The Swordsman

The Swordsman tome 1 & 2 : la politique et l’épée

Ce que l’on aime dans notre voyage au sein de la culture otaku c’est quand on se lance dans une nouvelle épopée qui va nous occuper un long moment. C’est exactement le cas de l’œuvre que l’on va traiter aujourd’hui et qui a fait son grand retour dans nos librairies grâce à Meian. Le périple que l’on va analyser ici nous plonge dans un voyage extraordinaire en plein coeur de la Corée. On retourne bien des siècles en arrière pour observer cette fresque historique hypnotisante qui porte le nom de The Swordsman. Comme à notre habitude, on va se concentrer sur deux tomes à la fois afin de bien voir ce qui fait l’intérêt de chaque arc. C’est donc nos premiers pas dans cet univers que l’on va vous partagez et on peut vous confirmer que l’on a été ébloui par ce que l’on a vu. Un conte qui ensorcelle son lectorat de bien des manières et qui ne fait pas les choses à moitié. On espère que vous êtes prêts à suivre le bruit des lames qui retentissent et à vous jeter dans la mêlée, car c’est l’unique moyen de survivre dans ce monde où une simple parole de la noblesse peut mettre un terme à une vie.

Tuer ou sauver

The Swordsman-sauvetage

Un plan risqué.

The Swordsman, scénarisé par Lee Jae Heon et dessiné par Hong Gi Wu, est un manhwa s’inspirant de faits réels. En effet, celui-ci retrace le parcours du plus grand bretteur que la Corée ait connu à savoir Baek Dongsu. Ce dernier s’avère être le fils d’une concubine ce qui le met au plus bas de l’échelle sociale. Rejeté par ce monde qui mise avant tout sur le statut et le pouvoir, il finit par trouver sa place au Hunlyun Dogam. Ce lieu est un sanctuaire où s’entraîne ceux qui servent le roi. De par sa maîtrise de l’épée et de la lance, notre jeune garçon trouve rapidement ses marques et ne met pas longtemps à se faire une petite réputation. Son quotidien est maintenant rythmé par les entraînements en compagnie de ses camarades Hong Kukyoung et Lee Hanju, sous le regard de son instructeur Im Suwong. Voilà une existence qui lui convient parfaitement et dont il ne voudrait aucunement se débarrasser. Malheureusement, non loin de là se déroule une confrontation bien plus terrible que de simples passes d’armes. C’est au coeur même du palais que se déroule un bras de fer pouvant bouleverser les fondements du royaume.

Les deux camps s’opposant sont le souverain de ces terres et le parti politique dirigeant le pays dans l’ombre. La raison de cette querelle concerne l’avenir du prince héritier qui est accusé de trahison à l’égard des siens. Devant appliquer un châtiment à la hauteur de ce crime, le dirigeant ne peut concilier ses devoirs et l’amour qu’il a pour son fils. Afin de se sortir de ce mauvais pas, il décide de rendre visite à celui qui dirige actuellement le Hunlyun Dogam. Une rencontre dont les décisions prises vont avoir de terribles conséquences sur l’ensemble des personnes présentes dans ce dojo. Alors qu’un plan est mis en place pour préserver la vie du jeune seigneur, l’opposition se met en marche. Un autre affrontement est sur le point de voir le jour et en son centre se trouve Baek qui, sans le savoir, va devenir l’épée qui pourrait bien renverser la politique corrompue de cette contrée. Ce joyeux adolescent ne va bientôt plus qu’être guidé par un profond sentiment de rage et de haine à l’égard de toute une classe. Ainsi débute sa future quête de vengeance qui va faire trembler le pouvoir mis en place.

S’il y a bien une chose qui rend The Swordsman aussi palpitant à suivre, ce sont bien les combats qui ont lieu à l’intérieur de ces cases. Des chorégraphies majestueuses qui nous font presque oublier le danger qui attend le perdant pour n’être que subjugué par le talent de chaque guerrier. De l’action trépidante qui nous fait vibrer et nous fait garder le silence tandis que l’on observe le déroulement de ces duels qui retranscrivent parfaitement l’âme des arts martiaux.

