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Baki the Grappler tome 1 à 4 : le roi de la baston entre en scène

On peut le dire, 2022 est une année grandiose pour les lecteurs de mangas. Avec de nombreux titres prometteurs, des séries attendues et de belles surprises, il y en a déjà eu pour tous les goûts. Cependant, cela est loin d’être terminé au vu de ce qui sort aujourd’hui. En effet, cela faisait bien longtemps qu’un nom revenait très souvent sur le devant de la scène dans la bouche de toute une partie des fans. Un titre qui a déjà une renommée bien installée au Japon et dont on n’attendait plus l’arrivée en France. Vous l’aurez compris, on va parler du retour de Baki à travers sa série initiale. Celle-ci a rejoint le catalogue de Meian dans une Perfect Edition qui nous en mettait déjà plein la vue. Après avoir déjà abordé le monde de la baston et des arts martiaux avec Kengan Ashura, l’éditeur est revenu avec cette légende du genre. Un pari audacieux que l’on a pris le temps de lire pour voir ce qui découle de cette grande saga. Même si l’on se tient devant un titre qui date d’il y a déjà bien des années, il faut reconnaître que la puissance qui s’en dégage est intacte. L’heure est donc venue d’observer l’entrée en scène d’un nouveau venu dans l’arène.

Le prodige du combat

Baki the Grappler T1Baki the Grappler, imaginé par Keisuke Itagaki, prend place au Japon et nous amène au cœur d’un grand tournoi de karaté. Alors que le public est excité à l’idée de voir les prouesses de ces artistes martiaux et que ces derniers ont hâte d’entrer sur scène, un événement inattendu va venir tout chambouler. En effet, certains membres de la plus prestigieuse école de cette discipline se retrouvent en piteux état. Ils ont été vaincus par un adversaire qui leur est totalement inconnu. Un nouveau venu dans le monde du karaté qui semble être doué d’un talent incroyable pour ce style. Face à cette terrible défaite de ses aînés, le plus talentueux du dojo décide de rectifier le tir. Persuadé qu’il est en tout point supérieur à ses condisciples, il est déterminé à faire étalage de sa supériorité sur scène. La seule chose qu’il a appris concernant son futur opposant est son nom : Baki Hanma. Mais cela ne suffit pas à le faire trembler étant donné qu’il s’agit d’un novice. L’heure de régler ses comptes est arrivée. Il ignore alors ce qui l’attend une fois qu’il se tiendra face à ce simple adolescent souriant. Tandis qu’il se prépare, Baki de son côté continue de s’entraîner pour parfaire ses techniques. Après tout, cela fait à peine quelques semaines qu’il a commencé à s’exercer au karaté. Malgré ce temps d’apprentissage très court, l’assurance se lit sur son visage. Il est bien décidé à montrer qu’il est supérieur à tout le monde dans ce stade. 

Dans ses yeux brûle un brasier que personne ne semble pouvoir éteindre. Ils ne le savent pas encore, mais cette compétition n’est qu’un moyen pour lui de tester son talent. Cet étudiant vise bien plus haut que la première place dans une banale compétition sportive. Au fond de lui, il souhaite devenir le meilleur peu importe la discipline qui se dressera devant lui. Son objectif est concret et représenté par son propre père. Un être dont on dit qu’il se bat comme un véritable démon et qui est celui qui se rapproche le plus du titre de l’homme le plus fort du monde. Ayant grandi dans son ombre depuis sa plus tendre enfance, Baki est bien décidé à changer ça. Le prodige est bien décidé à faire face à son géniteur, mais pour cela il doit encore parfaire sa technique. Pour cela, quoi de mieux que de se frotter aux meilleurs combattants du pays. Avant de pouvoir espérer se tenir face à son monstre de père, il doit d’abord être capable de terrasser tous ceux qui se dresseront sur sa route. Et il y a beaucoup de monde qui vise le sommet surtout quand il s’agit de s’aventurer dans une arène où les règles n’existent pas. Ce n’est que face à l’éventualité d’une défaite cuisante ou même de terribles souffrances que l’art de ce jeune combattant pourra s’épanouir. C’est au milieu du sang et de la sueur que se trouve le terreau fertile à cette pousse pour grandir et enfin accomplir ce rêve d’atteindre le ciel. Une légende est sur le point de naître et d’écrire son histoire en lettres de sang.

