Blue Period-Vol.-2

Blue Period tome 2 : un second coup de pinceau

Ce qui est formidable avec le monde du manga, c’est qu’il s’agit d’un excellent moyen d’expression permettant de traiter quasiment tous les sujets. Que cela soit de certains problèmes de société, d’univers féeriques ou tout simplement d’activités particulières, ce média est idéal pour laisser sa créativité s’exprimer. C’est encore plus vrai dès lors qu’il s’agit de mettre en lumière le milieu de l’art qui est étroitement lié à ce type d’œuvre. On avait donc envie de parler aujourd’hui d’un tome 2 que l’on attendait avec beaucoup d’impatience. Vous l’avez compris, on va s’attarder sur le nouvel acte de Blue Period, édité chez Pika. On a été largement convaincu par notre première expérience avec cette série. A la fois instructive concernant cette voie et pertinente dans ses propos, la licence avait posé des bases plus que solides. Cette nouvelle escapade devait donc garder la même qualité tout en approfondissant son sujet. Après lecture, on peut clairement dire que l’on n’a pas été déçu. L’heure est donc venue de retourner observer ces jeunes artistes en herbe qui donnent tout ce qu’ils ont pour peindre leur avenir.

Une voie compliquée

Blue Period - encouragement

Un soutien de taille.

Blue Period, imaginé par Tsubasa Yamaguchi, s’était arrêté alors que Yatora avait enfin pris une décision concernant son avenir. Ce jeune homme était persuadé jusqu’à maintenant qu’il allait suivre une voie toute tracée et stable afin d’avoir une quiétude pour l’avenir. Cependant, sa découverte d’un tableau peint par l’une de ses camarades et les échanges qui suivirent lui ouvrirent les yeux. Il ne s’était jamais réellement posé la question de savoir ce qu’il voulait faire de sa vie. C’est en contemplant un tel travail que son cœur s’est enfin mis à vibrer. Il décide donc de se lancer dans des études d’art pour la suite de son cursus. Malgré tout, il sait que s’il a trouvé cette chose qu’il aime faire, le chemin pour en faire son métier est bien loin d’être tout tracé. Ne pouvant se permettre d’entrer dans les plus grandes facultés de ce milieu, il doit se tourner vers l’université de Geidai. Ne pouvant contenir cette frénésie qui l’anime au plus profond de lui, Yatora se lance à corps perdu dans l’apprentissage du dessin afin de rattraper toutes ces années perdues. Cependant, il va très vite se rendre compte que ce nouvel environnement est aussi complexe à appréhender qu’à retranscrire à travers son crayon. Multipliant les essais et utilisant sa régularité pour accumuler un maximum d’expériences, il se dit que cela est l’unique moyen pour progresser. Des efforts louables, mais qui peuvent aussi se montrer un peu trop scolaires pour ceux qui voient au-delà de l’Art. C’est en côtoyant les autres étudiants qu’il va peu à peu comprendre ce qui lui manque.

Alors que chacun se bat pour se faire une place dans ce milieu très sélectif, tous sont animés par la même passion et le même souhait. Donner naissance à des œuvres pouvant autant toucher le public qu’exprimer ce qu’ils désirent. Une infinité de possibilités qui ne peuvent s’apprendre totalement dans des cours ou des manuels. Ce nouveau venu au sein de ce domaine doit donc commencer à sortir de sa zone de confort pour pouvoir admirer toute la quintessence se cachant derrière une toile. En plus de ça, Yatora a un autre obstacle de taille à surmonter. Si sa peur d’échouer est bien présente, il doit aussi convaincre une autre personne de son choix. Sa mère, qui l’a toujours poussée à faire des études classiques et ainsi avoir une stabilité, ne se montre pas du tout réceptive à ce revirement de situation. D’anciennes blessures resurgissent et cet étudiant doit maintenant prouver qu’il est suffisamment déterminé pour réussir à surmonter tous les obstacles se dressant devant lui. Il est rarement facile de tout laisser de côté pour se lancer vers l’inconnu surtout quand on doit tout apprendre. Le destin de ce jeune artiste en herbe est encore loin d’être joué et il est le seul à avoir les outils en main pour façonner son avenir. Son combat ne fait que débuter et il va le pousser dans ses derniers retranchements. Lui et ses camarades vont ainsi prendre conscience que même le plus talentueux des élèves n’est pas forcément celui qui dessine le mieux, mais celui qui capte l’attention des gens.

