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Ces pépites méconnues : Insomniaques

On entame la semaine de reprise concernant les sorties mangas. Si l’on attend de pouvoir mettre la main sur la plupart des titres pour pouvoir en parler, cela ne nous empêche pas de s’attarder sur des séries déjà bien lancées. Après tout, il existe de bien belles épopées et quoi de mieux alors qu’un nouveau numéro de “Ces pépites méconnues” pour s’arrêter quelques instants dessus. Pour cette fois, on va repartir du côté de la tranche de vie avec une série qui a été un coup de cœur dès le premier volume. Provenant tout droit du catalogue de Soleil Manga, il ne s’agit nul autre que d’Insomniaques. Avec l’arrivée récente du sixième tome, il était grand temps de faire un point général sur cette saga et ce qui en fait un petit bijou du genre. Avec un tandem de protagonistes qui va prendre une bonne partie de la scène, ce manga nous délivre une formidable fable mettant à l’honneur ce lien qui va se former entre eux. Une relation commençant par un problème qui les fait souffrir au quotidien et qui va finalement les rapprocher. L’heure est donc venue de rester éveillé pour observer la naissance d’une tendre complicité.

Deux êtres souffrant du même mal

Insomniaques - GantaAvant de se lancer pleinement dans notre analyse de cette série, il est important de s’attarder sur ce qui est à l’origine de cette histoire. Insomniaques, imaginée par Makoto Ojiro, nous conte le récit de Ganta Nakami. Ce lycéen tout à fait ordinaire a pourtant une chose qui le démarque malheureusement des autres. Il s’avère qu’il n’arrive pas à trouver le sommeil alors que la nuit tombe. Une grave crise d’insomnie qui dure depuis déjà bien trop longtemps à ses yeux. De ce fait, il ne peut se reposer qu’en journée et cela joue inéluctablement sur son rapport avec les autres. Son entourage ignore totalement qu’il souffre de ça et pense que son attitude souvent froide et distante fait partie de sa personnalité. A ses yeux, il sait que personne ne pourrait comprendre ce qu’il éprouve chaque jour. Alors qu’il décide un jour de trouver un lieu pour enfin se détendre et se reposer, il finit par se diriger vers l’ancien observatoire. Une aile presque abandonnée de son école où il est persuadé que personne ne viendra le déranger. Si le soulagement se lit sur son visage quand il arrive enfin dans ce petit cocon, il va être surpris par la présence d’une autre personne. Cette dernière n’est autre que Isaki Magari, une autre étudiante qui est toujours entourée de plein d’amis et souriante. Une petite pile électrique qui ne manque jamais d’énergie. Enfin, c’est ce qu’il pensait jusqu’à ce qu’il la trouve en ce lieu en train de dormir. Il va découvrir que cette jeune femme est aussi insomniaque.

Une similitude surprenante pour le jeune homme qui ne s’attendait pas à ce que derrière cette demoiselle sociable se cache une personne souffrant de la même maladie que lui. Ayant beaucoup de mal à être auprès des gens, il pense tout d’abord à partir en lui laissant cet endroit pour qu’elle puisse se reposer. Mais finalement, ils décident tous les deux de transformer ce lieu en une petite base rien qu’à eux où ils pourraient se retrouver afin de chercher le sommeil. Ce qu’ils ignorent, c’est que cette rencontre et ce rapprochement vont leur ouvrir les portes d’un tout nouveau quotidien. Là où l’obscurité était synonyme de calvaire pour eux, cette dernière va peu à peu devenir un terrain de jeu. En étant seuls, ils ne pensaient aucunement à voir ce qui les entoure. A présent, ils avancent main dans la main vers cet inconnu qui leur réserve bien des surprises. Ce lien, qui commence tout juste à se tisser, était peut être ce qu’il fallait pour leur permettre de trouver enfin un peu de bonheur dans une existence loin d’être plaisante. Ganta va en tout cas découvrir une toute autre facette de cet environnement dans lequel il a toujours grandi, mais qui va sembler bien plus éclatant maintenant qu’Isaki est là. Voici l’histoire de deux cœurs qui battent à l’unisson afin de trouver enfin le repos tant mérité. 

