Goze Hotaru T1
Il n’y a pas si longtemps, on a pu avoir l’annonce marquante du retour de Kazé en tant qu’éditeur après le rachat de la branche manga par Harper Collins. 2026 est donc une année de renaissance qui se voit déjà dans les nouveautés qui ont été annoncées ou bien qui sont déjà sorties. Pour ma part, j’étais très curieux de voir ce que donnerait cette seconde vie. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui, on va se pencher sur l’une de leurs nouvelles licences qui a fait son apparition en ce mois de février. Je parle ici de Goze Hotaru, une série en 3 volumes qui nous plonge dans le quotidien des gozes, artistes itinérantes. Une idée de base prometteuse qui peut donner lieu à une histoire à la fois émouvante, douce et aussi ancrée dans la culture japonaise. Si ce thème avait de quoi m’interpeller, je ne savais pas non plus dans quoi je m’embarquais étant donné que c’est avant tout par curiosité que je me suis lancé dans cette lecture. Et le résultat est plus que probant grâce à l’écriture de notre héroïne et de ce monde qu’elle va découvrir. Soyez donc au rendez-vous pour partir sur les routes au rythme du shamisen de ces musiciennes.
Une voie où l’on n’as pas besoin de voir

Synopsis
Hotaru, une jeune fille ayant perdu sa mère dès son plus jeune âge mais entourée d’affection et menant une existence tranquille, est à nouveau frappée par le malheur lorsqu’elle perd la vue. Mais sa vie bascule lorsqu’elle plonge dans l’univers des goze, ces musiciennes aveugles qui parcourent les campagnes pour partager leur art. Déterminée à retrouver son père disparu et à tracer son propre chemin, la jeune prodige se lance dans une aventure hors du commun…
Mangaka : Kou Tosaya
Dès ces quelques lignes, Goze Hotaru nous fait comprendre que l’on va être face à une histoire touchante. Après tout, on va suivre cette gamine qui fut isolée pendant très longtemps et qui, une fois consciente de son handicap, cherche à mieux cerner le monde qui l’entoure. Ce qui fait que le manga va se présenter comme un périple servant à aller au-delà de cette cécité pour mener une existence qui puisse l’enrichir. Une formidable leçon de courage, mais qui va aussi nous réserver bien des surprises autour d’Hotaru qui va en apprendre plus sur elle-même.
Sur la route
La première chose que j’ai beaucoup appréciée en me plongeant dans Goze Hotaru est sa capacité à nous plonger dans cette époque. En seulement quelques cases, on fait un bond dans le temps en compagnie de cette famille composée de ces deux enfants et de leur grand-père. Et ce qui commence comme un récit assez doux et mignon va prendre un important virage dès que l’on découvre le handicap d’Hotaru. L’ensemble du récit s’obscurcit et je trouve que le manga réussit à très bien retranscrire cette angoisse qui naît de ce sens manquant. C’est toute une partie du monde qui se prive à cette jeune fille qui se renferme sur elle-même alors qu’elle était montrée comme pétillante et pleine de vie. On a alors de l’empathie pour elle, mais aussi ses proches qui font au mieux pour la comprendre, l’aider et la protéger. Mais le récit va réellement prendre un autre essor dès lors qu’il met en scène les goze. Ces musiciennes, elles aussi aveugles, vagabondent d’un village à l’autre pour exprimer leur art auprès des habitants qui veillent sur eux. C’est à travers cette rencontre que le récit va ramener un peu de lumière dans cette obscurité opaque. A mes yeux, ce passage clé est très bien amené, car on nous montre que sans même voir, il est possible de rêver, de s’émerveiller et d’être ébloui même face à une telle perte. Ainsi, même dans l’adversité, le manga réussit à nous montrer que rien n’est jamais perdu et qu’il est possible de retrouver le goût de la vie.
Et comme si ce n’était pas déjà fort comme évolution du récit, le titre va nous délivrer une seconde moitié de tome captivante en nous emmenant sur les routes en compagnie de ces artistes et leur nouvelle recrue. Une manière pertinente de voir que même si elle a trouvé le courage de s’extirper de cette maison qui était presque devenue comme une cage, Hotaru a encore énormément de chemin à faire pour vraiment s’épanouir malgré sa cécité. Mais si l’on est déjà heureux d’assister à cette bataille pour se libérer de ce poids, ce périple va surtout être l’occasion d’enrichir la palette de couleurs de cette fresque. Si l’on va prendre le temps de se familiariser avec le quotidien de ce groupe, on va aussi avoir le droit à pas mal de mystères qui vont apparaître progressivement. C’est ça qui est génial avec cette histoire, car elle combine plusieurs aspects qui s’emboîtent parfaitement. On est autant dans une introspection personnelle de la part d’Hotaru qu’une recherche de la vérité autour de son passé. Mais c’est aussi une manière d’exposer au grand jour le mode de vie de ces femmes qui allaient de village en village pour gagner leur vie et apporter un peu d’art et d’évasion aux gens. Tout ici est une question de contraste, de symbolique, mais aussi d’humain. Ce dernier point est important, car il s’agit d’un des fondements de cette œuvre qui nous montre autant une demoiselle aveugle cherchant à s’ouvrir au monde, qui va découvrir les nuances de celui-ci, mais aussi une fille désemparée en recherche de réponses. Et elle peut aussi devenir une artiste en herbe qui va apporter ce que les autres ont pu lui partager pour la sauver.
