The Marshal King-T1-2

The Marshal King T1

Pour certains éditeurs, il y a des auteurs qui ont su laisser leur trace au sein d’un catalogue. Des artistes qui résonnent encore fortement aujourd’hui et ont permis à ces maisons d’édition de séduire bon nombre de lecteurs. Et même s’il peut y avoir du temps qui sépare une œuvre d’une autre, le lien entre le mangaka et la collection continue d’exister et de donner beaucoup d’aura. Si j’évoque ça, c’est parce qu’aujourd’hui, on va parler d’un très bon exemple de ce type de rapport en me tournant du côté de chez Doki-Doki. 2026 fête les 20 ans de l’éditeur qui nous a déjà proposé de belles surprises depuis le début de l’année. Mais c’est loin d’être fini étant donné qu’après pas mal de temps, Boichi fait son grand retour chez eux à travers sa dernière série en date : The Marshal King. C’est sur cette dernière que va porter notre chronique du jour. Cet artiste renommé avait justement fait ses débuts en France chez Doki-Doki à travers le très grand Sun-Ken Rock. Cela fait donc un petit quelque chose de le voir revenir là où tout à commencé avec une histoire qui montre son évolution, mais aussi son envie de créer un spectacle grandiose. Je vous invite donc à me suivre dans un western post-apo signé par cet incroyable dessinateur.

Règlements de compte selon Boichi

Avec son synopsis, on sait déjà que Boichi souhaite créer une fresque spectaculaire. The Marshal King se présente comme un grand show utilisant des éléments assez rares dans le monde du manga. En mélangeant western et steampunk, l’artiste va s’en donner à cœur joie et donner libre cours à son talent au dessin. Et ce n’est pas pour rien que l’on va rapidement avoir l’impression d’être sur un immense terrain de jeu. On ressent totalement ce plaisir de l’auteur d’exprimer toute sa créativité et son petit brin de folie afin de créer un récit qui va nous en mettre plein la vue.

Du très grand spectacle

Je vous le dis tout de suite, The Marshal King n’est pas une œuvre qui cherche à se démarquer par une profondeur d’écriture dès ses premiers chapitres. En fait, Boichi cherche avant tout à s’éclater à travers cette histoire et ça se ressent quasiment dès le départ. Il faut prendre cette série comme un immense divertissement. En posant juste les yeux sur cette introduction, on remarque directement cette volonté de nous en mettre plein les yeux. J’ai été totalement bluffé par le trait de l’auteur. Oui, celui-ci est connu pour avoir un trait incroyable et unique en son genre. Mais avec cette série, on voit à quel point il s’en donne à coeur joie avec tellement de petits détails et des planches qui nous mettent une claque graphique. C’est justement parce qu’il nous propose un savoureux mélange entre western et steampunk que son coup de crayon est aussi efficace. Il faut dire que c’est très rare d’avoir déjà un manga s’inspirant du Far-West et qui, en plus, se combine à des éléments mécaniques aussi prononcés. Mais le résultat est bluffant tant on est émerveillé par ce qui se dessine devant nous. On a le droit à une fresque spectaculaire où le style graphique de l’auteur joue un rôle considérable dans notre immersion. Le lecteur a le sentiment de se retrouver dans ces plaines arides où les desperados font régner la loi du plus fort. C’est au milieu de ce chaos ambiant si envoûtant que l’on va faire la connaissance de ce jeune homme déclarant avoir tué son père. Là encore, on retrouve tout ce qui fait la force de Boichi.

Les protagonistes, à commencer par Jim, ont cette sympathie qui fait que l’on a rapidement envie de les suivre. Surtout que ce garçon, à travers lequel on va vivre cette aventure, arrive à nous raconter quelque chose d’intéressant en plus d’être charismatique, drôle et fun. Tout le manga repose justement sur cette dualité entre bandits et marshals. On nous dépeint ces derniers comme les garants de la justice dans un monde qui a oublié ce mot. Et notre héros, pour sa part, souhaite suivre cette voie, mais en sachant pertinemment que cela risque d’être compliqué. La raison à ça est tout bonnement le nom de son père défunt qui a fait trembler, durant des années, les autorités et habitants de la région. Un roi parmi les desperados et tout le tome va porter justement sur cet héritage maudit qui est derrière le nom de Godspeed. On nous montre ici à quel point, au sein d’une même famille, les aspirations peuvent être opposées. En voulant devenir marshal, Jim ne cherche pas uniquement à sauver son prochain. Il cherche aussi à se défaire de ce poids qui pèse sur ses épaules et qui prend la forme du fantôme de son père. Et en même temps, dans un tel environnement, on nous questionne sur la possibilité de lutter contre une telle légende. Il a beau dire et agir pour montrer son désaccord avec celui qui fut son géniteur, on nous laisse aussi présager qu’il suffirait d’un rien pour que tout bascule. C’est justement en étant sur cette frontière très fine entre criminel et protecteur que ce personnage nous dévoile toute sa richesse. On a envie de voir s’il atteindra son objectif ou s’il se fera dévorer par ce nom si difficile à porter.

