’y avait pas forcément avant et permet donc d’ajouter une dimension encore plus tragique. Il y a autant du bon et du mauvais des deux côtés. En plus, on a aussi le droit à des duels toujours aussi épiques et surréalistes où l’homme devient presque une machine pour pouvoir contrer des démons aux techniques infernales. Un bon divertissement qui s’enrichit à travers de nouvelles facettes pertinentes.

© 2015 Yamaguchi Takayuki, Akita Shoten

Angolmois tome 6

Angolmois Vol. 6 - meian

Angolmois, imaginé par Nanahiko Takagi, s’était arrêté alors que nos réfugiés venaient tout juste de nouer une alliance avec les Purificateurs. Après avoir échappé pendant des jours entiers aux patrouilles mongoles et combattu vaillamment, ces hommes et femmes pouvaient enfin souffler un peu. Leur nombre avait grandement diminué et tout ce qu’ils souhaitaient à présent étaient de pouvoir se reposer. Même si Jinzaburô est loin d’avoir une totale confiance en leurs hôtes, force est de reconnaître qu’ils ont été là pour les aider. Une entraide mutuelle ne pouvait donc qu’être bénéfique pour les deux camps surtout au vu de l’implacable armée qui avait envahi ces terres. Cette nouvelle coalition se retrancha donc dans le château de Kaneda qui servait autrefois de base aux gardiens de l’île et qui serait donc le dernier rempart pour protéger Tsushima de l’envahisseur. Malheureusement, ses défenses étaient loin d’êtres dignes d’autrefois, le temps ayant fait son oeuvre. En plus de ça, ils étaient trop peu nombreux pour pouvoir couvrir l’ensemble du périmètre. La seule solution qui se tenait devant eux était de garder la tête baissée pour l’instant jusqu’à ce que les renforts du Japon viennent enfin à leur rescousse. Se préparant à effectuer une contre-attaque, l’ensemble des forces présentes dans cette enceinte était en mouvement. Mais que peuvent bien faire si peu de soldats face à des troupes aussi aguerries ? En plus, les Mongols peuvent aussi faire preuve de subtilité et même de clémence envers ceux qui acceptent leur toute-puissance. L’idée de survivre en rejoignant le camp adverse peut alors devenir la plus puissante des motivations même si cela implique de trahir ses camarades. Un nouveau chapitre de cette guerre s’apprête à s’écrire et il n’y a plus qu’à espérer que cela ne soit pas le dernier. Quoi qu’il arrive, celui-ci s’écrira dans le sang de ceux qui joncheront le sol lors de la prochaine bataille.

Ce sixième volume d’Angolmois va approfondir un peu plus tous les aspects propres à cette guerre. En amenant nos amis à se confronter à un adversaire capable de tout, ils vont devoir redoubler d’efforts, mais aussi de vigilance pour ne pas se faire avoir. Ainsi, il est remarquable d’avoir fait naître une menace qui ne vient pas des Mongols, mais bel et bien de l’intérieur. Une manière de montrer que tout peut arriver sur le champ de bataille et que même la loyauté et l’honneur peuvent aisément disparaître une fois que l’on est au pied du mur. On est donc plongé dans les incertitudes de certains qui sentent que cette guerre est déjà pliée et préfèrent donc se tourner vers ceux qui leur laisseraient une chance de survivre. Si la plupart de nos camarades sont motivés par l’envie de protéger les innocents, cette lecture va aussi nous présenter des gens qui souhaitent juste survivre. Une volonté compréhensible, mais qui peut pousser à faire des choix pouvant sembler effroyables. En plus de ça, le mangaka va aussi se servir de cet élément central pour aussi nous en apprendre un peu plus sur la culture propre à ces envahisseurs et ainsi continuer de nourrir cet aspect instructif propre à ce manga. En tant que témoin privilégié de ce qu’il se passe, on voit alors tout ce qui est en train de se préparer et cela ne fait que renforcer l’inquiétude que l’on a pour ces habitants ne cherchant qu’à vivre en paix. Une fois de plus, il est avant tout question ici de tenir dans l’espoir de voir un jour des renforts venir les sauver. Les stratagèmes sont donc encore une fois nombreux et montrent qu’une bonne tactique composée de quelques soldats peut venir troubler la plus redoutable des armées. Deux manières totalement différentes de se battre et qui apportent encore plus d’intensité à cette confrontation déjà grandiose.

