Lelouch

Quand tous les coups sont permis : Lelouch et son rêve de conquête

Parmi la longue liste de personnages qui pouvaient faire partie de cette semaine très spéciale, on avait vraiment envie pour cette première d’aborder des individus très représentatifs de ce thème. Après avoir déjà évoqué de nombreux cas, il est grand temps de se poser quelques instants pour aborder le cas Lelouch Lamperouge. Ce lycéen à l’intelligence remarquable est le protagoniste principal de Code Geass. L’anime est disponible sur ADN et est devenu une série culte pour bon nombre de gens. Si l’histoire, les combats tactiques et les personnages ont fait beaucoup pour sa renommée, tout cela n’aurait pas été possible sans la présence de celui qui se dressera contre tout un Empire. En disant cela, on pourrait aisément croire qu’il pourrait être un libérateur amenant la paix à tous ceux qui sont tombés sous la coupe de cette puissance mondiale. Pourtant, cet acteur est bien loin d’avoir été irréprochable pendant sa lutte. Bien au contraire, on a pu voir à quel point il était parfois prêt à tout et surtout que cela faisait partie intégrante de sa stratégie. L’heure est donc venue de retrouver un homme qui a suivi la voie du mal pour apporter le bien.

Changer la donne

Lelouch-stratégie

Un roi prêt à tout sacrifier.

Comme toujours, il est intéressant de remettre le contexte en place afin de cerner au mieux ce qui fait la force de ce personnage et surtout le milieu dans lequel il évolue. Lelouch est l’un des nombreux héritiers de l’Empire de Britannia, un royaume qui n’a eu de cesse d’étendre son influence par la force des armes. Malheureusement, le jeune homme, sa jeune sœur et leur mère vont subir un beau jour une attaque de la part d’un groupe mystérieux soupçonné de travailler pour leur père. Ayant assisté à tout cela, le garçon finit par grandir avec une haine viscérale pour tout ce qui représente cette famille royale et cette puissance qui n’hésite pas à arracher le peu de dignité des peuples conquis en leur donnant juste un numéro. Ce fut justement le cas du Japon qui se transforma en la zone 11 peuplé d’Elevens dès lors. C’est au coeur de ce pays que notre petit génie va obtenir le pouvoir qui lui permettrait d’enfin tenir sa vengeance. Débute ainsi une longue route sinueuse pour cet étudiant qui va travailler dans l’ombre afin de mener à bien sa petite guerre personnelle, et cela, peu importe s’il doit se servir des gens qui se trouvent entre ses mains. Très rapidement, on prend parti pour cet adolescent qui nous est montré comme un redoutable tacticien pouvant faire trembler les fondements de son adversaire. D’ailleurs, Britannia est vraiment présenté comme un élément néfaste contribuant grandement à la violence qui règne sur cette planète où tout n’est qu’une question de puissance militaire.

On va donc l’accompagner tout au long de sa croisade où il va être très rapidement amené à faire des choix qui vont montrer sa détermination à aller jusqu’au bout. Possédant le Geass, une capacité lui permettant d’imposer sa volonté à n’importe qui pour lui donner un unique ordre, ce pouvoir va devenir une arme mortelle entre ses mains. Jouant avant tout sur la manipulation, il y a directement un aspect malsain dans sa manière de lutter. C’est en brisant tout libre-arbitre de ses ennemis qu’il ressort la plupart du temps victorieux. S’il est aussi un fin stratège dès lors que des batailles de grandes envergures ont lieu, on ne peut s’empêcher de ressentir une certaine inquiétude à son égard de par cet oeil qu’il possède. Ainsi, nos craintes sont autant dirigées vers Lelouch, qui se met à marcher sur un sentier où le sang appelle le sang, que vers cette force qui l’habite et qui semble bien trop redoutable pour être confié à un humain. De ce fait, on retrouve certaines composantes pouvant rappeler fortement le cas de Kira dans Death Note. Deux parcours pouvant sembler identiques, mais qui vont au final bifurquer pour amener à des conclusions très différentes. C’est là que l’on va entrer dans ce qui fait tout le coeur de Code Geass et de l’efficacité de son écriture ainsi que de sa narration.

Après avoir bien placé ce contexte et surtout les agissements de ce cher Lelouch, il va être grand temps de se pencher sur le coeur du sujet. Si l’on peut le voir par moments douter, faire de grosses erreurs et surtout être à deux doigts d’échouer, le protagoniste de Code Geass a toujours eu un plan bien singulier en tête. Une stratégie qui va justement miser sur le fait que tous les coups sont permis afin d’instaurer une stabilité à l’ensemble de ce monde. Lui et son alter-ego Zero deviennent alors les deux faces d’une même pièce qui sont nécessaires pour permettre aux différentes populations de terminer leur stupide querelle.