Quand on s’attarde sur le synopsis de base de Baki, il est vrai que l’on peut se dire qu’il est finalement assez simpliste. Une quête pour devenir le plus fort afin de permettre à cet adolescent de pouvoir être à la hauteur de son père. Mais c’est cette simplicité qui rend aussi cette lecture aussi plaisante. Il ne faut que quelques instants pour être pleinement plongé dans cet enchaînement d’action qui va être le terreau pour permettre à cette histoire de se développer. Un récit qui se façonne au fil des coups donnés et reçus et qui va permettre à tous ces guerriers d’avoir leur instant de gloire.

Une œuvre d’une grande puissance

Quand on parle de puissance, il ne s’agit pas uniquement de montrer à quel point les personnages que l’on suit sont forts. Ce que fait très bien l’auteur, c’est qu’il se sert de celle-ci pour nourrir son histoire et surtout jouer sur la mise en scène. En effet, Baki est une œuvre qui se présente avant tout comme une succession de combats. Mais pour réussir à rendre cela attrayant, il ne faut pas simplement donner de l’action. Il faut que chaque confrontation soit unique et cela passe énormément par les duellistes que l’on observe. On a beau suivre notre jeune héros avec attention, cela ne veut pas dire que l’on ne va pas être attiré par son opposant. Au contraire, le manga joue très bien sur ce système de ping-pong afin que l’on ait constamment cette impression que chacun a son moment de gloire. C’est le cas même quand Baki maîtrise totalement le cours de la rencontre. Il y a toujours ces instants où l’on se dit qu’il va finalement être touché ou bien subir une attaque qui va le surprendre. En tant que protagoniste, ce jeune garçon arrive à nous faire oublier qu’il a ce bouclier scénaristique pouvant le mener à la victoire à de nombreuses reprises. Le fait de réussir à nous faire zapper ça témoigne du talent du mangaka pour donner de l’importance aux deux combattants qui se trouvent dans l’arène. Même quand tout semble plié, on n’est jamais à l’abri d’une surprise et cela forme un énorme point fort à cette série.

En plus de ça, on est dans cette configuration où notre héros n’est pas forcément le seul sur le devant de la scène. Cette licence est avant tout là pour promouvoir tous ces artistes martiaux qui n’hésitent pas à se frotter à des adversaires redoutables pour simplement montrer la supériorité de leur style. Ainsi, il y a une forme de respect qui vient aussi se dessiner au fil des pages et qui fait que même si on a notre chouchou, on se dit surtout que l’on a devant nous de grands combattants. C’est encore plus vrai dès lors que l’on commence à avancer dans les tomes avec une rencontre au sommet qui nous donne bien des frissons. Cette affiche symbolise parfaitement tout ce qui fait l’âme de cette saga et où l’on reste juste abasourdi devant la détermination flamboyante de ces individus. Même face à des opposants qui font trembler toute l’assemblée, ils continuent d’avancer et de faire face malgré tous les pronostics. Pour en revenir au propos initial, cette quête de puissance ne se limite donc pas à Baki, mais bel et bien à l’ensemble de ces personnages qui n’hésitent pas à essuyer des coups terribles pour juste montrer que leur conviction est plus forte que celle de l’adversaire. Une démonstration de force qui va contribuer à retenir l’attention du spectateur pendant le déroulé de chaque rencontre. Le jeune prodige se frotte à des maîtres et l’on est juste ébloui par ce qu’ils parviennent à se transmettre sans échanger le moindre mot.