Ce qui est génial avec ce style de récit, c’est qu’il réussit à transformer quelque chose qui peut nous sembler banal en une aventure à la fois inoubliable et émouvante. Insomniaques prend clairement cette direction avec ces premiers tomes qui vont prendre le temps de développer ce lien qui unit ces deux personnages. Deux êtres aux caractères diamétralement différents et qui pourtant se rapprochent inéluctablement de par cette unique similarité qu’ils ont en commun. On fait alors face à une œuvre qui est autant une resplendissante tranche de vie qu’une sublime ode à l’amitié et à l’amour.

Une relation éblouissante

Ce qui est avant tout marquant quand on se lance dans Insomniaques, c’est la manière dont la mangaka va traiter ses personnages. En nous les présentant comme des adolescents ordinaires, mais tout de même exclus des autres par rapport à cette insomnie qui les ronge, on nous les présente rapidement comme des individus tentant de cacher leur problème à leur entourage. Si l’un peut se montrer assez froid et sec, la seconde garde un visage radieux malgré le fait que la fatigue se fait sentir. Ce qui est considéré comme une terrible souffrance pour eux va finalement se muer pour devenir ce lien qui va leur permettre de se rapprocher. Dès cet instant, le récit prend une toute autre tournure. Il n’est plus tant question de présenter cette insomnie comme un mal, mais comme un point commun entre eux leur servant à vivre des expériences qui leur sont propres. Ainsi, une simple balade nocturne pour ce tandem devient un moment magique aux yeux du spectateur, car c’est presque comme si l’on admirait un spectacle réservé qu’à seulement quelques personnes. Ils endurent toujours cette maladie, mais arrivent aussi à s’en détacher maintenant qu’ils peuvent échanger l’un envers l’autre. Mais ce qui est le plus impressionnant, c’est à quel point l’autrice réussit à nous faire adhérer à ce duo. Entre cet adolescent qui commence tout juste à trouver ce qui pourrait lui plaire et cette demoiselle dont un simple regard suffit à envoûter le lecteur, on est irrémédiablement attiré par eux. 

En plus de ça, on n’est pas immédiatement plongé dans une romance qu’on pourrait le croire au départ. On est avant tout dans une tranche de vie où deux êtres qui se sentent un peu à part finissent par briser leur solitude en se trouvant l’un l’autre. Ainsi débute une remarquable alchimie entre les deux et l’on est totalement sous le charme de cette complicité naissante qui s’écrit devant nous. Ils ont beau vivre des choses banales du quotidien, on adhère à ça tant on est emporté par cette cohésion qui se forme entre nos deux héros. De même, le simple fait de les voir se tirer vers le haut ensemble est plaisant tant on est convaincu par la sincérité de leurs échanges. En plus de ça, il y a des planches où les mots laissent place à une toile épurée et fabuleuse où l’on peut rester scotché devant. Un simple échange entre ces adolescents nous transmet bien plus d’émotions que tout ce qu’ils pourraient dire. Il y a alors un formidable travail qui est fait autant au niveau de l’écriture que du visuel pour que les deux se complètent tout en offrant des expériences différentes. C’est d’ailleurs très représentatif de nos deux protagonistes où cet étudiant se tourne bien plus sur le côté expression là où sa comparse se retrouve souvent au centre du tableau. Sa joie de vivre suffit alors à illuminer la page et l’on ressent cette chaleur qui se dégage d’elle. Une bouffée d’air frais où l’on a juste envie de prolonger l’expérience et de simplement les voir profiter de cette vie.

En se lançant dans Insomniaques, on ouvre les portes à une relation qui nous éblouit. Il ne s’agit pas d’un rapport qui soit identique à beaucoup d’autres. En effet, si l’on veut que nos deux nouveaux amis se rapprochent, on prend aussi plaisir à simplement les voir partager et profiter de tendres moments. La mangaka a ce talent incroyable de réussir à transmettre les émotions de ses protagonistes pour qu’elles soient communicatives. Ainsi, un simple sourire d’eux suffit à en faire apparaître un sur le visage du lecteur. Après avoir été témoin de la souffrance qu’ils peuvent connaître, on est juste heureux de les voir profiter de ce bonheur au quotidien.

