The Ogre’s Bride T1
En ce mois de juillet, on ne sait plus où donner de la tête. Il faut dire que c’est une période toujours aussi importante pour les éditeurs entre Japan Expo et ensuite la trêve estivale permettant de souffler un peu. On a donc le droit à une grosse déferlante de sorties et de nouvelles séries. Parmi elles, il y a un manga qui me faisait de l’œil et qui fait ses débuts chez Panini. Il s’agit de The Ogre’s Bride dont le synopsis m’avait interpellé même si je me doutais un peu de la direction que l’histoire allait prendre. J’ai tout de même testé ce premier volume et je dois dire que je n’ai pas été déçu. Comme prévu, on reste sur quelque chose d’assez classique en la matière, mais qui est amené avec beaucoup de maestria. A travers cette lecture, j’ai retrouvé cette capacité que certaines œuvres ont à éveiller en nous un sentiment d’injustice envers la maltraitance. S’il y a ici une dimension fantastique, cela n’enlève en rien au message traité qui a fait mouche chez moi et qui permet aussi au manga de développer ses propres forces. Je vous invite à m’accompagner pour faire la connaissance d’une demoiselle qui rêve juste d’être aimée.
Qu’est-ce que l’amour ?

Synopsis
Un Japon où les humains et des esprits surnaturels, les Ayakashi, coexistent. Oni… Esprits-Renards, Chats-Spectres… Grâce à leurs pouvoirs extraordinaires et à leur beauté fascinante, les Ayakashi forment le cœur et l’élite du pays. Lorsqu’un Ayakashi identifie une jeune humaine comme sa « fiancée », elle reçoit la promesse d’un amour inconditionnel. Yuzu est une lycéenne qui vit dans l’ombre de sa sœur cadette, la fiancée d’un Esprit-Renard. Méprisée et privée d’affection par sa famille, elle endure chaque jour une profonde solitude. Un soir, elle croise dans la rue un jeune homme d’une beauté saisissante. Ce garçon aux yeux rouges n’est autre que Reiya Kiryûin, héritier de la famille la plus puissante des Ayakashi et futur maître de tous les Oni.
Mangaka : Kureha & Jun Togashi
Quand on se penche sur le synopsis de The Ogre’s Bride, on retrouve beaucoup de tropes bien connus de ce type de romance fantastique. Ce n’est pas quelque chose de négatif étant donné que ça permet aussi de se concentrer sur ce qui permet à cette série de faire la différence. Et sur ce point, il y a des choses à noter notamment dans la manière de construire cette future relation ainsi que la mise en place de cet environnement toxique. C’est justement un tome qui va servir à poser le décor pour que l’on soit rapidement impliqué dans ce qui se passe.
Un récit qui sait nous impliquer
Comme j’ai déjà pu le citer un peu plus haut, The Ogre’s Bride n’est pas forcément innovant dans sa forme. Après tout, on est sur un schéma bien connu avec une héroïne maltraitée par ses proches et qui va finalement faire la connaissance d’un garçon aux capacités extraordinaires ou à la grande renommée qui va changer la donne. Ce type de contexte initial fonctionne très bien ici étant donné que notre duo d’artistes va amener tout ça de façon ingénieuse. Plutôt que d’introduire rapidement le “futur fiancé” de Yuzu, on va surtout se concentrer sur le quotidien éprouvant de cette demoiselle. En laissant beaucoup de place pour que l’on soit témoin des horreurs qu’elle subit, ceci va provoquer quelque chose d’essentiel chez le lecteur. Il s’agit tout bonnement de notre colère qui va s’éveiller en nous face à cette injustice de voir cette adolescente être victime de brimades de la part de sa propre famille. En seulement quelques pages, on prend justement conscience à quel point ce principe de fiançailles avec des Ayakashi est important et en même temps cause de nombreuses discriminations. Chaque nouvelle page est l’occasion de voir ce traitement de faveur que reçoit sa sœur et l’abandon que ressent notre protagoniste de la part de ses proches. C’est d’autant plus tragique qu’elle a tout de même de l’amour pour cette famille qui ne lui rend pas. Toute cette partie sert à présenter cette détresse qui va avoir pour nom le manque d’amour. C’est pour ça que Yuzu est constamment en train de se demander si quelqu’un serait prêt à l’aimer.
On nous parle ici d’une étudiante qui, mise à part ses grands-parents, n’a vraiment pas grand monde sur qui compter. Rentrer chez elle devient un calvaire et elle préfère rester enfermée dans sa chambre que de servir de simple faire-valoir. Je trouve justement que toute cette première phase est réussie tant elle a su m’impliquer et donner envie de secouer tout simplement ceux qui sont à l’origine de cette tristesse. L’arrivée de Reiya va alors être l’occasion de signer une forme de revanche envers eux pour la demoiselle. Mais même face à cette “chance” qu’on lui propose, notre héroïne va continuer d’avoir cet amour à sens unique pour cette famille qui ne pense qu’à son propre profit. On voit alors ce nouveau foyer qui s’offre à elle comme une occasion de s’épanouir pleinement. Ce qui est ainsi intéressant, c’est la manière dont le manga nous questionne sur la notion d’amour et ce besoin d’être entouré de gens qui nous apprécient pour ce que l’on est. C’est ce que recherche réellement notre protagoniste et c’est aussi pareil pour Reiya. En tant qu’héritier de la plus importante famille d’Ayakashi, il ne cesse d’être courtisé alors qu’il voit que tout ça ne sont que des faux-semblants. C’est finalement en ressentant ce coup de foudre qu’il pourrait bien découvrir ce que c’est que d’aimer réellement. Comme je l’ai dit, le manga ne bouscule pas les codes, mais il parvient pourtant à nous emporter dans son récit. La raison à ça est que derrière l’aspect fantastique de cette histoire, celle-ci traite de problématiques, thématiques et réflexions que l’on peut tous connaître à un moment ou à un autre.
