Il Divino T1
Cela faisait un petit moment que je n’avais pas parlé d’un genre spécifique alors que je l’apprécie tout particulièrement : les récits historiques. J’ai toujours à cœur de découvrir de nouveaux mangas qui nous offrent une fenêtre sur le passé tout en cherchant à rendre ça divertissant. Surtout qu’il peut y avoir tellement de possibilités à travers ce type d’œuvre. Heureusement, j’ai pu corriger ça récemment en me lançant dans la découverte d’une nouvelle série des éditions nobi nobi. Il s’agit tout bonnement du premier volume de Il Divino. Derrière ce nom se trouve en réalité une histoire en cinq volumes racontant le parcours du célèbre Michelangelo. On est donc ici dans le domaine du récit qui va se focaliser non pas sur une époque ou des événements précis, mais sur une figure historique bien connue. Pour ma part, il n’en fallait pas plus pour me donner envie de voir ce que donnerait le résultat final. Et je dois dire que pour une introduction, il y a beaucoup de matière à analyser. Préparez-vous à partir avec moi à l’époque de La Renaissance pour faire la connaissance d’un petit génie.
Le noble rêvant d’être artisan

Synopsis
Florence, 1488. Le jeune Michelangelo Buonarroti brûle de pouvoir intégrer un atelier d’artiste, tant il est fasciné par l’acte de créer une œuvre à partir de rien. Alors que sa famille lui impose un destin déjà tout tracé de jeune noble, il s’engage malgré tout sur cette voie, déterminé à devenir le plus grand artiste de son époque.
Défiant les conventions sociales, les rivalités artistiques et les intrigues politiques, il va déployer ses ailes pour atteindre le divin…
L’ascension irrésistible de Michelangelo, surnommé Il Divino, l’un des plus grands génies de la Renaissance italienne !
Mangaka : Syamu Ito
On comprend rapidement concernant Il Divino que l’on est sur un récit historique se focalisant sur une figure emblématique du monde de l’art. Si l’on peut bien sûr penser qu’il y a des libertés qui vont être prises autour de cet artiste d’exception, il est tout aussi intéressant de voir comment celui-ci est représenté dans le manga ainsi que son parcours. Pour un premier volume, celui-ci va facilement nous plonger dans le quotidien de ce jeune homme qui ne souhaite que créer de ses mains que de suivre une destinée que l’on a choisi pour lui. Une lecture qui a beaucoup à nous transmettre.
Suivre sa passion
Comme très souvent dans le genre du récit historique se focalisant sur une figure connue, Il Divino va centrer son récit sur celle de Michelangelo. On se retrouve à le suivre durant ses jeunes années alors qu’il cherche à assouvir son envie de peindre et créer plutôt que de se cantonner à apprendre le latin. Et là, on va aborder déjà un premier élément que je trouve très important. A travers ce manga, on nous raconte surtout le destin d’un jeune homme passionné par l’art, mais qui doit se confronter aux obligations qu’on le force à endosser de par son statut de noble. On confronte ainsi un avenir déjà écrit et pensé pour remettre du prestige sur le nom de sa famille à ce que veut réellement ce garçon. C’est un sujet qui me parle beaucoup, car on a ici un sujet qui peut totalement faire écho à ce que l’on peut connaître même encore aujourd’hui. Le poids d’un devoir qu’on nous impose alors que l’on souhaite faire quelque chose que l’on aime. Avec ce postulat de départ, le titre s’assure notre envie de voir notre protagoniste se libérer de ses chaînes pour finalement s’épanouir dans le domaine qu’il désire tant connaître. Mais c’est aussi une bonne manière de représenter aussi les différences entre les classes à l’époque de La Renaissance et notamment le mépris qu’il pouvait y avoir encore pour les arts manuels face au travail de fonctionnaire ou considéré plus renommée. Ce récit est donc aussi une fenêtre sur cette opposition des classes très présente à cette période en Italie.
Mais en plus de ça, cette lecture est aussi une excellente façon de découvrir cette figure importante à travers le prisme d’une écriture à la fois pertinente et en même temps ludique. Le mangaka fait en sorte que l’on ait de l’empathie pour Michelangelo, mais aussi que l’on soit admiratif de son talent. Pour ça, il faut aussi reconnaître l’élégance du trait de l’auteur qui arrive à retranscrire le côté grandiose des œuvres de ce peintre ainsi que la précision qu’il apporte à chaque trait. Évidemment, il y a un côté romancé sur plusieurs aspects, mais ça n’enlève en rien le plaisir ressenti. Au contraire, c’est une bonne façon d’introduire le personnage et d’avoir envie de se renseigner plus en profondeur sur lui après avoir refermé ce tome. En outre, on voit aussi une construction du protagoniste pouvant sembler classique de prime abord, mais qui permet de changer l’image que l’on peut avoir du génie pour montrer qu’il a, lui aussi, des choses à apprendre au sein d’un atelier. C’est aussi ce qui est justement pertinent dans cette série, car on ne se concentre pas uniquement sur l’art, mais sur tout ce qui l’englobe. Ainsi, il va être question de comment on fait les pigments, le travail d’équipe ainsi que le quotidien au sein d’un tel lieu. On éclate justement cette bulle que l’on a trop tendance à centrer sur la réalisation d’une œuvre d’art afin de voir le tableau dans son intégralité. Un choix que je trouve pertinent et qui permet aussi de s’imprégner pleinement de tout ce qui gravite autour de ce jeune homme.