Blue Period avait déjà su grandement nous convaincre à travers son premier volume. La question était donc maintenant de savoir si cette efficacité allait perdurer par la suite. Ce second tome prouve clairement qu’il y a un potentiel monstre derrière cette licence. Là où l’introduction souhaitait nous montrer à quel point il est important de pouvoir faire quelque chose, une activité ou bien un métier qui nous fasse vibrer, cette suite va amener de nouvelles thématiques captivantes. Un traitement aussi sincère que réaliste de la découverte de ce nouvel environnement et des doutes qui peuvent naître en suivant cette route.

La subjectivité de l’art

Après nous avoir parlé avec brio de l’importance de trouver sa voie dans la vie, Blue Period va axer son discours sur un sujet découlant de ce premier thème. En effet, ce qui est fascinant dans cette nouvelle lecture est d’observer Yatora dans ce nouvel environnement qu’il commence à mieux appréhender. Après tout, on l’a déjà vu faire beaucoup d’essais et s’améliorer peu à peu dans le premier volume. Il était donc intéressant de savoir si celui-ci allait réussir à surmonter les prochains obstacles ou baisser les bras. Le constat est captivant à étudier, car il y a toujours cette sincérité et ce réalisme qui se dégage de cette aventure. En effet, ce jeune homme ne cesse de nous montrer une attitude qui pourrait coller à n’importe quel individu se lançant dans une voie incertaine. On l’observe alors douter énormément, essayer de comprendre ce qui ne va pas dans ses œuvres et surtout de poser un autre regard sur ce qui l’entoure. Tout cela est fait avec une certaine bienveillance qui souligne la volonté non pas d’abaisser, mais au contraire d’échouer pour mieux progresser. De plus, l’auteur ne s’arrête nullement à ces simples considérations. En effet, on ne va pas arrêter de voir d’autres problèmes découlant de ce choix d’aller vers l’Art. Par exemple, il y a un formidable travail de fait autour de la mère de Yatora. On sent pleinement son désir de voir son enfant heureux et surtout de n’avoir aucun problème à l’avenir. C’est juste à cause d’un précédent qu’elle a cette sorte d’emprise autour de celui-ci. Une femme marquée par d’anciens problèmes et qui représente à merveille cette maman protectrice qui ne souhaite pas aller à l’encontre des rêves de son fils, mais cherche juste à le guider vers ce qu’elle pense juste.

De même, la perception de l’art de manière générale est aussi très bien amenée au sein de ce volume. C’est d’ailleurs un des principaux sujets de ce nouvel acte qui cherche toujours à nous apprendre de nouvelles choses, mais qui souhaite aussi que l’on puisse apprendre de nous-même. Après tout, n’importe quelle œuvre d’art est subjective et c’est justement ça qui fait toute la magie de cette activité. Personne n’a jamais la même perception devant un tableau, une sculpture ou un simple dessin. Cela peut évoquer des souvenirs, transmettre un message ou tout simplement permettre à notre esprit de nous évader. Ce point de vue est ainsi parfaitement amené au cœur du récit à travers les inquiétudes de notre nouvel ami, mais aussi par les gens qui gravitent autour de lui et qui sont désireux d’avancer sur la même route. Les moyens d’expression sont infinis et c’est ce que souhaite nous montrer ce volume qui fait la part belle entre ce que l’on pense être formaté et ce qu’il y a vraiment derrière la création d’un artiste. On est donc ici non pas tant sur un développement intellectuel des connaissances de ce milieu, mais beaucoup plus sur un élargissement de la vision de Yatora en ce qui concerne l’âme de toutes ces réalisations. A travers le prisme de ce jeune homme, c’est le lecteur lui-même qui se met à réfléchir à tous ces sujets. C’est d’ailleurs très bien pensé de la part du mangaka de mettre autant de personnages en avant, car cela permet aussi de confronter le regard de tous ces étudiants. Chacun à sa propre empathie, son propre ressenti et sa manière d’aborder son travail. Ceci peut autant partir sur le domaine de la superstition que d’une certaine violence faite à soi-même. On a donc beau suivre ce jeune homme dans cet avenir qu’il souhaite créer de ses mains, on n’oublie pas pour autant tous ces autres apprentis qui se battent aussi pour faire prévaloir leur art.

