Les Chroniques d'Azfaréo-Vol.-1-1

Les Chroniques d’Azfaréo tome 1 et 2 : savoir trouver sa place

Cette semaine est sous le signe de la nouveauté concernant nos chroniques au vu de tout ce que l’on a pu découvrir récemment. Alors que l’on s’est jeté pleinement dans toutes ces lectures qui nous faisaient de l’oeil, il y a un titre qui a su se démarquer de par son mélange de douceur, fantasy et de réflexion. Une saga venant de faire ses premiers pas au sein du catalogue d’Akata. Vous l’aurez compris, aujourd’hui on va parler des Chroniques d’Azfaréo dont les deux premiers volumes sont arrivés il y a peu. Il faut savoir que l’on s’est lancé dans cette aventure inédite sans vraiment savoir dans quoi on s’embarquait. Captivé par la couverture et toujours désireux de vivre de nouvelles épopées littéraires, il n’aura pas fallu longtemps pour que l’on craque et que l’on dévore ces deux tomes. Cette saga a rapidement fait preuve d’une délicatesse incroyable de par son récit, mais aussi ses personnages qui nous touchent profondément et vont aussi apporter un message très intéressant. Une oeuvre qui sait comment allier beauté et poésie à chaque case. L’heure est donc venue d’aller s’occuper d’un dragon pas comme les autres.

Un devoir complexe

Chroniques d'Azfaréo - Rukul

Un devoir sacré.

Les Chroniques d’Azfaréo, imaginé par Shiki Chitose, nous plonge dans un monde de fantasy et plus principalement dans le royaume d’Azfaréo. Il est dit que ces terres sont sous la protection d’un puissant dragon bleu dont les bienfaits sont rythmés par son caractère. La pluie est alors symbole de colère de sa part tandis qu’un soleil resplendissant symboliserait le calme de la créature. Il est donc vital pour les habitants que leur protecteur soit dans les meilleures dispositions possibles afin de continuer à transmettre son influence sur eux. Après tout, c’est de lui que dépendent en grande partie tout ce qui touche à l’agriculture. Malheureusement, cela fait maintenant un moment que la pluie n’est pas tombée et les récoltes se font de plus en plus rares. La sécheresse guette l’ensemble du pays et l’équilibre semble donc grandement menacé. Dans l’esprit de tous, un constat semble naître. Est-ce que le pouvoir du dragon serait en train de faiblir ? La fin de cette créature serait une véritable catastrophe et il fut donc décidé de choisir une demoiselle afin de pouvoir s’occuper de celui-ci pour espérer soulager son fardeau. Si ce devoir semble être important et prestigieux, toutes les prétendantes ont fini par fuir en se tenant devant l’impressionnante carrure de cet être légendaire.

Malgré tous ces déboires, il semble hors de question de laisser le dragon bleu sans la moindre surveillance. C’est finalement l’arrivée de Rukul qui risque de changer la donne. Cette jeune fille provient d’un village lointain où sa famille n’a eu de cesse de servir en tant qu’herboriste et ainsi s’occuper des maux de leurs voisins. Si cela semble être une véritable bénédiction du ciel, cette demoiselle va s’avérer n’avoir que très peu confiance en elle. Ayant toujours grandi dans l’ombre de sa soeur, celle-ci passe son temps à hésiter sur le meilleur remède possible. Des bourdes et erreurs qui lui ont donné l’impression d’être exclue et de n’avoir sa place nulle part. Cependant, c’est devant son nouveau patient qu’elle pourrait bien avoir une illumination. Face à cette créature que tout le monde craint et vénère, elle sent autre chose. Sa place pourrait bien se trouver face à cette bête légendaire à essayer de faire de son mieux pour le satisfaire. Cependant, ce nouveau quotidien risque fort aussi de lui faire découvrir des vérités qui pourraient changer à jamais le destin de ce royaume. Une mission qu’elle est la seule à pouvoir accomplir et qui joue un grand rôle pour l’avenir de cette contrée dont les habitants sont bien loin de se douter de ce qui se cache réellement au coeur du palais royal.

Les Chroniques d’Azfaréo, en plus de nous proposer un synopsis intrigant, va grandement se démarquer par le lien qui va naître entre les deux principaux acteurs de cette pièce. C’est en observant les échanges entre ce dragon majestueux et cette jeune servante que l’on va être ébloui tout au long de notre voyage. Chaque échange est pensé de manière à nous faire ressentir une profonde empathie pour eux et surtout de vouloir voir jusqu’où pourrait aller leur relation. Un manga qui mise grandement sur cette alliance entre les émotions humaines et le devoir d’un être céleste.

