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Saros : les pires démons sont en nous

En ce moment, je suis très content de pouvoir vous proposer tout un tas de chroniques autour du gaming. Il faut dire que j’ai repris énormément goût au médium et surtout à me lancer à corps perdu dans un tas de nouvelles aventures. Et je me suis dit que je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin en continuant de vous proposer des articles où je vous parle de mon retour sur ces diverses expériences vidéoludiques. Cette fois, on se tourne vers la première grosse exclusivité de l’année du côté de chez PlayStation avec Saros. Développé par le studio Housemarque, à qui l’on devait le très bon Returnal, ce titre avait su éveiller ma curiosité dès son annonce. On pouvait clairement retrouver une atmosphère assez proche de la précédente production du studio tout en parvenant à se créer une identité qui lui est propre. J’ai donc fini par craquer et je me suis aventuré sur la planète Carcosa, promesse d’un avenir meilleur, qui va s’avérer être un véritable enfer. Après plus d’une trentaine d’heures, j’ai finalement fini le jeu et débloqué le platine. Et je dois dire que j’ai beaucoup de choses à évoquer concernant cette épopée futuriste qui respire le savoir-faire de ces développeurs. Soyez prêts à me suivre direction la rive jaune !

Gameplay : un plaisir à maîtriser

La première chose qui m’a tout de suite conquis avec Saros, c’est son gameplay. On retrouve ce qui faisait l’une des forces de Returnal, mais encore plus perfectionné. C’est simple, j’ai pris un plaisir fou à prendre en main ce système propre au roguelike et dont l’expérience change à chaque nouvelle arme trouvée où les reliques récupérées. Il y a une belle diversité dans ce domaine qui fait que l’on peut progressivement se construire son petit équipement idéal ou bien tester tout un tas de combinaisons possibles. De plus, le jeu se veut nerveux comme il faut sans que ça ne soit difficile à suivre. Au contraire, tout est particulièrement fluide et on s’éclate à enchaîner les dashs, à utiliser notre bouclier pour se protéger de certains tirs et à déchaîner les tirs. Il y a un vrai sens de l’improvisation qui s’exprime à chaque nouvelle expédition que l’on effectue sur cette planète et c’est tout bonnement grisant manette en main. Un pur plaisir et ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps dans ce type d’aventure. Et au-delà de ça, le jeu va aussi, et c’est ce qui a fait aussi pas mal débat, énormément d’éléments pouvant faciliter notre périple. Là où Returnal pouvait se montrer exigeant à chaque run et nous poussait à nous surpasser, Saros décide de proposer une autre expérience bien plus accessible. Et ce n’est pas du tout une mauvaise chose, car il est autant possible de rendre le jeu plus difficile que plus facile. En effet, à un moment du titre, on peut ajouter des bonus ou malus qui vont grandement affecter notre périple. Cela laisse le choix au joueur de faire en fonction de ce qu’il veut et ainsi ouvrir ce voyage à plus de gens. Surtout que ça apporte encore plus d’éléments de personnalisation tout en donnant aussi la possibilité d’améliorer ses capacités à chaque fois que l’on meurt ou que l’on revient à la base. Il faut donc comprendre que contrairement à Returnal qui était vraiment dans cette optique de Die & Retry, Saros part sur une autre voie où chaque mort n’est pas une défaite, mais une nouvelle chance de se perfectionner pour aller plus loin. Et ça fonctionne parfaitement selon moi.

Saros - ennemi


Scénario : faire attention à chaque détail

Tout comme la précédente œuvre de Housemarque, Saros fait partie de cette catégorie de jeu qui se veut volontairement nébuleuse dans son histoire. Si l’on peut prendre ce récit comme une épopée de science-fiction à la fois tournée vers l’action et l’horreur, le titre a bien plus à offrir. Une approche assez cryptique de ce qui se cache réellement derrière cette mission de l’Échelon IV qui se retrouve en plein enfer. Si je ne suis pas le plus grand fan de ce type d’histoire, car parfois compliqué de bien cerner ce que l’on cherche à nous transmettre, je trouve que Saros s’en tire bien. La principale raison à ça est que l’on peut facilement faire des connexions entre la raison de la venue d’Arjun et l’objectif de Soltari en se rendant sur cette planète. Et c’est là où je trouve que le jeu joue très bien là-dessus, car il est tout à fait possible de l’apprécier à travers différents niveaux de lecture. Sans spoiler évidemment, mais on peut tout à fait prendre cette aventure comme un gros défouloir roguelike sur une planète hostile ou bien chercher à comprendre ce qui se cache derrière. J’ai pris un malin plaisir à chercher chaque journal audio, documents et PNJ pouvant m’en apprendre plus sur ce qui se passe ici. Une vraie petite chasse au trésor qui va ainsi nous montrer que derrière le côté grandiose et terrifiant de cette histoire se cache en réalité une quête bien plus personnelle. Et quand toutes les pièces du puzzle s’assemblent, on voit alors la toile dans son ensemble et tout s’éclaire. On se rend compte alors de la profondeur du titre, de ses thématiques et surtout à quel point tout cet enfer est bien plus personnel qu’on pourrait le croire. Une intrigue qui sait comment surprendre et surtout jouer sur plusieurs plans pour mieux nous avoir.