Oui, The Marshal King se veut avant tout comme un très gros divertissement et c’est génial. En fait, avec ce titre, on découvre une autre facette de Boichi. Celle d’un artiste qui veut aussi simplement s’éclater en jouant de ses inspirations et de son propre imaginaire. On est avant tout ici face à de l’action explosive, des planches somptueuses et une histoire classique, mais diablement efficace. On enchaîne facilement les pages tant on est pris dans la quête de ce jeune homme pour devenir l’un de ces gardiens de la paix. Une invitation, à la fois dépaysante et grisante, au pays des cowboys. 

The Marshal King tire plus vite que son ombre

Comme je l’ai évoqué un peu plus haut, The Marshal King est avant tout du grand spectacle et c’est juste fantastique. Alors que l’on a souvent tendance à chercher quelque chose d’original, de profond ou qui va parler de sujets importants, cette série prend le chemin inverse. Boichi s’éclate et joue à fond la carte de l’inspiration cinéma pour créer une histoire qui se veut comme un plaisir immédiat. Dès l’instant où l’on plonge dans cet univers, on enchaîne les planches magnifiques et les scènes d’action dantesques. Tout s’enchaîne très vite et on savoure chaque partie de cette impressionnante épopée où tout se règle un revolver à la main. D’ailleurs, je trouve remarquable la manière dont le mangaka s’est approprié tout l’imaginaire autour de cette époque pour la façonner à son envie. Il suffit de poser les yeux sur les diverses machines qui vont apparaître devant nous pour être ébahi devant le souci du détail. La combinaison est formidable et l’on savoure juste un pur moment de show tout au long de ce premier volume. J’ai été totalement emporté par ces règlements de compte, la découverte de ces marshals et tout ce qui entoure leur combat pour assurer la paix sur des terres en proie au chaos. Le genre de récit totalement décomplexé et qui fait du bien tant on s’amuse à suivre ces personnages lutter face à des hordes de brigands. En plus de ça, on peut aussi avoir le droit à un développement intéressant sur les prochains volumes et nous surprendre sur la direction prise par ce scénario.

J’ai beaucoup apprécié ma découverte de The Marshal King, car le titre joue son rôle à merveille. Il est là pour nous divertir et c’est la priorité quand on lit un manga. Le titre est rafraîchissant de par son idée de base et la manière dont Boichi réussit à retranscrire sa vision du western. D’ailleurs, j’aurais pu passer énormément de temps à décortiquer les nombreuses influences cinématographiques que l’auteur a utilisées. On voit, à travers cette nouveauté, à quel point il aime ce média et qu’il peut autant nous délivrer des séries qui vont nous confronter à des thèmes bien réels que des histoires beaucoup plus légères. Et même si cette nouveauté se veut avant tout comme un spectacle explosif, ça n’empêche d’avoir un beau potentiel dans l’écriture de Jim. Un protagoniste qui arrive à être attachant, délirant et en même temps impressionnant tout en ayant suffisamment de matière pour construire quelque chose de prometteur autour. Je recommande donc ce titre à tous ceux qui veulent un bon gros divertissement qui vous plongera totalement dans son univers par le trait incroyable de son auteur. Évidemment, j’ai plusieurs questions qui me viennent à l’esprit suite à tout ça. Est-ce que Jim va atteindre ses objectifs ? Que lui réserve ce monde en matière d’obstacles et de dangers à abattre ? Va-t-il finalement franchir la ligne rouge lui aussi ? Est-ce qu’il va faire route seul ou bien en compagnie de certains de ses camarades ? Ce qui est sûr, c’est que l’on va encore en prendre plein les mirettes.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de The Marshal King. Trouvez-vous que Boichi a toujours cette capacité à nous en mettre plein la vue ? Appréciez-vous le fait qu’il soit parti dans un registre à la fois original et pouvant coller à son style ? Etes-vous curieux de voir ce qu’il va réussir à créer autour de son protagoniste et de cet univers ? Pensez-vous que l’on aura le droit à des rebondissements autour de ce scénario ou l’on va surtout être sur une grande fresque épique ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *