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Pourquoi j’aime #75 : Bloom

A chaque nouvelle semaine, un titre que je décide de mettre à l’honneur. C’est le principe de ce rendez-vous qui a déjà atteint un sacré palier. Mais je sens qu’on peut continuer encore un long moment. Surtout que cette fois, j’avais envie de vous parler d’une série assez récente, mais qui compte beaucoup pour moi. Le genre de récit qui sait comment te donner le sourire et ensoleiller une journée morose. Je parle bien sûr de Bloom, édité chez nobi nobi, dont le onzième volume vient de sortir. J’avais à coeur de traiter un jour de ce manga et c’est maintenant chose faite. Alors que ce n’est pas forcément la grande forme, je me rends compte à quel point il est important d’avoir des titres comme celui-ci. Le genre de lecture qui te permet d’oublier un peu tes soucis et de profiter d’une magnifique et douce romance. Bien sûr, le titre ne s’arrête pas là et possède bien d’autres qualités qu’il va falloir évoquer dans les prochains paragraphes. J’espère donc que vous êtes prêts pour faire la connaissance d’un couple qui vous fera fondre tout autant que leur entourage.

Deux êtres qui se complètent parfaitement

Pour bien commencer cette chronique autour de ce petit bijou qu’est Bloom, il est important de se focaliser sur nos deux protagonistes. Je ne parle pas encore ici de s’attarder sur eux de manière précise, mais ce qu’ils représentent aux yeux du lecteur et du contexte dans lequel ils évoluent. Bloom raconte la rencontre entre Rintarô, un lycéen imposant et intimidant d’un lycée de garçons connu pour ses “éléments perturbateurs”, et Kaoruko, une élève brillante et douce du prestigieux lycée pour filles se trouvant juste à côté de celui-ci. Leur relation naît d’un hasard et se développe de manière extrêmement naturelle et touchante. Le contraste entre leurs milieux crée une dynamique savoureuse : préjugés, malentendus, puis découverte progressive de l’autre. La romance est pure, sincère et pleine de moments tendres sans jamais tomber dans le cliché excessif. Et c’est ça qui est remarquable en premier lieu. On nous présente ici deux êtres que personne ne semble pouvoir imaginer un seul instant se rapprocher et qui pourtant vont être attirés l’un par l’autre. A travers eux, on voit surtout deux individus qui font fi de ce que peuvent penser les autres ou des rumeurs. Chacun voit ce qu’est réellement l’autre en dehors du cadre scolaire et c’est justement grâce à ça qu’ils vont se rapprocher. On nous montre ainsi, à travers leur relation, que le conflit de base opposant les deux établissements n’a pas lieu d’être. En fait, les moments qu’ils vont partager sont comme une oasis au milieu de ce conflit perpétuel existant entre leur lycée respectif. Ils nous montrent qu’une entente est largement possible et qu’il faut apprendre à faire un pas vers l’autre pour réellement comprendre ce qu’il en est. Une œuvre qui nous montre la tolérance et l’amour que l’on a trop tendance à oublier au quotidien.


Des personnages que l’on veut auprès de nous

Impossible maintenant de parler de Bloom sans évoquer le cœur de son récit : ses personnages. Rintarô et Kaoruko sont des protagonistes particulièrement réussis. Rintarô, malgré son apparence de “voyou”, est un garçon gentil, attentionné et complexé par le regard des autres. On apprend à le connaître et surtout à comprendre pourquoi il en est venu à arborer ce look. Un lycéen qui a du mal à dire ce qu’il ressent et qui fait passer les autres bien avant lui. Kaoruko, de son côté, est intelligente, bienveillante et capable de voir au-delà des apparences. Leur évolution respective et celle de leur relation sont traitées avec finesse. Et s’ils arrivent à attirer aisément notre regard, les autres membres du casting ne sont pas en reste. Vraiment, j’ai un coup de cœur pour quasiment l’ensemble des personnages de cette œuvre qui dégagent tous une chaleur humaine incroyable. On peut évidemment citer les amis respectifs de nos deux tourtereaux qui vont aussi évoluer et apprendre à voir au-delà de leurs préjugés. Cela permet la naissance de nouvelles amitiés incroyables et tellement réconfortantes. Ils arrivent justement à apporter cette légèreté et douceur venant briser la tension du début. On ne veut pas seulement apprécier l’amour naissant entre nos deux personnages centraux. En tant que lecteur, on apprécie tout simplement le bonheur qui s’exprime devant nous à travers cette complicité entre tous les personnages. Et que dire de la famille de Rintarô qui est absolument adorable. On fond littéralement pour ses parents qui font au mieux pour soutenir leur enfant tout comme son grand frère. Des proches qui nous font verser des larmes de joie tandis que l’on apprécie chaque seconde passée en leur compagnie.