Je ne m’attendais pas à ce que ce premier volume de Goze Hotaru soit aussi intéressant à suivre. En prenant pour héroïne cette demoiselle, on est totalement impliqué dans sa volonté de changer de vie, mais aussi de lever le voile sur certains éléments de son passé. Ce qui fait que nous ne sommes pas uniquement dans un récit qui se présente comme un road-trip en compagnie de ces artistes itinérantes. Il s’agit aussi d’une manière pour cette jeune fille de s’épanouir et surtout d’entrevoir un nouvel horizon malgré sa cécité. Une oeuvre profondément humaine et personnelle.
Goze Hotaru entame son voyage
Goze Hotaru est le très bon exemple de manga qui arrive à créer la surprise et nous à faire passer un excellent moment alors que l’on ne sait pas vraiment sur quel pied danser. Au contraire, c’est justement en ne sachant pas à quoi m’attendre que j’ai vraiment été pris dans le récit de notre chère héroïne. Une œuvre qui ne cherche pas à aller à toute vitesse. Justement, ce qui caractérise ce manga est sa volonté de ralentir le rythme pour que l’on se mette à apprécier pleinement ce que ce monde peut nous offrir. Une histoire qui peut facilement parler à tout le monde, car au-delà de l’aspect culturel japonais lié aux goze, nous sommes avant tout face au récit d’une enfant cherchant à la fois à faire face à son handicap et à obtenir des réponses. On ne peut alors qu’être touché par la détermination et l’énergie dont elle fait preuve afin d’avancer malgré la difficulté de ne pas voir. On a envie de la soutenir et de l’encourager tout en savourant chaque moment qu’elle vit en dehors de son village. Mais en plus de ça, l’artiste ne cherche pas non plus à dépeindre une renaissance complètement joyeuse. En quittant son “cocon”, Hotaru va se confronter à ce qu’il y a de meilleur, mais aussi de pire chez l’être humain. On le voit très bien dans les dernières pages et cela ne fait que renforcer notre inquiétude pour cette gamine qui lutte de toutes ses forces pour avancer. Tout ça est couplé à bon nombre de mystères qui nous donnent envie de prolonger l’aventure à la recherche, nous aussi, de réponses.
C’est, vous l’aurez compris en lisant ces quelques lignes, une belle surprise que m’a offert ce premier volume de Goze Hotaru. Le genre de récit que j’apprécie encore plus, parce qu’il dépasse de loin ce dont je pouvais m’attendre. Et même si le titre ne fera que trois volumes au total, cela peut donner lieu à une histoire très efficace au vu de ce que l’on nous tease déjà par ces quelques pages. On a envie d’en savoir plus tout en ayant envie de prolonger notre voyage en compagnie de ces artistes itinérantes. Une œuvre qui m’a fait vibrer plus d’une fois et qui, surtout, arrive à parler avec brio de sujets souvent difficiles. On évoque très bien le problème du handicap lié à la cécité, la difficulté de se relever face à ça, l’importance d’avoir des gens sur lesquels compter, mais aussi le fait de pouvoir continuer à vivre et savourer, d’une autre manière, ce que le monde peut nous réserver comme présents. Si vous voulez une histoire courte, touchante et captivante alors vous serez sûrement conquis par le périple d’Hotaru. A présent, j’ai tout de même quelques questions qui me viennent en tête. Est-ce que l’on va lever le voile sur le passé de notre héroïne ? Va-t-on être détruit par la vérité qui pourrait en découler ? Hotaru va-t-elle totalement suivre la voie des goze ? Ou bien va-t-elle tracer sa propre route ? Est-ce que l’on va en apprendre plus aussi sur ces nouvelles camarades ? Je suis très intrigué de voir comment tout ça va évoluer dans les deux prochains tomes.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de Goze Hotaru. Trouvez-vous que l’ambiance du titre permet de s’imprégner pleinement du voyage de notre héroïne ? Appréciez-vous le fait que l’on se focalise sur la vie et le quotidien des goze ? Pensez-vous que ce périple peut nous amener à pas mal de surprises pour les deux tomes restants ? Etes-vous curieux de voir comment va évoluer notre protagoniste en ayant choisi cette voie ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

