Girls' Last Tour-Vol.-3

Girls’ Last Tour tome 3 : une virée reposante

Aujourd’hui, on va totalement changer de décor en traitant d’un manga qui prend un tout autre chemin que ce que l’on a pu étudier cette semaine. On a déjà eu l’occasion d’évoquer cette série à plusieurs reprises par le passé et on était donc curieux de voir ce qu’elle allait bien pouvoir donner à travers son nouveau tome. Il s’agit bien sûr de Girls’ Last Tour, édité chez Omaké Manga, dont le troisième volume est arrivé il y a peu. Alors que l’on avait grandement apprécié notre virée dans ce monde post-apocalyptique aussi silencieux qu’intrigant en compagnie de notre tandem de choc, on était en droit de se demander comment le récit allait évoluer. Cette excursion inédite a ainsi permis de répondre à cette question à travers un acte qui à la fois ressemble aux précédents, mais parvient aussi à nous offrir tous un tas d’éléments inédits. Un récit qui souhaite avant tout nous proposer des moments d’accalmie et de découvertes avec ce duo qui ne cesse d’avancer sans jamais se retourner. L’heure est donc venue de préparer nos provisions pour une troisième escapade particulièrement enrichissante.

Un voyage loin d’être fini

Girls' Last Tour-quiétude

Quel calme !

Girls’ Last Tour, imaginé par Tsukumizu, nous replonge dans cet univers totalement dévasté. Si les quelques survivants vivant dans ces décombres ne savent rien de ce qui a provoqué la disparition de l’ancien monde, cela ne les empêche pas de lutter pour continuer à vivre. C’est là que l’on a pu faire la connaissance de Yûri et Chito, deux jeunes filles qui errent constamment au sein de ces villes ravagées. La première ne pense qu’à manger et affiche une insouciance pouvant être terrifiante. Malgré tout, elle est la seule à parfaitement maîtriser les armes à feu et sert un peu de garde du corps à ce duo. Concernant la seconde, Chito est le cerveau du groupe. Capable de lire et d’écrire, elle ne cesse d’accumuler un maximum de savoir afin de pouvoir tirer son épingle du jeu au sein de ces terres inhospitalières. N’ayant pas de but précis, elles cherchent juste à continuer d’avancer et à pouvoir voir le soleil se lever de nouveau chaque matin. Elles ne savent nullement s’il existe d’autres gens dans la même situation qu’elles et pensent même être les dernières représentantes de l’espèce humaine. Ignorant tout du passé de leurs ancêtres, elles ignorent totalement ce qui les entoure et progressent en faisant l’expérience de tous ces éléments et objets qui les entourent.

C’est donc à la recherche de nourritures et d’un lieu où s’abriter que ces deux comparses avancent sans s’arrêter et sans savoir ce que pourrait leur réserver le lendemain. Une virée qui leur offre des défis complexes, mais aussi de sacrées surprises pouvant autant les émerveiller que leur donner des frissons. Ignorant totalement combien de temps elles pourront tenir ainsi, elles font de leur mieux pour ne pas penser à toutes ces interrogations. Malgré le fait qu’elles ne s’arrêtent jamais de se chamailler, ces deux jeunes filles ne peuvent imaginer se retrouver seule sur une terre où la vie a pratiquement été éradiquée. Au fur et à mesure de leurs pérégrinations, ces deux demoiselles ont déjà eu la chance de faire plus d’une rencontre intéressante et de tomber sur des objets dont elles ignorent tout. Un voyage sans véritable terminus qui se transforme alors en une véritable chasse aux trésors où le moindre objet peut devenir inestimable. Derrière ces multiples dangers, voilà un monde qui perd une bonne partie de sa violence pour être observé à travers le regard un peu naïf et innocent de deux jeunes filles qui cherchent juste à exister et à retarder le plus longtemps possible l’inévitable.

Girls’ Last Tour a beau prendre un contexte tragique pour raconter son histoire, cela permet d’appuyer encore plus sur la douceur de ses personnages. On est totalement conquis par leur réaction innocente, leurs aventures, mais aussi leurs interactions avec le monde qui les entoure. Si cela avait déjà été le cas par le passé, ce troisième volume va une fois de plus renforcer ce sentiment de douceur et de contemplation qui constitue l’âme de ce manga. La fin de cette civilisation humaine a permis ainsi à deux petites filles de redécouvrir un monde dont elle ignore totalement le passé.

Une épopée innocente et pourtant profonde

Lorsque l’on s’est attardé en détail sur les deux premiers volumes, on a déjà pu entrevoir le chemin sur lequel souhaitait nous guider Girls’ Last Tour. Cette troisième escapade va ainsi renforcer cette direction de par des éléments aussi intéressants que pertinents dans leur apparition. On le sait, ce manga repose avant tout sur nos deux héroïnes qui errent sans réel but à bord de leur moyen de transport. Ce qui fait la force de ce tome, c’est que l’on ressent encore plus cette curiosité pour le monde qui les entoure. Cela s’exprime par la découverte de certains objets, vestiges, et mêmes créatures qu’elles n’ont jamais vu de leur vie. Il y a donc constamment cette naïveté qui se dégage d’eux et qui donne le sourire malgré la tragédie qui a frappé cette planète. En les voyant admirer des objets du quotidien comme s’il s’agissait de véritables trésors, cela provoque en nous un amusement des plus touchants. On n’est pas dans un récit qui cherche à nous mettre en confrontation avec une menace bien physique. Le danger qui guette ces demoiselles n’est rien d’autre que la faim, le froid et tout autre aspect de base de la survie. On en revient donc à des besoins primaires qui permet de sublimer les instants où l’on trouve en leur compagnie un élément sortant de cette quête. Cela a pu être le cas avec l’appareil photo ou bien les différents types de nourritures.