De fabuleuses passes d’armes

Si l’on devait décrire ce récit en quelques mots, il faudrait nécessairement utiliser le terme épique. C’est en tout cas ce qui caractérise le mieux cette balade au cœur de la Corée en compagnie de Dongsu. Si l’aspect politique est extrêmement bien ficelé, c’est dans ses confrontations que le titre prend tout son sens. Au-delà des complots et des trahisons, on suit avant tout des hommes ayant suivi la voie de l’épée. Ils ont beau être l’instrument des puissants, on ne peut qu’être ébloui devant leurs capacités au moment de dégainer leur sabre. De plus, même s’il y a une dose d’exagération tout n’est qu’une question d’escrime. Ces duels sont teintés d’une bonne dose de réalisme. Cet élément ajoute énormément au plaisir que l’on a durant ces longues minutes où les paroles laissent place aux actes. L’auteur, tout comme le dessinateur, montrent à quel point ils sont capables de donner vie à des ballets mortels qui allient l’élégance de ces techniques à la frénésie d’un affrontement funeste. Outre cela, il y a une autre facette qui joue grandement sur l’attrait que l’on peut avoir. Il s’agit de la diversité des styles qui se confrontent et qui rendent chaque face-à-face unique et mémorable.

En effet, The Swordsman est aussi une magnifique vitrine sur certaines facettes de la culture coréenne de l’époque. Ainsi, on peut apercevoir des armes, outils et techniques que l’on n’a jamais eu l’occasion de découvrir. On a donc un regard emplie d’étoiles alors que l’on évolue dans cet univers qui est autant divertissant et rythmé qu’instructif. Ce qui nous est aussi montré avec brio dans ces premiers chapitres est l’intensité et l’incertitude de chaque joute. On a beau être ébahi par les compétences de certains guerriers, cela ne signifie pas pour autant que la rencontre sera pliée. C’est au fur et à mesure de ces rixes que certains dévoilent leur plein potentiel et font preuve d’une détermination incroyable. De plus, on peut aussi observer à quel point un duel n’a aucune règle. Si certains agissent avec honneur, d’autres n’hésitent pas à poignarder dans le dos ou a ruser pour se sortir d’un mauvais pas. Une opposition intéressante et fascinante entre deux types de comportements. Même si on est dégoûté de voir certaines actions, on ne peut s’empêcher de se dire qu’il s’agit juste d’un moyen pour eux d’accomplir leur devoir. De ce fait, cela continue d’approfondir cette notion de réalisme dans le comportement humain. Au final, le lecteur ne peut que suivre silencieusement ces acteurs qui sont prêts à donner leur vie pour leurs convictions.

L’autre grande force de The Swordsman vient évidemment du personnage principal. Dongsu peut sembler avoir un caractère proche de ce que l’on peut avoir l’habitude de voir dans la majorité des titres, il y a une chose essentielle qui le différencie. Cela concerne le potentiel qui sommeille en lui et qui, en seulement deux tomes, s’éveille pour donner naissance à un guerrier plus proche de la bête que de l’humain. Un périple qui va changer à jamais ce jeune garçon.

Bébé tigre deviendra grand

The Swordsman-Baek

Que le combat commence !

Au moment où l’on fait la connaissance de cet élève, on voit avant tout un garçon ayant toujours le sourire. Il aime rire et faire le pitre en s’amusant aux côtés de ses frères d’armes. Cependant, dès que l’on assiste à sa première session d’entraînement, notre vision commence peu à peu à changer. Même s’il conserve sa joie de vivre, il fait preuve d’une faculté d’adaptation remarquable. Là où certains héros grandissent après un évènement particulier, ce jeune homme lui grandit au cœur de la mêlée. Tous les coups qu’il encaisse sont autant de leçons pour lui qui cherche constamment à s’améliorer et à profiter de chaque occasion pour briser la défense adverse. On commence alors à s’imaginer à quel point il pourrait devenir puissant au fur et à mesure des années et on se met instinctivement à frissonner de plaisir. Après tout, cela permet de rêver à des confrontations dantesques où cet apprenti prendrait enfin son envol. Si cette impression est déjà forte dès le début du récit, elle ne fait que s’accentuer par la suite. C’est notamment le cas après la tragédie qu’il va vivre et qui va le pousser dans ses derniers retranchements. Alors que tout le monde a su nous scotcher devant leurs prouesses martiales, cet adolescent n’hésite aucunement à se tenir devant ces tueurs.