Lutte contre les préjugés

L’un des messages centraux du manga est la remise en question des préjugés. Les deux lycées se détestent mutuellement par simple réputation, sans vraiment se connaître. À travers la relation de Rintarô et Kaoruko, Bloom montre comment la curiosité, la gentillesse et le dialogue peuvent faire tomber les barrières. Le manga aborde avec subtilité les thèmes de la classe sociale, de l’apparence, de la pression scolaire et de l’acceptation de soi. Ce message positif et humaniste est porté avec légèreté, sans moralisation lourde, ce qui le rend d’autant plus efficace et touchant. Et surtout, même si ça peut paraître évident, on nous rappelle ici l’importance de comprendre l’autre. Dans un monde où l’on ne cesse de mettre des barrières et de juger sans même connaître, cette série nous remémore cette notion cruciale et pourtant si facilement oubliée. Surtout que plus on avance dans les chapitres et plus on est témoin du changement qui s’opère chez l’ensemble des personnages. Tout commence avec juste notre binôme et au fur et à mesure que leur relation se révèle au grand jour, on voit de nombreuses personnes accepter et se réjouir de ça. Les mentalités changent grâce à ce rapprochement et ça donne lieu à des arcs fabuleux où se mélangent excuses, camaraderie et ouverture d’esprit. On oublie alors totalement ces histoires d’opposition pour se focaliser simplement sur l’instant présent. Des moments partagés dans la joie et la bonne humeur en faisant totalement abstraction de l’origine, du milieu social, de la réussite scolaire ou non. Juste des personnes qui apprennent à se connaître et qui passent un bon moment en fissurant tous ces murs qui ont été installés par d’autres. C’est sûrement le plus beau message de ce manga.


Du bien au moral

Alors là, on va aborder un sujet qui, pour moi, compte beaucoup je trouve étant donné que c’est aussi ce qui fait l’une des forces de Bloom. Il s’agit de la bienveillance qui en découle. Je le redis, mais nous ne sommes pas forcément dans une romance mielleuse ou qui se veut justement stéréotypée. En fait, on est surtout sur une tranche de vie qui est là pour nous apporter un peu de douceur et de joie. L’artiste y parvient avec une habileté déconcertante. Depuis le premier volume jusqu’au dernier tome en date, j’ai littéralement fondu à chaque fois. C’est le genre de manga que tu apprécies retrouver, car tu sais qu’il va te donner le sourire. Et ça fonctionne à chaque fois. Cela ne veut pas dire que l’on n’aborde pas des sujets sérieux, bien au contraire. Comme évoqué plus haut, on parle de thèmes importants. Mais avec ce titre, on nous montre aussi que l’on n’a pas besoin de partir forcément dans le drame pour véhiculer ce genre de message. Ici, tout est fait avec une telle tendresse et sincérité que l’on croit dans ce que disent les personnages. On apprécie leur évolution, mais aussi chaque interaction proposée. C’est justement remarquable de réussir à créer un tel cocon réconfortant. Voilà le type de lecture parfait pour se changer les idées et surtout égayer une journée qui aurait pu être morose. On a besoin de ce type de lecture, surtout en des temps difficiles pour nous permettre de nous évader, mais aussi de nous apporter un peu d’espoir et de douceur. Cela nous offre un petit moment où l’on ne pense à rien d’autre que ces instants partagés avec ces personnages comme si, nous aussi, on faisait partie de ce groupe. Une série qui met du baume au cœur et qui offre une magnifique parenthèse dans le temps.

Un trait sublimant chaque expression

Et voilà, on attaque la dernière partie de cette chronique et il s’agit d’un point qui, à mon sens, sublime l’ensemble du manga. En effet, Bloom peut compter sur un élément de taille pour séduire toujours plus le lecteur. Il s’agit tout bonnement du trait de Saka Mikami. La mangaka n’a pas son pareil pour nous en mettre plein la vue à travers les expressions faciales de ses personnages. En plus d’avoir un style graphique qui colle parfaitement à l’élégance et la douceur qui s’expriment dans son œuvre, elle va aussi réussir à retranscrire toutes les émotions ressenties par ses protagonistes. Pas besoin du moindre mot pour que l’on puisse comprendre si tel individu est heureux, triste, pensif ou paniqué. Il suffit juste de voir les magnifiques plans qui sont fait sur les visages pour comprendre tout ce qui se passe. On a ici le parfait exemple du dessin qui sert le récit. Il ne s’agit pas uniquement d’offrir un enrobage attrayant. Au sein de ces pages, on va se prendre une véritable claque graphique où le visuel est porteur des divers messages souhaités par l’histoire. Il suffit d’un coup d’œil à nos deux tourtereaux pour ressentir l’amour entre eux sans avoir besoin de les voir l’exprimer avec des mots. C’est pareil pour tout le reste du manga. Les moments de complicité sont magnifiquement mis en scène pour que l’on ait envie d’y croire. Cela ne passe pas uniquement par l’écriture, mais aussi par la manière dont chaque case s’organise et prend vie. C’est ce qui caractérise aussi bien le trait de cette autrice. Un style plein de vie où l’on partage les mêmes émotions que tout ce beau monde alors qu’il ne s’agit que d’une fiction. Une belle prouesse qui vient parfaitement conclure ce tour d’horizon des qualités de cette saga. Un coup de coeur que je recommande chaudement.

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