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Sur la trace de Steelskin #01 : Rapture

Je vous propose aujourd’hui un tout nouveau rendez-vous que je propose sous une forme particulière. Vous le savez, j’ai déjà eu l’occasion de parler à plusieurs reprises de lieux emblématiques du jeu vidéo. Je me suis dit que j’allais reprendre ce concept, mais en le tournant dans une forme plus narrative sans pour autant mettre de côté l’analyse et le ressenti que j’ai pu avoir. J’espère que cette approche vous plaira et que vous apprécierez le principe. N’hésitez pas à me dire dans les commentaires ce que vous en pensez ainsi que votre propre regard sur le lieu du jour.

Un phare au milieu de l’océan

Voilà maintenant un moment que j’ai trouvé cette lettre d’un soi-disant Steelskin. Interpellé par son contenu et surtout cet appel de l’aventure, je n’ai pas su résister. Ce fut long avant de trouver ce fameux lieu qu’il évoquait, mais c’est maintenant chose faite. Et là première chose qui m’a frappé sur place est évidemment cet étrange édifice trônant fièrement au beau milieu de l’océan Atlantique. Tel un phare guidant les bâteaux sauf que là, tout semble plutôt pensé pour éviter les regards indiscrets. D’ailleurs, personne n’a accepté de m’emmener jusqu’à destination et j’ai dû y aller par mes propres moyens. Ce qui est sûr, c’est que la première question que l’on se pose face à cette bâtisse est la raison de sa construction dans une telle zone. Mais étrangement, il y a quelque chose qui se dégage de ce lieu qui m’a poussé inexorablement à franchir ses portes tout en ayant pourtant un profond malaise en m’approchant. Comme si je m’apprêtais à entrer dans un endroit dont je ne pourrais pas ressortir. Et malgré cet avertissement qui résonnait dans ma tête, j’ai finalement franchi le seuil de cette impressionnante tour. Dès cet instant, je posais les yeux sur un décor assez surprenant rappelant l’art nouveau. Et le plus singulier était l’imposant buste d’un homme inconnu où était accrochée une banderole sur laquelle était écrit “Pas de dieux ni de rois, seulement l’homme”. 

Une devise pour le moins singulière et qui interpellait forcément tous ceux qui devaient entrer dans cette salle. Portée par ma curiosité maladive, je décida d’approfondir mon exploration et de descendre les escaliers. Je tombais nez à nez alors avec une étrange sphère semblant destinée à aller dans les profondeurs de l’océan. C’est là que commence un dilemme qui a dû frapper tous ceux qui se sont retrouvés, malgré eux, entre ces murs. Dehors, il n’y a rien si ce n’est de l’eau à perte de vue. Coincée sur ce petit monceau de terre semblant refléter l’exubérance d’un homme, le seul chemin possible semble de s’engouffrer dans les abysses de ce monde sous-marin. Mais cela provoque aussi quelque chose de beaucoup plus fort et sinistre. Il s’agit de la peur de ce qui nous attend. Après tout, impossible de savoir ce qui se cache tout en bas et ça pourrait bien n’être qu’un aller simple. C’est avec une bonne dose de courage que j’ai décidé de prendre ce que je découvrirais plus tard comme étant une bathysphère. Et tandis que je m’engouffrais au fond de l’océan, un message de présentation se fit entendre. Un certain Andrew Ryan décrivant son envie de créer un lieu où personne ne pourrait prendre les possessions des autres et où le mérite serait mis à l’honneur. Ce lieu répondant au nom de Rapture et c’est au moment où ce nom fut évoqué que je découvris de quoi il s’agissait. Une impressionnante cité sous-marine qui semblait tout droit sortie d’un rêve. L’angoisse que je pouvais ressentir avant mon entrée dans la cabine fit place à un attrait presque hypnotique pour ce paysage qui semblait surréaliste. Une métropole construite par l’homme et qui donnait l’impression que tout était possible, mais je ne savais pas encore à quel point cette prouesse architecturale allait se transformer en un piège mortel.

Rapture - arrivée

Un trésor enfoui sous l’eau

Si l’émerveillement est sûrement la première chose que l’on ressent quand on pose les yeux sur Rapture, cela change progressivement dès lors que l’on arrive. Je me souviens encore très bien de ma surprise en voyant l’état déplorable des installations et lieux comme s’il y avait eu un conflit au sein de cette cité. Pour ne rien arranger, d’étranges bruits inquiétants résonnaient un peu partout. J’ai même cru entendre un cri étouffé au loin. N’importe qui serait retourné dans la bathysphère pour remonter, mais je ne sais pas, je ne pouvais me retenir d’avancer. C’est aussi ça qui est, à mon sens, le plus dangereux quand on débarque dans cette métropole sous-marine. Il s’agit du pouvoir d’attraction qu’elle dégage et qui pousse inexorablement à en voir plus alors que l’on sent la menace proche. Surtout que quand on évite les ombres qui guettent la moindre faille pour nous tomber dessus, il est clair que Rapture a un charme indéniable. A chaque fois que je m’arrêtais pour observer l’environnement et le paysage derrière les couloirs aquatiques, je ne pouvais m’empêcher de lâcher une exclamation. Devant moi se trouvait un chantier titanesque que personne ne pourrait penser réalisable et qui, malgré la ruine qui s’installait, conservait une forme de grandeur. On pouvait facilement ressentir le souhait de son créateur rien qu’en observant l’architecture ainsi que le faste de certaines zones. 