Quand devenir le méchant est une stratégie

Ce qui est remarquable dans cette série, c’est surtout que Lelouch passe le plus clair de son temps à agir à visage masqué. C’est sous l’identité de l’énigmatique Zero qu’il mène la révolte contre l’Empire. Cette figure de l’ombre n’a de cesse de promouvoir la libération des Japonais et du reste de la populace et doit donc avoir une allure de meneur et de sauveur. De ce fait, il est difficile d’imaginer qu’il puisse vraiment agir à sa guise et surtout en faisant ce qu’il souhaite. Le génie de cet héritier va alors faire tout son travail en parvenant à transformer ses actions souvent ignobles en des tentatives de sauvetage de ce pays conquis. Il n’hésite pas à tuer la plupart des autres héritiers, qui ne sont autres que ses frères et sœurs, manipuler, tromper et utiliser ses hommes comme des appâts jetables. Ces agissements sont ainsi protégés par la grandeur de son combat et surtout par le fait que personne ne sait qui est derrière ce masque. Un anonymat qui lui offre la meilleure des couvertures et permet ainsi de motiver les foules non pas à travers une personne réelle, mais un symbole. Même l’affaire autour d’Euphémia, dont le drame qui suivit fut entièrement de la faute de Lelouch, va finir par devenir un tremplin pour son ascension malgré la tristesse qu’il ressent. Si dans ces moments, il semble parfois dépasser par les événements, il parvient toujours à garder en vue l’horizon qu’il souhaite atteindre. On n’est donc nullement ici dans le personnage principal qui s’éloigne de ses convictions pour finalement se transformer en véritable monstre.

Tout ce qui est fait de la main de Lelouch est parfaitement calculé de sa part. S’il y a bien sûr de mauvaises surprises par moment, cela ne l’empêche pas de rester fidèle à la voie qu’il a suivi et on nous dessine donc un protagoniste bien loin d’être manichéen. En effet, à travers notre chef de la rébellion, l’histoire cherche à nous montrer un individu ayant été traumatisé par l’incident survenu dans sa jeunesse et la vision d’un monde où règne la loi du plus fort. C’est donc avec des convictions justes et que l’on pourrait aisément partager que l’on adhère à son combat malgré le fait que celui-ci implique de devoir agir souvent sans véritable honneur. Des tonnes de nuances qui constituent la force de cette licence qui ne souhaite pas uniquement montrer qu’il y a du bon chez les gentils et le mal uniquement chez l’adversaire. Tout le monde peut faire preuve de ces deux aspects et ainsi s’attirer autant notre sympathie au départ que notre dégoût par la suite. Là où l’on reste sous le choc, c’est en arrivant dans les dernières minutes de la saga. On ouvre alors les yeux sur toute la vérité derrière le plan mis en place par ce jeune homme qui savait pertinemment comment tout cela allait se terminer. On atteint alors une conclusion qui, contrairement à l’ensemble de l’œuvre, se veut porter sur cette lutte entre le bien et le mal où la figure de Zero représente la paix et où Lelouch devient la source de toute haine.

Tout au long de ce combat, le spectateur ne va avoir de cesse de passer par tout un tas d’émotions. Ne comprenant que vers la fin de la série de quoi il retourne véritablement, on prend alors pleinement conscience du chemin qu’avait pris Lelouch. Un homme qui brise la frontière entre le bien et le mal afin de devenir un mélange des deux afin de donner une conclusion manichéenne à ce récit. Un affrontement qui se termine sur une conclusion spectaculaire et qui nous montre que même derrière un constat classique peut se cacher de nombreuses subtilités enrichissant un personnage et une histoire.

La paix au prix du mal suprême

Plus les épisodes avancent et plus on prend conscience à quel point tout était calculé. De la première à la dernière minute, on a vraiment eu la sensation d’être aussi l’une des victimes de la machination de ce jeune homme qui n’avait pour autre but que de créer un monde de paix pour sa sœur. Un amour qui l’a guidé tout au long de sa quête et qui l’a aussi poussé à commettre des actes effroyables sans le moindre remord, car il savait pertinemment où allait le conduire tout cela. En vérité, Code Geass donne naissance à un personnage principal absolument captivant à suivre étant donné que tout ce qu’il commet est pour l’amener à la conclusion que l’on pouvait attendre, mais que l’on n’imaginait pas se réaliser. Il savait absolument qu’en faisant tout ce qu’il a fait, en sacrifiant les vies qui étaient autour de lui et en manipulant ses proches, il devrait un jour en payer les conséquences. Lelouch a donc décidé de tout faire pour continuer à avancer sur ce sentier obscur en sachant que la conclusion le mènerait inéluctablement à un violent retour de karma. Il a donc fait en sorte que cette fin qui l’attendait et qu’il espérait puisse être bénéfique pour l’ensemble des citoyens de ce monde. Le plus grand sacrifice qu’il souhaitait faire était celui de sa propre personne.

On a donc, encore une fois, un acteur qui a évolué en fonction du décor devant lequel il jouait, mais qui a su transformer sa prestation non pas pour qu’elle nous effraye, mais au contraire qu’elle nous attriste. En tant que spectateur, on a tous eu une petite larme à l’œil en voyant le terminus de ce voyage et qui permet de donner naissance à une paix durable à travers l’élimination d’une représentation totale des maux qui rongent cette planète. Lelouch a ainsi conclu un récit aux multiples nuances à travers un final manichéen, mais qui de ce fait n’en devient encore que plus complexe. Le rideau se baisse sur une toile de fond heureuse, mais qui dissimule à jamais aux yeux de tous ce qu’il s’est réellement passé en coulisses. Cette fois, tous les coups furent permis afin de consolider un bonheur bien présent de la part du rôle principal qui n’attendait plus que le dénouement finale pour mettre la dernière touche à son oeuvre. On espère que cet article vous aura plu et qu’il vous aura donné une autre vision de cette oeuvre et de ce personnage. N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti sur cette série et sur ce cher Lelouch. On se retrouve très bientôt pour la dernière chronique de cette semaine thématique. 🙂

Lelouch-Zero

L’homme aux deux visages.

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