Une relation efficace

Si l’on veut bien aborder ces deux premiers volumes des Chroniques d’Azfaréo, il est important de souligner l’élément central du récit à savoir le lien qui naît entre nos deux protagonistes. S’il n’est pas rare de voir deux êtres totalement différents venant finalement à se rapprocher, il y a quelque chose de particulier dans cette série. En plus de sentir cette relation se nouer, on ne peut s’empêcher de voir dans tous ces échanges une manière pour eux de se tirer vers le haut. En effet, s’ils n’ont rien en commun, ils partagent tout de même un élément qui les unit. Celui-ci n’est autre que la solitude. D’un côté nous avons le dragon bienfaiteur qui est cantonné à ses appartements et ne croise donc que peu de monde. De l’autre, nous avons une demoiselle qui ne sait pas du tout où est sa place et se sent exclue par l’ensemble de son entourage à cause de ses gaffes. C’est finalement en se rencontrant qu’ils vont briser cette malédiction qu’ils partagent et ainsi réussir à trouver un interlocuteur acceptant de les écouter. Il n’y a donc pas vraiment d’histoire d’amour au départ, même si l’on peut ressentir quelques petits élans d’affection par moment. Ce qui est vraiment intéressant est de voir à quel point ce duo parvient à illuminer ce voyage à force de se côtoyer constamment.

En réalité, on pourrait presque dire que ces deux âmes n’attendaient que d’être réunis pour pouvoir enfin comprendre ce que c’est que le bonheur. Une alliance qui va permettre à ces deux prisonniers de la vie de pouvoir enfin s’épanouir au milieu de toute cette tourmente. Outre cela, il est important de noter que ces deux protagonistes ne se voient pas tant comme les personnes qu’ils doivent être. La jeune fille a beau avoir un dragon devant ses yeux, elle ne ressent nullement la peur et prend soin de lui comme si c’était une personne qui lui était chère. C’est pareil dans l’autre sens étant donné que la créature mythique va peu à peu s’ouvrir à sa nouvelle camarade et ainsi dévoiler ce qu’il a sur le coeur. On est donc face à une relation efficace, pertinente et qui apporte énormément au développement de chacun d’eux. Ce n’est donc pas une question de simple romance qui est fait allusion au sein de ces pages, mais d’un lien puissant et pourtant encore fragile qui réussit à offrir un sourire à ces deux âmes qui s’étaient résignés à leur triste sort. En tout cas, il y a une telle sincérité et honnêteté qui se dégage de ce tandem que l’on ne peut qu’avoir envie de leur souhaiter le meilleur. Une sympathie qui se renforce à chaque case et nous implique totalement dans ce récit très humain au-delà de l’aspect fantasy.

L’autre point très important sur lequel va se démarquer Les Chroniques d’Azfaréo est sur le sujet qu’il souhaite traiter. En effet, à travers ces deux premiers volumes le mangaka va parvenir à mettre en avant une thématique pertinente pouvant tout à fait parler à n’importe qui. C’est en mettant en scène ce récit fantastique que l’on va pouvoir découvrir un message très profond sur le fait de pouvoir trouver sa voie dans un monde où l’on a la sensation de ne pas avoir sa place. Derrière le fait de vouloir aider les autres, c’est avant tout une quête pour trouver l’endroit que cette jeune fille pourrait appeler son foyer.

L’évolution au coeur du récit

Chroniques d'Azfaréo - foyer

Une bien belle image.

Voilà une notion très importante qui va grandement rythmer notre parcours au sein de ces deux volumes des Chroniques d’Azfaréo. Lorsque l’on parle d’évolution, il ne s’agit pas de transformation, mais plutôt d’apprentissage pour nos personnages principaux. Il n’y a qu’à prendre l’exemple de Rukul pour voir à quel point cette dernière va avoir grandement changé entre ses débuts et le moment où on l’a laissé. Comme dit un peu plus haut, elle est présentée comme une jeune fille timide, maladroite et n’ayant que très peu confiance en elle. Un caractère qui ne cesse de la ronger de l’intérieur en lui faisant se poser de nombreuses questions sur la raison de sa venue au monde. On sent qu’elle souhaite bien faire et cela nous pousse à vouloir l’encourager. C’est alors que l’on va assister à une prise de conscience de sa part au fil des pages et toute cette inquiétude se met peu à peu à s’estomper. Une manière de montrer que parfois l’appréhension pousse à voir ce qui n’a pas lieu d’être, mais aussi de montrer qu’il y a toujours une place pour nous dans le monde. C’est donc au fil de ses expériences, ses échecs, mais aussi ses succès qu’elle va s’améliorer et surtout changer sa vision des choses. Le fait de réussir à exprimer cela à travers deux lectures est impressionnant, car tout est parfaitement condensé.