Voilà aussi ce qui m’a agréablement surpris tandis que je progressais la boule au ventre. Tout semblait idéal en ce lieu avec énormément de structures vitales, des lieux de loisirs et même un parc splendide où il était possible de se balader. Mais tout empire est voué à s’écrouler face à l’avidité des hommes. C’est en tout cas ce que témoignent les traces de lutte, le sang et les corps qui jonchent chaque salle. Si je ne suis pas là pour découvrir l’histoire qui s’est passée ici, c’est surtout ce que raconte cette ville directement qui m’intéresse. Et sans même savoir ce qui a bien pu se passer, on comprend très bien ce qui a pu engendrer un tel chaos. En voulant faire de ce lieu un paradis pour les “méritants”, Andrew Ryan a surtout concentré des figures fortes ayant autant servi à la grandeur de Rapture qu’à la chute de celle-ci. Si l’on donne la possibilité à certaines personnes talentueuses de s’affranchir des règles et de la morale, il est évident que cela peut transformer l’individu le plus irréprochable pour le transformer en un fou désireux de voir jusqu’où il peut pousser ses capacités. C’est pour ça que la grandeur de cette ville se mélange à un sentiment dérangeant, car on voit très bien qu’elle symbolise aussi la corruption, la déchéance et la dangereuse ambitions de certains. Voilà pourquoi je comprends ce qui a poussé Steelskin a faire une halte ici. Découvrir la fantastique cité sous-marine construite par l’homme et finalement détruite par cette même main est quelque chose d’unique. Un témoignage de ce que l’être humain est capable de bâtir, mais aussi de sa capacité à tout détruire quand il s’agit de son propre profit. Mon regard se pose sur ces énormes bâtisses et cette technologie remarquable avec une certaine tristesse. Rapture devait être un joyau au fond de l’océan et n’est finalement que le théâtre de l’ambition folle d’un homme. Un rêve qui s’effondre et qui conserve une bonne partie de sa grandeur. Voilà pourquoi, alors même que le danger approche de toute part au sein de ces couloirs parfois trop silencieux, je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine mélancolie alors que pourtant je n’avais jamais mis les pieds ici.

L’utopie devenue cauchemar

Après avoir passé plusieurs heures à explorer les différentes zones encore accessibles, je ne peux m’empêcher d’être tiraillé dans les émotions que je ressens. Oui, Rapture est une impressionnante cité qui semble tout droit sortie d’un rêve. Une utopie pour certains qui pensaient y trouver la richesse et la liberté. Mais plus on s’attarde sur ce qu’elle dégage et plus on se rend compte que derrière ce luxe, ces beaux discours et cette grandeur se cachent surtout la folie de quelques individus ayant entraîné bon nombre d’autres personnes dans leur sillage. Un lieu où l’on vient à se scarifier et se droguer pour se sentir plus grand quitte à tuer son voisin pour obtenir un produit aussi puissant que dangereux. De même, cette prison aquatique est le décor d’expériences innommables qui ont été jusqu’à transformé des enfants innocents en sinistres récolteurs affublés de leurs imposants gardiens. Une fameuse utopie qui s’est transformé en enfer et qui est finalement devenue tout ce que son créateur ne voulait pas. Cette expérience rend Rapture d’autant plus fascinante qu’il ne s’agit pas juste d’un El Dorado aquatique créé par un philanthrope en colère contre la société. Elle nous raconte quelque chose de bien plus fort. Comme je l’ai cité un peu plus haut dans mon rapport, il n’y a presque pas besoin de savoir ce qu’il s’est passé pour comprendre comment ils en sont arrivés là.

Les murs parlent d’eux-mêmes et autant par leurs fissures que les vestiges de ce temple à la gloire de l’individu. Le genre d’endroit qui fascine autant qu’il nous terrifie autant par l’environnement dans lequel il est construit que par ce qu’il nous raconte sur l’être humain. Oui, nous sommes ici prisonniers de l’océan, mais même au milieu de toute cette eau, Rapture nous rappelle que le plus grand danger est l’homme. Mais surtout, on nous présente ici à quel point le pouvoir corrompt et que ce qui pouvait être pensé comme une oasis peut devenir un cauchemar aspirant tous ceux qui ont cru en elle. A présent que j’ai fouillé chaque recoin de cette ville fantôme en évitant les chrosômes qui cherche constamment de l’Adam, j’ai finalement trouvé quelques indices de la présence de Steelskin. Malheureusement, tout semble s’accorder sur le fait qu’il n’est plus là depuis un moment. Ce n’est finalement qu’en trouvant un nouveau message que j’ai compris sa prochaine destination. L’heure est donc venue de faire mes adieux à cet endroit. Et même si l’angoisse me hante en parcourant ces divers quartiers, je ne peux m’empêcher d’être admiratif devant une telle métropole. Une folie qui impressionne autant qu’elle terrifie. Je repars en gardant à jamais le souvenir de ce trésor aquatique qui a ensorcelé tant de gens et en a emporté tant au fond des abysses. Je continuerais d’écrire dès l’instant où je me serais rapproché de mon prochain objectif.

Rapture - peur

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