Pourquoi-j’aime-#74---Dark Gathering--2

Pourquoi j’aime #74 : Dark Gathering

J’enchaîne les chroniques autour de ce rendez-vous qui m’accompagne maintenant depuis un long moment et je dois dire que j’ai toujours autant de plaisir à vous parler de ces séries que j’apprécie. Et cette fois, j’avais envie de me pencher sur un titre qui change un peu de ceux que j’ai pu traiter ces dernières semaines étant donné que l’on va partir dans le domaine de l’effroi. Un genre qui n’est pas forcément au goût de tout le monde tant ça joue aussi sur la sensibilité de chacun, mais qui regorge de belles pépites. C’est justement le cas du manga qui sera notre sujet du jour et qui arrive à me tenir en haleine depuis le premier volume. Il s’agit de Dark Gathering chez Mana Books qui compte aujourd’hui 16 tomes en France étant donné que le dernier volume en date sort justement ce jeudi. J’ai déjà pu en parler plusieurs fois, mais il est important de regrouper maintenant ce qui fait, à mon sens, tout le charme de cette histoire. Car oui, je trouve qu’à travers l’horreur suscité au sein de ces pages, on arrive à nous transmettre des émotions fortes et surtout un récit qui va nous prendre littéralement aux tripes. C’est parti pour quelques frissons.

Une atmosphère oppressante

Dark Gathering - Mana Books

Pour bien commencer, il faut parler de ce qui va tout de suite sauter aux yeux quand on se lance dans ce manga. Dark Gathering se démarque par une horreur véritablement glaçante et bien construite. Contrairement à beaucoup de mangas surnaturels qui misent sur un contact fort d’entrée de jeu face à des phénomènes inexplicables, celui-ci crée une atmosphère lourde et angoissante dès les premiers chapitres. Les esprits sont détaillés, grotesques et souvent d’un réalisme dérangeant, avec un body horror assumé et des scènes de violence graphique. Les lieux hantés sont parfaitement mis en scène pour maximiser le malaise ressenti par le lecteur. Le manga sait jouer sur la tension psychologique, une terreur visuelle et l’impuissance face à l’inconnu. Et en fait, je me rappelle très bien à quel point j’étais à la fois tiraillé entre mon attrait pour le manga et la crainte que je pouvais ressentir en me demandant ce qu’il y aurait à la prochaine page. C’est sûrement pour moi l’une des plus grandes forces de cette série que de parvenir à créer cette tension constante dès l’instant où l’on embarque pour ce périple surnaturel. Surtout que les rares moments d’apaisement sont très vite brisés par la peur que l’on va ressentir à l’égard même des compagnons de notre protagoniste. Car oui, le danger ne vient pas uniquement des esprits qui vont faire face à cette équipe, mais aussi de ces partenaires qui sont tout aussi effrayantes que l’ennemi en face. C’est justement dans cette capacité à ne jamais se sentir en sécurité que le titre brille terriblement. On a beau avoir quelques pages pour souffler, on ne peut se défaire de ce sentiment qu’une chose terrible peut arriver à tout moment. On entre dans cette histoire en ignorant ce qui nous attend pour finir par une paranoïa renforçant tellement notre immersion.


Une idée originale au service de l’angoisse

Dark Gathering Vol.4

Il faut comprendre que Dark Gathering sait parfaitement comment créer une intrigue qui va nous forcer à aller au contact de ces esprits malfaisants. L’idée centrale est particulièrement ingénieuse : Yayoi cherche à trouver l’esprit qui a tué sa mère et va entraîner dans sa quête sa cousine Eiko et l’amie d’enfance de cette dernière : Keitarou. Et pour ça, le récit va se transformer en une traque aux fantômes dans le but de trouver le coupable. Il s’agit alors de capturer ces spectres dangereux pour ensuite les enfermer dans des poupées où leur volonté existe encore mais est prisonnière de cette enveloppe. D’ailleurs, dès que l’on pose pour la première fois le regard sur cette pièce, on ressent totalement le malaise d’avoir tous ces esprits qui n’ont qu’une envie : se libérer. Et le pire dans tout ça, c’est que ça va bien plus loin que ça. Il ne s’agit pas juste de les enfermer pour qu’ils ne fassent plus aucun mal. Je n’irais pas plus loin pour éviter les spoils, mais ça amène une forme d’originalité au récit qui peut prendre une dimension beaucoup plus action. Le concept donne une structure claire à l’histoire tout en restant terrifiant, car chaque esprit capturé représente un danger potentiel. Cette originalité évite la monotonie des exorcismes classiques et rend chaque confrontation unique et imprévisible. Mais surtout, ça donne un excellent prétexte pour aller se confronter à des ennemis toujours plus retors dans le but d’atteindre cette vérité et comprendre les réels enjeux de cette histoire. Une œuvre qui n’est pas seulement un manga horrifique. Il y a une histoire bien plus profonde qui se cache derrière et qui permet d’accrocher le lecteur pour qu’il se confronte à sa peur afin d’aller toujours plus loin. Un juste équilibre parfaitement maîtrisé.