La rage, la rancœur et la haine sont autant d’éléments qui lui permettent de se dépasser et par cela de continuer à nous offrir un spectacle inoubliable. D’ailleurs, l’auteur utilise une métaphore qui prend tout son sens dans ces pages en le comparant à un bébé tigre. Alors que l’on a pu voir à quel point le maître de Dongsu était brillant et redoutable, son élève nous impressionne de par sa marge de progression. Si la puissance qu’il dégage actuellement n’équivaut qu’à celle d’un nourrisson, il est presque impensable de penser à ce qu’il pourrait devenir dans le futur. Un protagoniste qui nous marque et s’inscrit dans notre mémoire de par sa force latente, son courage et son côté imprévisible. A lui seul, il caractérise parfaitement ce que c’est qu’un vrai combat, car peu importe les entraînements subis, il y a toujours une part d’inconnue. Une parfaite représentation de l’esprit guerrier qui ne grandit qu’à travers les affrontements, la mort et le sang. On contemple cette jeune pousse en attendant patiemment de la voir grandir face aux épreuves qui se dresseront devant elle.

Au vu de ce que l’on a pu lire pour l’instant, The Swordsman prépare le terrain à une aventure littéraire fabuleuse et violente. La quête de vengeance de notre jeune épéiste ne fait que commencer que l’on est déjà conquis par tout ce qui nous est présenté. Le bruit des lames qui s’entrechoquent vient à peine de débuter et déjà ce son résonne en nous. Tel un appel, il est difficile d’y résister tandis que l’on poursuit les traces de celui qui pourrait bien tuer la politique d’un coup d’épée.

The Swordsman hypnotise le lecteur de sa lame

Il y a des récits qui parviennent à nous captiver du début à la fin. The Swordsman fait clairement partie de cette catégorie. A la fois sublime, prenant et puissant, ce récit nous transporte dans une querelle politique de haute volée. Mettant en place des personnages à la fois charismatiques et attachants, on parcourt ces terres avec un immense sourire en se demandant quel sera le prochain adversaire de Baek. De plus, le titre ne s’attarde pas uniquement sur son côté brutal et peut même faire preuve d’une certaine douceur. Ainsi, on est constamment envoûté par tout ce qui nous est proposé. Un récit complet qui est aussi porté par de sublimes dessins retranscrivant parfaitement l’ambiance propre à cette époque de tension. Un premier aperçu qui donne rapidement le ton et ne laisse que peu de temps mort au lecteur. On est constamment emporté dans ce torrent de duels qui opposent les défenseurs du prince et la caste politique.

En seulement deux tomes, The Swordsman est clairement devenu un coup de coeur et se présente comme un diamant brut. Il ne reste plus qu’à le travailler au fur et à mesure des volumes pour que celui-ci devienne une véritable pépite. En tout cas, on ne peut que recommander cette licence qui allie parfaitement découverte et scènes d’actions grandioses. Si vous désirez une lecture divertissante et où tout se règle au fil de l’épée, alors ce seinen est clairement ce qu’il vous faut. Comme toujours, on ne cesse de se poser des questions alors que notre regard fixe ce jeune homme qui a pratiquement tout perdu. Est-il vraiment capable de mener son objectif à bien ? Pourra-t-il devenir assez puissant pour faire face aux ennemis qui l’attendent ? Quel sera le prochain coup de cet opposant de l’ombre ? On ne tardera pas à le savoir et l’on vous préparera, bien évidemment, d’autres chroniques sur cette saga. En attendant, on retourne jouer les spectateurs afin d’admirer l’entraînement du futur bretteur légendaire.

N’hésitez pas à nous dire dans les commentaires ce que vous avez pensé de ces deux premiers tomes de The Swordsman. Êtes-vous attiré par l’objectif que s’est fixé Dongsu ? Attendez-vous avec impatience les prochaines échauffourées ? Qui gagnera selon vous entre la lame et la ruse ? Cet article vous-a-t-il donné envie de découvrir la licence ? On est très curieux de connaître vos réponses ! 🙂

© Lee Jae Heon & Hong Gi Wu / Daewon

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