Le rythme n’en est alors que plus haletant et l’on est subjugué de voir cette jeune fille retrouver enfin le sourire après tant de doutes. Une évolution aussi douce qu’attendrissante qui souligne à merveille la volonté de l’auteur d’insuffler de la joie dans son oeuvre. Cependant, ce constat peut aussi se faire concernant notre cher ami le dragon. Si l’on évitera de révéler certains secrets le concernant, il faut comprendre que ce dernier s’est toujours habitué à sa petite cage dorée. Acceptant son rôle avec le plus grand sérieux qui soit, il n’a jamais pu profiter de la joie qui peut animer le peuple dont il a la charge. C’est finalement en entrant en contact avec cette servante qu’il va peu à peu ouvrir les yeux sur le fait que le monde est bien plus grand que ce qu’il peut voir depuis sa pièce. Une manière pour lui de mieux comprendre ce qui l’entoure et surtout de ne pas uniquement porter son regard sur le bonheur d’autrui, mais aussi sur sa propre existence. Il va alors découvrir des sentiments qu’il n’aurait jamais pensé connaître et ainsi grandir un peu plus tout en continuant de se questionner. Ce manga est donc autant un divertissement réussi qu’une belle leçon de vie où certaines rencontres peuvent totalement nous changer. Un petit coup de pouce qui permet alors de pouvoir enfin libérer ses ailes et ainsi prendre son envol.

Les Chroniques d’Azfaréo est donc un manga qui change drastiquement de tous ces récits misant absolument sur l’action. Rien qu’en étant au contact de ce duo atypique, on ne peut que ressentir une profonde joie en contemplant chacune de leurs interactions. On est alors autant curieux de voir comment cela va évoluer que captiver par ce monde qui se dévoile peu à peu devant nous. Un univers d’une grande richesse où les dragons sont bienveillants et où une jeune femme pourrait bien avoir trouvé la place qui est la sienne sur ces terres aussi sublimes que dangereuses.

Les Chroniques d’Azfaréo débute son règne

Les Chroniques d’Azfaréo réussit, à travers le récit de ces deux personnages, à nous émouvoir et surtout à nous donner envie de connaître la suite. Comme pour beaucoup de séries, il est pertinent d’avoir eu le droit directement aux deux premiers volumes afin de permettre de poser pleinement les bases de cet univers. Cela a autant permis de s’attacher un peu plus à Rukul et au dragon que de poser un regard sur ce qui anime ce monde. Les récits autour de ces créatures légendaires ont beau être légion, cela n’empêche pas cette série de réussir à se différencier de par les thèmes abordés et surtout la tendresse qui se dégage de cette relation que l’on voit éclore. C’est un pur plaisir que de voir ces acteurs et actrices faire de leur mieux pour trouver le lieu qu’ils pourraient appeler leur foyer et surtout de grandir au fil des épreuves. Outre tout cela, l’auteur met aussi un point d’honneur à ce que l’environnement dans lequel on évolue s’étende au fur et à mesure que nos nouveaux amis s’ouvrent l’un à l’autre. Une petite douceur qui fait du bien et parvient à transmettre énormément de sincérité de par toutes ces petites attentions que l’on peut contempler. En tant que lecteur, on se dit alors que l’on a envie de voir jusqu’où ira leur histoire.

C’est donc avec beaucoup de joie que l’on recommande ce récit qui parvient aisément à nous toucher et surtout à donner naissance à des individus profondément humains. Si vous aimez les récits fantastiques où les liens ont une importance capitale alors vous devriez apprécier Les Chroniques d’Azfaréo. En plus de jouer parfaitement la carte des relations humaines même à travers un récit fantastique, le mangaka n’hésite pas aussi à parsemer son oeuvre d’autres mystères intéressants. On termine donc ces deux ouvrages en se posant de multiples questions concernant autant l’avenir de nos héros que tout ce qu’il peut se cacher au-delà des murs de cette cité. Un subtil mélange entre secrets, romance, amitié et surtout développement de soi qui sublime l’éclat de ce diamant venant tout juste d’être polie. A présent, on pose notre regard vers l’horizon en réfléchissant à tout ce qu’il nous reste à découvrir. Est-il possible pour le dragon de pouvoir dire adieu à ses obligations ? Rukul pourra-t-elle rester au service de cette entité suprême pour toujours ? Que se passe-t-il dans les coulisses de ce monde ? Pourrait-il y avoir un gros bouleversement à venir ? Seul le temps pourra répondre à toutes ces interrogations.

N’hésitez pas à nous partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ces deux premiers volumes des Chroniques d’Azfaréo. Avez-vous apprécié la délicatesse dont fait preuve l’auteur tout au long de son conte ? Pensez-vous que l’on pourrait voir la relation entre nos deux protagonistes évoluer au fil des tomes ? Appréciez-vous l’alchimie qui se dégage entre ces deux êtres ? Croyez-vous qu’il soit possible pour eux de rester ensemble malgré la situation qui accable cet homme ? Qu’attendez-vous pour la suite de cette licence ? On reste à votre disposition pour pouvoir échanger, discuter et débattre autour de ce sujet. 🙂

© 2016 Chitose Shiki, Hakusensha

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