Si l’on vient déjà de parler en détails des divers personnages de Baki, l’action en elle-même est aussi un facteur important de l’appréciation de l’œuvre par le lecteur. En effet, on se tient devant une série qui utilise chaque duel pour nous conter une histoire forte et surtout symboliser au mieux la confrontation entre deux styles diamétralement différents. Cela ajoute une forme d’incertitude encore plus grande où chacun peut utiliser ses atouts propres à son art pour s’emparer de la victoire. Le spectacle brutal que l’on nous propose est autant une forme de divertissement qu’une plume pour écrire les divers chapitres de ce scénario.

Le divertissement par l’action

Baki the Grappler T4On reste dans le domaine de l’action pour ce second point afin d’aborder un élément essentiel de Baki. Si l’on a parlé précédemment de l’impact que chaque personnage a sur le lecteur, les combats ne sont pas qu’une composante du manga. C’est en réalité le cœur de ce récit comme ce fut le cas pour certains titres. En effet, on peut tout à fait utiliser la confrontation comme un formidable moyen d’écriture et de développement d’une intrigue. C’est exactement ce que l’on a ici tout en combinant ça avec un divertissement immédiat et efficace. Dès les premières cases de la série, on comprend rapidement ça et cela permet de rentrer aisément dans cette ligne directrice qui nous accompagnera tout au long de ces quatre premiers volumes. Si ces affrontements sont aussi distrayants, c’est parce qu’ils ne se limitent pas uniquement à un rapport de force. Plus on progresse dans l’histoire et plus ces derniers débordent de stratégie. Une notion cruciale qui est un atout considérable pour le manga. Nous ne sommes pas ici dans des combats qui opposent des lutteurs du même style. On peut tout à fait avoir un boxeur qui se confronte à un judoka et ainsi de suite. Un mélange des arts martiaux qui fait que l’on n’est pas uniquement dans une opposition d’une même école. Chacun doit apprendre à s’adapter au répertoire de l’autre et transformer ses propres armes afin de savoir quand les utiliser au mieux. 

Le personnage de Baki symbolise très bien tout ça étant donné que pour être le champion, il n’hésite pas à s’entraîner en amont pour bien cerner le style de son ennemi. Si l’on pourrait croire que l’on est uniquement dans un rapport de force de prime abord, la licence dévoile rapidement bien d’autres facettes. L’information est vitale et s’acquiert autant en dehors du ring qu’à l’intérieur. Cela renforce l’aspect imprévisible de ces rencontres et apporte une forme d’excitation grandissante à chaque fois que l’on avance vers le point culminant de ces duels. C’est un récit grisant qui se dessine devant nous et l’auteur a justement fait un remarquable travail pour que chaque art martial soit mis à l’honneur. Ce scénario est une occasion parfaite pour montrer les forces de toutes ces écoles qui dédient leur vie au développement de leur discipline. Ainsi, en plus de nous montrer la détermination qui les anime, ces combattants sont aussi là pour mettre à l’honneur cette voie qu’ils ont choisie. Une opposition des styles qui nous surprend constamment et sert aussi à éviter une forme de redondance au fil des défis. Bien sûr, Baki est aussi et avant tout un gros spectacle où l’on est happé par l’action effrénée qui se joue devant nos yeux. C’est aussi ça la force de cette saga. Réussir à nous faire oublier que l’on est devant une lecture et nous propulser au milieu de ces spectateurs qui contemplent la prestation de ces guerriers des temps modernes.

En se lançant dans Baki, il ne faut pas s’attendre à une œuvre qui souhaite faire dans la complexité. Au contraire, c’est en allant rapidement au cœur des choses que l’auteur arrive à donner une formidable âme à son récit. Dès l’instant où l’on voit les combattants faire leur apparition dans le cercle, on retient notre souffle et on observe avec attention ce qu’il va se passer. On est bien sûr intrigué par le passé de ce père et de ce fils qui a amené à cette intrigue. Mais c’est bel et bien quand on contemple ce show sanglant que l’on prend conscience de ce qui se joue devant nous. Les mots n’ont que peu de poids dans ce lieu où c’est la loi du plus fort qui règne. C’est en luttant que ces hommes expriment tout ce qu’ils souhaitent.