Blue Period ne s’arrête jamais de nous étonner. A travers ses nombreuses questions mises en avant et cette avancée à tâtons de la part du héros, le manga réussit habilement à enrichir son contenu. Un titre qui ne se contente pas d’être divertissant, mais d’être porteur de valeurs ainsi que de sujets importants. On est tout simplement fasciné en contemplant les efforts de tous ces adolescents dans l’unique but de concrétiser leur rêve. Un tout nouveau regard sur le monde de l’art et surtout sur ceux qui le façonnent à travers leur créativité et sensibilité. Cette deuxième peinture, que nous offre cette série, est encore plus savoureuse du fait de ses nombreuses nuances.

Blue Period entame sa nouvelle toile

Blue Period - futur

La dernière ligne droite.

Voilà un second tome qui ne fait que confirmer tout le bien que l’on pensait de cette série à la lecture du premier volume. Blue Period est une œuvre qui s’inscrit autant comme une découverte d’un monde que l’on apprécie, mais dont on ignore beaucoup de choses et une véritable leçon de vie. En effet, à travers Yatora, c’est une question existentielle qui est exposée. Il s’agit simplement de réussir à faire ce que l’on souhaite tout en devant surmonter chaque épreuve qui se dresse sur notre route. Parfaitement mis en scène ici, on est ébloui par tout ce qui entoure cet adolescent. Un jeune homme qui est effrayé, mais qui continue malgré tout d’avancer pour exaucer son nouveau rêve. On prend alors pleinement conscience à quel point l’univers de l’Art peut autant être impitoyable qu’une véritable aubaine pour certains. Une représentation teintée d’une grande humanité et qui peut aisément parler à n’importe qui au vu de la transposition qui peut se faire ici. Il n’est pas tant sujet ici de talent que de persévérance et c’est ce qui est formidable. Cette histoire n’a beau qu’en être à ses balbutiements, on a envie de croire en ce jeune héros. Le voir progresser et surtout se remettre constamment en question renforce ce désir de l’encourager à aller toujours plus haut. Par ce biais, c’est le lecteur lui-même qui peut comprendre qu’il pourrait très bien être à la place de cet artiste.

Le plaisir que l’on avait eu à la découverte de la série s’est transformé en véritable coup de cœur avec ce deuxième acte. Tout est bien dosé pour que l’on passe autant de la joie d’assister aux progrès de cet élève qu’à une profonde empathie dès lors que l’humain prend le pas sur le simple devoir artistique. Blue Period utilise à merveille cet univers comme toile de fond afin de mettre en avant des personnages bien différents, mais visant le même but. On recommande donc chaudement cette série qui, même si vous n’êtes pas un féru d’Art, peut aisément vous plaire. Il est très facile de voir au-delà de ce que l’on souhaite nous montrer. A l’image de tous ces tableaux qui ne sont que la représentation des désirs de leur créateur, ce manga est le reflet de ce que souhaite véhiculer son auteur. Une très belle invitation à ne pas s’arrêter uniquement à une première impression et à constamment éveiller ses sens à ce qui nous entoure. Les questions fusent alors au rythme des coups de pinceaux sur cette toile inédite. Est-ce que Yatora pourra concrétiser son rêve malgré les dires de ses rivaux ? Ces derniers parviendront-ils à élargir leurs horizons ? Quelles seront les prochaines épreuves que devront surmonter tous ces apprentis artistes ? Ce qui est sûr, c’est que tous ces individus ont encore une immense marge de progression. On est donc impatient d’être subjugué par la prochaine toile qu’ils nous délivreront.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ce second volume de Blue Period. Appréciez-vous toujours autant le traitement du monde de l’art dans cette série ? Trouvez-vous que les personnages sont particulièrement bien travaillés ? Le message qui se dessine derrière toute cette histoire parvient-il toujours à vous toucher ? Pensez-vous que l’on s’apprête à assister à la naissance d’une nouvelle génération d’artistes ? Avez-vous ce désir d’encourager ce jeune homme dans cette voie ? Qu’attendez-vous pour la suite de cette licence ? On reste à votre disposition pour pouvoir échanger, discuter et débattre avec vous de ce sujet 🙂

© 2017 Yamaguchi Tsubasa, Kodansha

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