Le coffre à trésor des animes : Welcome to Ballroom
Aujourd’hui, c’est une petite review qui sera mise à l’honneur. On va parler d’un anime qui m’a agréablement surpris lors de ma découverte il y a de ça plusieurs années. C’est pour ça que je me suis dit que j’allais lui dédier un numéro du « Coffre à trésor des animes ». J’ai beau avoir de nombreuses séries que je souhaite évoquer dans ce rendez-vous, j’avais très envie de parler de celle-ci cette fois. Cet anime n’est autre que Welcome to Ballroom, que l’on connait en France via le manga Welcome to Ballroom disponible chez Noeve Grafx, qui propose de nous plonger dans le monde de la danse de salon. Si, malheureusement, l’anime n’est plus disponible sur Amazon Prime depuis un moment, j’avais le souhait de donner de l’espace à cette version. Que ce soit le manga ou bien son adaptation anime, je ne peux que vous recommander de découvrir ce chef-d’œuvre qui maîtrise totalement les codes du récit sportif. Il est donc temps d’enfiler sa queue-de-pie et d’entrer sur la piste de danse !
Tout commence par un pas
Welcome to Ballroom, adapté du manga du même nom imaginé par Takeuchi Tomo, nous fait suivre la vie de Tatara Fujita. Ce dernier est un élève lambda qui n’a aucun rêve ni passion. Ne sachant quoi faire de son futur, il se laisse porter par son quotidien banal de collégien. Un beau jour, il aperçoit en rentrant chez lui une camarade de classe. Cette dernière se prénomme Shizuku Hanaoka et se dirige dans un lieu qui va piquer la curiosité de Tatara. Il s’agit du studio de danse d’Ogasawara. Alors qu’il reste figé devant l’escalier menant au bâtiment, il se fait racketter par trois anciens camarades de classe. Ne se défendant nullement, il joue le jeu de ses agresseurs sans espérer le moindre secours. C’est à cet instant qu’un bruit de moto se fait entendre.
Le conducteur de l’engin sauve Tatara de ses tortionnaires et se présente comme étant Kaname Sengoku. Il s’avère être un danseur de salon professionnel et propose à notre héros de suivre un cours d’essai. Malgré les réticences de Fujita, celui-ci se retrouve embarqué en pleine leçon de danse avec Shizuku pour partenaire. Une fois la séance terminée, le jeune homme ne comprend toujours pas l’intérêt de savoir danser. De plus, le coût excessif des cours finit de le rebuter. Avant qu’il ne s’apprête à partir, il reçoit un dvd du championnat de danse de l’année précédente. Une fois rentrée chez lui, Fujita finit par laisser sa curiosité prendre le dessus et visionne la vidéo. Le spectacle qui s’offre devant ses yeux éveille en lui quelque chose de nouveau. Il vient enfin de trouver un rêve qu’il souhaite concrétiser.

Ballroom e Youkoso propose donc un synopsis très “classique” dans le genre du titre sportif. Malgré tout, c’est un univers totalement inédit qui nous est décrit à travers cette série. Un monde qui captive autant Tatara que le spectateur.
À l’assaut de la danse de salon
Je l’avoue, j’avais du mal à croire que la danse de salon arriverait à me séduire. C’est d’ailleurs souvent le cas avec les séries sportives traitant d’une activité peu commune. Cependant, tout comme le magnifique Yuri on Ice, Ballroom m’a totalement convaincu. Le premier point vient de la patte graphique propre à cet anime. On est ici face à un style qui colle parfaitement à l’ambiance du sujet traité. Le tout fait preuve d’une très grande élégance et c’est l’explosion lors des compétitions. Dans ces moments, notre regard est captivé par le jeu de lumière ainsi que les chorégraphies des participants. Ballroom est avant tout un spectacle visuel qui nous en met plein les yeux. Bien sûr, tout cela est exagéré comme dans la plupart des animes sportifs, mais c’est ce qui est divertissant.
Si dans les premiers épisodes, on assiste surtout à des démonstrations d’un seul couple de danse, cela change par la suite. Fujita se met à affronter des adversaires de haut niveau et on assiste alors à une compétition endiablée. Tel un combat de gladiateurs, les duos s’affrontent non pas à l’épée, mais à travers leurs gestes et mouvements. On est totalement pris par ces confrontations qui se jouent devant nous et on se transpose aisément comme l’un des nombreux spectateurs se trouvant dans les tribunes. Tout est présent pour procurer un pur divertissement comme seul savent le faire les grands animes du genre. Si la série permet de nous en apprendre plus sur la danse de salon, elle se concentre avant tout sur le côté spectaculaire. Les guerriers se réunissent sur la piste de danse pour entamer une valse sanglante dont un seul couple sortira victorieux.
S’il nous fait découvrir son univers d’une manière très plaisante, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un anime sportif. Ballroom suit donc la majorité des clichés du genre sans vraiment proposer de véritables évolutions.
Un shônen sportif qui suit le tempo

Comme je l’ai souvent dit, un titre sportif est un style de récit qui ne change pas tant que cela d’une œuvre à l’autre. Bien sûr, il existe des exceptions, mais dans l’ensemble, on a à faire à la même construction du récit. Ballroom en est la preuve vivante, car l’on suit un jeune homme ne possédant pas de talent particulier. Il va découvrir un sport qu’il ne connaissait pas et va finir par s’y investir corps et âme. C’est alors durant ses premiers entraînements que l’on se rend compte que Fujita possède un don inné pour la danse. Il va ensuite faire la rencontre de ses différents rivaux. Les premiers épisodes respirent le “déjà-vu” mais pourtant classique ne veut pas dire mauvais. Le fait qu’il y est autant d’animes ou de mangas portant sur le sport est que c’est un type de récit qui marche.
Ce genre d’histoire peut parler à tout le monde et dans la majorité des cas, la magie opère. L’évolution du héros à beau être prévisible, elle n’en reste pas moins intéressante. On s’attache aux différents personnages du récit et on souhaite voir jusqu’où Tatara est capable d’aller. Le début et la fin du récit ont beau être clair dans notre esprit, c’est le chemin parcouru pour atteindre le haut du podium qui nous émerveille et nous surprend. De plus, la vraie fraîcheur de Ballroom vient de l’univers qu’il nous présente qui s’avère très riche. On prend plaisir à découvrir les différentes danses qui composent cet art très complexe qu’est la danse de salon. À cela s’ajoutent les magnifiques chorégraphies qui nous sont présentés et on a face à nous un anime de sport qui remplit parfaitement son rôle.
Au final, Ballroom a beau présenter une trame vue et revue cela ne l’empêche nullement d’être divertissement. Il propose des scènes mémorables qui marque le spectateur et qui nous font vibrer au rythme des pas de danses.
Ballroom réussit sa première valse
En conclusion, je dirais que l’on a là, un anime qui a su assurer le show tout au long de ses épisodes. On a beau voir des mécaniques de narration et de scénarisation déjà aperçu dans de nombreuses œuvres, cela marche toujours autant. À mes yeux, pour qu’une série portant sur le sport marche, il faut avant tout qu’il nous immerge totalement dans l’activité qu’il traite et nous fasse aimer ses personnages. Cela est parfaitement le cas dans Ballroom qui nous fascine à travers les chorégraphies qu’il nous présente. Il arrive à rendre attrayant un sport que l’on aurait peut être jamais regardé. On découvre le monde de la danse de salon en même temps que Fujita et on s’émerveille tout autant que lui. L’alchimie que propose Ballroom entre ses différents protagonistes, ses scènes de danses spectaculaires et l’évolution du héros est parfaitement maîtrisée. Mais surtout, on apprécie tout le travail d’écriture qui est fait dans le développement de notre protagoniste et des autres danseurs et danseuses.
Comme je l’ai dit en intro, l’anime n’est malheureusement plus disponible, mais je vous recommande chaudement le manga qui nous délivre bon nombre de claques et est sublimé par le trait de la mangaka. C’est le genre d’oeuvre qui nous fascine et montre aussi à quel point une discipline peu présente dans notre quotidien peut pourtant nous émouvoir. C’est élégant, somptueux et l’on en prend plein les yeux à travers ce monde qui brille de mille feux. À cela s’ajoute le fait qu’il n’y pas de réel temps mort et qu’on ne s’ennuie jamais tant ce titre fait preuve d’une magie qui lui est propre. Rien qu’en écrivant ces lignes, j’avais qu’une envie : relire le manga. N’hésitez pas et foncer découvrir cette oeuvre qui vaut largement le coup d’oeil et qui nous offre une véritable leçon de dépassement de soi.