© 2013 Takagi Nanahiko, Kadokawa Shoten

Jormungand tome 8

Jormungand Vol. 8 - Meian

Jormungand, imaginé par Keitarô Takahashi, s’était arrêté alors que le groupe de Koko venait de subir un terrible assaut de la part d’un agent de la CIA ayant décidé de la jouer en solo. C’est durant toute cette confrontation que certaines vérités éclatèrent au grand jour. R se révéla être un agent infiltré de l’agence adverse envoyé par le mystérieux Bookman pour garder un oeil sur sa nouvelle patronne. Il devait surveiller cette dernière afin de mesurer si elle pourrait devenir une menace importante qu’il faudrait éradiquer ou bien s’il était possible de profiter de ses contacts. Cette mission avait été organisée dans le cadre du projet Undershaft ayant pour but d’amadouer la jeune Koko Hekmatyar. Malheureusement, les événements qui suivirent ne furent pas vraiment idéaux pour aller dans ce sens. R mourut en protégeant sa patronne qui eut beaucoup de mal à encaisser cette perte. Elle qui ne cessait de sourire et d’être espiègle même dans les situations périlleuses montrait à présent une mine bien plus sombre. Le monstre s’était sans doute réveillé et ce fut l’instigatrice de cet assaut qui en subit les conséquences. La conclusion de ce conflit démontra que derrière ses allures de jeunes filles se cache un démon qu’il ne vaut mieux pas chercher sous peine de disparaître en un claquement de doigts. A présent, le calme est revenu, mais le coeur de Koko est toujours meurtri par ce sacrifice qu’elle ne désirait pas. Malheureusement, le temps des larmes n’est plus, car une marchande d’armes ne devrait jamais montrer le moindre signe de faiblesse. C’est encore plus vrai lorsque cette dernière reçoit une demande bien particulière de son frère qui est loin d’être un saint. Que réserve l’avenir à ce groupe qui ne cesse de flirter avec la mort ? Ce qui est sûr, c’est que le sifflement des balles n’a pas fini de résonner en ce monde où tout peut se décider d’une simple pression sur la gâchette.

Si l’on avait grandement apprécié notre précédente excursion dans Jormungand, cette nouvelle virée va être intéressante à de nombreuses reprises. Ce qui va tout d’abord nous marquer est le fait que l’on va s’attarder un peu plus sur le frère de Koko et aussi entrevoir donc toute la puissance de cette famille que rien ne semble pouvoir arrêter. En plus de tout ça, l’auteur prend un malin plaisir à faire briller à chaque fois un des membres de l’équipe afin que l’on puisse entrevoir un peu plus son passé et s’attacher à lui par la même occasion. Ce qui est fort, c’est que suite au décès de R, il n’y a plus cette aura d’invulnérabilité qui semblait entourer nos amis. Depuis le début de la série, on ne cesse de les voir se sortir des pires situations possibles sans avoir eu à subir la moindre perte. On en venait même à imaginer que rien ne pourrait être assez fort pour les vaincre. Cependant, l’auteur a su nous surprendre dans le précédent volume avec cette disparition. Cela va avoir des répercussions sur notre lecture de cette suite où le souvenir de R hante encore notre esprit. Chaque mission devient alors plus étouffante et oppressante, car on sait maintenant qu’ils sont tous humains et peuvent succomber à leurs blessures. La tension est donc constante et on aborde plus du tout l’histoire de la même manière. Un brillant coup joué par le mangaka qui va ainsi changer drastiquement l’ambiance de son oeuvre. Une preuve suffisante que Keitarô Takahashi sait parfaitement comment jouer avec son lectorat pour notre plus grand plaisir. En dehors de ça, ce nouvel acte va surtout continuer de faire planer le doute entre ce que nous montre Koko et ce qu’elle cache au plus profond d’elle. En ayant vu de quoi elle était capable, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine crainte envers elle alors qu’auparavant on riait en la voyant agir à sa sauce. Des personnages qui se complexifient au cours d’une aventure toujours haletante.

© 2006 Takahashi Keitaro, Shogakukan

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