Un trio qui nous procure bien des émotions

Dark Gathering Vol.6

Le cœur de l’œuvre repose sur le trio Keitaro, Yayoi et Eiko. Keitaro est un aimant à esprits terrifié qui sert souvent d’appât malgré lui et c’est justement intéressant d’avoir un tel personnage. La raison à ça est que l’on est face à un jeune homme qui désire juste mener une vie normale et qui n’a rien d’extraordinaire pour s’opposer à ces spectres. Il est un prisme de ce que l’on serait si l’on pouvait voir du jour au lendemain ce type d’entité et c’est ce qui fait que l’on s’attache rapidement à lui, que l’on partage sa peur et que l’on est admiratif de son courage d’aller de l’avant. Ensuite, on a Yayoi. Elle est une enfant géniale, froide et déterminée, obsédée par son objectif et qui est prête à tout pour y parvenir. Et le point le plus remarquable et qui fait qu’elle est autant marquante, c’est son manque total d’émotions visibles. Elle ne laisse rien transparaître et c’est aussi ce qui fait qu’elle est source d’angoisse pour Keitaro, mais aussi le lecteur. On ne sait pas sur quel pied danser avec elle et c’est ce qui rend son personnage aussi insondable que captivant. Elle est capable de la plus grande férocité envers ces esprits maléfiques sans jamais rien laisser transparaître. Pour finir, on a Eiko. Initialement, on peut la considérer comme un personnage qui apporte l’énergie et le soutien au sein du groupe. Mais plus on progresse dans le récit et plus on remarque que cette jeune femme a aussi sa part d’ombre. Ce qui fait qu’elle amène une autre forme d’angoisse bien différente de sa petite cousine. Le contraste entre la détermination presque inhumaine de Yayoi et la peur constante de Keitaro crée une dynamique passionnante. Leur relation évolue avec des moments de camaraderie, de tension et de questionnement sur la confiance. Une dynamique singulière au sein de ce trio où chaque membre est complémentaire tout en créant encore plus de frayeur.


S.O.S Fantômes

Dark Gathering Vol.10

Evidemment, je ne peux pas parler de Dark Gathering sans parler de ceux qui rendent cette histoire aussi prenante. Je parle bien sûr de ces fameux spectres qui vont être la principale menace pour nos protagonistes. Ce que je trouve remarquable, c’est que dès le départ on nous montre la peur qu’ils peuvent représenter tout en ayant véritablement une escalade dans l’horreur. Pour expliquer ça, il faut comprendre que les premiers “adversaires” qui vont se dresser sur la route de nos protagonistes sont des fantômes mineurs, mais dont on ressent pourtant toute l’angoisse qu’ils suscitent. On se dit alors que l’on est déjà face à des créatures cauchemardesques capables de détruire la vie des vivants de la pire des façons. Pourtant, ce n’est finalement que le début de l’enfer. Chaque nouvelle traque et arc va être l’occasion de tomber sur des esprits toujours plus macabres et dérangeants. A tel point qu’il suffit juste de poser les yeux sur eux pour ressentir toute l’angoisse de se retrouver face à eux. RIen que d’écrire ça et je repense déjà à certaines scènes traumatisantes dès l’apparition de ces monstres. C’est ça que je tiens à souligner, car avant même d’entrer en action, on voit à quel point il y a un vrai travail de recherche et d’imaginaire pour créer le malaise avant même la première attaque. Il suffit d’une apparition pour que le sang se glace et que l’on ait la chair de poule. J’ai rarement vu une telle efficacité dans l’horreur que pouvaient transmettre des créatures dans un manga et c’est une énorme qualité du titre. Cela ne fait que renforcer un peu plus ce sentiment d’insécurité que l’on éprouve à chaque fois que l’on se lance dans un nouveau tome. On se demande alors sans cesse quel sera le prochain esprit à venir nous hanter. 


Un dessin au service de l’effroi

Dark Gathering Vol.16

Pour clôturer cette chronique, je me dois de parler de l’aspect visuel du manga dans son ensemble. Kenichi Kondō possède un trait capable de passer du design mignon des personnages principaux à des représentations d’esprits extrêmement détaillées et repoussantes. Les fantômes sont variés, inventifs et souvent sinistres, avec un excellent travail sur les textures, les déformations et le contraste entre le noir et le blanc. Les scènes d’action et de possession sont dynamiques, et l’ambiance visuelle renforce constamment le malaise. Le style graphique est l’un des atouts majeurs de la série et contribue grandement à son efficacité horrifique. Et c’est justement ce qui en fait aussi un manga aussi fantastique en matière d’horreur. Il ne s’agit pas juste d’être face à quelque chose de terrifiant ou de faire face à un acte terrible pour que les frissons arrivent. Ici, il n’y a même pas besoin de mots pour que l’atmosphère pesante s’installe. Tout passe avant tout par le dessin et montre à quel point ce style graphique contribue à l’immersion du lecteur. On va apprécier les quelques moments d’intimité et de légèreté pouvant exister au sein de ce trio. Le design même mignon de certains personnages va ainsi renforcer le côté dérangeant de les voir se confronter à de tels monstres. Et dès qu’on les accompagne sur le terrain, on change totalement d’ambiance. On avance dans des lieux souvent sinistres qui installent déjà parfaitement le sentiment de malaise avant que la peur s’empare de nous dès lors que l’on tombe face aux êtres qui hantent ces murs. Une horreur qui est autant visuelle que scénaristique pour une combinaison que je trouve juste formidable.

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