Avec ce premier volume de The Ogre’s Bride, le manga parvient à installer toutes les bases nécessaires pour permettre à son intrigue de se développer. Si l’on est sur un schéma que l’on a déjà vu plusieurs fois, force est de constater que ça fonctionne toujours autant. La raison à ça est que notre duo d’artistes réussit à créer une véritable empathie pour son héroïne. On a envie de la voir trouver le bonheur et qu’elle puisse s’éloigner de cet environnement toxique. Même s’il y a pas mal de questions concernant son fiancé, on est avant tout ici sur une quête de libération qui ne laisse pas de marbre.
The Ogre’s Bride déclare sa flamme
Comme je le dis assez régulièrement dans mes chroniques, l’originalité ne rime pas forcément avec qualité. On peut tout à fait trouver son bonheur dans un manga qui ne cherche pas à bousculer les codes, mais simplement à proposer une histoire plaisante à suivre. C’est exactement ce que j’ai pu ressentir avec ce premier volume de The Ogre’s Bride. On fait face à une œuvre qui sait comment nous affecter et nous impliquer. Je le redis, mais toute la première moitié du tome est maîtrisée de bout en bout. On ressent tellement de colère face à tout ce que subit Yuzu que l’on a juste envie qu’elle parte pour ne plus jamais revenir au sein de ce cauchemar. En plus de vouloir que ses proches paient pour toutes les souffrances subies, on va surtout être témoin de quelque chose qui résonne fortement avec ce que l’on peut connaître dans la réalité. Des familles qui délaissent totalement un enfant au profit d’un autre sans penser un seul instant aux stigmates laissés. J’ai eu plusieurs fois le poing serré face à leurs comportements et ça montre aussi que l’artiste a parfaitement su retranscrire ce type de maltraitance. De tout ça va découler justement cette recherche de l’amour qui n’est pas forcément propre entre deux moitiés. Il est question ici de simplement être entouré de gens qui nous apprécient pour ce que l’on est. Des amis, proches ou ici un fiancé qui ne souhaitent qu’une chose : notre bonheur. C’est une demande de la part de cette demoiselle tout à fait compréhensible, mais qui montre aussi toute la douleur qu’elle a pu connaître au quotidien.
C’est donc, vous l’aurez compris en lisant ces quelques lignes, une très belle surprise que j’ai eu en découvrant ce premier volume de The Ogre’s Bride. Une histoire qui, dans la forme, rappelle bon nombre d’autres mangas du genre. Mais qui, une fois que l’on prend le temps de voir où ça nous mène, parvient à créer une histoire aussi prometteuse que bouleversante. Si j’ai beaucoup parlé de Yuzu étant donné sa place centrale dans l’œuvre, il ne faut pas mettre de côté son fiancé qui a aussi d’intéressantes pistes de développement pour l’avenir. Le genre de récit qui nous fait prendre conscience de ce que l’amour, sous toutes ses formes, peut apporter. Une simple main tendue peut alors symboliser énormément pour quelqu’un qui se sent isolé même auprès de sa propre famille. Si vous cherchez une histoire qui saura vous toucher en plein cœur avec de belles promesses pour la suite alors n’hésitez pas à découvrir cette nouveauté. Maintenant, j’ai mes traditionnelles questions qui me viennent à l’esprit. Est-ce que l’on va assister à une évolution intéressante de la relation entre nos deux protagonistes ? Va-t-on observer une tentative de vengeance de la part de cette famille abjecte ? Est-ce que l’on va aussi en apprendre plus sur les autres grands clans qui peuvent exister dans cette société ? Comment va être perçue cette union auprès des autres Ayakashi ? Qu’est-ce que Reiya va faire pour assurer le bonheur de Yuzu ? Je suis intrigué de lire le prochain volume.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de The Ogre’s Bride. Trouvez-vous que le titre réussit à nous offrir une introduction efficace et qui nous implique ? Avez-vous ressenti de l’empathie pour notre héroïne et son envie d’être aimée ? Etes-vous curieux de voir comment va évoluer sa relation avec son nouveau fiancé et ce que ça va impliquer pour l’ensemble de sa famille ? Ce titre a-t-il su réveiller en vous de la colère à l’égard de ceux qui ont osé traiter cette adolescente plus bas que terre ? Qu’attendez-vous pour la suite de la série ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