Insomniaques nous fait rêver

Insomniaques - rencontreLes plus belles aventures ne sont pas forcément les plus spectaculaires. Insomniaques en est le parfait exemple et l’on prend juste un pur plaisir à suivre les petites péripéties de la vie de ces deux personnages. A travers un élément qui grignote petit à petit leur existence et leur joie de vivre, nos deux protagonistes arrivent finalement à en tirer du positif. Alors que la nuit a toujours été synonyme de calvaire pour eux, leur rencontre va transformer ça en des instants privilégiés. Si l’on est bien sûr heureux de voir le rapprochement qui s’opère entre nos deux nouveaux amis, la force du manga ne réside pas uniquement dans cette romance qui arrive finalement assez tardivement. Si la série réussit autant à nous happer, c’est par rapport à cette humanité débordante qui découle de ces individus et nous donnent envie de juste partager d’autres moments en leur compagnie. Ils arrivent à nous montrer une autre facette d’un monde dont on a souvent tendance à oublier les bons côtés. Le simple fait de se poser et de contempler le regard ébloui de ces deux âmes face à toutes ces scènes qu’ils admirent est un bonheur. La mangaka a juste fait un travail remarquable pour que l’on soit totalement emporté par cette légèreté et cette douceur qui entrent dans le quotidien de ces deux insomniaques. Même une simple discussion tout à fait banale peut alors être un véritable trésor tant cela souligne cette beauté qu’il y a dans les petites choses de la vie.

Insomniaques est une véritable petite pépite qui mérite beaucoup plus d’attention au vu de ses nombreuses qualités. On peut avoir l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose pendant cette lecture alors qu’en réalité on ne cesse d’être hypnotisé par ce qui nous est raconté. Une ode à l’amitié, l’entraide, l’amour, mais aussi à la vie elle-même. Malgré cette souffrance qui fut à la base de cette histoire, c’est en ayant ce point commun que l’on a pu observer la naissance d’une sublime relation. Tout ça à travers le somptueux dessin de cette artiste remarquable qui sait à merveille retranscrire toutes ces petites émotions chaleureuses à travers le faciès de ses personnages. Une magnifique fresque où la plus belle des histoires peut facilement parler à n’importe qui. C’est pour ça que j’avais aussi envie de mettre à l’honneur ce manga. On est devant une lecture qui peut être appréciée du plus grand nombre tant on se prend de sympathie pour les personnages et que chacun peut s’y retrouver dans les interactions humaines. Un petit bonbon qui donne le sourire et où le plus grand plaisir n’est autre que de voir l’épanouissement de ces deux étudiants. Un récit qui mérite amplement le coup d’œil et qui fait partie de cette catégorie de mangas qui arrive à nous attendrir et à nous procurer de la joie à travers des scènes du quotidien. Une pépite méconnue qui fait partie d’un catalogue possédant bien d’autres belles surprises dont je parlerais dans un futur proche. J’espère en tout cas que cette chronique vous aura donné envie de découvrir la série.

N’hésitez pas à partager dans les commentaires votre propre avis ainsi que votre propre ressenti concernant Insomniaques. Trouvez-vous que l’on a devant nous une remarquable tranche de vie où l’on s’attache rapidement aux personnages ? Est-ce que ces premiers tomes vous ont largement convaincu de continuer à suivre le quotidien de ce duo adorable ? Avez-vous trouvé qu’il y a une très belle alchimie entre ces deux protagonistes qui partagent la même souffrance ? Cette série est-elle, à vos yeux, un excellent moyen de s’évader et de vivre une expérience douce et bienveillante ? Qu’attendez-vous pour la suite de la licence ? On reste à votre disposition pour échanger, discuter et débattre autour de ce sujet.

© 2019 Ojiro Makoto, Shogakukan

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