En les accompagnant, on est avant tout ébloui par cette innocence qui les anime et le fait qu’elles profitent simplement du moment présent sans se poser tout un tas de questions qui n’ont plus leur place ici. Elles avancent au fil des expériences et grandissent à chaque nouveau pas qu’elles font. C’est là qu’est toute la force de l’auteur qui parvient à transformer un environnement effroyable en une peinture presque poétique et douce où la simple envie d’exister permet de renouer avec les quelques moments de bonheur que l’on peut avoir. En plus de cela, il ne faut pas croire que nos deux amies se cantonnent simplement d’agir comme des enfants. C’est justement parce qu’elles sont jeunes, qu’elles parviennent aussi à exprimer des réflexions qui sont loin d’êtres anodines. De par leur regard sur ce monde brisé, elles se demandent comment cela a-t-il pu arriver alors qu’elles ne s’arrêtent jamais de faire des trouvailles qui les rendent heureuses. Les suivre est en même temps un excellent moyen pour sourire que pour réfléchir à la futilité de certaines choses et à l’importance d’autres éléments que l’on peut avoir perdu de vue. Ce récit nous met en face de ce qui est vraiment essentiel, et même si ce duo ne cesse jamais de se chamailler, on ne peut s’empêcher de voir dans leurs interactions une certaine forme d’amour et de bienveillance. Après tout, si l’une d’entre elle se retrouvait seule, ce voyage serait bien plus morne et triste.

En réalité, on a beau craindre constamment pour la vie de notre tandem de choc, on ne peut qu’avoir envie de les pousser à aller toujours plus loin rien que pour admirer leur regard devant tant de banalités pour nous. C’est en étant au contact avec eux que l’on retrouve les petits plaisirs simples qui peuvent jalonner notre existence et cela est encore plus appuyé par ce postulat de base. On observe alors silencieusement cette petite patrouille qui avance sans vraiment savoir où elle va et l’on sourit en contemplant chacune de leur découverte. Une oeuvre dont le calme ambiant est simplement brisé par deux enfants savourant chaque moment.

Girls’ Last Tour nous enchante

Girls' Last Tour-bêtise

Elles n’en ratent pas une.

Girls’ Last Tour est une oeuvre qui parvient à transformer un décor sombre et glacial en un terrain de jeu fort plaisant. Cela est dû grandement à la parfaite écriture de nos deux amies qui ne cessent de nous faire rire, de nous toucher, et même de nous émouvoir au fil de leurs péripéties. On a vraiment la sensation d’une bouffée d’air frais à chaque fois qu’on les accompagne tandis qu’elles posent sur le monde un regard d’enfant. Cela est fait avec une telle sincérité que l’on ne peut qu’être touché en voyant cela et même partager cette joie qui les accompagne. Un moyen de désarmer la teneur tragique du récit pour transposer cela comme s’il s’agissait d’une virée amicale. Malgré tout, l’auteur parvient aussi à nous rappeler à l’ordre par moment en nous faisant comprendre que ces terres inhabitées sont un lieu dangereux où le moindre faux pas peut causer la fin du périple. Une véritable ode à la redécouverte de cet environnement dont on n’a parfois oublié la beauté et les plaisirs simples. Ce n’est alors que face à un terrible drame et de par le regard de deux demoiselles que l’on finit par retrouver cette joie qui pouvait nous animer autrefois. Un véritable coup de maître pour cette oeuvre qui change tellement de ce que l’on a l’habitude de lire et dont on aimerait que l’épopée dure éternellement.

C’est toujours un pur plaisir que de retrouver nos deux aventurières de l’extrême qui prennent un malin plaisir à transformer une vulgaire recherche de nourritures en chasse au trésor. De plus, ce n’est pas uniquement l’aspect tendre et bon vivant de nos camarades qui fait toute la force du récit. C’est aussi la confrontation entre leurs visions des choses et ce que l’on sait nous du monde qui gravite autour d’eux. On observe alors leurs réactions avec douceur en voyant qu’il n’y a aucun mauvais fond en elle et qu’elle symbolise un peu tout ce qu’il y a de plus remarquable chez l’être humain. Cette fresque est donc autant une retranscription de ce que l’Homme peut faire de pire à travers tous ces décombres que ce qu’il peut y avoir de meilleur de par ce duo que l’on apprécie tellement. On ne peut que recommander cette série, et cela, peu importe vos goûts étant donné que ce conte peut s’adresser à n’importe qui. On a beau se poser quelques questions en refermant ce tome, on pense avant tout aux instants que l’on a passé en compagnie de Yûri et Chito et cela ne peut que nous faire sourire. Une aventure littéraire qui nous laisse avec une profonde joie d’avoir fait la connaissance de ces deux demoiselles.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce troisième volume de Girls’ Last Tour. Que pensez-vous de notre paire d’héroïnes ? Croyez-vous qu’elles finiront par trouver un lieu qui puisse leur servir pleinement de foyer ? Quelle serait, selon vous, la prochaine étape de leur voyage ? Qu’est-ce que vous aimeriez qu’elle découvre prochainement lors de leur expédition ? Trouvez-vous que ses deux demoiselles forment un duo hors du commun ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? On reste à votre disposition pour pouvoir échanger, discuter et débattre autour de ce sujet. 🙂

© 2014 Tsukumizu, Shinchosha

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