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Pourquoi j’aime #76 : Toilet-bound Hanako-kun

C’est un rendez-vous récurrent maintenant sur le blog. Voici donc l’heure de vous proposer un nouveau numéro de “Pourquoi j’aime”. Même s’il y a un nombre conséquent d’excellentes séries à traiter, j’aime me triturer la tête pour savoir quel sera le prochain sujet. Et là, je me suis dit qu’à l’approche d’octobre, j’allais vous parler d’une œuvre qui reflète bien la saison qui approche. Il s’agit ni plus ni moins que de Toilet-bound Hanako-kun chez Pika. On peut clairement dire que voilà une série pour le moins atypique et qui est idéale pour se mettre dans l’ambiance de l’automne et aussi d’Halloween. Surtout que c’est une série qui mérite clairement que l’on se concentre dessus au vu de tout ce qu’elle peut offrir. Un titre qui brille dans sa manière d’utiliser une partie du folklore japonais et surtout des légendes urbaines au sein d’un environnement où vont évoluer des personnages aussi uniques qu’attachants. Un véritable ovni qui sait parfaitement comment retenir notre attention et qui ne cesse d’enrichir son propre univers. Préparez-vous à partir à la recherche de plusieurs mystères.

Un savoureux cocktail

Pour bien commencer, il est important de se focaliser sur la manière dont le manga arrive à combiner habilement plusieurs styles et inspirations. Toilet-bound Hanako-kun part d’un folklore japonais classique (la légende d’Hanako des toilettes) pour construire un univers scolaire surnaturel beaucoup plus riche qu’il n’y paraît. Nene Yashiro, lycéenne maladroite et romantique, invoque Hanako, le fantôme des toilettes des filles, et se retrouve entraînée dans le monde des Sept Mystères de l’école. Le manga mêle habilement comédie légère, romances naissantes, enquêtes sur les légendes urbaines et une noirceur progressive. Chaque mystère qui nous est présenté possède ses propres règles, son histoire tragique et ses enjeux. Cette structure permet d’enchaîner des arcs variés tout en construisant un lore cohérent et de plus en plus sombre. Le résultat n’en est que plus grisant, car on va constamment avoir l’impression de faire face à des situations inédites. Surtout qu’avec une telle combinaison, on se retrouve face à un manga comme on en voit rarement. On est à la fois intrigué par l’origine de ces fameux mystères que progressivement inquiet du danger planant autour d’eux. C’est ça qui est vraiment, à mon sens, remarquable. L’artiste a su tirer le meilleur de chaque élément pour créer une fresque surnaturelle haletante où, initialement, on a l’impression de s’amuser avant de nous rendre compte de la triste réalité. Poursuivre la vérité au sein de cette école est synonyme de multiples épreuves et qui ne sont pas juste une tape sur les doigts. C’est cette montée en puissance de la tension ambiante qui va faire que l’on devient presque prisonnier de cette histoire et surtout de ce lieu où il peut autant se passer des choses fabuleuses que des drames épouvantables.


Un duo au centre de l’histoire

Quand on parle de Toilet-bound Hanako-kun, il est important de se focaliser sur ceux qui sont au cœur de ce récit. Le duo formé par Nene et Hanako s’avère être particulièrement intéressant à analyser pour plusieurs raisons. Pour commencer, Nene est une protagoniste qui peut sembler un peu naïve, très consciente de son apparence, passionnée de romance, mais qui, au fil des chapitres, va faire preuve de courage et d’une grande détermination. Hanako, de son côté, est un fantôme espiègle, sarcastique, parfois manipulateur, mais profondément attaché à Nene. Leur relation évolue de façon naturelle, passant de la simple curiosité à une complicité sincère teintée de romance et de secrets. Le décalage entre le ton léger de leurs interactions quotidiennes et le passé tragique d’Hanako crée une tension émotionnelle constante. Et c’est justement ça qui est fascinant et finalement très représentatif de l’identité de ce manga. On pose initialement une image assez enfantine et innocente des personnages pour finalement la briser progressivement. Au fur et à mesure de la lecture, on apprend à réellement connaître ce tandem et surtout à assister à leur évolution. En tant que spectateur, on va passer par énormément d’émotions au contact de ces deux personnages qui vont constamment évoluer. Il y a un véritable sentiment de progression qui s’opère autour d’eux avec, d’un côté, le courage grandissant de Nene et de l’autre une humanité bien cachée de notre cher fantôme qui derrière ses farces cache en réalité de profondes blessures. Le genre de binôme qui reflète parfaitement l’ensemble de leur univers et qui n’en est que plus attachant. C’est ce qui fait que j’apprécie autant de les suivre, car leur caractère initial a grandement changé depuis le début de l’aventure pour les rendre d’autant plus sympathiques et sincères dans leurs échanges.