Personnage : un homme “déterminé”

Si on a le droit à quelques PNJ qui vont agrémenter notre aventure au sein de cette planète hostile, tout va surtout se concentrer sur Arjun. Notre protagoniste est celui qui va constamment partir en exploration pour découvrir les secrets de ce monde. Ce qui est intéressant justement, c’est que même entouré de quelques survivants cherchant à tenir le coup, notre personnage est beaucoup plus centré sur son objectif personnel. Il a même un côté presque détaché de ce qui peut advenir des autres membres de l’Echelon IV tant qu’il peut se rapprocher de son but. Et finalement, s’il représente l’unique résistance face aux ennemis de Carcosa, il va aussi être celui qui va éveiller le plus de questions chez le joueur. A l’image de l’héroïne de Returnal, Housemarque a su proposer un “héros” qui cache bien des choses. Ce n’est finalement qu’en progressant dans notre périple que l’on commence à entrevoir qui est réellement Arjun Devraj. C’est là que l’on se rend compte de l’excellente écriture du personnage qui est loin d’être un sauveur. Au contraire, tout ce qui va définir notre protecteur est une obstination tournant à l’obsession cachant de lourds secrets. Et finalement, plus on progresse et plus on ouvre les yeux sur ce que symbolise réellement cette planète et ce cycle pour cet homme qui semble si loin de chez lui. Un individu hanté par les fantômes du passé et par une vision de la vie étriquée. J’ai adoré le fait justement que l’on ne soit pas face à un soldat sans peur décimant tout sur son passage. Au contraire, on voit avant tout l’être humain derrière lui dans une représentation presque sinistre de celui-ci. Il est difficile de rentrer dans les détails sans dévoiler des éléments de l’intrigue, mais Arjun est un personnage fascinant à suivre et qui va éveiller bon nombre d’émotions chez le lecteur.

Saros - Arjun


Univers : une écriture maîtrisée et cryptique

Comme je l’ai déjà évoqué un peu plus haut, l’univers de Saros est loin d’être facile à assimiler au premier coup d’œil. On comprend que l’on est sur une planète loin d’être aussi paradisiaque qu’on nous l’avait dit. Le joueur tente alors de survivre au mieux face aux obstacles sur sa route tout en enrichissant sa compréhension de Carcosa. Et il faut comprendre que cette dernière est un personnage à part entière dans cette histoire. C’est elle qui sera notre principale ennemie et c’est juste génial de voir tout ce qui se construit autour de ce monde. Au fur et à mesure que l’on avance et que l’on terrasse des ennemis, on en apprend plus sur eux dans la base de données tout en découvrant des messages cryptiques. On cherche à comprendre ce qui se passe et surtout ce que provoque cette planète chez ceux qui succombent à l’appel de la Rive Jaune. Encore une fois, le studio joue à merveille la carte des faux-semblants et surtout en ajoutant plusieurs niveaux de lecture. On cherche à mieux cerner là où l’on pose les pieds pour mieux appréhender ce qui nous attend. De plus, il y a toute une histoire qui se construit dans chaque zone que l’on parcourt. Une communication qui n’a pas besoin de mots pour nous transmettre ce qui a pu se passer. La supposition et les théories font partie intégrante de la construction de ce lore et ça joue parfaitement sur le fait que l’on ignore tout de ce lieu. Et même si le brouillard se veut particulièrement épais et parfois difficile d’en sortir, chaque nouvel élément donne envie d’en savoir plus tout en nourrissant notre propre imaginaire. Toutes les symboliques qui se dégagent de l’architecture, des boss ou bien de certaines fresques donnent lieu à tellement de possibilités en matière de scénario. On façonne nous même notre propre histoire de Carcosa et quand on finit le jeu à fond, on n’a pas le sentiment d’avoir besoin de plus. C’est une aventure qui arrive à tout donner à travers ces quelques heures de jeu.


Saros brille de mille feux

En conclusion, Saros est à mes yeux une excellente découverte qui, malheureusement, peut sembler assez obscure pour certains. Mais si vous avez l’occasion, n’hésitez pas à donner sa chance à ce titre qui vaut le coup. Oui, le jeu peut sembler cryptique et peut-être parfois exigeant, mais les possibilités en matière d’accessibilité ainsi qu’un gameplay aux petits oignons rendent l’expérience juste géniale. Et c’est justement le fait que l’on puisse apprécier le jeu de diverses façons qui rend cette épopée aussi bien pensée. On peut juste s’éclater à se surpasser et maîtriser les mécaniques du jeu face à des boss souvent impressionnants. Sinon, on peut aussi chercher à faire la lumière sur tout ce qui se passe. Et dans ce cas, on peut autant être envoûté par Carcosa et tout ce qu’elle raconte qu’intrigué par l’histoire personnelle d’Arjun. J’ai ressenti tout le savoir-faire de Housemarque en parcourant ces paysages aussi sinistres que grandioses. C’est le genre d’expérience vidéoludique dont je ne suis pas forcément le plus grand adepte à la base et qui, pourtant, me séduit de plus en plus à travers des propositions comme Returnal ou Saros. C’est intéressant de sortir de sa zone de confort et de découvrir de nouvelles façons de jouer tout en vivant une aventure sortant de l’ordinaire. J’ai été marqué par ce titre qui m’a autant fait réfléchir qu’il m’a subjugué. Je n’ai eu, à aucun moment, un sentiment de lassitude même dans la boucle de gameplay. Chaque défi, chaque trophée, chaque obstacle à surmonter était un vrai plaisir et j’ai vraiment eu le sentiment de replonger à l’époque de shoot’em up où l’improvisation permettait souvent de se sortir des plus mauvaises situations. C’est aussi ça que propose Saros. Un récit où l’on réfléchit pour cerner ce qui se passe tout en faisant preuve d’adaptation à chaque combat.

Saros - mystère

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