Baki remporte la première manche

Il était attendu depuis fort longtemps et il est clair que Baki ne nous déçoit nullement. C’est vrai que tout le monde ne sera pas forcément sensible au dessin de l’auteur qui évolue tout de même énormément au fil des tomes. Cependant, il faut aussi reconnaître l’excellent travail qui a été fait au niveau de l’édition afin de sublimer cette aventure. Ce qui est bien quand on se lance dans cette série, c’est que l’on rentre très vite dans l’action. Etant le principal outil scénaristique entre les mains du mangaka, ce dernier montre qu’il maîtrise parfaitement celui-ci pour nous happer dans cette fresque brutale qu’il écrit. On voit l’arrivée de cet adolescent qui ne paie pas de mine au premier abord d’un œil étrange avant de constater de quoi il est vraiment capable. Un jeune homme qui arrive à nous donner des frissons et dont on a envie de voir jusqu’où il sera capable d’amener sa légende. Nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements de son histoire, mais on sent déjà l’énorme potentiel qui se dégage de ce dernier. La baston est constamment là pour nous montrer ses capacités, mais aussi à quel point il évolue à chaque rencontre. Un nouvel adversaire est une chance inouïe pour lui de s’améliorer et ainsi se rapprocher de celui dont il a trop longtemps contemplé le dos. Il a choisi un destin qui ne peut se créer que par la force de ses poings et où chaque victoire est un nouveau chapitre écrit de son propre mythe. Le champion du monde souterrain vient tout juste de s’échauffer.

C’est donc avec beaucoup de plaisir que l’on a découvert Baki dans cette édition impressionnante. Un format idéal pour pleinement apprécier le spectacle qui s’offre à nous et surtout souligner la combativité de ces hommes qui jouent leur vie entre ces murs. Si les dessins peuvent troubler au départ, ils finissent par dégager un charme propre à cette saga et surtout parviennent à représenter au mieux la quintessence de ces pratiquants d’arts martiaux. En plus de ça, la série ne fait que monter en puissance au fur et à mesure de ces quatre volumes jusqu’à nous amener à une confrontation qui nous donne tellement de frissons. C’est fantastique de pouvoir enfin découvrir cette légende du manga de baston depuis son début. Une expérience littéraire que l’on recommande à tous ceux qui aiment l’action frénétique, les combats endiablés et stratégiques, mais aussi de manière générale les arts martiaux. On est devant une œuvre qui se présente comme une ode à toutes ces disciplines qui prônent le dépassement de soi et le refus d’abandonner. Après, il est évident que l’on a beaucoup de questions concernant la suite de cette épopée musclée. Est-ce que Baki a réellement une chance de faire face à ce monstre qui lui sert de père ? Va-t-il tomber face à des adversaires bien trop difficiles pour lui ? Jusqu’où son talent parviendra-t-il à s’exprimer dans cette arène ? Il nous tarde déjà de voir les prochains duels qui nous attendent dans le futur.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre ressenti concernant ces quatre premiers volumes de Baki the Grappler. Trouvez-vous que le récit arrive à être prenant même par rapport au trait de l’auteur propre à son époque ? Avez-vous été emporté par ce déferlement de puissance en compagnie de ces artistes martiaux ? Est-ce que vous trouvez que le manga arrive à bien retranscrire l’intensité de ces confrontations ? Cette lecture est-elle parvenue à vous donner envie de suivre l’ascension de notre jeune combattant dans sa quête pour devenir le plus fort ? Qu’attendez-vous pour la suite de la série ? On reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

© 1991 Itagaki Keisuke, Akita Shoten

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