7 mystères à résoudre

Voilà un autre élément qui, pour moi, est essentiel pour comprendre toutes les qualités de Toilet-bound Hanako-kun. L’école où se déroule l’action est peuplée de légendes urbaines incarnées : les Sept Mystères, des êtres surnaturels liés à des rumeurs scolaires. Chaque mystère a une personnalité, un territoire, des pouvoirs et surtout une histoire souvent tragique. AidaIro développe progressivement cet univers : les règles du monde des esprits, les frontières entre vivants et morts, les conséquences des vœux, les liens entre les mystères. Plus on avance dans la série, plus le lore s’étoffe et devient fascinant. Les arcs dédiés à chaque mystère permettent à la fois de l’action, de l’enquête et de l’émotion. Ce world-building intelligent transforme une simple école hantée en un véritable écosystème surnaturel. Pour ma part, j’avais un ressenti un peu particulier au départ étant donné qu’on était assez loin de ce que l’on pouvait voir habituellement. Pourtant, j’ai été happé dès l’instant où l’on entre dans le vif du sujet. Ce qui est fantastique, c’est que chaque rencontre avec l’un de ces mystères est vraiment une expérience à part. Il n’y a jamais quelque chose de similaire et chaque épreuve à surmonter amène sa dose d’originalité. Mais surtout, c’est en traquant ces êtres surnaturels que l’on prend conscience de la dimension tragique de l’œuvre. On voit à quel point il n’y a aucune de ces entités qui n’a pas connu le malheur dans son existence passée. De ce fait, il y a presque un côté libérateur dans la quête de nos protagonistes. A leurs côtés, on va passer de l’émerveillement à l’angoisse pour finir par de la joie ou bien de la tristesse tandis que l’on fait la lumière sur chaque affaire. On est pris aux tripes constamment, notamment dans les derniers arcs en cours qui sont un véritable arrache-cœur.


Un trait atypique et si réussi

Alors là, il s’agit d’un point qui saute aux yeux rapidement, mais dont on ne prend conscience du rôle que vraiment au fil des tomes. Le style graphique d’AidaIro est immédiatement reconnaissable : traits fins, designs élégants, expressions faciales très expressives, et une ambiance qui oscille entre le mignon et le macabre. Hanako, avec son uniforme, son chapeau et son sourire énigmatique, devient rapidement iconique au même titre que certains designs d’autres personnages. Et c’est là que le trait de la mangaka est aussi intéressant. Il nous offre un savoureux contraste entre un côté presque enfantin et des thèmes pourtant souvent sinistres. Par exemple, les scènes quotidiennes sont légères et charmantes, tandis que les moments surnaturels ou tragiques gagnent en intensité grâce à un excellent travail sur les ombres, les regards et les compositions. La représentation des autres mystères et esprits sont inventifs et mémorables. Cette identité visuelle forte contribue énormément au charme et à l’atmosphère unique du manga. Pour ma part, je trouve justement que c’est fantastique quand un style graphique arrive autant à nous paraître singulier et en même temps contribue énormément à l’ambiance générale de l’œuvre. C’est à chaque fois ce que je ressens quand je me plonge dans un nouveau tome. J’ai l’impression de plonger direct dans cet univers qui oscille entre le conte pour enfants et le récit horrifique tout en sachant que je vais être ensorcelé par ce qui se passe. Et ce qui pouvait paraître étrange au premier abord en matière de dessins finit par devenir un élément essentiel du charme de cette série. Aujourd’hui, je trouve que c’est l’un des atouts indéniables de Toilet-bound Hanako-kun et qui rend l’aventure d’autant plus marquante.


Un changement de ton réussi

Je m’attaque maintenant à la dernière qualité qui, pour moi, est représentative du talent de la mangaka pour écrire son histoire. Comme je l’ai évoqué un peu plus tôt, Toilet-bound Hanako-kun peut paraître initialement très mignon ou enfantin de par son style graphique. D’ailleurs, même le personnage de Nene peut sembler assez simple étant donné que l’on est sur une étudiante qui cherche juste à trouver l’amour et qui compte sur le surnaturel pour réaliser son souhait. Mais cette première image que l’on a du manga va progressivement s’estomper pour laisser place à une histoire bien plus sinistre. Et c’est ça que je souhaite souligner dans cette partie. Il y a une ingéniosité dans l’écriture qui fait que l’on se laisse happer par cette première approche sans vraiment dans quoi on s’embarque pour finalement prendre un violent coup de massue quand la vérité éclate. C’est sûrement le plus grand choc dans ce manga dès l’instant où l’on est témoin du danger réel qui peut exister au sein de cette école. C’est ce que l’on peut ressentir à tellement de fois au fil des arcs narratifs qui vont tous amener une angoisse et des thèmes différents. Pour ma part, c’est ce qui fait que maintenant, je sais que ce titre peut constamment me surprendre même en étant déjà préparé à ce qui peut arriver. C’est la grande force de l’autrice qui sait parfaitement trouver cet équilibre tout en réussissant constamment à surprendre. Même le dernier arc narratif en cours parvient à partir dans des directions totalement inattendues et d’autant plus intéressantes de par les sujets qui sont évoqués. Ce que je veux dire, c’est que l’on est face à un manga qui sait nous faire baisser notre garde constamment pour mieux nous surprendre et qui va brillamment parvenir à véhiculer des messages forts et des émotions que l’on n’aurait jamais cru vivre en temps normal à travers cette lecture. Une oeuvre qui dépasse clairement toutes les attentes de départ.

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