Il Divino est une œuvre qui arrive très bien à combiner historique et divertissement. Sans nous noyer sur des informations concrètes concernant notre artiste de légende, on arrive à apprécier tout ce qui est raconté autour de lui. Suivre son ascension, mais aussi ses déboires et son combat pour façonner son propre futur sont autant d’éléments qui rendent la lecture plaisante. On a envie de l’accompagner et surtout d’être témoin des incroyables œuvres d’art qu’il va créer de ses propres mains. Une approche ludique du personnage tout en parvenant à y insuffler ce qu’il faut d’émotions et de représentations de l’époque.
Il Divino débute sa toile
Pour moi qui suis un fan de récit historique, j’ai clairement trouvé mon bonheur avec ce premier volume de Il Divino. Comme je l’ai précisé, on est loin de certaines séries où l’on va être sur un travail de recherche extrêmement poussé afin de coller au mieux à ce que l’on sait. Mais ça n’enlève en rien l’intérêt du titre qui propose sa vision aussi du passé de Michelangelo et du parcours qu’il a pu connaître. Surtout que le travail fourni est aussi intéressant du fait que l’on est sur une lecture pouvant s’adresser à tout type de lecteur. C’est une autre manière de découvrir et d’avoir envie d’en savoir plus sur cette figure incontournable de l’art de La Renaissance. De même, je trouve appréciable que l’on aborde certains sujets qui sont autant propres à cette époque que pouvant résonner encore aujourd’hui. J’ai particulièrement été touché par la lutte de notre artiste en herbe pour faire accepter à sa famille son envie de peindre malgré tout ce que l’on fait peser sur ses épaules. Je trouve d’ailleurs que ça donne un passage fort et émouvant qui montre l’importance de soutenir ses proches et de les encourager dans leur passion peu importe le statut social ou les difficultés pouvant en découler. Je n’ai pas vu le temps passer à travers cet ouvrage qui m’a permis, le temps de quelques minutes, de voyager dans le passé et d’admirer tout le travail qu’il abat.
C’est donc une excellente surprise que j’ai eu à travers ce premier volume de Il Divino. D’ailleurs, je suis très curieux de voir comment va évoluer le récit étant donné que l’on sait déjà que celui-ci se terminera au bout du cinquième tome. Va-t-on assister à une ellipse pour voir comment il va grandir en tant qu’artiste ou bien nous focaliser surtout sur ses débuts dans le milieu. Ce qui est sûr, c’est que l’on risque d’en prendre plein les yeux au vu de ce que l’on peut déjà admirer dans ces premiers chapitres. Et je le redis, mais j’apprécie le trait de l’auteur qui a su retranscrire toute la beauté de ces toiles tout en montrant la différence entre ses réalisations et celles de ses compères. Une œuvre que je trouve divertissante, enrichissante tout en nous donnant envie d’encourager ce jeune homme dans cette voie qu’il a choisi. Une fois encore, ce n’est pas tant ici la finalité de cette histoire qui intéresse, mais bel et bien la manière dont le mangaka retranscrit le quotidien de cette figure emblématique. Si vous êtes passionné d’Histoire, de l’art ou que vous souhaitez juste une lecture combinant découverte et amusement alors n’hésitez pas une seule seconde. J’ai évidemment des tas d’interrogations qui me viennent en tête pour le prochain acte du manga. Est-ce que l’on va suivre tout son cheminement jusqu’aux œuvres mythiques qu’il a pu créer ? Quels défis vont se dresser sur sa route ? Va-t-on le voir aussi renforcer ses liens avec les autres apprentis ? Allons-nous admirer son talent s’épanouir au contact des autres ? Il me tarde de me procurer le prochain tome.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Il Divino. Trouvez-vous que le manga réussit à nous plonger dans le quotidien de notre protagoniste ? Appréciez-vous la manière dont cette figure artistique est écrite tout au long de cette introduction ? Est-ce que le manga réussi, selon vous, à retranscrire tout le talent de ce jeune homme dans ce domaine ? Le titre parvient-il à traiter de sujets importants à vos yeux concernant justement la voie que l’on souhaite prendre ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

