L’été qu’on n’a jamais quitté T1
On reprend tranquillement les bonnes vieilles habitudes en cette rentrée. Cela signifie bien sûr de nouvelles histoires à découvrir à travers des mangas inédits. Et pour ça, on peut compter sur les éditeurs pour nous proposer pas mal de nouveautés en cette reprise. Pour aujourd’hui, je me tourne du côté de chez Pika qui propose cette semaine une histoire de boucle temporelle sur fond de comédie romantique. Il s’agit de “L’été qu’on n’a jamais quitté” et j’étais intrigué par cette histoire qui pouvait proposer un concept intéressant sur le papier. J’ai évité au maximum de chercher des informations histoire de découvrir cette histoire à travers ce premier volume et je dois dire que j’ai été surpris à la lecture. Je ne m’attendais pas forcément à ce que cela puisse prendre une telle tournure. Une œuvre qui va autant traiter de la maladresse que l’on peut avoir dans nos échanges avec les autres que nous offrir une tranche de vie simple et efficace où l’on savoure l’instant présent même quand celui-ci est figé dans le temps. Préparez-vous à un été qui dure longtemps en compagnie de deux êtres cherchant à briser tout ça.
Un éternel recommencement

Synopsis
Pour Suzuki et Takagi, élèves de première, le temps semble s’être figé : le 31 août recommence inlassablement, et ils sont les seuls à se souvenir des journées qui se répètent. Selon eux, ils seraient bloqués ce jour-ci car Suzuki n’a pas pu accomplir tout ce qu’il a voulu faire cet été… notamment une chose particulièrement importante. Ensemble, ils vont tenter de briser la boucle, condamnés à revivre encore et encore cette même journée d’ici là…
Mangaka : Ikkado Ito
Avec ce synopsis, L’été qu’on n’a jamais quitté nous donne une bonne partie des clés pour comprendre l’intrigue à venir. Après tout, on nous parle de boucle temporelle et de deux protagonistes cherchant à trouver le moyen de briser ce cycle. Il est aussi question de regrets et c’est un élément intéressant pour le développement des personnages. Car oui, le manga va nous plonger dans ce quotidien qui recommence à chaque fois, mais où l’on va vivre tellement de situations différentes en compagnie de ce tandem qui est le seul à savoir ce qu’il se passe réellement.
Apprendre à se connaître
Au départ, j’ai été très surpris par la manière dont débute L’été qu’on n’a jamais quitté. Après tout, on nous lance directement au cœur de cette fameuse boucle temporelle en rencontrant directement nos deux protagonistes. On installe rapidement le contexte et surtout, on lève un sourcil en découvrant ce qui pourrait être à l’origine de tout ça et ce que Suzuki pense devoir faire. Mais plus on avance dans le récit et plus on se rend compte que tout ça est juste un écran de fumée. En réalité, s’il y a bien le mystère de ce cycle qui va nous intéresser, on va surtout se concentrer sur la relation naissante entre nos deux protagonistes. Et c’est vraiment là que je trouve que ce premier volume s’en sort à merveille. Si l’on peut considérer ce jeune homme comme singulier au vu de ce qu’il évoque au départ, on se rend finalement compte qu’il est surtout un adolescent qui a énormément de mal avec les rapports humains. On le voit très bien par rapport à sa manière de s’exprimer, mais aussi comment il montre ce qu’il éprouve à Takagi. Mais ce qui est génial, c’est que c’est amené de façon presque comique avec des réactions ou bien des dialogues qui ont parfois l’air lunaires. Du fait de ne pas savoir comment agir, il n’a pas forcément tous les codes que l’on peut connaître en société quand on est avec quelqu’un d’autre. Ce n’est jamais amené de façon à déranger, mais plus à faire sourire, car on voit qu’il est surtout maladroit. C’est ce qui rend ce personnage bien plus sympathique que ce que l’on pourrait croire initialement.
De son côté, Takagi n’est pas en reste. On voit ici une demoiselle qui est beaucoup plus ouverte à la discussion et consciente de ce qui l’entoure que son camarade d’infortune. Même si elle a du mal à croire à la raison de tout ça, on va malgré tout voir un rapprochement se faire entre les deux. A la frontière entre l’amitié et un amour naissant, on a un attachement pour ce duo à la fois drôle et touchant. Pour en revenir à notre lycéenne, cette dernière va aussi avoir du mal à accepter ce qu’elle peut ressentir et on sent ici quelque chose d’assez différent de son nouveau compagnon. Là où ce dernier est surtout ignorant sur tous ces sujets, elle est beaucoup plus sur la réserve. Et le fait de mettre deux personnalités comme ça dans un contexte de prison temporelle est ingénieux. Cela permet de voir comment ils interagissent entre eux dans un environnement qui ne bouge finalement jamais. Un quotidien constant dont ils connaissent quasiment chaque événement mis à part ce qu’ils peuvent faire eux-mêmes. Et c’est là aussi que le manga brille selon moi. En nous montrant progressivement l’avancée de leur relation, on nous dépeint surtout le plaisir de ces petits instants qui peuvent arriver chaque jour. Cette journée qui se répète inlassablement est un peu un miroir d’une majorité de la vie où rien ne diffère fortement d’une journée à l’autre. Et finalement, c’est à nous de voir ou de décider de transformer cette routine pour vivre de belles petites expériences en compagnie des gens qu’on aime. Une ode à l’instant présent que je trouve remarquable et qui utilise à merveille son concept de base.
Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec L’été qu’on n’a jamais quitté et finalement je trouve que ce premier volume fut fort plaisant. On joue très bien sur la complexité des rapports humains et surtout sur la maladresse de Suzuki par rapport à ses sentiments pour Takagi. Cela est fait avec une bienveillance qui permet de prendre tout ça comme un rapprochement complexe entre les deux et qui se fait petit à petit. La question sera maintenant de savoir si cette romance parviendra à trouver son équilibre et voir si ça aura un impact réel sur cette boucle temporelle.
L’été qu’on n’a jamais quitté donne le sourire
Finalement, je suis bien content de ne pas m’être renseigné plus que ça sur ce premier volume de L’été qu’on n’a jamais quitté. Cela m’a permis de pleinement profiter de cette découverte et surtout de cerner rapidement dans quoi je m’embarquais. J’ai donc été agréablement surpris par la tournure des événements et surtout par le travail fourni autour de l’écriture de nos deux protagonistes. Le titre joue admirablement bien la carte de l’humour afin que l’on vienne dédramatiser toute cette situation. D’ailleurs, on ne ressent jamais une certaine impatience ou angoisse du fait de cette journée qui reboucle sans cesse. Au contraire, on vient même à avoir hâte de découvrir la prochaine itération de celle-ci afin de voir ce que nos deux amis nous réservent. C’est d’ailleurs très bien conçu, car dans un contexte qui laisserait supposer que tout se répète à chaque fois, le fait de suivre notre duo permet de transformer chaque chapitre en quelque chose d’inédit. Le décor a beau être le même, ils réussissent à créer de la nouveauté constamment en nous embarquant dans leurs rendez-vous, mais aussi leurs discussions et moments plus intimes. L’humour fait mouche et on sent que l’artiste sait comment se jouer de la maladresse de Suzuki pour le rendre plus attachant et ainsi apporter une relation qui, au bout du compte, se tisse au fil des expériences, des échecs, des discussions et des gags vécus.
En conclusion, je trouve que ce premier tome de L’été qu’on n’a jamais quitté aura été une agréable découverte. Un petit plaisir qui se présente finalement comme une parenthèse dans le temps. Oui, on se questionne évidemment sur l’origine de ce phénomène et si oui ou non nos protagonistes vont y échapper. Mais en même temps, on savoure aussi ce qu’ils nous offrent à l’instant T à travers ce quotidien figé de 24h où ils arrivent pourtant à rendre chaque jour unique. On apprécie de les voir se rapprocher, de se questionner sur comment agir face à l’autre, mais aussi leurs incertitudes. On voit aussi à quel point l’image qu’ils peuvent refléter n’a rien à voir avec ce qu’ils sont réellement. Ils peuvent être timides, anxieux et même angoissés à la simple idée de discuter sans savoir comment réagir face aux sentiments de l’autre. Si vous souhaitez une comédie romantique à la fois originale et reposante alors vous pouvez trouver votre bonheur à travers cette histoire. A présent, j’ai tout de même pas mal de questions étant donné que l’on est sur une série qui compte déjà 12 tomes au Japon. Est-ce que l’on va rester dans ce format et si oui comment l’artiste peut réussir à éviter la redondance ? Va-t-on en apprendre plus sur ce blocage dans le temps et la manière de s’en défaire ? Est-ce qu’il y aurait d’autres individus qui seraient conscients d’être prisonniers de cette journée ? Comment va évoluer le lien entre nos deux personnages principaux ? Je suis très curieux d’avoir la réponse à tout ça.
N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce premier volume de L’été qu’on n’a jamais quitté. Trouvez-vous que la relation entre nos deux protagonistes est à la fois drôle, touchante et intéressante à suivre ? Etes-vous curieux de découvrir les origines de cette boucle temporelle ? Pensez-vous que l’on aura le droit à une évolution prometteuse des rapports entre nos deux personnages ? Est-ce que vous pensez que l’on va rester sur ce format ou bien va-t-on assister à la naissance d’une part plus dramatique ou sérieuse ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? Je reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

